‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 80 sur 133 · Odieux surtout à cause de Pinscription suivante · texte numérisé non relu

Odieux surtout à cause de Pinscription suivante

Rex venit ante fores millo prias urbis honore ; Post liomo fit Papœ, siiaiit quo duiite coronain.

(Rahewin.)

11 y a une autre version du premier vers; la voici :

Rex stetit ante fores jurans prius urbis bonores.

TITRES ET PRÉTENTIONS DES EMPEREURS 2o7

la dignité impériale ù la cérémonie du couronnement dans la cité portait préjudice au souverain allemand ^ Par une singulière inconséquence, on ne prétendait pas que les droits de l'Empereur fussent moins étendus avant qu'il eût reçu la consécration : il pouvait toujours convoquer des synodes, confirmer les élections papales, exercer la juridiction sur les citoyens; son droit même à la couronne, au moins jusqu'au temps des Grégoire et des Innocent, ne pouvait lui être dénié formellement. Personne ne songeait, en effet, à contester les titres du peuple allemand à l'Empire, ou le privilège des princes électeurs, tout étrangers qu'ils étaient, d'imposer un maître à Rome et à l'Italie. Les républicains qui marchaient à la suite d'Arnaud de Brescia pouvaient bien murmurer, mais ils ne s'avisaient pas de discuter la vérité contenue dans les vers pleins de fierté où le poète, qui célébrait la gloire de Barberousse, décrit le résultat de la conquête de Charlemagne :

Ex quo Romanum iiostra virtute redemptum Hoslibus expulsis, ad nos justissimus ordo

1. L'histoire du moyen âge abonde eu exemples de la vénération superstitieuse qui s'était attachée à la cérémonie du couronnement (dont l'Église avait presque fait un sacrement) et aux villes spéciales où elle avait lieu, aux ustensiles mêmes qui y servaient. Tout le monde sait l'importance de Reims et de la sainte ampoule en France; de même, le roi d'Ecosse devait être couronné à Scone, ancien séjour de la royauté picte : Robert Bruce s'exposa gravement pour s'y faire couronner: de même encore, en Hongrie, aucun couronnement n'était légitime, s'il n'avait été fait avec la couronne de saint Etienne, à la possession de laquelle la cour d'Autriche attache, encore aujourd'hui, tant de prix. On semble avoir attribué une grande importance au globe impérial (Reichsapfel) que le pape remettait à l'Empereur en lo couronnant.

2o8 LE SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE

Transtulit imperium. Romani gloria regni Nos pênes est. Quemcunque sibi Germania regem PnBficit, hune dives summisso vertice Ronia Suscipit, et verso Tiberini régit ordine Rhenus '.

Mais les véritables forces du royaume teutonique étaient gaspillées à la poursuite d'un brillant jouet : chaque empereur, une fois en son règne, entreprenait une longue et dangereuse expédition, et émiettait dans une lutte sans gloire et toujours à recommencer des armées avec lesquelles il eût pu faire des conquêtes ailleurs ou s'assurer le respect et l'obéissance de ses sujets.

A cette époque apparaît un autre titre, sur lequel il convient de s'étendre davantage. A la formule habituelle : « l'Empire romain » , Frédéric Barberousse ajoute l'épithète de « Saint ». Que l'origine primitive en remonte à Conrad II (le Salique), comme quelquesuns Font supposé ^ , les documents ne nous en offrent pas de trace, bien qu'il n'existe pas non plus de preuves du contraire ^ Tout ce qu'on en sait, c'est quelle se présente pour la première fois dans le

1. Que le poème qu'on attribue à Guntlicr Ligurinus soit son œuvre ou celle de quelque lettré d'une époque plus récente, Conrad Celtes, comme quelques savants l'ont supposé, cela est indifférent à l'objet que nous avons en vue. Maintenant on est pins disposé à croire que le poème est du temps de Frédéric, que Ligurinus est son titre et que le nom de Gunther attribué à l'auteur est uneerreur.

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