Raliewin, ap. Pertz
4. BlondelUis adv. Chiffletium. La plupart de ces théories ont été exposées par Bœclerus. Jordanes {Clironica) dit : « Sacri imperii quod non est diibium sancti spiritus ordinatione, secundum ({ualitalein ipsam et exigentiam merilorum humanoram disponi. »
260 LE SAhNT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE
do Daniel, ou au fait que l'Empire et le christianisme ont été contemporains, ou à la naissance du Christ à cette époque de l'histoire \ D'ardents ecclésiastiques la firent dériver de la dépendance de la couronne impériale vis-à-vis du pape. Il ne manqua pas de gens aussi pour maintenir qu'elle ne signifiait rien de plus que grand ou splendide. Nous ne sommes pas toutefois bien embarrassés. L'attribution de sainteté à la personne, au palais, aux lettres, etc., du souverain, si commune dans les derniers temps de Rome, avait été conservée en partie par la cour germanique. Luidprand appelle Otton <( imperator sanctissimus ^) . Pourtant cette sainteté, que les Byzantins, plus que tous les autres, prodiguaient à leurs princes, est un altril)ut personnel, (juelque chose comme l'auréole qui environne toujours la personne royale. Les relations de l'Empire romain renaissant avec l'Église et la religion étaient bien plus intimes et d'une nature plus spéciale. Comme on l'a déjà dit, ce n'était ni plus ni moins que l'Église visible, envisagée sous son aspect séculier, la société chrétienne organisée politiquement et sous une forme fixée par Dieu, et, par suite, le nom de « Saint Empire Romain » était la contrepartie nécessaire et lég-itime de celui de « Sainte Église Catholique ». Cette opinion avait cours depuis longtemps, et c'est ainsi qu'on pourrait faire remon-
1. Marqua rd Freher. Notes sur Pierre de Audio, livre I, cliap. ii.
2. Ainsi, dans le chant consacré à la capture de l'empereur Louis II par Adalgise de Bénévent, nous trouvons les mots « Ludhuicum coniprenderuut saucto, pio, Augusto ». (Cité par Gregorovius, Gesc/iichte der Stadt Rom iin Mitte/alter, III, p. 185.)
ter roriginc du titre en question jusqu'au x- ou au ix" siècle, que peut-être môme elle émane de Charles en personne : Alcuin, dans une de ses lettres, se sert de l'expression « Imperium Christianum ». Mais on peut invoquer une nouvelle raison à l'appui de son introduction à ce moment précis. Depuis qullildebrand avait réclamé pour le clergé le bénéfice d'une sainteté exclusive et de la juridiction suprême, le parti papal n'avait cessé de parler de la puissance civile, en la comj»arant à celle de son propre chef, comme de quelque chose de purement séculier, terrestre, profane. On peut conjecturer que, pour répondre à cette qualilication, non moins dommageable ({ue blessante, Frédéric ou ses conseillers commencèrent à mettre en usage dans les documents publics l'expression de <( Saint Empire », dans le but d'aflirmer par là la divinité de l'institution et la nature religieuse des devoirs de l'office qu'il remplissait. Des empereurs s'étaient auparavant qualifiés de (( Catholici », « Christiani », « Ecclesiaî defensores ' »; à présent c'est l'État lui-même qui devient une théocratie terrestre. « Deus Romanum imperium adversus schisma ecclesia^ prœparavit - , » écrit Frédéric à l'Anglais Henri II. C'était la théorie que les meilleurs et les plus grands des empereurs, Charlemagne, Otton le Grand, Henri III, s'étaient efforcés de faire I)rédominer ; on continua à la soutenir longtomjis après qu'elle eut cessé d'être réalisable. Au moyen