PSALM. XLIX
2 Quando oras, clande ostium tnum, ne tentator ingrediatnr. S. Aua. in Psalm. cxli.
3 Et nunc flecto genu cordls mel, precans a te bonltatem. Orat. Man.
** Le vén. Paul de la Croix, instituteur des clercs déchaussés de la Sainte-Croix, 1G94-1775, ne récitait Jamais son OfBce que la tête découverte, dans la contenance la plus édifiante; et quand il voyait un ecclésiastique s'en acquitter autrement, 11 ne manquait pas d'en témoigner sa peine. Elen ne pouvait le déterminer à changer de conduite à cet égard. Dans ses voyages, au temps même de ses plus grandes incommodités, on le voyait prier par les chemins, la tête nue, malgré le froid le plus piquant. Le frère qui le soigna dans ses dernières années, voyant les infirmités dont il était accablé, chercha souvent à le faire renoncer à cette pratique, lui représentant que la prudence le demandait, et que Dieu ne le trouverait pas mauvais. Alors ce vénérable Père, dont la douceur ne savait résister à personne, faisait son possible pour se soumettre. Il se couvrait pour quelque temps, mais bientôt se découvrant de nouveau : « Décidément, disait-Il, je ne puis ainsi réciter mon OfQce. » Puis il ajoutait : « Il faut bien songer à ce qu'on dit , et considérer à qui l'on parle. » Vila dcl ven.servodiDloP. Paolo délia Croce.Roma, in-4»,1786. — L'abbé de Rancé attachait une telle importance au respect extérieur, en particulier à ce qu'on eût la tête découverte au chœur, qu'il ne permettait qu'aux infirmes, et ponr l'GÉBce de la nuit, de s'en dispenser à moitié. Il faisait même difficulté de recevoir au noviciat ceux qui ne croyaient pouvoir s'assujettir à cette règle. Vie par Dom Pierre le Nain, t. II, 1, VI, eh, vi.
pour la célébration publique. Il se prosternera au commencement, pour se pénétrer des sentiments que cette action demande, et à la fin , pour s'humilier de ses fautes et gagner l'indulgence du Sacrosanctœ^ . Il se tiendra debout aux endroits les plus touchants , soit pour témoigner de sa religion, soit pour prévenir le relâchement qui naît de la continuité-. Enfin, il tâchera de montrer toujours une telle modestie, une telle religion, qu'à son seul aspect chacun se dise sans hésiter : « Voilà un homme qui prie Dieu'; » et que lui-même puisse dire à tout instant sans rougir, comme ce monarque à qui le Seigneur avait révélé sa grandeur: « Je loue et j'honore le Roi du ciel : Ego laudo et glorifico Regem cœli *. »
1 Mgr de Bernex, Vnn des successeurs et des pins parfaits imitateurs de S. François de Sales, ne se contentait pas de réciter tout son Office à genoux : 11 se prosternait et baisait la terre à la fin, par religion et humilité. Vie de M. de Iloussillon de Bernex.
2 C'est l'avis que saint Bonaventure donnait à ses novices: « SI quandô ad fedendum débilitas evldens vel nlmia lassltudo compellat, saltem ad inceptionem Officil, ad Invltatorium.Hymnos, ad Oratlonem dominicam, etc., surgere non omittant.» Specul novit. Cela s'entend, si l'on est chez soi, on seul, ou avec d'autres ecclésiastiques; car en public ou devant des laïques, 11 est souvent mieux d'omettre ces démonstrations extérieures : Signa exterius non délient fieri in omni loco, dit saint Thomas; quia Tiomo non débet singularis apparere in exterioribus. In Ep. ad Tit. n. lec. n.
^ La prière n'est nulle part messéante, dit avec raison saint Augustin. On voit des saints prier à table; on en volt même prier au lit: Elias edendo, puWcamts sedendo, David ciCbando orarunt. Ad Simpl. 1. II, c. iv. Job priait sur son fumier, et Jonas dans le ventre de la baleine. Mais s'il est louable de prier partout, et si l'on peut toujours prier parfaitement, il est pourtant certaines attitudes trop peu respectueuses pour qu'il soit permis de les prendre sans nécessité dans une prière obligatoire, comme le saint Office. C'est ce que fait remarquer saint Pierre Damien , en s'appuyant d'un exemple assez frappant. Un abbé, qu'il connaissait très bien, croyant pouvoir se dispenser, pour sa mauvaise santé, de réciter Compiles avec ses religieux, avait pris Thabitude de les dire, comme sa dernière prière, en se mettant au lit; excellent abbé du reste, qui avait une réputation de sainteté. Dieu daigna lui ouvrir les yeux et le guérir de sa lâcheté. Un jour qu'on lui amena un possédé pour qu'il lui imposât les mains, il n'eut pas plus tôt commencé l'exorcisme, que le démon, élevant la voix :« Eh quoi! dit -il, c'est toi qui prétends te mesurer aves moi? Toi qui n'as pas le courage de te tenir debout pour prier Dieu, tn espères me faire peur et m'enlever de vive force cet esclave qne je possède ? Tune ille es qui sub cotto quotidiè Completorium insusurras ? » Le religieux , étonné et confondu, remercia Dieu da la leçon qu'il recevait, et, confessant sa faute, ii promit de n'y plus retomber. Opusc. XXXIV, c. vi.
< Dax. IV, 34.