Mais^ au mois, quand on est appelé à un poste
qu'on n'accepte qu'avec répugnance, ne pourra-t-on point manifester cette répugnance aux supérieurs et se poser en victime de l'obéissance?
Voici une de ces questions à la suite desquelles la réponse se place d'elle-même. Il est clair, en effet, que la manifestation du mécontentement que l'on éprouve n'est pas selon Dieu. On lui fait, il est vrai, la cession de sa volonté, mais on la lui fait de mauvaise grâce, et il n'est pas content ; il veut être servi avec un grand cœur et une volonté souple : Corde magno et animo volentiy et non avec ce petit cœur replié sur lui-même, et cette volonté ombrageuse qui frémit à la vue de la volonté de Dieu quand elle lui est opposée. Les serviteurs auxquels Dieu prodigue son amour sont ceux qui lui offrent joyeusement leurs services : Hilarem datorem diUgit DeuSy et non ceux qui le servit en fronçant le sourcil et peut-être même le murmure sur les lèvres.
Pourquoi, nous le demandons, obéir de mauvaise grâce? croit-on trouver quelque satisfaction dans cette obéissance boudeuse? Qui ne voit plutôt que c'est précisément le contraire qui a lieu , et qu'en s'abandonnant à ses sombres pensées, on envenime la plaie au lieu de la guérir? Veut-on s'attirer quelque démonstration de compassion par les plaintes que Ton exhale? Quoi de pluspuérîl et de plus frivole, surtout de la part d'un prêtre, qu'une disposition de cette nature? Espère-t-on faire révoquer la décision des supérieurs par l'exhibition de la peine qu'ils causent? Ce serait blesser l'obéis^ sance in voto, et le plus souvent sans obtenir la révocation désirée. Se figure-t-on du moins qu'en leur faisant voir la répugnance avec laquelle on se rend au poste assigné, on les déterminera à saisir, dès qu'elle se présentera, l'occasion d'une niutation? Ce serait un
calcul de volonté propre qui , ne pouvant se satisfaire dans le présent, saluerait Tavenir d'un rayon d'espoir qui ferait gémir Tobéissance.
Rien de tout cela n'entre dans Tespritdu saint prêtre : il obéit sans murmure parce qu^l s'est voué de tout cœur à une obéissance absolue quand il a dit : /Vomiito; il obéit même joyeusement, i)arce qu'il sait que la volonté de son évêque est à son égard la volonté de Dieu à laquelle il est heureux de soumettre la sienne : il obéit du moins sans donner aucune marque de sa répugnance, surtout aux peuples dont il devient le pasteur, parce qu'il sait qu'autant ils s'attachent au saint prêtre qui vient au milieu d'eux avec joie, autant ils s'isolent de celui qui leur montre un visage soucieux , et qui leur fait savoir, directement ou indirectement, que s'il est leur pasteur, ce n'est qu'en attendant le plaisir de ne plus l'être.
Imitons ce pieux confrère, puisqu'une voix intérieure nous dit que c'est sur lui et sur son ministère que tombent à flots les grâces et les bénédictions de Dieu.
Nous avons connu im saint prêtre, vraiment digne de ce beau titre, qui avait maintes fois réalisé dans sa conduite les règles d'obéissance que nous venons de tracer. Ses supérieurs, sachant qu'il était toujours prêt à exécuter leurs volontés, quelles qu'elles fussent, et n'ignorant pas d'ailleurs que son zèle égalait son obéissance, s'adressaient à lui quand ils voulaient régénérer une mauvaise paroisse. Déjà plusieurs fois ils l'avaient transplanté çà etlà, et toujours, soldat fidèle, il avait plié sa tente au premier signal de ses chefs, sans se laisser jamais influencer par les joies du ministère toujours béni auquel il s'arrachait, ou par les regrets amers des nombreux prodigues qu'il avait convertis et qui le
pleuraient comme un tendre père. Un jour cependant^ son obéissance fut mise à une épreuve plus pénible encore que les précédentes. Il reçut de son évêque une lettre qui lui annonçait qu'il était nommé curé d'une paroisse inscrite en tête des plus mauvaises du diocèse. Cette nomination fut connue sur-le-champ^ et de tous côtés affluèrent chez le saint prêtre des confrères du voisinage, ses amis dévoués, qui tous rengageaient à faire agréer son refus au prélat. Mais Fhomme de Dieu, qui voyait les choses de plus haut, répondait à chacun . avec une grâce charmante et le sourire sur les lèvres : a Je vous remercie de l'intérêt que vous me témoignez, » mais je ne puis plus suivre votre conseil; car aussitôt » après avoir reçu la lettre de Monseigneur, je lui ai y) notifié mon acceptation sans réserve : il est trop » tard. »
Comprenons-nous, chers confrères, que si tous les prêtres d'un diocèse étaient animés de sentiments pareils, il y aurait dans le cœur de Tévêque une source inépuisable de consolations et d'ineffables jouissances?
141. — Disons uamot maintenant, non plus des emplois proposés par l'autorité diocésaine, mais des règlements et statuts qu'elle impose pour le bon gouvernement du clergé.
Ces statuts sont nécessaires; qui pourrait en douter? quelle est la société qui n'ait pas les siens? Les statut^ diocésains sont le règlement de la famille; sans eux, désordres, indépendance dangereuse, abus très-fréquents et très-graves sous une foule de rapports : avec eux au contraire, s'ils sont bien observés, ordre, har^ monie, édification, règles de conduite excellentes, source de sanctification pour la masse cléricale.
Les statuts sont la parole même du premier pasteur, parole d'autant plus imposante qu'elle a été plus mûrement préparée, et que , après avoir été pesée au poids du sanctuaire^ soumise à des conseillera habiles et expérimentés^ elle a été gravée sur le papier et mise entre les mains de tous les membres du clergé pour être à chaqpe instant le mémorial de leurs devoirs.
Malheur à celui qui n'obéirait pas à cette loi fondamentale (te son évéque et qui s'affranchirait envers elle du respect quMl loi doitl il aurait à rendre compte de son infraction à Celui qui a dit : Qui vos audit y me audit; qui vos spernity me spemit,
142. — Mais, hâtons-nous de le dû*e, cet anathème n'atteindra sans doute aucun de nos confrères. Tous, nous en sommes persuadé , se montreront fidèles observateurs de ce point ca|ntal de leurs obligations. Rappelons pour notre édification la conduite du saint prêtre à l'égard des statuts diocésains.
D'abord, il va sans dire qu'il en possède un exemplaire. Le plus grand mépris de l'autorité qui les a décrétés, ce serait assurément de ne pas même vouloir se les procurer. Nul prêtre ne poussera jamais jusque-là ses coupables dédains.
Le saint prêtre les possède donc; mais que sert d'avoir un livre si jamais on ne l'ouvre? Aussi l'ouvre-t-il et' l'ouvre-t-il fréquemment. La lecture qu'il en fait n'est ni rapide ni superficielle; elle est grave, elle est lente, elle est approfondie , elle est accompagnée d'un pieux sentiment de respect et de soumission , parce que la parole de son évêque est à ses yeux la parole de Jésus-Christ même dont il tient la place.
Il parle des statuts diocésains en termes toujours res-
pectueux et mesurés; et si par hasard il en entend faire la critique 5 s'il entend dire sur le ton du blâme qu'ils sont d'une sévérité excessive, non-seulement le respect humain ne lui ouvre pas la bouche pour le faire parler comme les autres, mais la vénération qu'il professe pour l'autorité épiscopale lui fait prendre aussitôt la défense des règlements qu'elle a portés. 11 en fait l'apologie avec le zèle que sa haute piété lui suggère; et l'esprit de foi qui l'anime joint à la douceur de caractère qui lui concilie l'affection de ses confrères, fait quelquefois approuver à ceux-ci les points mêmes dont ils faisaient d'abord la censure.
Il est inutile de dire qu'il observe ces saintes règles avec l'exactitude la plus édifiante. Oui, il se fait un bonheur d'y être fidèle; il ne distingue jamais, au point de vue de leur exécution, entre ce qui oblige ou ce qui n'oblige point sous peine de censure; il ne distingue point entre ce qui est obligatoire sub gravi y et ce qui ne l'est que sub levi; tout est digne de ses respects, tout est embrassé par son obéissance universelle, tout , jusqu'aux plus simples conseils auxquels il se soumet comme s'ils étaient des ordres formels.
Heureux et digne prêtre ! que IXeu répande sur toi la plénitude des dons que mérite ton obéissance! et puissions-nous tous être de parfaits knitateurs de la haute {Hété qui te distingue l
143. — Lie respect pour l'autorité épiscopale sebomet-il à ce qui vient d'êti'e dit? Non. Il demande encore qu'on se montre docile aux moindres recommandations soit verbales, soit écrites, que cette autorité croit devoir faire à la sainte famille que Dieu lui a donnée. Au foit, dans une famille ordinaire, seraient-ils des enfants di-
gnes de leur bon père, ceux qui ne voudraient obéir qu'à ses ordres formels, et qui ne feraient fléchir leur volonté que devant la menace d'un rigoureux châtiment? Voyez un bon fils qqand il chérit et respecte son père : comme il aime non-seulement à exécuter ses moindres volontés, mais même à les deviner et à les prévenir!
Agissons ainsi, chers confrères, à Tégard de celui qui est investi à notre égard d'une paternité bien autrement sacrée que celle de notre père selon la chair. Ne disons jamais : Sans doute c'est la volonté de mon évéque que j'observe telle chose et que je m'abstienne de telle autre ; mais il se borne à un simple conseil , je puis donc l'enfreindre. Agir ainsi, est-ce agir selon Dieu? est-ce agir selon les règles d'une vraie piété? est-ce agir comme le parfait obéissant? est-ce agir comme nous voudrions que Ton agît envers nous, si nous avions en main l'autorité que nous traitons avec si peu d'égards?
144. — Nous devons encore respecter notre évêque dans nos conversations, ne disant jamais un mot qui affaiblisse tant soit peu son autorité, le justifiant si l'on se permet de l'accuser en notre présence, faisant ressortir les qualités qu'il possède , et manifestant par notre zèle à le défendre la sincérité de l'attachement que nous lui avons voué. Quel mal ne ferions-nous pas si nous semblions approuver, ou, à plus forte raison, si nous approuvions positivement les critiques déplacées de quelques confrères inconsidérés, ou de quelques laïques qui s'autoriseraient de notre approbation pour perpétuer la malignité de leurs censures!
Souvenons-nous , en ces circonstances délicates, des
enseignements que nous donnons aux enfants dans nos catéchismes ^ et à rassemblée des fidèles dans nos prônes j quand nous exp]i(]uons aux uns et aux autres le • quatrième commandement de Dieu , qui leur rappelle les obligations auxquelles ils sont soumis envers leurs supérieurs dans Tordre spirituel et temporel.
145. — Nos actes doivent être aussi en rapport parfait avec nos paroles. Ici, il ne s'agit plus des divers points spécialement commandés ou conseillés par l'évéque; mais nous disons que même les actions dans le détail desquelles il n'est point entré , nous devons nous les interdire si nous savons qu'il les réprouve. Sa volonté est très*certainementque nous soyons des saints; c'est donc respecter sa volonté que d'agir toujours en bons et saints prêtres.
Excellente règle que nous devrions adopter : Si mon évêque était présent , conmient me couduirais-je ? Je suis tenté de négliger tel ou tel point de mon ministère pour une partie de jeu : si mon évêque me voyait^ que ferais-je? Je suis tenté de déposer l'habit ecclésiastique sans aucune nécessité : si mon évêque me voyait y que ferais-je? Je suis tenté de faire un voyage de quelques jours sans aucune utilité^ avec chance très-probable de prêcher et de catéchiser dimanche sans préparation : si mon évêque me voyait , que ferais-je?
Puisque^ sur ces points et sur une infinité d'autres, nous connaissons la volonté de notre vénérable pasteur, brebis fidèles^ respectons-la dans nos actes ^ et regardons comme une espèce d'hypocrisie d'être habituellement disposés à vivre comme de saints prêtres si notre évêque était présent, et comme des prêtres relâchés si nous sommes débarrassés de sa surveillance.
446. — Un manque de respect d'une haute gravité que tout prêtre doit absolument s'interdire 5 c'est la critique, non plus de la personne'méme de l'évéque, mais de certains actes de son admini^ration. Si chacun de ces actes était contrôlé par le clergé du diocèse; si Ton se permettait sans scrupule de censurer devant le profane comme devant le sacré les décisions de l'Autorité eccléiûastique; si, par exemple, à l'occasion de quelque nomination qu^on désapprouve, on feiçait connaître publiquement sa désapprobation , comprend-on la gravité des conséquences qu'aurait une telle conduite? Outre l'affaiblissement de l'autorité et la diminution de respect env^s elle, dont on serait cause, comment ne pas voir que ce serait un vrai scandale d'entendre un prêtre blâmer ouvertement, et peui>-étre malignement, les actes administratifs de son auguste chef?
Ce qui produirait encore un très-mauvais effet , ce serait d'aller trouver un prêtre qui vient d'être atteint par une décision épiscopale qui lui est fort pénible, et de fortifier, au lieu de Faffaiblir, la disposition où il est peut-être de murmurer contre son évêque. Le saint prêtre irait, lui aussi, visiter ce confrère et lui porter les consolations de la foi et de la vraie amitié; mais quelle réserve dans ses paroles! quel fonds de respect pour l'autorité ! quelle pieuse exhortation à la patience et à une humble et paisible soumission ! et quel baume consolateur cet édifiant langage ferait couler doucement sur le cœur aigri du pauvre afiWgé!
Nous recommandons très-spécialement ce qui précède à certains bons prêtres qui , n'ayant jamais rien connu de gravement répréhensible chez un de leurs confrères que l'évêque vient de frapper, s'indignent contre Thumiliation qui lui est infligée , le regardent
comme victime d'une calomnie odieuse, blâment les supérieurs de l'avoir trop légèrement accueillie, et leur retirent une partie du respect et de Tattaclftment qu'ils avaient pour eux avant la déci^on sévère qu'ils leur reprochent.
En de telles circonstances , le saint prêtre se tait et respecte profondément des secrets qu^il ne connaît point. N'étant pas initié aux délibérations du conseil épiscopal, il regarderait comme une absurde inconséquence de critiquer ce qui s'y passe; il aime donc mieux n'en rien dire, et remplacer les critiques que d'autres se permettent , par ces charitables et respectueuses pensées, que les supérieurs sont sages, qu'ils n'ont nul intérêt à frapper suis motif, que la gloire delà religion, dont ils sont les premiers défenseurs, leur fait déplorer le scandale dont leurs châtiments sont quelquefois l'occasion, et que si, malgré tout cela, ils croient devoir punir, c'est qu'ils ont pour le faire de graves et solides raisons que n'atténuent point les clabaudages imprudents d'une critique aveugle.
Telle est la sage conduite du saint prêtre en ces tristes rencontres, et cette conduite, il l'étend àtousiles actes de l'administration de son évêque. Toujours il les environne de ses respects; et lors même qu'il ne peut pas, malgré ses efforts, les approuver au fond, du moins il se garde avec un soin extrême de produire sa pensée intime, et même il aime à se dire,^avec cette profonde humilité qui est sa vertu fevorite, que sans doute il se trompe , et que c'est la faiblesse de son jugement qui l'égaré.
Ce principe, le saint prêtre l'applique, non pas seulement aux actes administratifs de son évêque, mais même à ses opinions théologiques ou autres sur tel ou
tel point de controverse à Tégard duquel il est peut-être en dissentiment avec lui. Je ne suis points se dit-il à luimôme, le juge de mon évêque. Tant que je le verrai en communion avec le Saint-Siège, centre de l'unité, Tobéissance, le silence respectueux, la prière fervente et assidue pour mon premier pasteur, pour TÉglise et pour le Souverain Pontife qui la gouverne , voilà la règle de ma conduite : Juravi et statui custodire judicia justifia' cationis iuse^ Domine.
147.— Peut-être n'est-il pas inutile de dire un mot, non plus de la personne sacrée de notre évêque , mais des dignes conseillers dont il s'entoure, et auxquels il confère des pouvoirs en quelque sorte illimités, par les lettres de Vicaires généraux qu'il leur délivre.
Dans des temps regrettables à plusieurs égards , où l'indépendance n'avait pas encore arboré son drapeau, et où le respect et la soumission n'étaient pas de vains mots, la dignité de vicaire général était environnée d'une vénération toute particulière qui corroborait singulièrement l'autorité de ceux qui en étaient investis. On les honorait comme celui-là même dont ils tenaient la place, et l'on ne s'aâranchissait jamais envers eux des égards qui leur étaient dus. Que de fois nous avons été édifié en entendant les vieux débris de l'ancien clergé parier en termes toujours dignes et mesurés de Monsieur le grand vicaire ou du Seigneur évêque! Aujourd'hui ces locutions respectueuses sont surannées , et nous savons combien sont quelquefois légères et peu séantes les expressions qui les remplacent.
Chose étonnante! nous déplorons tous le progrès toujours croissant de l'indépendance et de l'abaissement de l'autorité, et nous ne voyons pas que, dans une
^ Digitj
foule de circonstances^ nous cédons comme les autres à renirainement général , si même nous n'en accélérons pas la rapidité!
Habituons-nous, bien-aimés confrères, à respecter l'autorité dans nos chefs ^ si nous voulons que nos inférieurs la respectent en nous-mêmes. Regardons le vicaire de l'évéque comme son lieutenant ^ son confident intime, son mandataire spécial , puisqu'il a réellement tous ces titres. Étudions plutôt nos devoirs à son égard que les défauts personnels qu'il peut avoir. N'applaudissons point à ceux qui le critiquent. Dans tous nos rapports avec lui^ ne nous écartons jamais des plus strictes convenances. Fortifions son administration au lieu de Taffaiblir. Pas d'obséquiosité ni de flatterie, sans doute, mais toujours des témoignages do respect, de dévouement et de soumission. Rien de tout cela ne nous coûtera si nous sommes envers notre évéque ce que nous devons être ; car alors nous saurons qu'il regarde comme fait à lui-même ce que nous &isons à celui qu'il honore de sa haute confiance*
^48. — Au commencement de ce chapitre, nous avons dit un simple mot en passant sur lequel nous croyons devoir revenir avant de terminer la matière si grave que nous venons de traiter. Nous avons dit qu'il serait consolant pour un évéque d'apprendre de ses prêtres les succès qu'ils obtiennent dans le cours de leurs ministères respectifs. Il nous semble que les divers membres du clergé se tiennent trop isolés de leurs premiers pasteurs, et que le moyen de s'en rapprocher serait de leur rendre compte de temps en temps des œuvres de zèle qu'ils entreprennent, des abus auxquels ils remédient^ des saintes industries qu'ils emploient
pour ramener les pécheurs^ pour soulager les pauvres , pour dissiper les préventions des incrédules^ en un mot, pour rendre leur ministère honcurable et fructueux.
Rien ne serait plus doux pour un évéque que d'être initié de la sorte aux consolations de ses dignes coopérateurs. Quelle joie, par exemple, n*éprouverait-il pas quand il serait informé du plein succès d'une mission, d'une retraite , d'une station de carême, d'une Pàque et d'une foule d'oeuvres particulières entreprises pour procurer la gloire de Dieu et la sanctification des âmes ! Qui sait s'il n'apprendrait pas lui^-même quelques moyens d'opérer le bien qu'il ignore encore, et qu'il serait heiu*eux de propager à l'occasion dans certaines parties de son diocèse, où ils pourraient être mis en œuvre avec avantage? Alors il recevrait au moins quelques lettres consolantes , ce qui habituellement n'a pas lieu , puisqu'il n'est malheureusement que trop vrai que, pour une lettre agréable qui lui parvient, il en reçoit cent qui l'embarrassent ou qui l'affligent. Alors, en retour de nos communications, nous recevrions nousmêmes de notre évêque des lettres encourageantes qui stimuleraient notre ardeiu*, et nous feraient embrasser de nouvelles œuvres de sanctification avec un zèle plus fervent encore.
Nous ne croyons pas nous tromper en affirmant que l'emploi de ce moyen resserrerait les liens qui doivent unir l'évêque à son clergé, et produirait avec abondance des fruits de salut dans le champ de l'Église.
149. — Puissent les divers conseils que nous avons pris la liberté de donner à nos pieux confrères être suivis par eux avec une exacte fidélité ! Les règles que
nous avons raiq[>6lées nous ont été léguées par les saints prêtres de tous les siècles, et c^est en les obsa*¥ant qu'ils ont glorifié Dieu, édifié les peuples, et mérité réternelie félicité dont ils jouissent.
Soyons étroitement unis à nos évéques, chei's et dignes collègues, puisque nous faisons partie du corps mystique dont ils sont les principaux membres et dont le Souverain Pontife est Tauguste chef; honorons nos évéques, puisqu'ils sont par excellence les oints du Seigneur; soyons soumis à nos évéques, puisqu'ils sont nos supérieurs et nos maîtres, et que nous leur avons fait de cette soumission la promesse la plus solennelle ; respectons nos évéques, puisqu'ils <mt sur nous une autorité divine, et que nous avons joint la promesse de notre vénération à celle de notre obéissance; aimons enfin, aimons tendrement nos évéques, puisque nous avons le bonheur de les av€»r pour pères et qu'ils se plaisent à nous bénir comme des enfants chéris.