‹ Le saint office considéré au point de vue de la piétéChapitre 46 sur 227 · ECCLI. XLIV · texte numérisé non relu

ECCLI. XLIV

3 Cf. GuYET, Heortolog. III , xiii , 7.

et son union avec l'Eglise par la divine grâce; quand on considère que l'Église est pour le Sauveur ce qu'Eve était pour Adam, non seulement son image, une autre luimême, procédant de lui, mais encore son épouse, l'aide dont il avait besoin pour la multiplication des enfants de Dieu sur la terre , on saisit aisément le sens pur et élevé ie toutes ces antiennes; on comprend aussi que comme l3lles conviennent à la totalité de l'Église, ou à la société pes âmes qui la composent, elles s'appliquent naturelleknent à chacune d'elles à proportion de sa sainteté : le nême esprit qui anime et sanctifie le tout, animant et sanctifiant chacune de ses parties ^ .

. Il n'y aurait pas moins d'observations à faire sur les 'apports des Antiennes avec les Psaumes qui les précèdent it les Capitules qui les suivent.

On peut remarquer que la quatrième antienne de Laudes,

(ui annonce le cantique Benedidte, est presque toujours

me invitation à bénir le Seigneur : Spiritus justorum..,

i^Iartyres... Sacer dotes Domini, benedicite Dominum. Du moins

lie rappelle l'idée du ciel; elle dispose à s'unir aux bien-

iiieureux et à prendre part à leurs louanges : Beati pacifici,.,

ifeatus ille servus,,. Veni, electa mea. Presque toujours on

etrouve cette dernière pensée dans la cinquième antienne

ui accompagne le Laudate Dominum de cœlis»

Les Capitules des Petites Heures, quoique tirés de l'É-

ître du jour, se lient aussi trop fréquemment et trop

eureusement avec les antiennes qui les précèdent, pour

ue ce rapport soit purement fortuit. Souvent ils semblent

3 fondre ensemble pour l'expression d'une même idée.

insi à l'office des Confesseurs Pontifes, à None : Serve bone.

^ Ex hoc Cantico Ecclesia Patres, prœsertim sanctum Ambrosinm , cuta, multa transtulit in Mariam. Ut hœc : Vox turturis... vox Marine centis : Ecce ancilla, etc., yox suavissima qnœ Joannem in utero matris :civerit. Et illud : Dum esset Bex in acciihitii suo , nardus mea, omnile odore odoratior castitas invitavit eum. Et illud : Quce est istaf... Eb ud : Tota pulchra es... Et illud : Videte, filice Sion, etc., aliaque innuerabilia, quas sublimioribus animis convenientia , eô magis Mariœ con- 'uunt, non tantùm accommodatione piâ, sed etiam ad litteram, qu6 ter sublimissimas ac perfectissimas animas sublimissima ipsa ac perfecjsima est. Bossuet , in Cantîc. ad cale, " '

intra in gaudium Domini tui.,.^ Fungi Sacerdotio^ , etc.; « qui exprime parfaitement la glorieuse vocation du ponti sur la terre et dans le ciel. Quelquefois le Capitule n'e que le développement de l'antienne. Par exemple, à Sex du même Office, Tantienne : îdeo,., n'exprime qu'à moit cette idée que la dignité du Saint a été la récompense de s vertu ; le Capitule l'énonce complètement et l'inculque av( force : T^on est inventus...y ideo... Pour l'ordinaire, le raj port est moins frappant, mais il reste visible. Ainsi, dai l'Office des apôtres, à None, antienne: Inpatientiâvestrâ,. Capitule : Ibant apostoli gaudentes.,.; dans l'Office d( vierges et des saintes femmes, à None, antienne : Ista e speciosa..., Capitule : 0 quam pulchra est! ou bien : Mult filiœ congregaverunt divitias.., Fallax gratia,.. Dans cel des martyrs , même accord à toutes les Heures -,

On serait heureux d'avoir sous la main un commer taire détaillé du Bréviaire, où l'on trouvât cette étuc faite et toutes ces indications réunies. S'il n'en existe pj qui satisfasse à ce désir, c'est à chaque ecclésiastiqi d'en composer un pour son usage particulier, selon S( moyens et ses loisirs % en commençant par le Commii

"^ Id est, ad fungendum ofiBcio laudandi Deum.^ard. Hugo.

2 On cite sur l'Antiphonaire H. Dissbn, Carthusianus Osnabrugensi Expositio Antiphonarii tribus libris expressa, 1484. Le même auteur laissé des Homélies sur l'Office divin.

3 C'est le parti le plus pénible, mais aussi le plus fructueux : Labor manuum tuarum quia manducabis , beatus es et benè tibi erit. Psal cxxviii, 2. — On pourrait consulter Mart. Sbbaldus : Novum romanu Breviarium in quo psalterium una cum Hymnis paraphrasibus succin tissimis distincto caractère insertis est adornatum; Moguntife, 1622. Th. Beclo , Dichiarazioni di tutto cio' ché vi ha o difficile di intendersi intéressante in ogni parte deV Breviario ; Anconae , 3 in-4o; 1771 , 1775. Nous avons vu, à la Bibliothèque de Chaumont (Haute -Marne), un m nuscrit intitulé Expositio seu Postillce super Eoras, à J. Lhullier. » commentaire très succinct , consistant en véritables apostilles ou notes à marge , ne va pas au delà du Ps. Confltemini , de prime. L'auteur para être un ancien évêque de Meaux , confesseur de Louis XI , et recteur

et en s'attachant de préférence à ce qui revient le plus souvent ^ .

Personne ne contestera l'utilité de ce travail. Nous craignons seulement qu'un grand nombre ne le jugent au- Jessus de leurs forces. « En supposant qu'on ait les ouvrages et les lumières nécessaires, où trouver, dira-t-on, e loisir qu'exigent ces sortes de recherches ? C'est à peine >i , parmi les soins du ministère , on peut suffire aux études ndispensables de la théologie, de l'Ecriture sainte et des mteurs spirituels. »

Sans nier absolument la difficulté, nous croyons devoir |3xpliquer notre pensée. D'abord nous ne prétendons pas [ilonner pour obligatoire ce dont l'Eglise ne fait pas une loi. Nous nous bornons à proposer ce que peuvent inspi- L^er l'importance du saint Office, l'honneur de Dieu et l'intérêt de notre âme. En second lieu, après les moments consacrés à l'accomplissement des devoirs essentiels, nous l'en voyons guère de mieux employés que ceux qu'on Dasserait à s'instruire sur l'Office divin et à s'en bien acquitter : car, que peut- on faire de mieux que de louer 'jDieu au nom de l'Eglise et dans l'esprit de Notre-Seigneur? '3uoi de plus important que de remplir saintement une onction si sainte 2? Enfin il nous semble qu'un ecclésiasique pourrait mettre en pratique la plupart des conseils

'Université. Nous trouvons également cités parmi les manuscrits un ou- Tage du même genre : Psalteriurrij Hymni et cantica cum glossis, pro- ''enant de l'abbaye de Jumièges . xni^ siècle ; Biblioth. de Rouen , n. 347. ^ Le Commun des saints, auquel on recourt presque chaque jour, est )récisément la partie du Bréviaire la moins commentée. Cela vient de ce lu'au moyen âge il y avait très peu de fêtes de saints. — Voir à la fin iffa Note VII.

Utinam hœc sapèrent et intelligerent plurimi de clerc, qui sui status )rorsus immemores , alienis toti studiis , propria negligunt, suum pessumlant OfiQcium , et in divinorum legibus quas ex munere scire manent adstriti , rudes penitùs inveniri non erubescunt ! Cavallerius^ ComTïientaria in lutlientica Sacrce Congregationis Rituum décréta; Romae, 1757. — Ut diinas laudes Sion non tantùm ore murmurent, sed et corde persolvant, ^unquam à manibus eorum sacra Biblia deponatur. Nam ut quae legunt ît canunt, discant intelligere, tota vita vix suffecerit, si tamen quid est n litteris sacris quod totum humanus intellectus assequi possit , aliis subudè divitiarum fonticulis ex eodem fonte semper scaturientibus. Conc. 'OLON., 1536 , p. II , V.

que nous avons donnés, sans rien ajouter à son travail ( à ses exercices ordinaires. Puisqu'il se fait une règle d lire et de méditer chaque matin la parole de Dieu, qn l'empêcde de commencer par étudier dans l'Office le fragments que l'Eglise lui en fait réciter? Ne sont-ce pa les morceaux les plus intéressants, les plus utiles à con naître? Qui s'oppose même à ce qu'il prenne pour sujet d ses méditations les plus belles prières du Bréviaire, celle du Commun des saints, par exemple? Voilà le moyen d connaître et d'approfondir en peu de temps la partie inspiré de l'Office. Et pourquoi n'appliquerait-on pas la même mé tliode à la partie traditionnelle ou d'origine ecclésiastique aux homélies, aux légendes? Pourquoi n'en ferait-on pa quelquefois sa lecture spirituelle? N'est-ce pas pour nou instruire et nous édifier que l'Église a fait ce recueil, € pense-t-on qu'elle n'ait pas su choisir ce qui convient au besoins de ses ministres? Qu'on en fasse donc l'essai, e l'on verra qu'au lieu de perdre un temps précieux on aur trouvé, dans l'étude de l'Office, le secret de rendre util et fructueux celui qu'on emploie à le réciter. Les prières mieux comprises , se feront avec plus d'attention et plus d goût. En même temps qu'on s'enrichira de mérites, oi acquerra une foule de connaissances aussi agréables qu salutaires. Les plus beaux passages de l'Ecriture , le maximes des Pères, les traits frappants de l'histoire d l'Eglise et de la Vie des saints se graveront dans la mé moire et pénétreront l'âme. Ainsi , tandis que l'étude d l'Office disposera à prier, la prière entretiendra les con naissances acquises par l'étude, et l'esprit et le cœur tire ront de cette pratique un égal profit K

^ Citons ici, comme exemple, le P. Aquaviva, général de la Compagni de Jésus , homme aussi éminent par sa doctrine que par sa piété. A la têt d'un Commentaire du Psaume cxviii , qu'il a composé dans ses dernière années et qu'on a publié après sa mort, on lit qu'il s'appliqua à ce travai par estime pour le saint Office , afin de le réciter avec plus de fruit , e qu'il fut récompensé suivant ses désirs : « Percepit 111e satis uberem su laboris fructum. Namque profitebatur post eas meditationes haud pauI meliùs horariam sibi Psalmodiam succedere , dum quibus insueverat cogi tationibus , earum aliqua inter psallendum velut suâ spontè succurrit. » Voir à la fin du volume la Note VII.

On pourra avec la même facilité acquérir quelques noi>ns générales sur la composition de TOffice, objet spécial proprement dit de la science liturgique.

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