PSALM. XCI
^ C'est un sentiment que l'Esprit de Dieu Inspire à toutes les âmes roieuses. Un jour, dit Mgr Dabert, évêque de Périgueux, quelqu'un avait ^é par mégarde un chandelier sur le Bréviaire de M. Vernet. (c Mon a, dit aussitôt ce digne Supérieur, ôtez ce chandelier. Ce livre est un À éviaire ; il contient la parole de I)ieu : il ne convient pas de rien poser isus. » Vie de M. Vernet, supérieur du séminaire de Viviers^ liv. IV. —
Îlit un trait semblable dans la Vie de M. Hurtevent, fondateur du sémiire de Lyon. — Sainte Catherine de Bologne (1463) avait une telle ime du saint Office, qu'elle voulut écrire tout son Bréviaire de sa )prc main et l'orner avec tout le soin possible. Ce n'était pas pour elle le occupation commune, ni une simple œuvre d'art; c'était un exerp de foi et de piété. Elle n'employait à ce travail que les jours de dinche et de fête ; et elle se pénétrait tellement des choses qu'elle transcrit, que souvent, les larmes s'échappant de ses yeux, il fallait lui ener les pages qu'elle avait peintes , de peur qu'elle n'en ternît la beauté, a conservé, dans son monastère, comme une précieuse relique, ce îviaire écrit en entier par la sainte et orné d'images coloriées de tre- Seigneur, de la bienheureuse Vierge et des saints. Act. Sanct. lîart. — Vie par le P. Grasset.
' Bibllorum codicem capiti Instar pulvinis supponebat. Brev. rom., mai^ lect. v.
avant de Touvrir ou après l'avoir fermé, il le baisait a^ amour. Comme saint François de Sales, il ne pensait j qu'il y eût un plus beau livre après l'Évangile. Souveni lui appliquait les paroles de saint Augustin sur le Psautii Psaltenum meum gaudiiim meum^; ou celles de l'Esprit-Sa faisant l'éloge de la Sagesse: Si justitiam quis diligit, pi dentiam docet et virtutes.,, Proposui ergo hanc adducerem ad convivendum , sciens quoniam mecum communicabit de l nis, et erit allocutio cogitationis et tœdii mei. Non enim heu amaritudinem conversatio ejus , nec tœdium convictus illm sed lœtitiam et gaudium^.
Cependant, ô mon Dieu! ce que j'admire, ce que j'en^ par-dessus tout, c'est le bonheur de ceux qui conserve jusqu'à la mort l'esprit de religion et de prière que vo leur donnez avec ce saint Office; qui, loin de mettre ob tacle par leur relâchement aux fruits que leur prière de produire, y apportent chaque jour une plus grande ferve et des dispositions plus parfaites. De tous les éloges q peuvent orner la tombe d'un ecclésiastique, je n'en vc pas de plus beau, de plus désirable que celui que l'Espri Saint a fait du divin Psalmiste , et que nous répétons souvent en l'honneur des saints pontifes : Ecce verus L cultor,,. De omni corde suo laudavit Bominum, et dédit in c lehrationibus decus, etdilexit Deum qui fecit illum^.
1 In Psalm. cxxxvii, no 3.
2 Sap. vm, 9 et seq.
3 EccLi. XLVii, 12. — Un pieux et savant ecclésiastique de Toui R. Ouvrard, auteur de la Défense de l'ancienne tradition des Églis de France (1678) , voulut qu'on gravât sur sa tombe ces deux vers, < ]'on trouve l'expression de ses sentiments et l'abrégé de sa vie :
Dum vixi, divina mihi laus unica cura.
Post obitum sit laus divina mihi unica merces