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CHAPITRE III

De l'Heure de Tierce.

Le moment du jour qui répond à Tierce tient le milieu entre le lever du soleil et son iridi. Il est appelé saint par excellence dans plusieurs ouvrages des premiers siècles •, soit parce que l'Esp it-Saint se l'est consacré spécialement par le miracle de la Pentecôte, soit parce qu'il est désigné depuis longtemps dans toutes les églises pour l'oblation du divin sacrifice*. Il convient donc de s'unir, en cet endr, it de l'Office, à la divine victime, et de demander à Dieu , comme les apôtres , une large part à l'Esprit de lumière et de char'té. C'est dans ces sentiments qu'il faut réciter l'hyu^ne : Nunc, sancte nobis Spiritus.

Nous n'entreprendrons pas de signaler l'idée propre à chacune des strophes qui composent le psaume cxviii".

* Hora tertia dlcitur sacra. Décret, pars I^ Dist. xliv. Can. ult.

2 cùm Bit hora diei tertia. Acr. n , 15. — Vld. S. Giieg. Magn. Hom. Xxxvn; SIDO^^cs ApolUn. Epist. xvn, 1. V. Eupeut. de Divin. Offic. 1. X, c. xvm. — Un histoi-ien rapporte que les Frères Prêcheurs étant réunis en assemblée générale à Montpellier, l'an 1247, le jour de la Pentecôte, conune ils commençaient au chœur l'Heure de Tierce par le Veni, creator Spiritas, un globe de lumière et de feu descendit sur eux d'une manière visible, et embrasa tous les cœurs d'une ardeur céleste. Ferdin. de Cast.X. I, c. Lxi. — Saint Philippe de Kéri fat l'oblet d'une faveur du même genre en 1544, vers la Pentecôte.

TIERCE 387

Bellarmîn Ta tenté, après saint Ambroise, mais sans trop de succès. Au fond, chaque verset offre un sens complet; il n'est ni la conclusion ni le principe d'aucun autre; et les versets d'une strophe ne sont pas plus liés entre eux qu'avec ceux d'une autre strophe. C'est toujours la même pensée et le même sentiment. Le Psalmiste n'a en vue qu'un seul objet; tout l'y ramène, ou plutôt rien ne saurait l'en détacher un seul instant : Fiat cor meum immaculatum^ !...

Rien n'empêche cependant de s'adresser spécialement à l'Esprit -Saint durant cette Heure, pour solliciter ses dons. Cette vue s'adapte parfaitement aux paroles comme à la pensée du psaume. N'est-ce pas l'Esprit de Dieu qui nous a révélé ses volontés et ses désirs? N'est-ce pas à lui de nous faire aimer et pratiquer sa loi? Lors donc que nous demandons l'intelligence, l'estime, l'amour de cette divine loi , c'est cet Esprit que nous invoquons, ce sont les dons accordés aux Apôtres que nous sollicitons pour notre âme. Legem pone mihi, Domine, lui disons-nous. La mihi intellectum. Et plus loin Os meum aperui et attraxiSpiritum...

Dans son épître aux Galates, saint Paul énumère les principaux effets de l'Esprit de Dieu dans les âmes, et il les oppose aux œuvres de la chair, fruits de notre nature viciée : Fructus Spiritus est caritas, gaudium, pax, patientia, benignitas, longanimitas , mansuetudo , fides , modestia , continentia,castitas... Chacun de ces mots est le résumé de quelque verset du psaume, et peut en rappeler le souvenir :

1° Caritas : Legem pone mihi.,., et exguiram eam semper, — Fortia mea, Domine, dixi custodire legem tuam. — Et meditabar in mandatis tuis, guœ dilexi nimis.

2° Gaudium ; Et ambulabam in latitudine, quia mandata tua exquisivi. — Hœc me consolata est, . . Bonum mihi lex oris tui.

3° Fax : Paratus sum et non sum turbatus ut custodiam mandata tua.

^ Pernier verset dn psaume, à Tlerc

4° Patientia , LoNGANiMiTAS : Multipîicata est super me iniquitas superborum : ego autem in toto corde meo scrutabor mandata tua. — Cognovi, Domine, quia œquitas judicia tua, et in veritate tuâ humiliàsti me.

5° Benignitas, Bonitas, Mansuetudo : Bonitatem et disciplinam et scientiam doce me. — Particeps ego sum omnium timentium te et custodientium legem tuam. — Convertantur mihi timentes te. — Et respondebo exprobrantibus mihi verbum^ quia speravi in sermonibus tuis.

6° FiDES : Et ne auferas de ore meo verbum veritatis usguequaque, quia in judiciis tuis supersperavi. — Et loquebar de testimoniis tuis in conspectu regum, et non confundebar.

7" MoDESTiA : Averte oculos meos ne videant vanitatem. — Priusquam humiliarer, ego deliqui. — Bonum mihi quia humiliàsti me.

8° CoNTiNENTLA, Castitas : Fiot cor meum immaculatum in justificationibus tuis , ut non confundar !

§ II

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