‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 7 sur 133 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

Olton de Saxe et iSicéphore représentaient deux mondes diiïérents et inconciliables.

L'Occident, du moins, reconnaissait-il l'autorité de l'empereur? Jusqu'aux extrémités de l'Europe avait pénétré la théorie impériale. Les juristes d'Irlande et d'Ecosse l'acceptaient : la loi bretonne fait du roi dErin un vassal du roi des Romains; les notaires d'Ecosse in&lramenieni auctoritate impérial! , de par l'empereur. Plusieurs rois d'Angleterre ont prêté Ihommage à César. Nos derniers Carolingiens et les ancêtres des Capétiens ont été quelquefois humbles envers lui. La seule Espagne se défendit toujours contre ses prétentions : elle soutenait qu'elle n'avait rien de commun avec l'empereur de Rome, puisqu'elle avait été abandonnée par les Romains, res derelicta a liomanis,^ et acquise par occupation. Mais, pas plus que sur l'Espagne, l'empereur n'a régné sur l'Angleterre ni sur la France. Plus voisine de l'empire, la France avait à redouter ses prétentions; mais la dynastie capétienne, une fois établie, ne toléra aucune atteinte à sa souveraineté. Tout de suite, elle eut conscience de sa grandeur. Elle se recommanda d'un passé glorieux, où se mêlait au souvenir de Clovis, le premier roi baptisé, celui de Charlemagne, le premier roi couronné empereur. Hugues Capet n'admettait point que les Saxons qui régnaient en Allemagne accaparassent la succession de gloire laissée par Charlemagne. Il estimait que la France, comme l'Allemagne, procédait du grand Charles. Du temps où il n'était encore que duc de France, il se rencontra avec l'empereur à Rome. Un jour, à la fin d'un entretien qu'ils eurent ensemble, l'empereur se leva et fît signe à Hugues de prendre son épée impériale, qu'il avait déposée sur un siège. Il voulait que le duc sortît devant lui, portant cette épée; mais un Français qui était présent la prit, afin que les Romains ne vissent point le duc de France faire office de vassal de l'empereur. Devenu roi, Hugues traite d'égal à égal avec le César germanique. Aucune couronne ne lui semijle plus haute que la sienne, si ce n'est peutêtre celle de l'empereur qui règne à Constantinople. Quand il veut marier son fils Robert, c'est aux Ryzantins Rasile et Constantin qu'il demande « une fille du saint empire. »

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