‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 84 sur 133 · Moser, Rômisrher Kaijscr · texte numérisé non relu

Moser, Rômisrher Kaijscr

S.Urbain IV employa le titre en 1259; François l^f (de France) appelle l'Empire » sacrosauclum ».

'été . un manquement à la courtoisie diplomatique que de l'omettre. Les imitateurs n'ont pas manqué non plus, témoin des titres semblables à ceux-ci : « Roi très clirétien », « Roi catliolique », « Défenseur de la Foi ' ».

Une preuve intéressante du pouvoir de l'idée impériale dans un pays où l'on n'aurait guère songé à la ■rencontrer, un pays presque entièrement soustrait, pendant les premiers siècles du moyen âge, aux influences ecclésiastiques aussi bien que politiques qui se faisaient sentir sur le continent européen, se trouve dans la loi ancienne des Celtes d'Irlande. En Irlande , avant sa conquête par les Anglais , «'était l'usage qu'un chef ou un magnat qui se trouvait posséder un excédent de bestiaux les répartit parmi ses serviteurs à charge de les faire paître; et voilà comment l'expression « recevoir du bétail » de •quelqu'un en vint à signifier qu'on occupait une position subordonnée ou vassale, semblable à celle du tenancier féodal, qui reçoit une terre de son seigneur à titre de beneficiuin. Or la loi brehonne d'Irlande, après avoir montré comment les princes inférieurs de

1. On peut mentionner aussi la « Sainte Russie ». 11 est presque superflu de faire observer que l'orisine du titre de « Saint » n'a Tien de commun avec l'origine de l'Empire lui-même. En essence et en réalité, le Saint Empire romain fut, comme on l'a déjà montré, l'œuvre de Charlemagne. A un point de vue plus strictement teclini(|ue, si on le considère comme la monarchie, non de l'Occident tout entier, comme celle de Charles, mais de l'Allemagne et de l'Italie, avec des prétentions, et qui ne furent jamais que des prétentions, à la souveraineté universelle, son origine est fixée par la plupart des auteurs allemands, dont on a adopté ici la manière de voir, au couronnement d'Otton le Grand. Mais le titre est postéirieur d'un siècle au moins et probablement de deux.

File peuvent recevoir du bétail du roi d'Ériu — le suzerain de l'île entière, qui pourtant, même lorsqu'il régnait effectivement, n'avait guère autre chose qu'une autorité nominale, — continue et dit : « Lorsque le roi d'Érin ne rencontre pas d'opposition (c'est-à-dire lorsqu'il occupe Dublin, Waterford et Limerick, qui étaient ordinairement entre les mains des Norvégiens ou des Danois), il reçoit du bétail du roi des Romains », c'est-à-dire de l'Empereur. Et le commentaire ajoute que parfois c'est le successeur de Patrick qui donne du bétail au roi d'Érin, plaçant par là le primat d'Irlande à côté de l'Empereur dans la position que la théorie en faveur sur le continent assignait au pape '..

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