‹ Le saint office considéré au point de vue de la piétéChapitre 24 sur 227 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

glrième pratique : se proposer une intention particulière.

s'unissant à Notre- Seigneur, en se livrant à son

on s'associe nécessairement à toutes ses intentions.

^donc impossible qu'un Office récité en son nom ne

,3 pas à tous ses membres. Mais quelque part qui

ine à l'Eglise des prières de ses ministres, il reste

irs pour ceux-ci, outre un mérite personnel, tout à

.icommunicable , certains fruits d'impétration et de

iction dont ils peuvent disposer, et qu'il leur est loi-

d'ofifrir à Dieu, comme tout autre suffrage *. De là ces

lions particulières qui, en précisant dans l'esprit les

de grâces qu'on voudrait obtenir, surexcitent l'atten-

3t accroissent la ferveur. Les auteurs spirituels re-

landent de ne pas négliger ce secours, et même d'y

rir habituellement, lorsqu'il s'agit de prières longues

quentes, comme le Bréviaire, où l'on est toujours ex-

à se relâcher 2.

!i concile de Constance et le pape Martin V (1418) ont condamné la Ition suivante, de Jean Huss : Spéciales orationes, applicatce uni per- )er prcelatos vel religiosos, non plus prosunt eidem quàm générales , ', paribus. Prop. xix.

Causam laboris cogitate in labore, » disait S. Bernard à ses religieux, aventure disait de môme aux prêtres : « Apponite diligentiam main signis, majorem in verbis, maximam in intentione. » De Prcep. Issam.

Quelles sont donc les fins particulières auxquelles vient d'appliquer le fruit de TOFfice?

Un pasteur fervent et zélé n'a guère besoin qu'on suggère : il n'en trouve que trop dans les occupation cates et embarrassantes que son ministère lui fait n trer à chaque instant. Tantôt c'est une conversion dilt qu'il est urgent d'obtenir du Ciel. On dit à Dieu comrtc enfant d'Israël : Si tibi placet, doua mihi animam pï le rogo y et populiim meum pro quo obsecro^. Tantôt c'es it instruction importante dont il s'agit d'assurer le fruj sent, comme saint Augustin, qu'il faut parler au n des cœurs avant de s'adresser aux hommes 2, mag\ illis ad Deum, quam illis multa de Deo dicendum, et qi besoin d'obtenir à ses auditeurs les résolutions qu'oE leur demander : Quod peto à vobis, rogo det vobis^. quefois c'est une question difficile à décider ou un hasardeux à prendre. On se rappelle l'exemple de Pierre, éclairé du ciel sur la vocation des gentils an ment où il offrait à Dieu le tribut de ses prières, dun ret circa horam sextant ^. En d'autres circonstances effrayé de certains scandales; on est touché du péri courent les âmes dont on est chargé; et l'on se dit ce Job : IVe forte peccaverint filii mei in cordibus suis ^ On encore, on apprend qu'une grande calamité, qu'une sécution, par exemple, dévaste une portion plus ou r considérable du royaume de Dieu ; et , songeant au { prêtre de l'ancienne loi, qui n'entrait jamais dans le tuaire sans avoir sur le cœur et sous les yeux les non douze tribus d'Israël ^, on se sent obligé d'observer ce

1 EsTH. VII , 3. — Quis scit si forte donet eum milii Dominas et infans ? II Reg. xii, 22.

- S. AuG. De Catec. rud, xiii. — Pietate magis orationum quam rum facultate indiget, ut orando pro te et pro aliis quos est alloci; sit orator antequam dictor. De Doct. christ. IV. 32.

^ Tract. XXXII in Joan. — Novit ipse qui scrutatur corda quoties in meo propriae sollicitudini prseponderat sollicitudo vestra. S. Bern. S( in Quadrag.

^ AcT. X. — D'où S. Augustin tire cette conséquence^ que l'expo confirme : Oratione meliùs solvuntur duMa quàm inquisitione aliâ.

^ Job. I, 5.

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