‹ Le saint office considéré au point de vue de la piétéChapitre 23 sur 227 · XVII · texte numérisé non relu

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N". xvii, 9, 20.

s'humilier sous le mépris et accepter l'opprobre; protester de son innocence, demander justice, faire c à ses ennemis la rigueur de ses vengeances; ailleuri rendre grâces à Dieu, tressaillir de joie, chanter des 1^ d'allégresse.

Ainsi la variété des sentiments et les apparentes dictions, qui font le caractère le plus saillant des ps ^ s'expliquent sans peine, lorsqu'on est au vrai point lorsqu'on se représente Jésus-Christ dans toute son sion, dans son unité personnelle et sa multiplicité r lorsqu'on voit son esprit se répandre et agir en t membres, et tous ses membres se réunir et s'ident lui. On en saisit la raison; on en comprend la né( Non dicit quasi in unOy sed quasi in multis, qui est Ch Mais ce qui est juste et naturel de la part du S serait inexplicable en tout autre que lui. Une grandi des prières que rÉghse met sur les lèvres de ses m seraient un non-sens ou une impiété, si elles ne d s'entendre que d'eux-mêmes, s'ils ne les prono qu'en leur nom, s'ils n'étaient devant Dieu les écho voix plus élevée , les organes de Celui qui est hor Dieu tout ensemble, et comme tel, non seulement teur d'une dignité sans égale et médiateur nécessair la terre et le ciel, mais encore représentant de l'hu

^ Gal. m, 16. -- Vos estis corpus Christi et membra de memb corpus unum est et membra habet multa, ita et Christus. Etenii Spiritu omnes nos in unum corpus baptizati sumus et omnes in eo ritu potati sumus. I Cor. xiv. — S. Augustin, dans ses Homélie Psaumes, rappelle à chaque instant ce principe de notre incorpor Jésus - Christ , et c'est par là qu'il concilie dans sa personne les qui semblent les plus opposés. « Souvenons - nous toujours, dit Jésus-Christ est notre chef, et que nous sommes ses membres. Ne ensemble qu'un même corps, n'est-il pas naturel que nous ayons i cœur, une même voix, et que le sentiment et le cri d'un seul soit le sentiment de tous. Sic clamât unus tanquam omnes, quia Of uno unus sunt. In Psalm. lxix, 61. Dicimus cum Illo , et dicit no dicimus in Illo, et dicit in noMs. In Psalm. lxxxv, 1. — Ainsi, union spirituelle du Sauveur avec ses membres résulte une sorte munication d'idiomes analogue à celle qui est fondée sur l'union tique du Verbe avec la nature humaine dans l'Incarnation. Cf. 1 pour l'intelligence des prophéties, chap. ix. 1763.

érée, interprète et pontife suprême de la création tout ^e : Catholicus Patris sacerdos^.

ilà donc le rôle du prêtre dans la récitation du divin f. C'est un autre Jésus -Christ, qui, par la vertu de rit-Saint dont il devient Torgane, reproduit et perpédans un langage autorisé par l'Église et souvent insle Dieu, l'homniage de respect, de louange, de suppli- 4

i, d'action de grâces que le Sauveur a rendu à son lans le cours de sa vie mortelle, et qu'il continue de ndre au ciel et dans le Sacrement de Tautel. Une le fonction , pour être bien remplie , demande évilent entre l'Homme-Dieu et son ministre Tunion la l'mtime, ou plutôt une certaine identité d'esprit, de [es, d'affections, qui permette à celui-ci de dire, après j;re : « Je prie; mais en réalité ce n'est pas moi-même :ie, c'est Jésus-Christ qui prie en moi; c'est son esprit, a vertu, c'est sa grâce qui fait toute la valeur et tout (rite de ma prière. »

isi Jésus -Christ nous est toutes choses. Il est notre

jge et notre prière, comme il est notre vie ^ Non seu-

ït il prie pour nous, comme notre Pontife, dit saint

jtin , mais encore il prie en nous comme notre chef,

1US pénétrant de ses sentiments, il associe nos cœurs les hommages qu'il rend à son Père. Comme une le, s'attachant à la mèche d'un flambeau, en consume îs fils dans une même lumière et dans un même feu, 'esprit du Sauveur, répandu dans l'Eglise, éclaire les des splendeurs d'une même foi et embrase les cœurs

sfdeurs d'une même charité : Facit ministros suos flamgnis ^.

itidoit comprendre maintenant les raisons et l'impor-

ede la pratique que nous recommandons ici : il n'en 5 de plus efficace, ni de plus conforme à l'esprit de

o|ite Église.

^^ ^lise ne fait pas à Dieu une seule demande sans s'unir

te ,T. Contr. Marc. IV, ix.

lis mea tu es. Jerem. xvii, 14. — Christus vlta vestra. Col. m, S. (M, cm, 4 ; Hebr. i, 7

à Notre- Seigneur, sans protester qu'elle compte su appui, et qu'elle espère en sa médiation : Per Christu minum nostrum. Et comme c'est par Jésus- Christ q présente ses supplications, c'est par Jésus -Christ qu'elle offre ses louanges et ses actions de grâces. Ce lui, dit-elle, que les anges et les saints adorent : Ver laudant angeli. C'est par lui, avec lui et en lui, per % cum ipso et in ipso, que tout honneur et toute gloin vent être readus à la Majesté suprême; et il faut lui quer à la lettre les paroles du Psalmiste : Adorabi ipso semper; totâ die benedicent et ^

Saint Bernard, formé à cette pratique par l'Esprit-f en connaissait toutes les douceurs. « David, dit -il, i jouissait autrefois d'avoir trouvé son cœur, pour prie Maître et son Dieu : Invertit servus tuus cor suum ut te oratione hac^. Moi, j'ai trouvé, pour prier, le cœ mon Roi, de mon frère, de mon doux Sauveur : ne pi je donc pas aussi? Oui, certes; je suis trop heureux d' sinon le cœur de Jésus à la place du mien , du mo mien uni à celui de Jésus : Ego cum Jesu cormeum hab

(( L'esprit de Notre- Seigneur, dit M. Olier, est c( un fleuve qui s'abîme dans le sein immense de son et qui entraîne tout ce qu'il rencontre dans la rapid son cours. Il suffit de nous donner à lui et d'adhérer mouvements par les désirs de notre cœur : il nous er tera avec lui dans le sein de la Divinité pour y être er tis à jamais. »

Donc, dirons- nous avec l'Apôtre, que ce soit toi dans l'union du Sauveur, par lui , avec lui et en lui nous rendions au Père éternel l'hommage du saint C ce sacrifice de louanges dont nous sommes les minie Fer Ipsum ergo offeramm hostiam laudis semper Beo , fructum labiorum confitentium nomini ejus *. Que cette

1 PsALM. Lxxi, 15; De Ipso pour per Ipsum, selon les interprèi rapportent ce mot à Notre- Seigneur. — Voir Bossuet, Dern. mt l'Évangile.

"^ II Reg. VII , 27.

'^ Inter 0pp. Vitis mystica, m, 9. — Offic. SS. Cordis D. N. J. C.

^ Hebr. XII, 15,

il pas seulement implicite et habituelle : qu'elle soit, ^i que possible, actuelle, volontaire, effective. Pour

notre confiance , aimons à nous représenter, à Iplede sainte Thérèse, Notre-Seigneur *, nous disant, slu'à ses Apôtres : <( Voici comment vous devez prier: hitis Fatrem... ^, » puis prononçant le premier les ^ que nous avons à réciter. Dans ces paroles, ne . que l'expression de ses sentiments, et disons-nous 3|iui : Yerha quœ ego loquor, a meipso non loquor^. Ou-

David et les circonstances accidentelles qui l'ont

écrire ses cantiques sacrés. Il convenait de s'occu- I symbole, quand on n'avait pas la réalité. C'était un iiement pour les Juifs de voir dans l'histoire de leurs ps quelque image de Celui qui leur était promis; ([)Our nous, qui avons sous les yeux ce divin exem-

qui connaissons sa vie et ses mystères plus claire-

jue ses figures et ses emblèmes , à quoi bon nous

irasser dans la recherche de toutes ces ombres? Il

isser l'énigme quand la vérité se dévoile : Cum vene-

i^)d perfectum est, evacuabitvr quod ex parte est*. Consi-

plutôt le Fils de Dieu sur l'autel du ciel où le vit Jean, ou devant le trône de son Père, comme il se ia à saint Etienne, ou dans nos tabernacles , qui le nnent aussi réellement que le ciel, offrant incessami|à la Majesté suprême les mêmes hommages qu'il lui 'ts au moment de son Incarnation, et en même temps es lui offre dans l'intérieur de son âme, les lui ren- 3galement par les cœurs de tant d'élus qui lui sont our jamais, et par les lèvres d'une infinité de saints

Chemin de la perfection, chap. xxv. — On lit dans la vie de plusieurs

lue, pour les faire entrer dans cette pratique, Notre- Seigneur dai-

r apparaître sensiblement et unir sa voix à la leur dans la récitation

\j Office. Voir S. Pierre Célestin, Act. Sanct., 19 Maii; S^e Catherine,

ne, Vie par Raymond, son confesseur, c. xxv; et la Vén. Agnès

t QS. c( Lorsquelle se mettait à réciter l'Office, elle disait amoureuse-

5)Notre-Seigneur : « Commencez, s'il vous plaît, mon Époux, » Vie par

'jantage, I, x.

.TTH. VI, 9.

iN. XIV, 10.

!oR. xni, 10.

prêtres priant sous Tinfluence directe et incessante divin Esprit... Songeons que, malgré notre indignit voix participe à ce divin concert, et que Dieu écout prière comme celle de tous ses enfants, parce que, d accents en apparence si divers, il reconnaît une seu la voix du Fils unique en qui il a mis toutes ses ce sances , et qui a essentiellement le droit de Tin comme son Père : Spiritum Filii sui clamantem : Pater *.

Ainsi, en nous unissant à Notre-Seigneur, nous { perons à toutes ses prières : nous nous enrichirons de toutes ses vertus. Rectè novit vivere, dit saint Au qui rectè novit orare. Il n'y a pas de meilleur gage vie chrétienne que cette habitude de prier dans le cément à nous-même et l'abandon à Tesprit du Sa Quand on peut dire avec vérité : ce Je prie, mais c pas moi qui prie, c'est Jésus-Christ qui prie en moi n'est pas loin de pouvoir dire : « Je vis, mais ce n' moi qui vis; c'est Jésus-Christ qui vit en moi; c' qui est le principe de toutes mes pensées, de tous m( seins et de toutes mes œuvres ^ »

« Que celui dont la vertu opère en nous à son ^ peut faire bien plus que nous ne pouvons souhaiter ce voir, soit glorifié dans TEglise par Jésus- Christ p( toute l'étendue des siècles 3. »

1 Rom. VIII, 15.

2 Gal. n, 20; Philip, i, 20.

3 Ephes. m, 20, 21.

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