PREMIÈRE PRATIQUE
les saints prêtres ont affectionnées davantage, et qui semblent à la fois les plus efficaces et les plus faciles, us commencerons par celles qui demandent à être obics les premières. Qui timet Dominum, nihil negligit^, le des règles les plus importantes pour la conduite de rit, c'est d'appliquer toutes ses puissances à l'occupalu moment : Age quod agis 2. Pour l'ordinaire, on songe à ce qu'on fait, parce qu'on est préoccupé de mille îs différentes, surtout de celles qu'on vient de faire, qu'il ne serve plus d'y penser. Cela tient à la nature âme, que tout exercice trouble, où chaque pensée î un sillon , et dont les émotions ne se calment que ment. Aussi est-il essentiel, avant de commencer une •e importante , qui demande une attention soutenue , ne le saint Office, de prendre quelques instants pour eler à soi toutes ses facultés , détacher son esprit des s qui l'occupent et s'établir dans un religieux recueilnt'.
3st ce que fait entendre l'Esprit- Saint, lorsqu'il nous nmande de préparer notre âme avant la prière, et de las interpeller le Seigneur inconsidérément, sans res- Ipour sa grandeur : Ante orationem prœpara animam, \, et noli esse quasi homo qui tentât Beum^. Custodi petuum ingrediens domum Dei"^. Ne sit cor tuum velox ad irendum sermonem coram Deo : Deus enim est in cœlo , et \peT terrant ^.
^int Charles était si pénétré de ce sentiment, il atta- 1; une telle importance à s'acquitter parfaitement du ^ Office , qu'il ne le commençait jamais qu'après un
t d'heure de recueillement et d'oraison. Le vénérable
JcCLE. VII, 19. ,
pT. HT , XLVII.
,axta multos, quando Dominus dicit Moysi : Ne appropies hùc : solve '.mentum de pedibus tuis : locus enim in quo stas terra sancta est ; 'aliud significavit nisi ut sollicitudines saeculares abjiceret huic mortse adhérentes ; nam pelles unde conficiuntur calceamenta , mortuo- 'mimalium sunt. Theodoret. Quœst. vu in Exod. SccLi. XVIII, 23.
*lCCLI. IV, 17. 'iCCLI, Y, 1,
Jean d'Avila avait une pratique semblable, et il sa^ faire goûter à ses disciples. Nous en trouvons un bel ex dans son histoire écrite par le P. Louis de Grenade.
(c Un jour, dit ce pieux et savant auteur, je me re trai avec un père de la société de Jésus , que le ser de Dieu avait converti et gagné à la vie religieuse. C< me demanda s'il me serait agréable de réciter TOffic» lui; puis, sur le désir que je lui en témoignai, il se genoux, en prononçant ces paroles que je n'ai jamai bliées : « Il en est qui parlent de réciter FOftîce C( a d'une bagatelle : Allons, disent-ils, disons bien vit (( Heures. Et voilà qu'ils commencent... C'est troji] (( apprécier une si sainte œuvre : elle mérite bien « ques instants de préparation. » Nous demeurâmes u un moment en silence à recueillir nos pensés, et à mettre en la présence de Dieu; puis nous récitâme Heures fort posément et dévotement. Plût à Dieu, î avec raison le pieux biographe, que tous les ecclésiast apportassent à la récitation du saint Office les même positions ! les âmes en retireraient un tout autre prc
Un grand docteur, saint Bonaventure, faisait la r réflexion, en donnant à ses novices un semblable (( On ne devrait jamais, dit-il, commencer à réciter Y sans s'y être disposé par le recueillement et la prière vent c'est pour avoir omis cette préparation qu'on lâche et si négligent dans cet exercice. Comme on y sans ferveur, il est naturel qu'on en sorte plus froid en et aussi dissipé qu'auparavant ^ »
Au recueillement il convient de joindre une prière c et vive. C'est une grâce, en eff*et, de bien dire le Office. H n'y a que Dieu qui puisse donner ces yeux é rés dont l'âme a besoin pour contempler ses grandeu pénétrer ses mystères ^ H n'y a que l'Agneau qui p
1 Studeant oratione devotâ et recollectione animi interna divinun venire Offlcium. Spec. discip. II, xii. — Ideô tam desides et tepidi i in divino Offlcio , quia antè non sumus in aliquâ devotione excitati , sicut intravimus f rigidi, eximus corde dissipati. Institut, novit.
2 Sensum autem tuum quis sciet, nisi tu dederis sapientiam et r Spiritum sanctum tuum de altissimis? Sap. ix, 17, — Deus Donuni