PSALM. CXVIII
^ Mystères de N.-S. appliqués à la journée, et Divers Écrits sur la sainte Vierge.
pîen de plus conforme aux principes des auteurs liturgiques et au sens général de leurs explications.
De même dirons -nous, jusqu'à un certain point, des vues exposées par le docteur Allioli dans son opuscule : Des Motifs intrinsèques des Heures canoniales. Bien que présentées sous une forme propre à l'auteur, elles n'ont rien au fond qui ne soit conforme à l'enseignement des litur- 2fistes et à la nature du saint Office.
On a toujours dit que le jour est une image et un abrégé de notre existence, et que la grâce tend à nous faire accomplir dans chacune de nos journées une œuvre analogue à celle qui doit occuper toute notre vie. Toujours aussi on a regardé les différentes Heures comme des parties d'un même tout, intimement liées entre elles, et destinées à se compléter en se succédant. Quant à l'assimilation faite par l'auteur de la vie surnaturelle, dont l'Office est la manifestation, à la vie naturelle telle qu'elle se montre dans les divers règnes de la nature, on peut dire qu'elle a son fondement dans la comparaison évangélique de la parole de Dieu avec le bon grain répandu sur la terre , et avec la semence qui croît et se multiplie. Or, ces principes posés , n'est- il pas juste de reconnaître avec lui une certaine harmonie entre le développement de la vie divine sous l'influence du saint Office , et celui de la vie naturelle , dans le règne végétal, par exemple? Gomme tout acte, comme toute vie, naturelle ou surnaturelle, a un point de départ et tend à un terme suivant une certaine voie, on doit distinguer de part et d'autre trois moments ou trois phases successives, il y aura donc, des deux côtés, pour suivre l'image adoptée par l'auteur et pour parler son langage, la période de la germination, celle de la croissance et celle de la fructification ; et par suite on pourra retrouver dans les trois grandes divisions de l'Office les caractères de ces trois périodes : la régénération spirituelle se préparant dans l'Office de la nuit par l'enseignement, la méditation et la louange du Créateur; la vie de l'âme se sentant croître et fleurir à l'Office du jour par l'alTection aux lois divines; et enfin le fruit de cette vie et de ces
actes recueilli et admiré pendant les Vêpres et les Corn plies.
Ces idées, nous le répétons, ne sont pas simplemen ingénieuses, elles sont exactes et bien fondées. Nous n croyons pas cependant devoir insister plus longtemps parce qu elles nous semblent moins pratiques que spéculatives, en ce sens qu'elles ont plutôt pour effet de faire reconnaître la sagesse de l'Eglise dans cette œuvre profondi et simple tout à la fois , que de fournir à l'âme , dans 1( moment même de la prière, des affections pieuses et de; pensées salutaires.
Nous réservons , du reste , pour les chapitres suivants les réflexions qui ont rapport à chaque Heure en particulier.