EXOD. XXVIII
pôtre aux premiers fidèles : Mementote vinctorum, tan-
simul vincti^. Ces fins particulières, ces intentions spontanées que les circonstances font naître, ou plu-
3 le souffle de Dieu inspire en passant à ses ministres ^nslts, sont toujours les meilleures et les plus efficaces : re source de distractions, elles font un moyen de recueil-
t et un secours pour bien prier.
iinton vient donc de leur donner la première place, à prè comme à la Messe. Mais pour suppléer à leur défaut,
t pas sans utilité d'avoir un certain nombre d'inten-
prévues et disposées de manière à rappeler, suivant nirs et les heures, les principaux objets auxquels on
'intéresser.
a des prêtres qui se font une loi de rapporter au saint
ce toutes leurs pratiques de piété, le Bréviaire en ( ulier. Ainsi ils diront Matines et Laudes dans la vue
disposer à la Messe et d'obtenir de la bien célébrer;
tites Heures, pour s*unir à la divine victime et se
crer comme elle à la volonté de Dieu; Vêpres et Com-
pour remercier Notre-Seigneurde l'honneur qu'il leur
, et pour lui demander de ne pas s'en rendre indignes. ires, regardant les prières du saint Oifice comme Tex- OLon des sentiments dont Jésus -Christ est animé sur
1, offrent ces prières à Dieu pour les quatre fins essen- 5 du sacrifice eucharistique, et ils s'unissent aux actes ration, de reconnaissance, de réparation et de demande,
squels ce divin Sauveur remplit ses fonctions de ponit d'hostie.
grand nombre aiment à mettre leurs intentions d'acavec l'objet de leur oraison. Ainsi, aux fêtes de Notreleur, après avoir médité sur le mystère qu'on célèbre,
mandent à Dieu, dans le Bréviaire, la grâce attachée mystère, et ils font une attention particulière aux pa-
qui y ont rapport. De même aux fêtes des saints : ils ssent au saint qui en est l'objet, ou plutôt à l'Esprit eu vivant en lui, pour louer le Père céleste ; ils tâchent
EBR. XIII,3.
si
d'entrer dans ses sentiments; ils demandent pour pour leurs frères les vertus dont il leur offre le mocL
Plusieurs ont des tableaux qui assignent à chacun Heures canoniales ou à chacun des jours de la semain faveur spéciale à sollicitera Ce sont :
1° Les sept dons du Saint-Esprit : les dons de sag d'intelligence, de science et de conseil, si importants instruire le prochain et diriger les âmes; puis les do piété, de force, de crainte de Dieu, nécessaires pour nL se perdre en travaillant à sauver les autres.
1 Olier, Catéchisme chrétien pour la vie intérieure, I, xx. — Ce j de S. Benoît, 21 mars 1743, je voyais que ce saint patriarche av£ donné à l'Église pour renouveler en elle l'esprit de religion, et je n tais obligé de le prier qu'il lui plût de répandre cet esprit dans le comme dans les monastères. Je vois toujours ce grand saint à gen( Psautier à la main, comme il était sur la terre. C'était son occu; ordinaire. Et à ce sujet j'ai entendu le psaume i, Beatus vir, par aj tion à lui : Hcec est via quâ dilectus Domini Benedictus in cœlum as( Lect. VI. Olier, Mémoires, t. III, 572.
2 En voici un, recueilli dans les écrits d'un jeune sous-diacre :
« Sauf dérogation expresse, je dirai mon Office, chaque jour de maine, aux intentions qui suivent :
« I. Le Dimanche, je remercierai Dieu de tout ce qu'il a fait p( salut des hommes, et je lui demanderai le triomphe de sa grâce en les âmes, dans la mienne en particulier.
ce IL Le Lundi , je lui recommanderai spécialement tous ceux poi j'ai obligation personnelle de prier : mes parents, mes bienfaiteurs , qui sont chargés de ma conduite , les personnes qui se sont recomma à moi, les âmes dont je serai un jour chargé.
« IIL Le Mardi , je prierai pour les missionnaires et pour la pro tion de la foi dans les pays infidèles.
c( IV. Le Mercredi, pour la conversion des pécheurs, c'est - à - di; apostats, des hérétiques, des schismatiques et des catholiques en et péché.
c( V. Le Jeudi, je demanderai à Dieu d'augmenter le nombre des s prêtres, et de donner à tous les ministres de l'Église une grande < tion pour le saint Sacrement.
« VI. Le Vendredi, j'offrirai mon office pour les membres soufif du Sauveur, spécialement pour les fidèles persécutés, pour les malad danger de mort, et pour les âmes du purgatoire.
« VII. Le Samedi, je m'unirai en esprit à la très sainte Vierge remercier le Seigneur des grâces dont il l'a comblée, et je demanderai sa dévotion se propage de plus en plus dans l'Église.
« J'aurai soin de me rappeler chaque matin devant Dieu rintentionl laquelle je dois réciter l'Office de la journée. »
Nous ne voulons pas exagérer l'importance de ces tableaux. Ce ne que des plans, des projets éloignés. Ils ne sauraient suppléer à l'espr prière ; mais ils le supposent et ils l'entretiennent. Cela suffit pou recommander l'usage.
S fruits de grâce attachés par Notre -Seigneur aux Tements institués pour la sanctification des fi-
s trois vertus théologales : la foi, l'espérance, la jointes aux quatre grandes vertus morales, de prule justice, de force et de tempérance, victoire sur les sept vices capitaux, source de toutes '3s et de tous nos malheurs, mandent ces grâces pour eux - mêmes , pour les nfiées à leurs soins et pour tous les membres de
idéjà un certam nombre d'intentions assez imporlur ranimer la langueur, et assez variées pour pré- 0 routine. A ces vues particulières, d'un intérêt plus , un ecclésiastique qui a l'esprit de sa vocation ne ''^a pas d'en joindre d'autres en faveur de l'Église t ce qui lui est cher : son chef, ses ministres, ses ns, toutes les œuvres qu'elle protège, tous les l'elle renferme.
me observation qu'on a faite dans la vie du véné-
Izhauser, fondateur de l'institut des clercs régu-
n^Uemagne au dix-septième siècle. « Ce saint ecclé-
portait l'univers entier devant Dieu dans ses
comme il Tembrassait par la charité dans son
■^"1 jetant les yeux sur le Recueil des exercices de piété
dii ?res qu'il a établis dans sa société, on voit qu'il n'y
^^' de jour où, indépendamment de leurs intentions
jgj|Hes, lui et ses prêtres ne priassent pour l'Eglise
e()our le Souverain Pontife, pour les évêques, pour
^:e du lieu, pour tout le clergé; pour la conversion
ladiîles, des hérétiques et des pécheurs; pour la jeu-
étienne et pour tous les états; pour les princes et
eraitrats séculicrs ; pour la paix entre les puissances;
âmes du purgatoire, etc. ^ »
°°' est plus sacerdotal que ces pratiques. Il n'est pas ene^ans doute que le zèle s'exerce sur tout ce qui en
Qai
JEL, Vie du Vén. Barthélémy HolzJiauser, X, vu.
peut être Tobjet; néanmoins plus il est ardent, tend à s'étendre ^ .
On trouvera toujours, dans le clergé, de ces an néreuses que l'amour de l'Eglise consume, qui coi sent à toutes ses souffrances, qui s'émeuvent de i périls, et qui, ne pouvant voler à son secours, comn Paul, partout où elle est en danger, désireraient au pouvoir dire, comme cet apôtre, que leur esprit e tous les lieux à la fois, qu'il n'y a pas un seul d frères au salut duquel ils ne s'efforcent de contribu moyen de satisfaire leur charité et de l'exercer dî certaine mesure, c'est de prier tour à tour pour les ç contrées du monde chrétien. On les répartit en sept et Ton prend, à chaque heure de la journée ou à jour de la semaine, une de ces divisions pour objet lier de ses intentions. Ces divisions sont indiqué plusieurs livres de piété , avec les considérations propres à en recommander l'usage. Beaucoup d'ec tiques ont à se féliciter du parti qu'ils en ont tiré
Si l'on ne veut pas s'assujettir à cette prati( pourrait-on pas, du moins, prendre l'habitude de mander à Dieu spécialement les besoins spirituels tains pays, de certaines sociétés, de certaines œm jours où se fait l'Office des saints qui en ont été les
^ Portabit Aaron nomina filiorum Israël coram Domino , su suum, quando ingredietur sanctuarium. Bxod. xxvm, 29. — '. Christi figura et illius sacerdotii. S. Cyr. Alex. De ador. in spir.
2 Ego oro pro totâ Ecclesiâ catholicâ , ab oriente usque ad ( diffusa. Tu si vis ut pro te orem, noli recedere ab eâ pro quâ oi iSerm. cclxxiii, 2.
2 Sur un milliard au moins d'hommes qui couvrent la tern plus de sept cents millions à qui Jésus-Christ est inconnu ; et si cent cinquante millions qui ne l'ignorent pas entièrement, il en la moitié qui sont en dehors de la véritable Église , et ne peu qu'une faible part à ses grâces. Comment penser à cet état de ( en être touché, sans s'efforcer d'y remédier, au moins par la | viderit fratrem suum necessitatem habere et clauserit viscera i quomodo caritas Dei manet in eof I Joan. m, 17. Afin d'y { cesse et de prier avec plus de ferveur pour la propagation de '. pieuse personne tenait une mappemonde toujours étendue sou{ aux pieds de son crucifix. Voir P. Ramière, l'Ax^ostolat de la Yie de la mère Anne de Xaintonge, par le P, Grrosez, iv, 2,
QUATRIÈME PRATIQUE lll
rons, les fondateurs, ou les membres les plus illus-
linsi aux fêtes des souverains pontifes, on prierait
3 siège apostolique et l'Eglise romaine ; à celle des
propres au diocèse, pour l'Ordinaire du lieu et pour
foisses où ces saints ont passé leur vie. On prierait
^ France, aux fêtes de saint Michel archange, de
ouis roi, de sainte Clotilde, etc.; pour l'Angleterre,
de saint Grégoire pape, de saint Augustin de Can-
, de saint Edouard, de saint Thomas, martyr, etc.;
Allemagne, à celles de saint Boniface et de saint
pour l'Espagne et le Portugal, à celles de saint Fer-
et de sainte Elisabeth; pour l'Irlande, la Pologne,
grie, la Bohême, la Suède, aux fêtes de saint Pa-
e saint Casimir, de saint Etienne, de saint Venceslas,
te Brigitte. On prierait pour l'Afrique, aux fêtes de
Augustin, de saint Cyprien, etc.; pour l'Orient, à
e saint Chrysostome, de saint Basile, de saint Gré-
e Nazianze , etc. ; pour toutes les missions , à celles
t François Xavier, de saint Pierre Glaver, etc. En
;emps , on invoquerait les grâces du ciel sur cha-
î ordres ou des instituts religieux, bénédictins, prê-
franciscains, jésuites, clercs réguliers, somasques,
s, carmélites, sœurs de Gharité, etc., en récitant
de leurs patrons ou de leurs fondateurs, saint Be-
int Dominique, saint François d'Assise, saint Ignace,
rômeEmiliani, sainte Glaire, sainte Thérèse, saint
de Paul, etc. On demanderait à Dieu de maintenir
us de ces saints dans leur société; et ainsi, en s'u-
à leur esprit, on s'associerait à leur œuvre et on
erait à leur mérite.
nous signalerons une dernière pratique, famious le savons, à beaucoup de prêtres, que la penlins dernières préoccupe spécialement, ms pensent surtout aux défunts. Ils ne se lassent ffrir à Dieu leurs prières pour les âmes du pur- ; pour certaines âmes en particulier : celles de arents, de leurs bienfaiteurs, de leurs paroisle leurs pénitents, celles pour lesquelles ils sont
chargés de prier, ou qu'ils auraient trop peu aidées terre.
Les autres sont plus touchés encore des besoir mourants. Ils pensent qu'à chaque seconde une âme ce monde pour comparaître au tribunal de Dieu, < son salut dépend souvent d'une seule grâce, d'une pensée, d'un bon mouvement reçu au dernier instai ne voient rien de plus pressant à demander que d'une bonne mort pour les fidèles agonisants.
Entre tant d'intentions, chacun peut choisir libi selon son attrait : mais il semble que les plus ét( sont celles qui s'accordent le mieux avec les inspi] du zèle sacerdotal et la destination du divin Office on demande à Dieu, plus on obtient; comme aussi zèle étend son action, plus il grandit dans l'âme et j de fruits au dehors.
On lit dans les actes de saint Etienne le jeunei du mont Saint- Auxence près Chalcédoine, au viii^ qu'ayant été chassé de son siège par Constantin Gopr et relégué dans une île de la Propontide, il ne se ci pour cela dispensé de rendre service à ses frères, et fond de sa retraite il ne cessait d'intercéder en leur auprès de Dieu. Environné de tous côtés par les flot mer, il était surtout ému à la vue du danger que coi les matelots dans les jours de tempête. Lorsqu'il dait gronder l'orage : « 0 mon Dieu, s'écriait-i d'hommes aux prises avec la mort, tandis que nou mes tranquilles ici! » Et, tombant à genoux, il co le maître des vents et des flots de sauver du naufri
* Credamus, fratres : quantum quisque amat Ecclesiam Christi liabet Spiritûs sancti. S. Aug. Tract, in Joan. xxxii ,8. — G prêti M. Olier, si ta vocation est apostolique, elle regarde Tuniver Comme pasteur, tes obligations sont restreintes ; comme prêtre, e pas de limites. Tu es ministre de l'Église universelle, tu dois e tous ses intérêts, être sensible à tous ses périls, prier pour ton soins. G âme du prêtre 1 où trouver une étendue de zèle, une dila charité égale à celle que tu dois avoir I... Ghl qu'il y a peu dei et que je suis confus d'écrire ce que j'écris, étant si misérable, et i de Fétat où je vois que le divin sacerdoce m'appelle! Mémoiu p. 420.
ireux exposés à périr. Or Dieu se plut à montrer de la
e la plus touchante combien cet exercice de charité lui
réable , et quelle puissance ces prières exerçaient
i cœur. (( Souvent, après la tourmente, dit l'auteur
actes *, le saint patriarche eut la joie de voir des
;eurs descendre dans son île, comme par un instinct
leux, le remercier comme leur ange tutélaire, et
r qu'ils l'avaient vu pendant la tempête tenir en
e gouvernail et diriger leur vaisseau vers le port. »
ge sensible des services qu'un ecclésiastique rend
nés de ses frères en remplissant avec ferveur son
le prière et de supplication! Tôt ou tard, lui aussi
i bonheur de reconnaître qu'il n'a pas prié en vain ^
entrée au ciel, il recueillera le fruit de ses bénédic-
t, voyant venir à sa rencontre toutes les âmes aux-
5 il aura été utile sur la terre, il entendra les élus
3 lui comme de cet ancien prophète : Hic est fratrum
et populi; multum orans pro populo et universa san-
tateK
ts par Etienne, diacre de Constantinople. Voir Vie des Saints du 28 novembre. — Cf. Vie d'Bthelwold, solitaire de l'île Farne, istoire ecclésiastique d'Angleterre du Vén. Bède , V, i ; et de Cathe- Uortone , dans les Fondations de S^e Thérèse, ntes tanquam seminantes non deficiamus : tempore enim proprio s. S. AuG. Tract. inJoan.hxxiu, 4. — Cf. Act. xxvii, 23.