‹ Le Saint OfficeChapitre 166 sur 212 · MATTH. XXVI · texte numérisé non relu

MATTH. XXVI

On consomma d'abord l'Agneau figuratif, puis l'hostie divine dont il était la figure; et l'on ne quitta la table sainte qu'après avoir chanté un hymne : Eymno dicto * , laquelle était, selon plusieurs docteurs, le psaume cxm^, commémoratif de la sortie d'Egypte : In exitu Israël.

On peut joindre à ce souvenir celui de l'apparition d'Emmaûs, où Notre -Seigneur se retirant à l'écart, à l'approche de la nuit, avec deux de ses disciples , et renouvelant devant eux le mystère de la Cène, les obligea à confesser sa résurrection et à rendre hommage à son amour : Et cognoverunt eum in fractione partis*.

Psaumes de Vêpres.

Sans être invariables comme ceux des petites Heures, les psaumes de Vêpres admettent peu de changements ». D'abord, leur nombre reste toujours le même, et, étant de cinq comme à Laudes , il doit rappeler à peu près les mêmes objets : les cinq plaies du Sauveur, sources de toutes grâces, les cinq sens par lesquels on a pu pécher, les cinq lampes des vierges sages , qu'il faut entretenir et préparer pour la venue de l'Epoux. Ensuite, comme l'Office de la férié se fait rarement , et qu'à cette Heure les fêtes empruntent presque tous leurs psaumes au dimanche , il arrive que , sauf un petit nombre de jours et le dernier psaume, la psalmodie ne varie pas. Il est donc important d'en bien étudier la lettre, et d'en posséder parfaitement le sens. Il importe surtout de se placer au point de vue de l'Eglise pour entrer dans ses pensées et ses intentions à cet égard.

1 Matth. xxn, 30.

^ Coegerimt llliim dicentes : Mane nobiscuro , Cjuonlam advesperasclt , et jnclinata est jam dies. Et factum est dnm recumberet cum els, accepit panem et benedixlt... Et aperti eunt ocnli eorum , et cognoverunt enm... Et dixerunt ad invicem : Xonne cor nostrum ardens erat in nobls dnm aperiret nobis Scripturas ? Lcc. xxir, 29.

^ A Vêpres comme h Matines, les psaumes se suivent sans Jamais intervertir l'ordre du Psautier. Pour les sept jours de la semaine , Ils vont sans Interruption du cix« au cxLvn». Les jours de fête , ils sont choisis librement dans ces limites, mais sans Jamais en sortir.

Comme nous l'avons dit, l'idée qui domine en cette Heure, ce n'est pas celle de la création comme à Laudes : c'est celle de la rédemption et de la glorification des âmes dans la société du Sauveur, leur divin chef.

I. Dès le premier psaume, le ciel semble s'ouvrir et nous montrer ses splendeurs. Il serait difficile de trouver ailleurs tant de merveilles retracées en si peu de mots, dans un langage aussi sublime. Ce sont toutes les grandeurs du Rédempteur proclamées par Dieu lui-même : sa génération éternelle, son sacerdoce, son sacrifice, ses travaux, son triomphe, la gloire et la force de son empire. Quoi de plus propre à élever l'âme au-dessus de ce monde, à lui en faire mépriser les vanités! Avec quel bonheur le prêtre doit ainsi proclamer chaque jour les titres dont le Père éternel a honoré son Fils, et que ce divin Fils communiquée ses ministres et à ses élus! Avec quelle reconnaissance, quel sentiment de sa vocation, quel respect pour le saint autel, il doit redire et s'appliquer à lui-même ces grandes paroles : Tu es sacerdos in œternum... Lominus a dextris tuis... Judicabit in nationibus!...

II. Après avoir chanté les louanges du Fils de Dieu, triomphant au ciel , l'Église célèbre avec lui la bonté de son Père envers ses élus et ses membres vivants. Car il ne faut pas restreindre au peuple d'Israël les paroles du psaume cx^ : Confitebor tibi; elles s'étendent visiblement à l'Eglise entière, c'est-à-dire à ce peuple de prédilection qui couvre toute la terre et avec lequel il a conclu une alliance éternelle. On y doit remarquer surtout l'aliment merveilleux dont il le nourrit : Escam dédit timentibus se, l'empire qu'il lui a promis sur toutes les nations. Ut det illîs hœr éditai cm gentium, la grâce qu'il lui a faite, en le délivrant du joug de l'enfer, dont la servitude d'Egypte n'était que la figure : Redemptionem misit , etc.. Rien de plus touchant que ce psaume, récité en union avec Jésus- Christ et ses saints, par un ministre de l'autel, dépositaire et dispensateur du divin aliment figuré par la manne.

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