‹ Le Saint OfficeChapitre 10 sur 212 · APOC. V · texte numérisé non relu

APOC. V

^ S. AuOi Epist. ad Prob. cxxx, 18. — Domus Dei credendo fundatur, orando erigitur, amando perficitur. Serm. xxvii, 1.

L'esprit de prière ainsi entendu n'est pas seulement l'esprit du sacerdoce : c'est celui de la sainteté ; c'est celui de Jésus-Christ même, source première de toutes les louanges, de toutes les supplications, de toutes les actions de grâces, de tous les hommages surnaturels rendus à la majesté divine au ciel comme sur la terre ; de sorte que l'obligation de l'Office suffirait pour mettre un prêtre, qui tient à s'en acquitter parfaitement, dans la nécessité de devenir saint, et que la sainteté, dans un ecclésiastique, garantit l'accomplissement parfait de ce devoir, aussi bien que des autres fonctions sacerdotales.

En effet, quand on a l'esprit de Jésus -Christ dans la mesure des saints, ne doit -ce pas être une joie et comme un besoin de prier comme eux, et de communiquer avec eux? Seigneur, dit le Psalmiste, figure du Sauveur, je suis uni avec tous ceux qui vous honorent; et j'entre en partage des honneurs qu'ils vous rendent *. Tous ceux qui honorent Dieu véritablement, peuvent de même se dire associés à l'esprit de son Fils, en union de sentiment et d'esprit avec lui *. Venant de la même source, leurs dispositions doivent tendre vers le même but. Aussi s'adaptent-elles à son langage et trouvent- elles dans les cantiques inspirés une expression si exacte qu'elles semblent prendre cette forme d'elles-mêmes et couler naturellement dans ce lit. Ce langage est comme un vêtement divin que l'Esprit-Saint s'est fait selon son gré : il convient également à toutes ses aspirations, dans quelque âme qu'elles se produisent. On dirait même qu'elles se perfectionnent, qu'elles se complètent, qu'elles deviennent encore plus saintes, plus magnifiques,

' PSALM. CXXIU, 63.

2 De plenitudlne ejus nos omnee accepimuset gratiampro gratia. Joan.

plus divines, en prenant, pour se manifester, cette formule digne d'elles et préparée pour elles '.

« Quelle n'était pas ma consolation , dit saint Augustin, lorsque, à l'époque de mon baptême, je lisais et méditais dans la retraite les chants du divin Psalmiste ! Quelle ferveur allumaient dans mon âme ces sacrés cantiques, si pleins de foi et de charité , et si propres à guérir de la malheureuse enflure de l'orgueil! Combien j'aurais souhaité de les faire retentir par toute la terre, afin de confondre la superbe des enfants d'Adam et de les arracher à la vanité et au mensonge ! A mesure que ces paroles divines frappaient mes oreilles, les vérités qu'elles contiennent s'insinuaient dans mon cœur, et l'ardeur qu'elles excitaient faisait couler de mes yeux des larmes délicieuses , l'une des plus douces joies de ma vie*. »

Heureux le prêtre qui a dans le cœur la même ferveur, la même vivacité de foi, d'espérance et d'amour I II goûte au saint OflSce quelque chose de ces consolations et de ces douceurs. Mais s'il était dans une disposition toute contraire, s'il n'avait que des sentiments humains, si, au lieu de l'esprit de Jésus-Christ, c'était l'esprit du monde qui l'animât, quel charme pourrait -il trouver dans les prières qu'il récite? Comment se plairait-il à parler à Dieu le langage de ses amis et de ses saints? Il prononcerait de belles paroles, sans doute : mais pourrait-il croire qu'il prie en les prononçant? Quelle confiance peut-on avoir dans des paroles froides , et vides des affections mêmes qu'elles expriment ?

Il est bien vrai que les cœurs sont naturellement sympa-

* Clbus In ore , psaliuus in corde sapit. SI cum apostolo J)sallas spii-itu , psallas et mente, cognosces et tu de Ulius veritate sermonis quem dlxlt Jeans : Fer6a gt*<E locutus sum vobis spiritus et vita sunt. S. Bern. Serm. in Cant. vn, 6.

* Quas tibi, Deus meus, voees dedi, cùm legerem psalmos David, cantica fidelia et sonos pletatis; exclndentes turgidum spirituml Quas tibi voces dabam in psalmis illis , et quomodo in te inflammabar ex eis, et accendebar eos recitare, si possem, toto orbe terrarum, adversùs typhum generis humani!... Quantum flevl in hymnis et canticis tulsl Voces illœ influebant aunbus raels, et eliquabatur veritas in cor meum : et esaestuabat Inde .•laecius pieiatis, et cnrrebant lacrymje.et beuè mihi eratcum eis. S. Aua. ConJ.IX, r? et VL

Ihiques, et que l'énoncé d'un sentiment tend par lui-même à faire naître un sentiment semblable. L'expérience môme atteste que les prières de l'Eglise ont une vertu particulière pour émouvoir et pour toucher * ; mais il ne faut pas en exagérer la puissance. Généralement elles demandent pour produire leur effet une certaine harmonie d'états et de dispositions. Il ne suffit pas à un avare de prononcer des paroles d'abnégation , pour se détacher de ses richesses ; à un vindicatif de lire de beaux sentiments de charité et d'indulgence, pour pardonner à ses ennemis. Si donc, au lieu de l'esprit de Jésus-Christ et de la vie de la foi , on n'a en soi que l'esprit du monde et la vie des sens , c'est en vain qu'on récitera de bouche les formules les plus magnifiques; c'est en vain qu'on prononcera les plus beaux éloges de la majesté divine, qu'on exprimera au Seigneur les désirs les plus ardents de sa grâce et de ses vertus : en réalité on priera fort peu; et, Dieu n'agréant que les hommages du cœur, on sera forcé de se dire dans un autre sens et avec plus de regret que le Psalmiste : Tacui, dura damarem totadie'^.

Un ecclésiastique qui manque de ferveur n'entendra même pas , bien souvent , les paroles que ses lèvres proféreront. C'est un principe , qu'on vre peut comprendre un sentiment sans en avoir l'expérience( Il faut souffrir ou avoir souffert pour connaître la douleur et pour y compatir./Il faut s'être vu dans le besoin pour bien concevoir le désir, la prière, la reconnaissance. Il faut aimer pour entendre le langage de l'amour. Numquid intelligis David, dit saint Bernard ^, donec ipsos ^^salmorum affectas non indueris? Dans

* Verba significantia alîquld ad devotionetn pel'tinens excitant mentes, prîEcipuè minus devotas. S. Tuom. 2* 2^, q. 83, Ui 12.

^ Si ore petimus, nec tamcn corde desideramus , clamantes tacemus. s. Greg. In hune Ps. xxxi, 3. Si qusedam anima fidel ipsa dllectio est, quld erit fldes quae non operatur ex devotione, nisi cadaver exanime? S. Bern. Strm. xxrv in Cant. 7.

. ' De Vitâ solitarlâ, ad fratres de Monte Dei. Apocr. — Item Cahsun. Coilat. X, X,

un ouvrage que l'amour a dicté, c'est au cœur d'éclairer l'esprit : Quantum quisque diligit, tantum intelligit '. On peut donc appliquer aux psaumes et à tout l'Office de l'Église ces belles paroles de saint Augustin : « Donnez-moi un cœur qui aime Dieu , et le sentiment lui donnera l'intelligence de mon langage; donnez-moi un cœur qui brûle du désir du ciel , qui se regarde comme étranger dans le désert de ce monde, qui soit altéré des délices éternelles, et qui ne cesse de soupirer après la vraie patrie, et son sentiment lui manifestera ma pensée^. Mais si je parle à un cœur froid, à un homme indiflérent, il n'entendra pas mes paroles. Jamais une âme glacée n'a compris un langage de feu: Ba amantem, et sentit quod dico... Si autem frigido loquor, nadt quod loquor^... »

Peut-être se flattera -t- on de comprendre, parce qu'on attache un certain sens à chaque terme et qu'on saisit la liaison du discours; mais on comprendra d'autant moins qu'on ne se doutera pas même de ce qui échappe à l'esprit. En réalité, il en sera comme d'un enfant qui lit un chefd'œuvre de littérature ou une suite de raisonnements audessus de sa portée. Chaque mot lui donne aussi quelque notion ; il voit les rapports des mots les uns avec les autres ; néanmoins l'ensemble ne le fait pas entrer dans l'esprit de l'auteur, il n'ouvre pas à son regard le même horizon , il n'éveille pas les mêmes souvenirs, il est loin de lui faire goûter les mêmes charmes. Bien plus, les mots, même isolés , n'excitent pas en tous les mêmes idées , et , ne donnant pas à tous la même lumière, ils sont loin de produire les mêmes impressions. Tandis qu'ils enflamment ceux-ci, ils laissent ceux-là dans l'indifférence^. H est des

' s. Bern. Serm. ^^II m Cant. 9. — Quonlam omninô non potest capere ignitum eloquium frlgidnm pectus. Quomodo enim grœcè loquentem non Intolllgit qui grtccuin non novit, nec latine loquentem qui latinus non est, eic liugua araorls, ei qui non amat, barbara erit slcut aes sonans aut cj-mbalum tinnienî:. Id Serm. lxxix , 1.

^ Tune ad slngula verba lacrymœ profluunt ; tune psalmus cantatur et sentit cor quod in psalmo eantatiir. In Ps. cxix, 9.

^ S. AuG. In Joan. xxvi, 5. Lkla'., Feriâ IV i^ost Peut., Tect. ii.

* Los mots ii'ont paa la mome hignificaliin pour tous ceux qui les pro-

saints que le mot de Dieu, de ciel, d'incarnation, ravissait, tant était vive et brillante l'image qu'il réveillait dans leur âme'. Combien d'hommes, au contraire, pour qui ces termes semblent couverts d'un voile épais, verba abscondita », et qui ne leur trouvent qu'une signification obscure et vulgaire , soit qu'ils ne les aient jamais médités avec attention, soit que leur cœur terrestre soit incapable de s'élever jusqu'à la région sereine des idées et des sentiments divins ! Animalis homo non percipit ea quœ sunt SpiritiisBei^. BiligiteBominum, et illuminabuntur corda vestra^ .

Aussi, il faut l'avouer, il est bien des ecclésiastiques qui n'ont guère l'intelligence de la partie même quotidienne de leur Office. En comprissent-ils du reste la signification , ils seraient loin d'avoir tout ce qui est nécessaire pour s'en bien acquitter.

La prière, comme nous l'avons dit, est moins une vue de l'esprit qu'une affection du cœur et un exercice de la volonté. Elle a surtout pour but d'honorer Dieu , de lui rendre grâces, de satisfaire à sa justice, d'attirer ses bénédictions. Or, si l'on n'a pas l'habitude de pareils actes, non seulement on aura peine à les produire aussi rapidement

noncent ; par exemple : Beatus vir qui non abUt in conciUo impiorum... Beati immaculati in via. En les répétant, nous n'avons du bonheur qu'une idée confuse, qui ne nous émeut pas; mais dans la bouche de David, c'était une idée qui lui enlevait le cœur. Nicole, Prière. Mabilt.on, Traité des études monastiques, II, n, 4. Casslodore cite en exemple cette autre parole de l'Exode : Qui est misitme. III, 13. Prasf. in Psalm. xv.

1 Qui ex Deo est varia Dei audit. Joan. vin, 47. — « Dieu, dit le P. Lallemant , donne quelquefois à certaines âmes de si admirables connaissances et de tels sentiments de quelques-uns des objets de la foi , qu'eusuite le seul souvenir, la seule pensée, le seul nom de ces objets est capable de leur causer des ravissements. C'est ce qui arrivait au B. Gilles d'Assise , quand il entendait prononcer le nom du paradis. C'est ce qui arriva à beaucoup d'autres saints. » — On connaît ce mot de sainte Thérèse, qui avait été ravie en extase avec saint Jean de la Croix, lorsqu'ils s'entretenaient ensemble du mystère jie la Trinité, a II ne faut parler de Dieu au P. Jean de la Croix qu'avec beaucoup de discrétion ; car non seulement il entre en extase, mais 11 y fait entrer les autres. » Pour ce qui la regarde, elle témoigne qu'elle n'entendait jamais sans un transport de joie surnaturel ces paroles du Credo : Cujus regni non erit finis, et celles-ci du Ps. Lxxxvm : Miser icordias Dominiin œternum cantabo.

■2 Luc. xviii, 34.

3 I Cor. h, 14.

^ Eccu. n, 10.

qu'on les exprime, mais encore il est à craindre qu'on ne démente trop souvent, au fond du cœur, par des dispositions toutes contraires, les pieux sentiments dont on est l'interprète. Dès lors, que devient la récitation du saint Office? Ce n'est plus qu'un langage menteur, en opposition avec la réalité , contre lequel proteste la conscience même de celui qui le profère •. On dit à Dieu qu'on ne veut que lui pour partage, et l'on n'a d'estime et d'attrait que poiir les biens du monde. On lui répète qu'on a soif de sa présence, qu'on ne goûte de repos que dans son sanctuaire, qu'on ne veut d'autre règle que son adorable volonté : et l'on se présente à regret devant lui, on ne demeure dans ses tabernacles qu'autant qu'un ministère impérieux l'exige, on ne craint pas de transgresser ses préceptes les plus formels. Chaque jour on proclame heureux ceux qui craignent le Seigneur, qui méditent sa loi, qui chantent ses louanges : et l'on ne porte son joug que de mauvaise grâce, on fuit la méditation comme un tourment, on n'éprouve en commençant le saint Office d'autre désir que celui de l'avoir bientôt achevé*. Dieu pardonnerait sans doute ces sentiments charnels, s'ils n'étaient que les mouvements involontaires d'une concupiscence rebelle; et, quelles que fussent les révoltes de notre nature , il ne laisserait pas d'agréer les gémissements que l'Esprit- Saint inspirerait à notre âme' : mais si telles sont les dispositions mêmes de notre volonté, ses dispositions habituelles et consenties, comment pourrait-il se plaire dans nos louanges prétendues et accepter comme un hommage des protestations auxquelles nous refusons de souscrire ? C'est aux cœurs droits qu'il appartient de louer le Seigneur; c'est pour eux qu'il réserve ses complaisances et ses faveurs * : Rectos

1 A minimo ad maximum, à prophetâ usque ad sacerdotem, cunctl faclunt mendacium. Jerem. vin, 10.

* Dilexerunt eum In ore suo, et lingnâ snâ mentitl snnt ei : cor autem eomm non erat rectum cum eo. PsAXii. Lxxvn, 36, 37. — Qui rogat Itaque, semper roget; et si non semper precatur, paratum semper habeat precantls affectum. S. Ambr, inPsalm. uxviu; Octon, 19.

^ Ipse cognovit flgmentum nostrum ; recordatus est qnoniam pulvis enraus. PsALM. en, 13.

■* Quemadmodum pedi obtorto atque oblique calceua rectas non admo-

decet coîlaudatio. Quant bonus Israël I)eus his qui recto sunt corde ' /

li est rapporté dans la vie de la vénérable Victoria , fondatrice de l'ordre des Annonciades célestes -, qu'un jour, tandis qu'elle était en oraison, Notre-Seigneurlui apparut et l'appela plusieurs fois par son nom , comme pour lui confier un secret ou pour lui donner un ordre. Que voulezvous de moi. Seigneur? lui dit cette sainte âme. Le Sauveur lui répondit : J'ai des séraphins au ciel : je voudrais en avoir sur la terre! Puis il disparut, lui laissant à méditer le désir dont il brûle de voir la majesté de son Père honorée dans l'Eglise , et la pureté , la charité , la ferveur qu'il faudrait à ses ministres, pour exercer dignement une fonction qu'ils partagent avec les esprits du ciel '.

Etre pur, être fervent , être saint : voilà donc à quoi un prêtre est appelé et à quoi il doit tendre. N'eût- il pas d'autre ministère à remplir que celui de la prière publique, ce serait un devoir pour lui d'aspirer à cet état, par conséquent d'employer les moyens nécessaires pour y parvenir: la méditation, les pieuses lectures, les retours fréquents vers Dieu, en un mot, toutes les pratiques d'une vie intérieure et sacerdotale.

Nous n'avons pas à établir ici l'importance de ces exercices dans la vie ecclésiastique. 11 nous suffit de remarquer en passant qu'ils sont une condition essentielle pour s'acquitter pieusement et fervemment du divin Office*.

C'est un grand abus de déprécier la méditation pour relever la prière publique, et une illusion de négliger l'oraison quotidienne sous prétexte qu'on doit passer une partie

dùm probe aptatar, sic obtortis cordibus divina laus minime convenit. Quoniam itaque recta est Del laus, recto opus est corde ut el laus Del congrnat, atque convenlat. Quod si nemo Domlnum Jesnm nisi lu Splritu sancto dicere valet, quomod6 laudem réfères, Spirltum in tuls vlscerlbas rectum renovatumque non tiabens? S. Basil, in Psalm. xxxn.

* Psalm. xxn. 1 ; t.xxtt, 1.

- Vita délia ven. serva dl Dlo Madré Maria Vittoria , fondatrice dell' ordlne dell" Annontiata. P. Spinola, in Genova, 1649, II, n.

^ Spiritus est Deus ; et eos qui adorant eum, in splritu et verltate oportet adorare. Joan. iv, 24.

'' Voir THOMAssnr, Traité de l'Offlce divin, partiel: De sa liaison avec l'oraison mentale.

du jour à réciter les louanges de Dieu. Est-ce que les prêtres fervents se sont jamais fait de la sainteté de leurs fonctions une raison pour négliger les moyens ordinaires de sanctification qu'ils recommandaient aux fidèles? Leur conduite ne témoigne-t-elle pas des sentiments tout opposés? Sans doute le saint Office bien récité suffirait pour s'acquitter pleinement du devoir de la prière; mais la difficulté est de le réciter ainsi, Jacob n'est devenu fort contre Dieu qu'après l'avoir contemplé face à face ' ; et l'expérience apprend, suivant la remarque d'un pieux auteur =, que ceux qui ne feraient d'autre prière que celles de l'Office, prieraient fort peu en réalité, parce qu'ils prieraient fort mal.

L'oraison et le Bréviaire, loin de s'exclure, s'appellent mutuellement et doivent s'entr'aider. Le Bréviaire offre pour l'oraison les sujets de réflexion les plus affectueux et les plus utiles ' ; mais c'est à l'oraison de faire entrer dans l'esprit de l'Office, en remplissant l'âme des sentiments et des pensées dont le Bréviaire est l'expression. Pour pouvoir dire, comme l'Apôtre, qu'on chante les louanges de Dieu intérieurement, spiritu et mente ^ il faut commencer par se recueillir, attirer en soi l'esprit du Seigneur et méditer sa parole : Os meum opérai et attraxi spiritum ^ Os justi meditabitur justitiam , et lingua ejus loquetur jiidi-

' Orig. Hom. II in Joan.

- Tronson. Méditations. — Fallnntur qui volant semper vel légère, vel orare vocalitei*. Prosunt bsec vel non sufiBciunt. Consuescat homo orarc spiritu, orare et mente, dum etlam vocis strepitus aut Ubri deerlt intuitus. Unde, proh dolor! tantararitas contemplantiam, etiam apud lltteratos ecclesiasticos , imô theologos, nisl quod vis sustinet allquls gecum solus esse, secum solus meditarl ? Gerson, de mystic, Theol. indust. n, alph. 66, mt. G.

^ Il est peu de sujets de méditation plus convenables pour un prêtre que ceux qu'il trouve au saint OfQce , soit dans les prières communes qui abondent en pensées et en sentiments admirables , soit dans les lêtcs des saints, soit surtout dans les mystères du Sauveur, tels qu'ils sont expliqués et célébrés par l'Eglise. Toute fête, tout mystère surtout , est une source d'instruction et de grâces. Un pasteur ne saurait mettre trop d'application à les méditer et à les prêcber aux fidèles, les jouis où l'Eglise en fait l'objet spécial de son culte.

* I Cor. XIV, 15.

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