‹ Le saint office considéré au point de vue de la piétéChapitre 4 sur 227 · COQ · texte numérisé non relu

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^ Offlcium dicitur ab efjlciendo : quod est f aciendum aut exeqiiendun) Bened. XIV, Instit. xxiv, 2. — Definiri potest : Certa ratio laudandi pre candique Deum mente simul ac voce, auctoritate prcesiilum Ecclesiœ instî tuta. Bellarm. Controv. m, de hon. Oper.; De Orat. 1. I, c. x. Solus auteiî S. Pontifex habet potestatem constituendi hoc ministerium deprecandino mine totius Ecclesiae, et iUud committendi sacerdotibus et ministria Su ARES. De Hor. can, c. i, n» 11. — En français, on appelle Office ou sain Office indifEéremment la récitation du Bréviaire et le Bréviaire lui même. On désigne particulièrement sous le nom ^.'Office divin les prière solennelles qui se font à l'église les dimanches et fêtes, auxquelles 1 peuple est convoqué.

2 Sacerdos, publica persona et totius Ecclesise os. S. Bern. Sener Berm. xx.

Oli ! que cette considération est iniposante ! Qu'elle est

)ropre à élever l'âme d'un ecclésiastique, à lui faire esti-

ner son ministère, à le remplir de zèle, de ferveur et de

onfîance. « Ce n'est pas en mon nom ni pour moi seul,

ioit-il se dire, c'est au nom de TEglise, c'est pour tous ses

aembres, que j'ai à louer Dieu, à l'invoquer, à lui rendre

races! Et comme l'Eglise de Jésus- Christ est chargée de

énir Dieu pour toute créature , que c'est par elle que le

leigneur attend tout honneur et toute gloire , je dois le

uer, le glorifier, le prier, non seulement pour les fidèles,

ais pour tous les hommes , pour le monde entier, pour

t)ute créature. Je suis donc comme le cœur, l'âme et la

oix de la création % semblable à cet ange dont il est parlé

ans l'Apocalypse, toujours debout devant l'autel du ciel,

our recueillir dans son encensoir d'or Vencens de toutes les

Hères et les faire fumer, comme un suave parfum, au pied

^U trône de Dieu-, Si le premier effet de cette pensée est

effrayer ma faiblesse , elle doit me relever néanmoins et

He donner confiance, en me rappelant que ce n'est pas moi

^.^iul que Dieu considère en ma personne; que la sainte

glise m'acceptant comme son organe , c'est sur la foi et

s mérites de son épouse plutôt que sur mes imperfec-

ons qu'il réglera sa conduite; et que, dans l'Office comme

l'autel, je suis autorisé à lui dire : Domine , ne respicias

ccata mea, sed fidem Ecclesiœ tuœ. »

Que si le saint Office, envisagé à ce point de vue, prend

1 tel caractère de grandeur et d'élévation, combien paraît-

s'agrandir et s'élever davantage quand on considère la

ultitude, la sainteté, la ferveur de ceux qui en font leur

cupation et y dévouent leur vie ! Quel beau spectacle, en

î)rs|fet, et quel concert magnifique! Ce n'est pas seulement

1 monastère dont les religieux se succèdent pour ne pas

ni|isser s'interrompre le chant des divines louanges; ce ne

nt pas quelques cités, comme autrefois celles de la Thé-

«Mli 1 * A

lai

1ère ^ Lablum electum. Soph. m, 9.

li l|2 Data sunt illi incensa multa ut daret de orationibus Sanctorum omim super altare aureum, quod est ante thronum Del. Apoo. viii, 3, — eneJl I Par. xxxni et II Par. xxxi.

uni

baïde, qui retentissent de psaumes et de cantiques : c'e le monde entier qui se montre à nous comme un templ où des voix sans nombre répètent unanimement, sans j mais se lasser, les mêmes accents d'adoration , de recoi naissance et de supplication. Secundum nomen tuumDomiri sic et laus tua in fines terrœK C'est le jour, c'est la nuit, c'e de chaque point de l'espace comme de chaque instant de durée 2, que cette prière s'élève vers le trône de Dieu : Dï diei éructât verbum, et nox nocti indicat scienliam^. Dept les premiers âges où il a plu au Ciel de donner à l'Égli cette inspiration sublime, il ne s'est pas écoulé un jour, ne s'est pas passé une heure, où cette union de tant d'âme où cet accord de tant de cœurs , où ce mouvement de ta de lèvres consacrées au Seigneur aient été suspendus , le sacrifice de louanges ait cessé de se joindre au sacrifi eucharistique, pour célébrer les bienfaits et les perfectio de la majesté infinie. Image imparfaite sans doute, m déjà ravissante de la cité céleste, où l'on entend une voi sortant du trône de la Divinité, c'est-à-dire de l'human du Sauveur, demander aux Anges et aux Saints des hymn

^ Ps. XLvn, 11. — Un grand nombre de fondateurs d'ordres ou de b nastères eurent à cœur d'établir sur la terre une psalmodie perpétuel image de celle du ciel : Laus perennis. C'est ce que se proposèrent bienheureux Alexandre en Orient (m. 443, Acta Sanct. 15 jan.), Sij mond à Agaune (m. 523, Act. Sanct. 1 maii), le roi Gontran à Saint nigne de Dijon (m. 592, Ann. Sanct. 28 mart.), S. Colomban à Luxe (m. 615. Voir S. Bern., Elog. de S. Malach.), S. Aichard ou Acbard Jumièges (m. 687^ Acta Sanct. 15 sept.), S. Boniface à Fulde (m. 75 Dans ce dernier monastère, comme en ceux de Messein en Saxe, et d'Bt en Bavière, on eut la consolation de voir la psalmodie durer sans int ruption pendant plus de trois siècles. Les religieux, distribués en verses séries, se succédaient au chœur de manière à chanter continue' ment les louanges de Dieu, la nuit comme le jour. Toutefois l'accomp sèment parfait de ce beau dessein était réservé à l'Église catholique devait faire le partage et l'honneur de son clergé. Réunissant dans sein, comme le ciel dont elle est l'image, toutes les variétés du temps, célèbre à la fois, sans relâche et sans confusion, toutes les Heures saint Olflce ; et il n'est pas un seul instant où elle ne fasse monter ver; majesté divine tous les accents de la prière publique dans un harmoni concert. — Cf. Grancolas, de l'Office divin , Laus perennis. — D. Qaim Comment, sur la règle de saint Benoît. — Frénicle, Ex'plic, des cér et des Offic.j t. I; De la Constance et succession des Offices.

2 Voir, à la fin du volume, la Note l'e. Antiquité du saint Office.

3 PSALM. xviii, 3.

ecti

ît des cantiques, et une autre voix forte comme le tonnerre ;t aussi vaste que celle des fleuves et des mers lui répondre !)ar un cantique sans fin ^

En illa sedes cœlitum Semper résultat laudibus; llli canentes jungimur Almse Sionis aemuli 2.

Les ministres sacrés sont donc comme les Anges de Dieu

[ur la terre; et quand ils s'acquittent du divin Office, ils

'unissent aux esprits célestes dans leur fonction la plus

ublime. Aussi l'Eglise ne confie-t-elle pas à toutes sortes

e personnes, indifféremment, un si saint emploi. Comme

Il s'agit d'offrir à Dieu une hostie de louanges, un sacrifice

((uotidien auquel le corps et l'âme doivent prendre part,

lie a soin de choisir, entre ses ministres mêmes, ceux que

eur vertu rend dignes de servir au saint autel; et elle ne

es agrée pour ses organes qu'après en avoir reçu une pro-

inesse solennelle de persévérer jusqu'à la mort dans un

tat de pureté assez parfait pour donner à l'âme toute sa

iberté et à la prière toute sa ferveur : Quod facultatem

^rœbeai sine impedimento Dominum obsecrandi ^ .

Heureux donc ceux qui se rendent dignes d'un tel milistère! Heureux ceux que le Seigneur place dans son sanctuaire pour le bénir et l'invoquer jusqu'à la fin de leurs JWrs ! Tandis que les mondains travaillent à s'établir sur )(lette terre mouvante, qu'ils se disputent ici -bas quelque

1 Apoc. XIX, 6 ; IV, 8 i 2 Hyoni. de la Dédicace.

^ I Cor. VIII, 85. — Admirable accord de la doctrine révélée et de la ratique de l'Église, confirmé d'une manière frappante par l'histoire des 3ctes hérétiques! Qu'est devenu ce saint Office entre les mains des miistres de la réforme, sécularisés par le mariage? Ils l'ont rejeté partout n même temps que le célibat: et, selon la parole de saint Paul, Dieu

perdu toutes les affections qu'on a données à la créature : Qiti sine uxore ^t, sollicitus est qucB Domini sunt ; qui autem cum uxore est, sollicitus est ua sunt tnundi. I Cor. vu, 32. Les hommes de prière ne se trouvent que ans la tribu des vierges ; et ceux-là seuls peuvent chanter les cantiques de Agneau, qui participent à sa pureté : Nemo poterat dicere canticum nisi... ui empti sunt de terra : virgines enim sunt. Apoc. xiv, 4. — Sur les obîctions des protestants contre le Bréviaire, voir Bellarmin, Controv, iii^ de onis Operihus; de Orat. 1. 1, c. ix.

bien apparent ou quelque honneur frivole, qu'ils se tourmentent et s'épuisent pour contenter des maîtres capricieux, aussi vains et aussi indigents qu'eux-mêmes, ces amis privilégiés du Seigneur, vivant déjà de la vie du ciel, n'auront à louer et à glorifier, comme les Anges, que le Roi du ciel et ses perfections infinies ! Erunt sicut Angeli Dei in cœlis ^. Leur prière se prolongera ici-bas autant que leur vie. Commencée au jour de leur consécration, elle ne cessera qu'à leur dernière heure, alors qu'apercevant dans sa lumière celui qu'ils auront célébré si longtemps dans la foi , ils commenceront à chanter avec les élus le cantique de Moïse et de l'Agneau, qui est celui du triomphe suprême. Beati qui habitant in domo tuâ, Domine : in sœcuîa sœculorum laudabunt te ^ !

* Marc, xn, 25.

2 Ps. Lxxxra , 6. — Un grand nombre d'ecclésiastiques ont regardé comme une grâce du ciel de pouvoir s'acquitter constamment du saint Ofiace jusqu'à leur dernier jour. Le docteur Navarre, oncle de S. François Xavier, se félicite de n'y avoir manqué qu'une fois ou deux dans sa vie , quoiqu'il fût dans sa soixante-dixième année et qu'il eût été cinq fois en danger de mort. Enchirid. confes., xxv, n° 100, et xi, n^ 35. S. Grégoire de Tours, dans l'Histoire qu'il nous a laissée de son oncle S. Gai, évêque de Clermont, rapporte que ce pieux pontife y consacra jusqu'à ses derniers instants. Sentant ses forces défaillir, il fit un effort, dit-il, pour réciter encore les matines du jour; mais ce fut sa dernière action : Consummavit Offlcium totuTïh matutini temporis. Quo jam exiremo defunctus offlcio, ait : Valedicimus vobis, fratres. Et hœc dicens, extensis membris, spiritum Deo intentum prœmisit ad Dominum. Vita Patr. vi. Act. Sanct. 1 jul. Les histoires de S. Paulin, de S. Benoît d'Aniane, de S. Bruno, de S. Oswald d'York, de S. Jacques de Venise , etc., offrent des traits du même genre. La vie plus récente du card. Stanislas Hosius se termine ainsi : Primam, > Teriiam et Sextam cum assîstente devotissimè recitavit. Cum autem ad Nonam ventum esset: Su;fficit, inquit; jam non dicemus Nonam, nisi forte cum Angelis in cœlo. Romae. 1587.

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