PSALM. LXX
* MissALK. Ante Evang. — Cor mundum créa in me , Deus. Psalm. l, 12. 3 Psalm. lxix, 1, 2. La règle de S. Chrodegand (t766) ordonnait de
dire en entier ce psaume au début de l'Office.
* JOAJf.XI, 42.
demandes qu'on peut faire au Ciel. Il l'appelle : Formula pietatis, jugis oratio *.
Par le signe de croix qui l'accompagne, on reconnaît que toute grâce découle du sacrKice du Calvaire; on consacre à Dieu son intérieur; et fermant son âme à l'ennemi du salut, on semble dire comme ce vaillant soldat du Christ : Ego signo crucis protectus, hostium cuneos penetrabo securus *.
luvitatoire, et Venite, exuUemus.
Le but de l'invitatoire est d'animer en nous l'esprit de prière, en fixant nos pensées sur ce qui fait l'objet de nos adorations et de nos louanges. Il est à l'Office ce que le texte est au discours, ce qu'est à l'oraison l'adoration ou l'énoncé du mystère. C'est la pensée mère à laquelle toutes les autres se subordonnent, le centre auquel toutes les affections se rapportent , le but vers lequel tout doit tendre. On le répète plusieurs fois et à divers intervalles, afin de le bien comprendre, d'en saisir toute la portée et de s'en pénétrer profondément.
Il en est qui écoulent cet invitatoire comme la voix de l'envoyé divin appelant au banquet les amis de l'Epoux, ou comme celle de l'Eglise du ciel , qui invite l'Eglise de la terre à s'unir à elle dans une adoration commune. Cette pensée doit éveiller la ferveur et l'allégresse : a Hier, écrivait saint François de Sales, le jour de saint Pierre es liens, tandis qu'on chantait au Chœur l'invitatoire: Vive le roi des Apôtres; venez, et adorons-le; j'eus un si doux et si aimable sentiment que rien plus; et soudain je désirai qu'il s'épanchât sur tout mon cœur. 0 Dieu, Notre- Seigneur nous soit à jamais toutes choses » I v
Le psaume xciv, Tenite, exultemus, est le développe-
* Coll. X , 9.
* Ojficium S. Martini. Turon. — Oubb, Catichisme chrétien pour la ■oie intérieure, II, xin.
^ Lbit. dccxxit.
ment de l'invitatoire, comme l'invitatoire est le refrain du psaume et son application à l'objet de la fête. Ce psaume mérite d'être étudié avec d'autant plus de soin qu'on le répète chaque jour •, et que la manière dont on le récite a une grande influence sur la suite de l'Office.
C'est Jésus- Christ qu'on y entend. 11 s'adresse à tous ses membres et il les invite à bénir avec lui le souverain Être, arbitre de leur vie et principe de tous les biens. Pour animer leur ardeur, il trace le tableau le plus frappant des œuvres de Dieu et de ses perfections, de sa grandeur, de sa puissance, de sa bonté et de sa justice, éveillant à la fois dans l'âme le respect et l'amour : deux dispositions qui semblent contraires, mais qui se soutiennent l'une l'autre et qui sont essentielles à l'esprit religieux. La première partie du psaume doit inspirer un grand désir de louer Dieu comme il le mérite; la seconde, une vive appréhension de s'acquitter de ce devoir avec indiiïérence et dissipation. Toutes deux sont de nature à donner une haute estime du ministère qu'on rempHt, et de l'Etre infini dont on va célébrer les grandeurs.
Dès les premières paroles : Venite, adoremus, il convient de se représenter par la pensée tous les bienheureux du ciel, tous les saints de la terre, et en particulier tant de dignes ecclésiastiques, occupés à louer comme nous la Majesté divine. Malgré la distance des lieux et des temps, on ne forme avec eux qu'un seul corps, et l'on doit être animé d'un même esprit. On s'unira donc à Jésus- Christ, chef de ce divin corps, et donnant à ses paroles toute l'extension qu'elles comportent, on invitera avec lui tous ses membres à redoubler de ferveur dans les hommages qu'ils rendent à son Père. On pourra penser aussi aux infidèles et aux pécheurs qui ne louent pas Dieu comme ils le devraient. On demandera que leurs illusions se dissipent, que leur dureté s'amollisse, qu'ils cessent de méconnaître la puissance, la justice, la bonté du souverain Maître. Rien de plus conforme à l'esprit de Notre-Seigneur,
' Sauf rÉiiIphanle , où l'on est assez invité par le mystère même à Yenii' à Jcaub-Cluiist puiu' gluriHcr Diuu eu lui et par lui.
qui est tout charité et par conséquent tout zèle : Ignem veni mittere in terram, et quid volo, nisi ut accendatur ^ ?
Hymne.
L'hymne qui vient à la suite de l'invitatoire a encore pour but d'exciter l'attention de l'esprit et les affections du cœur par rapport à l'objet de la fête. Écrite dans un langage particulier, solennel, harmonieux, demandant naturellement l'accompagnement du chant, respirant l'allégresse et provoquant l'admiration , cette partie de l'Office est spécialement propre à élever les pensées au ciel : elle doit avoir pour effet de nous unir aux transports de l'Eglise triomphante *.
Comme les hymnes varient suivant les offices , et que le nombre en est considérable, il serait difficile d'entrer ici dans le détail; mais nous croyons devoir rappeler le conseil que nous avons déjà donné, d'étudier ces hymnes à loisir, celles surtout qu'on récite le plus fréquemment. La poésie en est d'ordinaire assez simple; un esprit familiarisé avec le langage des Ecritures et le sens des mystères en pénètre aisément les difficultés. Néanmoins il est bon de les lire d'abord en particulier, avec réflexion , et même de recourir sur certains points aux explications des auteurs. Par ce moyen , on s'épargnera des embarras dans la prière, et l'on échappera au danger d'hésiter sur le vrai sens de quelques termes inusités dans le latin classique.
* Luc. Xll, 49.
* Hymnl sunt cantus continentes laudem Dei. SI slt laus et non slt Dei , non est hymnus. Si sit laus Dei et non cantetur, non est hymnus. Oportet, ut Bit hyumus, babeat tisec tria : et laudem, et Del, et canticum. S. Aua. In Psalm. Lxxn, 1. Les hymnes furent de bonne lieure autorisées dans l'Lglise. Hynini ')natutini et vespertini omnino decantentur, dit le Concile d'Agde , c. XXX ( 50C ). Mais elles ne semblent pas avoir fait partie du Bréviaire avant le M" fiiôcle. U n'y en a pas encore à présent pour le Jour de Pâques,