I. — COMMENCEMENT DE l'oFFICE
Pater nosler, Ave Maria, Credo.
L'Eglise pouvait- elle mieux témoigner son désir de nous
îr réciter le saint Office en union avec Notre-Seigneur,
ns ses intentions, dans son esprit, qu'en fixant nos
^ards, dès le début, sur ce divin Sauveur louant et in-
quant son Père , et de nous obliger à répéter littérale-
3nt sa prière? Pour entrer dans ces vues, il faut se placer
esprit auprès du divin maître, puis se figurer, comme
conseille sainte Thérèse ^ qu'on est du nombre de ses
emiers disciples , divinâ institutione formati -, et qu'il
us dit, à nous en particulier: Sic vos orabitis^. Il faut
suite recueillir de ses lèvres chaque demande , et la ré-
ter comme ses apôtres , avec une entière confiance en
lumières et en ses mérites. Si l'on se pénètre bien de
dispositions , il sera facile de les conserver dans le reste
l'Office , d'autant plus que les sept demandes du Pater,
3rimant en abrégé les dispositions de Notre-Seigneur
vers son Père, résument aussi nécessairement tous les
ux de l'Eglise et toutes les prières que nous avons à
rir pour elle *.
Au Pater succède VAve Maria, Dans la Mère du Sauveur, glise nous fait admirer un modèle parfait de l'union où us devons être avec l'Homme- Dieu; elle semble nous e comme saint Ambroise : Ilemplissez-vous de l'esprit Marie : SU in singulis spiritus Mariœ ut magnificet Domim^. Il convient de la prendre pour avocate et pour 3plément, comme les apôtres au cénacle.
Chemin delà perfection, xxv.
In Missal.
Matth. VI, 9.
Quantum substringitur verbis, tantùm diflunditur sensibus..., ut erà in oratione breviarium totius Bvangelii comprehendatur, Tbrt. Orat,
In Luc, II , XXVI.
Ces deux prières se récitent à genoux avant toutes h Heures , sauf Complies , où VAve Maria est remplacé par Confiteor, A Matines et à Prime, c'est-à-dire au début ( l'Office et au commencement du jour, on ajoute le Syn bole des apôtres. La foi étant le principe de toute œuvi surnaturelle et de toute vertu chrétienne , il importe de ranimer par un acte fervent lorsqu'on s'approche de Die pour le prier : Credere enim oportet accedentem ad Deum * faut donc en récitant ce symbole se rappeler distinctemei les dogmes qu'il énonce avec les bienfaits qu'il rappelle, joindre à la profession extérieure l'adhésion de l'âme plus vive et la plus complète : Corde enim creditur ad just tiaïYiy ore autem confessio fit ad salutem *.
Nous nous souvenons d'un ecclésiastique dont la mt destie et la religion nous ont constamment édifié : nous r saurions dire avec quel accent de conviction, de confîanc( d'amour, il prononçait ces mots : Credo in Deum,,» Et \ Jesum Christum,,, Credo in Spiritum sanctum.,,, sanctam E clesiam catholicam,.. On voyait que ce Symbole lui remetta devant les yeux, avec les principales vérités du christie nisme, la multitude innombrable des fidèles auxquels était uni. On sentait combien il était heureux de répète après tant de saints , de confesseurs et de martyrs, la prc fession de foi formulée par les apôtres sur le berceau d l'Église ^
Domine, labia mea aperies.
Ces prières préparatoires achevées , on se lève , et l'o invoque expressément la divine grâce. Le ministre d
^ Hebr. XI, 6.
^ Rom. X, 10.
^ Lorsque S. Philippe de Néri récitait le Credo à voix haute, il sen blait toujours tressaillir à ces mots : M in Jesum Christum, etc. — I P. Alvarez , dont sainte Thérèse estimait tant la vertu , parle sans dout de lui-même quand il dit : «Novi ego quemdam servum Dei, qui cùm î sacrificio missae Symbolum attenté dicebat et actus fidei interius subind f aciebat , mira quâdam suavitate mentisque serenltate replebatur ; quai etiam experietur et in rébus fidei amplius roborabitur qui illud cum hâ attentione protulerit. » De Studio orationis, lib. I, p. II, c. xrv.
Eglise reconnaît son indignité et son impuissance à louer
j Seigneur. Il se souvient que Dieu reproche au pécheur
le violer en pratique une loi qu'il célèbre en paroles;
r songe que, pour annoncer les divins oracles, les lèvres
l'Isaïe eurent besoin d'être purifiées par un charbon
'dent; il considère que nul n'est capable, par ses seules
Tces, de concevoir une bonne pensée, ni d'invoquer comme
faut le nom du Sauveur * ; et renonçant à son propre
iprit pour se donner à l'Esprit-Saînt qui veut bien être
! supplément de notre impuissance, il adresse à Notre-
îigneur ces paroles d'humilité et de confiance, tirés du
>aume de la pénitence : Domine, labia mea, etc. 2.
(( Seigneur, qui m'êtes présent par votre Esprit, pour
'éclairer de vos lumières et m'échauffer de votre -amour,
lignez former en moi les sentiments que demande l'office
le je vais remplir. Je ne puis m'élever à votre Père que
r vous 3. Sans votre grâce, mon âme resterait dans
iridité, comme les rochers du désert : Sicut terra sine
uâ *; mes lèvres seraient comme un instrument sans in-
ligence et sans vie : Sicut œs sonans et cymbalum tin-
\ens ^
(( Que l'impie prétende se suffire à lui-même ; qu'il dise
ec orgueil : Labia nostra a nobis sunt ® ; pour moi , Sei-
leur, je désire que vous régniez absolument sur moi et
le vous donniez le mouvement à mes lèvres comme à mes
ains : Laus mea tu es'^, Quoniam non est sermo in linguâ
là ^ Ouvrez ma bouche à vos louanges en ouvrant à votre
ace mon esprit et mon cœur ^ Alors ma langue chantera
gnement vos grandeurs : Exultabunt labia mea ciim can-
PsALM. xLix, 76 ; Is. VI, 6 ; II Cor. m, 5 ; I Cor. xii, 6.