‹ Le Saint-Maurice [microforme]Chapitre 4 sur 9 · LE SAINT-M AURICE · texte numérisé non relu

LE SAINT-M AURICE

naire etle lit de la rivière est émaiilé de rochers dont un bon nombre se montrent à fleur d’eau. Le gouvernement a fait jadis creuser le chenal, cependant, et les bateaux à vapeur peuvent y passer.

Nous passons ensuite la Pointe-au-Doré, autre rapide beaucoup moins fort que le précédent, puis notre embarcation longe La Cuisse, immense bloc de granit qui doit son nom à la forme que lui a donnée la nature.

Le soleil baissait à l'horizon, les mouches nous entouraient plus nombreuses que jamais, lorsque nous sommes arrivés en vue de la Matawin. Nous n’étions pas fâchés de prendre un peu de repos et de goûter les douceurs d’une bonne maison et d'une bonne table, Ce comfort désiré nous le trouvons chez M. Isaïe Nault. Sa maisor n’est pas grande, mais on y est si bien reçu, les demoiselles Nault sont si aimables et si prévenantes. M. Nault n'est pas isolé en cet endroit. D'un côté, son fils, Vincent Nault est à se défricher une fort jolie ferme, de l’autre, il y a la ferme de M. Baptist tenue par un nommé Vaillancourt. La place est belle, avantageuse, et prendra de l'importance à mesure que la colonisation avancera dans le St, Maurice.

D'ici à deux ans il faut que le gouvernement local fasse terminer le chemin projeté pour aller à Ste. Flore à l'embouchure de la Matawin. Ce projet, conçu par le Dr, A. Dubord, agent des terres, est en voie d'exécution. Il ne reste plus que cinq lieues à faire. A coup sûr, ce chemin est plus important pour la colonisation que tous les chemins que le Révd. M Brassard a fait faire à la tête de la Matawin, au prix de 830,000 à $#0,000. Le chemin dont nous parlons, outre les avantages qu'il offrirait à la colonisation, serait aussi très utile pour le commerce de bois. Il y a d'ailleurs dans cette partie, de bonnes terres, d'excellentes terres pour la culture. Si le gouvernement avait déployé un peu plus d'énergie et d'activité, les défrichements seraient rendus jusqu'à la Matawin. Il y aurait tout le long de la Rivière des paroisses comme celles de Shawenigan et de Ste. Flore,

I ya une une infinité de gens qui se laissent cffrayer par les rochers et les montagnes qu'ils voient le long du St. Maurice et qui, par une excursion de quelques jours dans les Chenaux, reviennent en décrétant que tout le territoire est impropre à la culture. D'abord ces montagnes ne sont pas aussi arides qu’on veut bien le dire. Elles feraient certainement, la plupart du moins, de :rèsbons paturages. Ensuite, consultez ceux qui ont visité sérieusement l’intérieur, ceux qui n’ont pas craint de s'éloigner du St. Mau-

rice, et ils vous diront qu'ils ont vu d'immenses étendues de terre propres à la culture.

Le St. Maurice présente un très-joli coup d'œil à l’embouchure de la rivière Matawin. Le fleuve s’élargit et une île coquette berce mollement ses arbres au pied des montagnes. Le paysage est digne d’un artiste. La Matawin elle-même se jette dans le St. Maurice en cascades répétées. C’est même de là que lui vient son nom, car Matawin veut dire Rivière qui tombe en rapide. Il y a de très-bonnes terres le long de cette rivière qui prend sa source dans la voisi- | nage de l'Ottawa. Plusieurs fermes ont même été défrichées, | entre autres au Joug-au-Bœuf et au lac des Pins où M. Hall a des

établissements considérables, et où M. Brassard essaie de fonder | une colonie.

| On le voit parce que nous avons dit, la Matawin coule dans une À direction presque parallèlle au St. Laurent. Aussi l’on atteintaujourd'hui cette rivière par une infinité de chemins. Dans la Matawin centrale d'abord, on n’y va, surtout en hiver, que par Shawenigan et le lac Pisagunk ou Mistagance comme l'appellent tous nos hommes de bois. Et l’on va aussi à la Matawin par St. Gabriel de Brandon, St. Jean de Matha et St. Michel des Saints. La Matawin n’est pas navigable, mais elle descend très bien le bois. Depuis | nombre d'années M. Hall fait des billots en arrière de Joliette et, par la Matawin, ces billots arrivent à Trois-Rivières, à la fin de Juin ou de bonne heure en Juillet.

Il y a de la place pour fonder plusieurs paroisses seulement sur | cette rivière.

Il y a ici, à l'embouchure de la Matawin, un quai tout préparé | par la nature et M. Vincent Nault a déjà planté un poteau d'amarrage afin que rien ne manque lorsqu'un bateau à vapeur remontera vers la Tuque.

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