‹ Le saint office considéré au point de vue de la piétéChapitre 45 sur 227 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Répons, Antiennes, Capitules.

Les Répons et les Antiennes ne viennent pas tons de la iiême source. Un certain nombre sont tirés de la Vie et les Actes des Saints, ou des écrits de quelque Docteur; 4'autres, sans être extraits textuellement des livres inspirés, appartiennent cependant en majeure partie à l'Ecriure. Ils se composent de divers passages combinés enliiemble ou interpolés, de manière à former de nouveaux rens et à s'appliquer à l'objet de la fête K m II importe de savoir discerner les paroles divines des eiiaroles humaines et le sens textuel du sens dérivé. Sans aiiela une foule d'idées accessoires, d'allusions, d'insinuale ons , échappent à l'esprit, et le texte perd de son agrén lent et de sa clarté.

(Prenons pour exemple les antiennes de Laudes des Conisseurs pontifes, prises de l'Épître de la Messe Statuit, et ^ jolies des Vierges , qui peuvent offrir quelque difficulté. ati Les premières, lues simplement, à leur place dans *'3ffice, n'auront d'autre effet que de reporter la pensée î l'objet du psaume à celui de la fête, et peut-être laisront- elles quelque indécision sur le sens précis qui

Cf. Guyet, Eeortologîa , lll , iy ,i.

convient à chacune. Mais si on les rapproche les unes de autres et qu*on remonte à la source, on y verra un tableau frappant de la perfection sacerdotale , et Ton comprendre qu'au jugement de l'Église , un pontife doit réunir dan sa personne toutes les vertus des saints les plus émi aents.

L'antienne : Ecce sacerdos^ dont le commencement es emprunté à l'éloge d'Hénoch, et la fin à celui de Noé atteste que le sacerdoce de la Loi nouvelle demande Fin nocence de l'un, avec la foi et la générosité de l'autre. EU fait entendre qu'un prêtre doit approcher des esprits ce lestes par sa pureté, et se montrer par sa constance 1 soutien de la religion et de la morale contre les débordements du monde *. Au Capitule, l'éloge de Noé est lu ei entier.

Les antiennes suivantes : Non est inventus.., Ideo tirées de l'éloge d'Abraham ^ , témoignent que l'obéissanc d'un ministre de Jésus-Christ ne doit pas être moins émi nente que celle de ce patriarche, sans égal sur la terre Elles insinuent que si nous pl:'enons les intérêts de Dieu il aura soin des nôtres ;• et qu'en récompense du zèle qu nous aurons pour sa loi, il fera fructifier nos travaux, e multipliant par nous le nombre de ses enfants ^.

Ainsi, ces paroles si simples et si brèves offrent l'esprit une source abondante de lumière et d'édifice tion.

De môme en est- il des antiennes des Vierges, ou o Beatà. Plusieurs étonneraient si Ton ne savait à quel obj elles s'appliquent et quel sens elles présentent dans le livr inspiré : Nigra smn.., Revertere.,, Trahe me,,. Dum essi Rex.., Lœva ejus.,, Specie tuâ.,. Diffusa est gratia... Ma quand on sait que ce sont autant d'extraits du Cantique d Salomon, ou du psaume XLiv; que, dans l'une et dar l'autre de ces compositions, l'Esprit -Saint célèbre l'unio personnelle du Verbe avec notre nature en son humanitc

1 Cf. ECCLI XLiv, 16,17; L, 1.

Page 1