‹ Le Saint-Graal; ou, Le Joseph d'Arimathie; première branche des romans de la Table ronde (volume 2)Chapitre 47 sur 57 · LIV ANALYSE DU SAINT GRAAL · texte numérisé non relu

LIV ANALYSE DU SAINT GRAAL

fuseaux, le blanc figure la virginité de la bienheureuse vierge Marie, le rouge représente la charité si grande que montra le Fils de Dieu quand il se dévoua pour nous aux souffrances et à la mort ; enfin, le fuseau vert figure la patience qui finit par amener le chrétien à la victoire.

Nascien se plaisait tant à écouter le prud'homme, qu'il s'endormit [comme pénétré de la douceur de ses paroles (495). Dans son sommeil, il crut voir un serpent qui l'attaquait, et il allait être vaincu, quand un petit ver vint à son secours, et mit le serpent en fuite.

A son réveil, il se reprocha son sommeil, en se ressouvenant de tout ce qu'avait dit le vieillard. Le conte le laisse dans ces conjonctures pour s'occuper de Célidoine.

Ce dernier, encore jeune enfant, se voyant dans un pays étranger, au milieu d'une forôt épaisse et de rochers énormes, se mit à se lamenter, d'autant qu'un orage affreux éclata sur sa tête et qu'il craignit d'être enseveli sous les ondes.

Cependant, deux nefs chassées par le vent arrivèrent au rivage, là où était Célidoine (497) ; ce dernier sortit d'une caverne où il s'était réfugié croyant que les nouveaux arrivés étaient chrétiens (498). Mais il n'en était pas ainsi ; les arrivants étaient païens et venaient du royaume de Perse. Parmi eux se trouvait Labiel, le roi de ce pays, qui fit tendre ses pavillons sur le rivage.

' Célidoine qui allait leur souhaiter la bienvenue fut pris par eux et amené au roi Labiel (499). Ce dernier le voyant si bel enfant, richement vêtu, lui demanda qui il était. Célidoine le lui apprit et lui dit de plus

Page 1