ANTIENNES, CAPITULES, RÉPONS
Le même accent domine dans tout l'office des Apôtres et des Martyrs, au temps pascal.
7° Il y aurait à faire aussi beaucoup d'observations pratiques sur les rapports des Antiennes avec les Psaumes qu'elles précèdent , et avec les Capitules qui les suivent.
On remarquera que la quatrième Antienne des Laudes et des Vêpres, celle qui annonce le cantique Benedicite, et le psaume Laudate pueri, est presque toujours une exhortation à louer le Seigneur : SacerdotesDei..., Spiritus et animes justorum . . . , Martyres Domini, Dominum benedicite in œternum. Au moins rappelle-t-elle l'idée du ciel et excite-t-elle à s'unir aux cantiques des Saints : Beati pacifici. . . Beatus ille servus... Veni, electa mea... Souvent elle se termine par VAUeluia, le chant des saints du ciel, auquel l'Eglise prélude au jour de ses triomphes. La cinquième antienne, qui annonce le Laudate Dominum de cœlis, exprime aussi pour l'ordinaire un sentiment analogue. Les Capitules des Petites Heures, quoique tirés de l'Épître du jour, se lient trop heureusement dans beaucoup d'Offices avec les Antiennes qui les précèdent, pour que ce rapport soit tout à fait fortuit. Souvent il semble qu'on les a rapprochés pour exprimer une même idée. Ainsi à l'Office des Confesseurs Pontifes, à None : Serve hone, intra in gaudium Domini tui; Fungi sacerdotio* , etc. , exprime parfaitement la glorieuse vocation du Pontife sur la terre et dans le Ciel. Quelquefois le Capitule n'est que le développement de l'Antienne. Par exemple, à Sexte du même Office, l'antienne Ideo... n'exprime qu'à moitié cette idée que la dignité du saint a été la récompense de sa vertu; le Capitule l'énonce tout à fait et l'inculque avec force : Non est inventus, ideo^... Pour l'ordinaire, le rapport est moins frappant, mais il reste visible. Ainsi, dans l'Office des Apôtres, à None : In patientià vestrd... Capitule : Ibant Apostoli gaudentes; dans l'Office des Vierges et des saintes Femmes, Antienne : Ista est speciosa... Capitule : 0 quam pulchra est/ Ou bien :
' Id est ad fungendum officio laudandi Deum. Hugo Gard. - Cf. Saint François de Sales, Amour de Dieu, n, 7.
Multœ filiœ congregaverunt divitlas... Fallax gratîa.,. Dans celui des Martyrs, même accord à toutes les Heures.
8° On serait heureux d'avoir sous la main un commentaire détaillé du Bréviaire où l'on trouvât cette étude faite et toutes ces indications réunies. S'il n'en existe pas qui réponde à ce désir, c'est à chaque ecclésiastique d'en composer un pour son usage particulier, selon ses moyens et ses loisirs \ en commençant par le Commun, et en s'attachant de préférence à ce qui revient le plus souvent ^.
Personne ne contestera l'utilité de ce travail. Personne non plus n'y verra une obligation rigoureuse. Nous nous bornons donc à proposer ce que peuvent inspirer l'importance du saint Office , l'honneur de Dieu et l'intérêt de notre âme. Cependant, après les moments consacrés à l'accomplissement des devoirs essentiels, nous n'en voyons guère de mieux employés que ceux qu'on passerait à s'instruire sur l'Oflice divin et à s'en bien acquitter: car, que peut-on faire de mieux que de louer Dieu au nom de l'Eglise et dans l'esprit de Notre-Seigneur? Quoi de plus important que de remplir saintement une fonction si sainte' ? D'ailleurs il nous semble qu'un ecclésias-
' C'est le parti le plus pénible , mais aussi le plus fructueux : Labores manuicm tuariim quia mandiu:.abis , beatits es et benè tibi erlt, Ps. cxxviii, 2, — Oa pourrait consulter M art. Sebaldus, Novum Rcimannin Breviarmm, in quo Psalteriumnna cum Hymnis paraphraslbus succinclissimis dlstincto caractère insertis est adornatum ; Moguntiîe, 1622. — Th. Dbclo, Bichiarazioni di tutto clo' ché vl ha o difficile di intendersi o intéressante in ognl parte deV Breviario; Anconœ, 3 vol. in-4»; 1771, 1772. — Nous avons vu aussi, à la B.bllothèque de Chaumont (Haute-Marne), un manuscrit intitulé : Expositio scu PontiUœ super Horas, à J. Lhullier. Co commentaire très succinct, consistant en véritables apostilles ou notes h la marge, ne va pas au delà du Ps. Oonfltemini, de prime. L'auteur paraît être un ancien évêque de Meaux, confesseur de Louis SI, et docteur de l'Université. Nous trouvons également cité parmi les manuscrits un autre ouvrage du même genre : PsaUerium, Hymni et Cantica cum glossls, provtnant de l'abbaye de Jumièges, xiii= siècle. Biblioth. de Rouen, n. 347.
2 Le Commun des saints, auquel on recourt presque chaque jour, est précisément la partie du Bréviaire la moins commentée. Cela vient de ce qu'au moyen âge il y avait très peu de fêtes de saints. — Voir à la fin la note VII.
^ Utinam bœc sapèrent et întclligerent pluriml de clero, qui sui status prorsus immemores, alienis toti studiis, propria negligunt, suum pessumdant Offlcium, et in divinorum legibus quas ex munere scire manent adstricti, rudes penitùs inveuiri non erubescunt! Cavallerids, Commenfarla in authentica Sacrée Congregationis Rituum décréta; Romœ, 1757. — Ut dl-