‹ Le Saint-Graal; ou, Le Joseph d'Arimathie; première branche des romans de la Table ronde (volume 2)Chapitre 45 sur 57 · ANALYSE DU SAINT GRAAL. LI · texte numérisé non relu

ANALYSE DU SAINT GRAAL. LI

lamentait dans son lit, une voix se fit entendre qui lui dit : « Ne te plains pas tant de la femme, car si par elle Thornme fut perdu, une autre viendra qui le sauvera. » Sa science profonde lui fit deviner que cette femme promise serait la vierge Marie (471), et alors il pensa que peut-être elle serait la dernière descendante de sa race. Mais une voix divine l'avertit qu'il n'en serait pas ainsi, et que son dernier descendant serait un chevalier qui surpasserait tous les autres en prouesse et en valeur chevaleresque.

Salomon s'ingénia alors à trouver le moyen de faire savoir à ce dernier rejeton de sa race qu'il avait su sa venue si longtemps avant sa naissance ; et longuement il y songea. Sa femme, qui le voyait absorbé dans cette pensée (473), le conjura, une nuit qu'elle le trouva plus abordable, de lui dire à quoi il pensait depuis si longtemps.

Salomon, qui savait sa femme si rusée et si habile, lui fit connaître l'objet de ses préoccupations ; elle lui conseilla alors de faire construire une nef de bois iacorruptible qui pût voguer sur l'eau, pendant quatre mille ans, et d'y déposer une épée précieuse entre toutes, que le chevalier annoncé porterait en souvenir de lui, Tépée du roi David son père, la plus riche et la plus merveilleuse qui fut jamais (475); elle lui dit ensuite d'y faire mettre une poignée en pierres précieuses, se réservant d'adapter au fourreau des lanières ou renges de vile matière, jusqu'à ce que la fille d'un roi les change pour de plus riches empruntées à sa propre toilette (478).

Quand la nef fut construite, Salomon plaça Tépée au pied du lit et sa couronne au chevet ; puis la

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