PSALM. XXIII
2 Le Père Coter, jésuite, reçut les derniers sacrements quelques moments avant de mourir, avec une consolation et des joies toutes célestes. Ensuite il demanda qu'on lui lût ce psaume xc , et à chaque verset il assurait les Pères réunis autour de lui que les paroles du Psalmiste s'étaient parfaitement accomplies en sa personne. Lorsqu'on récita ces mots : Longitudine dierum replebo eum. « J'ai vécu quatre-vingt-huit ans, dit -il, et j'ai été constamment l'objet de la providence la plus merveilleuse... » Lorsqu'on eut achevé ; Et ostendam illi salutare Dei, «Voilà, ajoutat-il, ce qui me reste à obtenir; mais je l'attends avec confiance de la miséricorde de Dieu. » Quelque temps après il expira dans cette paix. P. Poiré.
3 Millia millium ministrabant ei , et decies millies centena millia mlnistrabant ei. Dan. vu, 10. — « L'infirmité de la nature et les fonctions du ministère ne permettent pas de louer Dieu à tout moment ; mais rien n'empêche de rester toujours uni de cœur à la louange perpétuelle de l'Église. Un prêtre ne doit donc jamais cesser d'adhérer à l'esprit qui porte ses frères à glorifier la Majesté divine : il doit même s'unir à toutes les louanges qui lui sont offertes au ciel. Et comme chaque saint du paradis en disant Amen est censé prendre part aux devoirs que rendent à Dieu tous les autres bienheureux , il suffit aussi au prêtre de dire souvent dans le jour. Amen, Amen y pour s'associer aux louanges que Dieu reçoit ici -bas des autres membres de son divin Fils. » Olier, Mystères de N.-S.
appliqués à la journée.
DES COMPLIES 431
Sauveur voulut être enseveli : Insepulcro novo et in sindone mundâ.
Dans le capitule et les répons qui suivent, le prêtre rappelle au Seigneur, avec son prophète, ou plutôt avec toute l'Eglise, dont il exprime les sentiments, qu'il n'est pas un étranger à son égard : Domine, Deus noster...; qu'il s'honore de lui être consacré et de porter le nom de son Fils : Nomen tuum invocatum est super nos..,; ciu' il a été -racheté au prix de son sang: Redemisti nos, Domine,.., et qu'il a droit de compter sur sa providence la plus attentive et la plus efficace : TJt pupillam oculi...
Enfin, la psalmodie se clôt d'une manière solennelle par un cantique d'action de grâces emprunté au Nouveau Testament. C'est celui que prononça dans le temple le saint vieillard Siméon S ravi de voir, avant de descendre dans la tombe, le Rédempteur promis, gage d'un bon-^ heur sans terme ^ Puisse le prêtre de la loi nouvelle dire comme lui ces paroles : In Spiritu^, avec les mêmes sentiments de foi, de détachement, de reconnaissance! Puisse- 1- il ne pas oublier qu'il est le ministre de Celui qui faisait la joie de Siméon , que ses yeux ont vu , que ses mains ont touché, que son cœur a reçu ce jour -là même Celui qui est la gloire, la lumière et le salut de tous les peuples! Après le bonheur d'une vocation sacerdotale dignement remplie, quel autre bien pourrait -on désirer que la possession de Dieu dans la claire vue du ciel? De vrai, dit saint François de Sales en faisant allusion à ce cantique, pourvu que ce divin Sauveur soit avec rnoij je ne me soucie pas en quel monde faille ^.
Enfin, au moment de terminer son Office, l'Église rappelle encore à ses ministres le souvenir de la bienheureuse Vierge; et comme elle leur fait invoquer son
'^ Simeon , id est exauditiOj exauditus. La plupart des Pères supposent qu'U était prêtre , et saint Luc dit qu'il bénit la sainte Vierge et saint Josepli. II, 28.
2 Vidit et gavisus est. Joan. viii, 56.
3 Et venu Simeon in Spiritu in templum. Luc. ii, 27. — Senexpuerum portabat, puer autem senem regebat. Missale.
^ Lettre cvi à sainte Cliantal. Lettres inéd., t. IL
secours au commencement de toutes ses Heures, elle les remet à la fin sous sa protection par une antienne quil leur rappelle le mystère du temps et la part qu'y prend cette divine Mère. Ces antiennes, fruits d'une piété aussi ardente que pure, doivent laisser dans l'âme les sentiments les plus salutaires et les plus doux. Ainsi apprenons- nous à ne pas séparer ce que Dieu a uni , et à tempérer constamment la crainte respectueuse que commande la majesté du Fils, par la confiance et la tendresse qu'inspire la charité de la Mère.
S II
AD COMPLETORIUM
Finem perfectum : Une bonne mort. — Le sommeil est Timage de la mort; en voyant l'heure du repos approcher, on demande la grâce d'être bien disposé au moment où cette vie finira et où l'on devra entrer dans le repos éternel.
I Petr. v. — Mémorial plutôt qu'instruction; mais d'un à-propos frappant. — Sobrii : Tempérants, modérés en toutes choses.
— Vigilate : 11 y a une vigilance qui ne doit jamais cesser : Dormio, et cor meum vigilat. Gant. v. — Adversarius vester : équivalent du motSatan. N'ayantàredouterqu'un seul mal , le péché, nous n'avons qu'un seul ennemi, le tentateur. — In fide : Rien ne fortifie comme une foi vive et ferme : Per fidem vicerunt régna. Hebr. xi.
Malheur à celui qui met sa confiance en lui-même et dans ses œuvres !
y. Jube, Domne, benedicere. % Noctem quietam et finem perfectum concédât nobis Dominus omnipotens.
Fratres , sobrii estote et vigilate, quia adversarius vester diabolus tanquam leo rugiens circuit, quserens quem devoret : cui resistite fortes in fide. Tu autem etc.
f. Adjutorium nostrum in nomine Domini. ^. Qui fecit cœlum et terram^.
^ Les quarante martyrs dont on fait l'OfiBce au 10 mars, ayant résisté à tous les tourments, se mirent à réciter ensemble le psaume cxxm, d'où ces paroles sont tirées. Arrivés aux derniers versets : Laqueus contritus est, et nos liberati sumus. Adjutorium, etc., ils rendirent leur âme à Dieu.
DES COMPLIES
Pater. Confîteor.
j^. Converte nos, Deus, salutaris noster. ^. Et averte iram tuam à nobis.
Deus, in adjutorium, etc.
Confitemini alterutrum peccata vestra, dit S. Jacques, v. L'Eglise nous fait observer ce conseil deux fois le jour: le matin à Prime, selon ces paroles du Psalmiste :
Manè astabo tibi et videbo quoniam non Deus volens iniquilalem' tu es ; et le soir, suivant cet autre verset : Quse dicitis in cordibus vesiris y etc. i.
Converte nos... Ps. lxxxiv. Paroles aussi bien placées à la fin de l'Office que le Domine labia au commencement : A vidis ad virtuiem, ab exterioribus ad interiora.
— Les travaux da jour distraient et trop souvent égarent; l'approche de la nuit recueille et rappelle à Dieu par la pensée de la mort.