Oltoii de Frisiiigue, I, cliap. xxx
3. « Isaachius a Deo constitutus Imperalor, sacralissimns, exceilentissimus, potenlissimus, moderator Romanorum, Angélus totius orbis, hères coronœ magni Conslantini, dilecto fratri imperii sui, maximo principi Alemanniœ. » Un remarquable discours de Frédéric aux ambassadeurs d'Isaac, qui lui avait adressé une lettre comme au « Rex Alemanniœ », nous a été conservé par Ansbert [Ilisturia de expeditione Fridcrici Imperuloris) : « Dominus Imperalor divina se illustrante gralia ullcrius dissimulare non valens temerarium fastum régis [se. Grœcorum) et usurpantem vocabulum falsi imperatoris Romanorum, hiec iuter cœtera exorsus est : — « Omnibus qui sanœ mentis sunt constat, quia unus est Monarchus Imperator Romanorum, sicut et unus est pater universitatis, pontifex videlicet Romanus, ideo([ue cum ego Romani imperii sceptrum plusquam per annos XXX absque omnium regum vel principum conlradietione tranquille tenuerim et in Romana urbe a summo pontifice imperiali benedictione unctus sim et sul)limatus, quia de-
à demi dédaigneux, répondit aux ambassadeurs qu'il était « Imperator Piomanorum » et qu'il invitait leur maître à emprunter à sa province de Tlirace le seul nom qui lui convint d'Empereur « Romaniorum ». Quoique ces emportements fussent une preuve assez concluante de leur faiblesse , les princes byzantins projetèrent, à plusieurs reprises, de ressaisir leur ancienne capitale et parurent presque sur le point d'y réussir sous la direction du belliqueux Manuel Comnène. Il engagea Alexandre III, alors dans tout le feu de sa lutte contre Frédéric, à se jeter de nouveau dans les bras de son souverain légitime ; mais le prudent pontife et son sj-node s'y refusèrent courtoisement'. Les Orientaux, d'ailleurs, si mobiles et devenus si étrangers aux sentiments des Latins, n'eussent pu conserver Rome, quand même ils fussent parvenus à obtenir qu'elle se soumît à eux. Peu d'années après,
nique Monarchiain prtedecessores mei imperatores Roinanorum plus quam per CCCC annos etiam gloriose transmiserint utpote a Constantinopolilana urbe ad pristinam sedem imperii, caput orbis Romam, acclamalione Romanorum et principum imperii, auctoritate quoque summi pontificis et S. catholicœ ecclesiœ traûslataiii, propler tardum et iufructuosum Gonslanlinopolitani imperatoris auxilium contra tyrannos ecciesiœ, mirandum est admodum cur frater meus dominus vester Gonstantinopolitanus imperator usurpet inefticax sibi idem vocabulum et glorietur stulte aliène sibi prorsus honore, cum liquide noverit me et nomine dici et re esse Fridericum Romanorum imperatorem semper Augustum. » — Isaac fut si ému de l'iadignalion exprimée par Frédéric qu'il le traita, dans sa lettre suivante, de » generosissimum imperatorem Alemannise », et se servit, dans la troisième, de cette formule : « Isaakius in Christo fidelis divinitus coronatus, sublimis, potens, excelsus, hteres coronae magni Constantini et Moderalor Romeou Angélus nobilissimo Imperatori antiquœ Romse, régi Alemaniœ et dilecto fratri imperii sui, salutem », etc., etc. (Ansbert, ut supra.) 1. Baronius, ad. anu.
2o0 LE SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE
ils tombaient eux-mêmes victimes des croisés français et vénitiens.
Bien qu'Otton le Grand et ses successeurs n'employassent de tous leurs titres que le plus élevé (les listes fastidieuses des dignités impériales n'avaient pas, heureusement, encore été dressées), ils ne tentèrent point toutefois d'unir leurs divers royaumes, et continuèrent à se soumettre à quatre couronnements distincts dans les quatre capitales de leur Empire '. Il en est fait mention sous une forme concise dans les vers suivants de Godefroy de Yilerbe, notaire de la maison de Frédéric - :
Primus Aqiiisgrani locus est, post hmc Arelati, Inde Modœtitn regali sede locari Post sok't ItalijB siiinma coroiia dari : C.i'sar Romano cuin vult diademate fungi Débet apostolicis manibus reverenter iiiungi.
Par le couronnement d'Aix-la-Chapelle, la vieille capitale franke, le monarque devenait « roi », au début, « roi des Franks » ou « roi des Frauks Orientaux », : — alors depuis l'époque de Henri II, « roi des Romains, toujours Auguste ». A Monza anciennement (ou, plus .rarement, à Milan), à Pavie plus tard, il devenait roi d'Italie ou des Lombards ■' ; à Rome, il recevait