Sommes-nous humbles dans nos actions
Nos œuvres tirant leur mérite de la bonne intention avec laquelle elles sont faites, il est certain que si nous sommes humbles dans nos pensées, dans nos jugements, dans nos sentiments les plus intimes, nous agirons conformément à la disposition habituelle de notre âme ; et si quelquefois le poids de la nature nous entraîne et nous fait faire de temps en temps quelques actions par un motif de vanité, ce sera très-probablement Teffet d'une surprise, d'une distraction, ou d'un de ces premiers mouvements dont Dieu ne se tient point offensé.
Mais remarquons bien que ce qui vient d'être dit s'applique à ceux qui sont réellement humbles de cœur, et non pas à ceux qui croient avoir l'humilité dans l'âme, parce qu'ils ont une certaine estime pour cette vertu et un certain désir assez vague de la pratiquer. La fausse humilité de ces derniers se traliira bientôt par une foule d'actes d'orgueil qui s'opéreront à son ombre.
Ceci doit nous faire voir combien il est important d'être vraiment humble, puisque si on ne l'est pas, on est comme assuré de perdre le mérite de presque toutes
ses œuvres. En e£fet, notre inclination naturelle est de chercher en tout notre propre satisfaction; or, comme c'est la volonté de Dieu qui doit être la règle de nos actions, il faut donc que Tinclination qui nous porte à agir pour nous-mêmes, soit contre-balancée par une inclination plus puissante qui nous fasse agir pour Dieu. Cette seconde inclination, ce puissant contre-poids, c'est le renoncement à soi-même, c'est l'humilité.
Le vrai humble voyant d'un côté, l'infinie grandeur de Dieu qui lui demande ses pensées, ses affections, ses paroles et ses œuvres, et voyant de l'autre sa propre bassesse, son indignité, sa profonde misère, aurait honte de se préférer à Dieu et de refuser ce qu'il lui demande pour se l'attribuer à lui-même. Il renonce donc à agir pour sa propre gloire, et ne se propose en toutes ses œuvres que la gloire de Dieu, selon la recommandation de l'Apôtre : Oinnia in gloriam Dei facite. Alors ses œuvres sont vraiment saintes, et si déjà, comme celles du prêtre, elles sont excellentes en elles-mêmes, quel surcroît de valeur et de mérite ne tirent-elles pas de l'humilité profonde avec laquelle il les fait, et de l'ardent désir qu'il a de procurer par elles la globe de Dieu et le salut des âmes ! Toutes ses œuvres sont donc sanctifiées par son humilité; et conune les œuvres remplissent les journées, et que la succession des jours constitue ce que nous appelons la vie; voilà la vie de ce prêtre vraiment humble qui s'écoule paisiblement sous l'œil de Dieu, avec une abondance de mérites que l'humilité cache à la terre, mais que le ciel contemple avec ravissement : Et dies pleni invenientur in eis.
L'orgueilleux, au contraire, n'ayant de pensées, d'estime, d'affection que pour lui-même, communique à chacune de ses œuvres le mauvais principe par lequel
il se dirige; et comme ce mauvais principe est pennanent dans son âme, comme il est en quelque sorte Tâme de son âme^et qu'il ne fait rien pour le détruire^ qu'il le fortifie même à chaque instant par de nouveaux actes d'orgueil dont l'occasion ne manque jamais^ il s'ensuit qu'il mène aux yeux de Dieu une vie misérable, toute remplie de péchés, et d'autant plus coupable, s'il est prêtre, qu'elle devrait être plus sainte et plus digne des augustes fonctions qu'il est chargé de remplir.
181. — Examinons quelques-unes de nos actions ordinaires, et voyons si l'orgueil ne nous en ravit point le mérite.
Nous travaillons, sans doute ; l'étude trouve sa place dans le cereie de nos occupations : est-ce pour la plus grande gloire de Dieu que nous travaillons ? ou n'est-ce point plutôt pour notre propre gloire?
Le prêtre vraiment saint, et par conséquent vraiment humble , ayant toujours présente à la pensée la recommandation de saint Paul : Omnia in gloriam Dei fadtej élève, au commencement de son étude, son cœur à Dieu, la lui offre avec amour, implore ses lumières et ses grâces, et lui déclare qu'il ne veut étudier que pour procurer sa gloire avec plus d'abondance. Cela fiait, il examine quelle est Tétude à laquelle la plus grande gloire de Dieu demande qu'il s'applique. Pour le savoir, il ne prend conseil ni du goût, ni du plaisir, ni du caprice, ni de la curiosité, ni de l'amour de la science pour la science , ni de l'amour de la science pour briller par elle aux yeux des hommes: non, la gloire et la plus grande gloire de Dieu , encore une fois , voilà sa règle et son unique règle.
S'agît -il d'entreprendre un travail de composition^ un sermon , par exemple ? Sachant que la gloire de Dieu et la gloire humaine ont des inspirations tout opposées, il restelidèle à son principe , et ne voulant plaire qu'à Dieu, il choisit pour matière de son discours ce qu'il croit, en conscience , le plus utile à la masse des auditeurs qu'il doit avoir, et non point, comme le voudrait Torgueil , ce qui lui laisse entrevoir, sans utilité pour le peuple , de beaux développements, de riches aperçus, un champ fécond en fleurs , en images , en érudition , ou en considérations métaphysiques. Puis quand, sous l'influence de son humble piété , il a fait choix de son sujet, c'est encore sous la même influence qu'il le traite : rien pour la vaine gloire , tout pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Voilà le travail du prêtre vraiment humble , voilà le secret de ses succès et de la fécondité de son ministère.
Quelle difi'érence entre le travail de ce saint homme et celui d'un prêtre qui , ayant le malheur de se laisser égarer par l'orgueil , ferait presque en toutes choses le contraire de ce qui vient d'être dit , et ne travaillerait que pour sa propre gloire, au lieu de travailler comme le saint prêtre à celle de Dieu seul ! Que chacun de nous s'interroge , et voie auquel des deux il ressemble.
182. — Nous sommes obligés sans doute de quitter quelquefois notre solitude et de paraître dans le monde. Les convenances sociales , peut-être même nos devoirs de pasteur nous imposent l'obligation de faire quelques visites : voilà encore une de nos œuvres. Le saint prêtre se gardera bien de s'en affranchir; il ira dans le monde quand il croira que la volonté de Dieu l'y appelle ; mais il y ira pour l'édifier, pour le sanctifier, pour faire res-
pecter son sacerdoce. Que fera -t- il donc pour obtenir de si beaux résultats? Peu de chose en apparence : il portera dans le monde cette aimable simplicité qu'on lui connaît, cette modestie charmante qui vaut mieux qu'une prédication , cette douceur d'agneau à laquelle rien ne résiste , cette humilité profonde qui fera dire quand il sera parti : C'est vraiment un saint que nous avons pour pasteur ! Costume décent sans doute , mais sans Tombre du luxe et de l'élégance; conversation toujours digne d'un prêtre, sans sécheresse , mais sans épanchement démesuré ; sans mutisme excessif, mais sans abondance de paroles recherchées, atfectées, vaniteuses, ridicules chez tout le monde , mais particulièrement chez le prêtre. Voilà ce que sera le vrai homme de Dieu, et c'est l'humiUté de Jésus-Christ qui lui prêtera ses charmes. Prenez l'inverse de cette conduite, et vous aurez celle du prêtre orgueilleux tel que le façonnerait la vanité, s'il en subissait les influences.
483. — Le prêtre humble aura nécessairement des rapports avec ses confrères, et c'est encore son humilité qui lui vaudra leur estime et leur affection. Qui n'aime pas le prêtre humble? Qui ne prend pas plaisir à Tadmettre dans son intimité? Ceux-là mêmes qui n'ont pas le courage de pratiquer l'humilité pour leur propre compte, aiment singulièrement à la trouver chez les autres. Le prêtre humble sera donc recherché de ses confrères. Au fait, cela se comprend aisément : il ne les traitera point avec hauteur ; jamais une parole sèche et dédaigneuse n'eflleurera ses lèvres ; jamais un xaoi humiliant ne sera, de sa part, l'occasion d'une discussion blessante; jamaia il ne s'arrogera des airs imposants d'autorité et de domination ^ jamais il ne
s'offensera d'une plaisanterie piquante ni même d'une humiliation que Torçueil voudrait bien lui faire repousser par une parole incisive , mais que Thumilité lui persuade de digérer en silence. Ce n'est point chez lui qu'on verra cette froideur, cet éloignement, cette rancune tenace, cette quasi -rupture avec un confrère, pour un simple manque de convenance ou d'égards dont son humilité ne tient aucun compte. Toujours aimable et toujours aimé, parce qu'il est toujours humble, il donnera de tous côtés des leçons d'humilité sans se douter qu'il les donne.
Quel sujet de remords pour le prêtre orgueilleux , s'il ne se reconnaissait point dans la simple ébauche du prêtre humble , crayonnée sur cette page ! Quelle secrète confusion s'il se voyait forcé de dire en gémissant : Voilà bien ce que je ne suis point !
184. — Si le saint prêtre est un modèle d'humilité dans les simples relations de la vie sociale, que doit -il être quand il remplit les fonctions sacrées de son divin ministère?
Est-ce l'orgueil qui l'anime quand il monte en chaire pour y annoncer l'Évangile de son maître ? sou désir est-il de moissonner des applaudissements? sa crainte est-elle d'essuyer un échec? cherche-t-il sa propre gloire ou celle de Dieu qui l'envoie et dont il est l'organe? les misérables suggestions de la vanité remplacent-elles la préparation pieuse et l'intention pure que requiert l'acte important et solennel qu'il va faire? Ah! loin de lui des dispositions de cette nature qui paralyseraient son œuvre et lui attireraient la malédiction de son Dieu! Non, l'humilité remplit son âme et n'y laisse point de place pour les indignes spéculations de l'orgueil. Il s'humilie
profondément, et son attitude recueillie, et sa pose modeste, et son timide regard, et sa fervente prière en face du saint autel, sont comme le reflet de Vhumble piété qui décore son âme.
Quand il a rempli ce saint ministère, va-t-il mendier des éloges? va-t-il critiquer son œuvre pour qu'on l'exalte? va-t-il se repaître d'une vaine fumée , s'admirer lui-même et se faire hommage de son triomphe? va-t-il oublier Dieu dont il vient d'annoncer la parole , et lui ravir la gloh'e qu'il réclame? AbsitI absiti Non; plus humble encore î^près avoir quitté la chaire qu'il ne l'était avant d'y monter, il s'abîme dans les profondeurs de son néant, et son humilité ne lui insinue que deux choses : — s'oublier — et prier : s'oublier pour étouffer l'orgueU; prier pour obtenir que la prédication qu'il vient de faire soit abondante en fruits de salut.
Puissions-nous imiter tous un si parfait modèle et méditer souvent ce que nous dit saint Vincent de Paul à ce sujet : « Celui-ci, dit-il, qui prêche pour se fabe » applaudir, louer, estimer, faire parler de soi, que » fait-il autre chose qu'un sacrilège? Eh ! quoi, n'est-ce » pas un sacrilège que de se servir de la parole de Dieu » pour acquérir de l'honneur et de la réputation ? »
i85. — Et quand le saint prêtre se rend au tribunal de la pénitence, est-ce que Torgueil va s'y rendre avec lui! Quoi? dans ce lieu mystérieux et sacré où se décident les destinées étemelles des infortunés prodigues dont il est le tendre père; dans ce modeste réduit où il s'enferme pour dîstriber au nom de Dieu des pardons aux pécheurs, il pécherait lui-même en effaçant les péchés des autres ! Est-ce qu'il peut y avoir en un tel ministère la moindre pâture pour la vanité? Hélas!
l'homme est homme en tout lieu, et s'il prêtait l'oreille aux inspiratioijs de Torgueil , ce vice infecterait bientôt ses actions les plus saintes. Mais le prêtre hupible a soin de veiller à la garde de son humilité, et ne souffre jajn^is que la vanité lui enlève son trésor.
n ne brigue point un grand nombre de pépite^ts pour le vain plaisir d'avoir une clientèle abondante. Il pe fait point parade de la multitude d'âmes qu'il dirige, U pe se réjouit point ni surtout ne se vante pojnt de compter parmi ses pénitents telles ou telles personjies pli|s distinguées que le vulgaire. Il ne s'afflige poipt quand quelques pénitents choisissant un autre confesseur, diminuent par leur retraite le fardeau de s^ responsabilité. Il n'ouvre point son cœur à des sentiments d'aigreur et d'envie contre le copfrère qui accu0ille les transfuges.
Quand il se dirige vers le saint tribunal, son bumble et modeste piété l'accompagne. Il n'oublie point de s^humilier devant Dieu et d'implorer sa grâce par une prière fervente au pied de l'autel. Il ne jette point des regards vains et curieux sur les pénitents qpi l'environnent, pour voir de quelles sortes de brebjs l^ troupeau se compose.
Quand les confessions sont commencées, il n'a point deux langages : l'un toujours doux pour ceux-ci, l'autre toujours ferme et sévère pour ceux-là. Il ne se laisse jamais influencer par la qualité des personnes, relativement aux décisions qui lui sont demandées. Il n'accorde point, sans motif légitime, de longues audiences aux uns et de fort courtes aux autres. S'il rencontre des difficultés qui l'embarrassent, il est assez humble pour chercher chez autrui la lumière qui lui manque : il sait douter, il sait consulter, il sait mépriser le sot orgueil qui veut lui per-
suader (ju0 demander un avi^c'pst^vouer son ignora^W» Enfin , quand la sé^qpe est tprnainée, ouWiapt towt ce qui s'^st passé, il englobe dftWS wufj prière commune la famille spirituelle qu'il vient de sanctifier, et la recom-» mpncje h, pieu ftvec \^ ferveur du ?è)e 4wt il est ^pibrasét
Sois béni ^ saint et digne prêtre , sois béni ! Ton humilité portera ses fruits, l-^isse l'orgueilleux battre Tair de ses reteptissegites cymbales; pour toi, continue de sauver les âmes à petit bruit. Tu ne sais pas les prodiges qu'opère Jésus-Christ quand il a un prêtre humble pour instrument I N'est-ce pas avec quelques pauvres pêcheurs qu'il a souleyé lei mpnde?
186. -r- Et quand il mPUte ^u saint autel, faut-il demander si Thumilité y monte avec lui? Immqler son Dieu! Réaliser Abraham en s^ personne, et ^voir Jésus- Christ popr Isaacl Appeler le Fils (}P Dieu du haut du ciel dans sa main par Tarticulation de cinq paroles ! Se voir seul debout, dans l'attitude du commandement, environné d'un peuple incliné^ et de légions d'anges qui adorent! Bénir Jésus-Christ d'un signe de crpix, le déposer sur sa langue, Tintroduire dans son ftme, le distribuer aux fidèles, accompli^» enfin ce que jamws Marie elle-même n'4 pu faire , et w'êtrb r^s Huip^^E ! ! ! Gela pourrait-il se concevoir ?
Le prêtre humble du moins ne le conçoit point. Voudrait-il^ par exemple, quêter d^ v^inqs louanges par l'afifectation étudiée dp son chant? youdrait-il lever les yeux pour savoir de quels assistants il est environné? voudrait-il déployer une espèce de pompe d^us sa démarche, dans son attitude P\ daqs ses c^rémpmes? vou'^' dr^t-il, en Qt^çm\ d^Y«it w^ ft^gîôt^B^powbriçUse,
afficher par orgueil une piété extérieure qu'il n'aurait pas dans l'âme? Non^ assurément non^ ni ïui^ ni aucun prêtre ne voudra jamais incliner la majesté sacerdotale devant ces pitoyables manœuvres de la vanité.
Mais ce n'est pas assez d'être humble dans Pacte même du saint sacrifice; ce n'est pas assez d'être humble à l'autel; il faudrait être démon pour ne l'y pas être. Que faut-il donc de plus? Il faut être habituellement humble pour être digne de consacrer tous les jours la chair adorable et le sang divin de Celui qui nous dit : Discite à me quia mitis sum et kumilis corde. Comment ne pas voir qu'un prêtre, orgueilleux par habitude, montant chaque jour à l'autel pour y renouveler le sacrifice de la croix , trouverait, chaque jour aussi, sa condamnation dans le prodigieux abaissement de l'auguste Victime immolée par ses mains?
Soyons humbles, chers confrères, soyons profondément humbles; nous ne le serons jamais autant que nous le devons être.
187. — Nous ne pousserons pas plug loin l'investigation des divers actes dont l'humilité doit être le principe. Contentons-nous de dire qu'il n'en est pas un seul qu'elle ne doive sanctifier. On discute bien en théologie pour savoir jusqu'où s*étend l'influence virtuelle de la direction d'intention, relativement à nos œuvi^es; mais jamais on n'a mis en question si nous pouvions nous en attribuer quelqu'une. Cette question seule serait scandaleuse : Universa propter semetipsitrn operatus est Dominus. Tout est à Dieu, tout vient de Dieu, tout doit nécessairement retourner à Dieu ; et lui dérober par l'orgueil, avec délibération , non- seulement une action, mais encore «ne simple pensée, c'est lui
ravir sa gloire , cette gloire qu'il n'a jamais cédée , qu'il ne cédera jamais à personne , comme lui-même nous le dédiure : Gloriam meam alteri non dabo.
188. — La parole des saints ayant une grftce et une efficacité toutes particulières , nous ne croyons pas pouvoir terminer plus convenablement cet important chapitre qu'en rapportant quelques-unes des maximes qui nous ont été léguées par saint Vincent de Paul y sur la vertu d'humilité qui lui était si chère. Ces précieuses maximes fortifieront singulièrement notre enseignement propre^ et prouveront à nos pieux lecteurs que nous n'avons pas dépassé les bornes de la modération dans les règles que nous avons pris la liberté de leur proposer. Voici ces maximes :
— a L'humilité est la vertu de Notre-Seigneur Jésus- Christ, de sa sainte Mère et des plus grands saints; elle réunit toutes les vertus, et quand elle est sincère, elle les introduit toutes dans un cœur. L'arme la plus puissante pour vaûicre le démon , c'est ThumiUté. »
— «Chacun doit se dire à soi-même : Quand j'aurais toutes les vertus, si je n'ai pas Thumilité, je m'abuse; et tandis que je me crois vertueux, je ne suis qu'un Pharisien superbe. »
— a n n'y a que ceux qui ont une humilité profcmdc et un ôncère mépris d'eux-mêmes qui puissent être propres aux œuvres de Dieu. »
— « De tous les moyens de conserver Tunion et la charité avec le prochain, le plus efficace et le meilleur, c'est la sainte humilité , c'est de se mettre au-dessous de tout le monde et de se regarder comme le plus méchant et le plus vil de tous, n
— a Un juste qui abandonne l'humilité , est rejeté de
f)l«i ^ ifépwmvé wrigi* toutes seà bonnes oetiviteè} ce f|ul paraît vertu eil lui ti'est que vice. «
— (( Le savoir sans humilité a toujours été {)ômteleux à l'Église; et comme Forgueil a précipité les anges rebelles^ il eause souvent là perte des hommes savants : le plus ignorant des démons eh Sait plus tjue le plus subtil philosophe et le plus profond théologien. »
^«Dans les discours publics, ott doit retrancher tout ce qui ne servirait qu'à les rendre plus brillants et à procurer de plus grands applaudissements. On doit S'abstenir dé pensées et d'eîcpressiotts recherchées. «
•***- tt L'humilité doit faire éviter toutes les vaines complaisances qu'on pourrait prendre^ et surtout lés emplois qui ont de l'éelat è
— « Ceux qui n'ont que deS talents médiocres et ordinaires son! ordinaireUieUt plus propres dans lÉ, main de Dieu poUr procurer le Salut des peuples, parce qu'ils se cOttBetit moins en eux-mêmes : ils recourent à Dieu avec plus d'humilité , et Ce n'est qu'à lui seul qu'ils attribuent le succès de tous leurs travaux. ïJ
'-^«Dleu demande de noUS qUe nous ne fassions jamais le bien pour hous faire cohsidérer, fUais que nous ayons sa gloire pour motif dans toutes nos ac^ tions, et que nous ne fassions rien par respect humain» 0
«- * Celui qui s'humilie profbndément devient Juste, de pécheur qu'il était. Au Contraire , Un homme de moeurs angéUques, qui serait orné des plus rares vertus, et qui les posséderait dans le degré le plus éuiinent , s'il n'a pas l'humilité , devient semblable à un réprouvé, parce que toutes les vertus qu'il possède manquent de fondement et ne peuvent subsister, d
-^ a Si TorgUeil nous sollicite de nous élever, nous
devons nous abaisser ^ s'il nous donne des pensées d'es- . time de nous-mêmes, nous devons penser à notre faiblesse et à notre incapacité; s'il nous incité à nous faire connaître , nous devons nous abstenir de tout ce qui pourrait nous faire remarquer, et préférer les œuvres basses et viles à celles qui seraient grandes et honorables. »
— «Quand la vaine complaisance s'insinue dans les bonnes œuvres, elle en est le poison; c'est une peste qui infecte les actions les plus saintes et qui nous fait prompteméht oublier Dieu. C'est le vice le plus funeste à tout progrès dans la vie spirituelle et dans îa perfection. »
ail vaudrait mieux être jeté pieds et mains liés dans le feu, que d'agir dans la vue de plaire aux hommes. »
Tels sont les enseignements précieux de l'un des plus grands serviteurs de Dieu qui aient paru dans l'Église* Méditons et surtout pratiquons les saintes leçons qu'il nous donne, et pour en obtenir la grâce, disons soilventavec un profond gémissement du cœur : TiesM miiis et hutnilts corde ^ miserere nohis.