CHAPITRE III
Troisième pratique : nous unir à Notre-Seigneur comme à notre chef i.
les chrétiens sont unis à Jésus-Christ, en vertu t baptême, qui les rend ses membres et les associe et à son esprit. Là est pour eux la source de toute ie tout mérite et de tout bien surnaturels 2. Mais ils ont toujours Tusage de leur liberté, il dépend 3 renoncer à cette union , comme aussi de la rest de la rendre féconde par une adhésion volontaire hie.
par ce motif que les auteurs spirituels nous recomt si souvent de nous unir à Notre-Seigneur dans de nos œuvres, c'est-à-dire de renoncer de cœur à opre action, à nos vues purement personnelles, à nations naturelles ou déréglées, pour nous laisser
a bien de consulter à ce sujet le Catéchisme chrétien de M. Olier. :a dans la première partie, Leç. XX à XXY, et dans le cours de, touchant les mystères du Sauveur et la prière, des principes un grand jour sur l'esprit qui a présidé à la rédaction de l'Office animer ceux qui le récitent.
m vitis, vos palmites. Manete in me, et ego in vobis. Qui manet go in eo, hic fert fructum multum ; quia sine me nihil potestis lanserltis in me , et verba mea in vobis manserint , quodcum* tis, petetis, et fiet vobis. Joa^^. xv, 4^ 6.
éclairer, guider, mouvoir par l'esprit de Jésus-Chris divin chef ^ Or jamais cette union ne nous est plu saire, et jamais nous n'avons plus d'avantages à en a que lorsque nous paraissons devant son Père , pour plir, en son nom et au nom de son Église , la gran tion, la fonction surnaturelle de la prière publiqu
En effet, il ne s'agit pas simplement de faire un vertu transitoire ou de demander une grâce pour pour nos frères : il s'agit de perpétuer ici-bas le ci Jésus-Christ a rendu à la Majesté suprême; il s'a{ frir à Dieu les mêmes hommages, les mêmes ado les mêmes actions de grâces que son Fils lui a d'entrer dans ses dispositions, et de répéter, dans gage inspiré par l'Esprit- Saint, l'expression de S6 ments à l'égard de toutes choses. Qui ne sent qi remplir dignement un pareil ministère, il faut i esprit que notre esprit propre , d'autres lumières idées imparfaites et bornées? Et puisque l'Esprit-^ side en notre âme comme en l'âme du Sauveur % y est, dans une moindre mesure sans doute, mais même réalité, avec la même vertu et les mêmes tions % qui ne voit que notre devoir est de nous s( à lui, de nous laisser conduire, éclairer, diriger p que plus nous le ferons régner sur nous, plus les hc que nous rendrons à Dieu seront purs , saints , C( aux vœux de l'Église et aux témoignages extérii nous en donnons ?
S'il est nécessaire de nous unir à Notre-Seign rendre à Dieu de dignes hommages, il n'est p essentiel de tenir notre esprit attentif à cette un avoir l'intelligence des prières que l'Église nous
* Hoc sentite in vobis quod et in Christo Jesu. Philip, ii, 5. ritum Christi non habet, hic non est ejus. Rom. viii, 9.
2 Quod est spiritus noster, id est anima nostra, ad membra est Spiritus sanctus ad membra Christi, ad corpus Christi, quo. sia. S. Aua. Serm. cclxxvii, 4.
3 Quoniam estis fllii, misit Deus Spiritum Filii sui in corda mantem : Abba, Pater. Gal. iv, 6. Participes enim Christi eff si tamen initium substantifs ejus in nobis usque in finem firm mus. Hebe. m, 14.
ime nous l'avons dit, Jésus-Christ est le grand ado- , et, selon l'expression de M. Olier, Tunique religieux [ Père. Lui seul a la perfection nécessaire pour glo- [a grandeur de Dieu, pour désarmer sa justice, pour ir ses bienfaits. Lui seul l'honore et le loue parfaite- . Ce divin Chef résume donc en son cœur les homet les vœux de tous ses membres. Il n'est pas une véritable, pas un seul sentiment d'une valeur réelle, l'ait conçu le premier, qu'il ne porte encore actuelledans son âme et qu'il ne contribue par son Esprit à ? en ses membres ; de sorte que tous les hommes îrés en Jésus -Christ n'ont en lui qu'une même vie urelle, comme ils ne forment qu'un même corps; et oit dire du Sauveur dans l'ordre de la grâce ce que Ire a dit de son Père dans l'ordre de la nature : In ipso s et movemur et sumus ^ .
s les membres ayant part à l'esprit du chef, l'action
Dmme-Dieu devient universelle : il en est de même
prière. Jésus -Christ ne prie pas pour lui seul et en
il : il prie en tous ses membres et pour tous ses
res : Ego pro eis rogo, dit-ih Rogo pro Us quicredituri
me ^ S'il prie pour lui-même et en lui-même, c'est
e uni à eux, dans un même intérêt et un même sen-
: avec eux. Or la prière de l'Église, le saint Office,
[^pression sensible de la prière de Notre-Seigneur en
ime et en ses membres. On doit donc y retrouver ce
3re d'universalité et de diversité qui convient à ses
il^ents. On y doit entendre tous les accents à la fois :
ils de détresse et de repentir pour les pécheurs dont
is sur lui les iniquités , des chants de triomphe pour
tes que sa grâce a tirés de la servitude et associés à
3gne, des allusions aux peines, aux travaux, aux
^3s phases de son existence terrestre, des révélations
grandeur et de sa gloire dans le ciel. Ici il doit
10 ascendit in cœlum, nisi qui descendit de cœlo Filius hominis n cœlo. JoAN. III, 13.