‹ Le saint prêtre ou nécessité et moyens d'acquérir ou de perfectionner la sainteté sacerdotaleChapitre 30 sur 51 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

Chasteté.— Sa Bécessité.— Horreur du vice contraire.— Gomment se préserver de ce vice. — Oisiveté , sensualité , etc.

189. — Le plus bel éloge de la chasteté se trouve dans cette exclamation de la sainte Écriture à la vue

de cette vertu : 0 quant pulchra est casta generatio cum claritate f^on, tout ce qui, sur la terre, possède une valeur quelconque, n'est pas digne d'être comparé au mérite de Tâme chaste : Omnis ponderatio non est digm animx continentis. Il est bien rare que nos saints Livres fassent ressortir l'éclat d'une vertu en des termes si expressifs, et nous devons croire que la chasteté est infiniment agréable à Dieu, puisqu'il exalte sa beauté avec tant d'énergie.

C'est que, par le fait, la chasteté est réellement la souveraine gloire de l'homme. «Celui qui la garde avec fidélité, a dit un pieux écrivain, dépouille l'humanité pour se revêtir de la nature angélique ; de même que celui qui l'immole est un ange déchu, un démon : » Qui castitatera servavii angélus est; qui perdidit, diabolus.

Quant au prêtre, on peut dire sans la momdre exagération que le plus beau joyau de sa couronne , c'est la chasteté. Si , déjà suréminent par la hauteur de ses fonctions toutes divines, il s'étudie sans relâche à spiritualiser sa chair et ses sens par la chasteté; si, ravi par cette vertu jusque dans le cœur de Dieu, il y établit sa demeure habituelle, n'en descendant que comme les anges et avec la pureté des anges pour exercer parmi les hommes son divin ministère, qui pourra peindre la magnificence de sa gloire? Oui vraiment il est ange : Qui castitatem servavit, angélus est.

Mais s'il oublie sa grandeur, s'il oublie ses rapports intimes et sacrés avec la chair et le sang de Jésus- Christ dont il nourrit tous les jours son âme au saint autel; s'il oubUe la rigoureuse loi de la chasteté qui l'oblige comme prêtre, et qui s'ajoute à celle qui l'obligeait déjà comme chrétien ; s'il quitte enfin le cœur de

Dieu et les splendeurs célestes pour ensevelir son sacerdoce royal dans la fange et Tordure , quel monstre ! n n'est plus ange j il n'est plus homme ; qu'est-il donc? Il est devenu démon : Qui perdidit castitatem^ diabolus est.

L'odieux scandale d'un prêtre impudique n'a pas été épai^é à l'Église dans le sein de laquelle Dieu a permis de loin en loin d'afiOigeants désordres, comme pour mieux prouver qu'elle est divine puisqu'elle survit à ce qui semblerait devoir la détruire, et qu'elle poursuit sa marche triomphale nonobstant les coups que lui portent ceux-là mêmes qui devraient être sa couronne et sa gloire.

Heureusement de tels scandales sont rares, et nous pouvons opposer aux grands coupables qui les donnent, une multitude innombrable de saints prêtres, qui portent dans des cœurs dignes de Dieu le précieux trésor de la chasteté.

Bien convaincu que nous n'aurons que de tels prêtres pour lecteurs^ nous nous bornerons dans ce chapitre à indiquer les moyens de conserver intacte la chasteté, après avoir toutefois exposé les pressants motifs que nous avons de pratiquer cette vertu.

190. — Nous devons être chastes : pourquoi? Parce que nous en avons pris l'engagement formel au moment le plus solennel de notre vie. Quoi donc! la chasteté ne nous était-elle pas déjà commandée? Saint Paul ne nous avait-il pas dit comme à tous les chrétiens que nos corps étaient les temples de l'Esprit saint, et qu'une ruine étemelle attendait ceux qui les profaneraient par l'impudicité : Si quis iemplum Dei violaverit^ disperdet illum Deus? Oui, sans doute; mais ce

qui suffit pour le ^mple fidèle ne suffit pas pour le prêtt^ej une loi nôUVéllé, une loi spéciale lui est proposée , et cette loi , il se l'est volontairement et librement imposée au jour de àon sacerdoce. Averti par le pontife qu'il était libre encore, mais qu'il allait cesser de rétre après le pas décisif; quand il s'est avancé, qu'at-il laissé derrière lui, si te n'est l'œuvre de la chair et toutes ses cbiivoltisës 1 et Vèrâ quoi s*est-il élancé , si ce tf est Vers là sàlntfe chasteté qùMl û, solennellement épousée aux pieds de soû évéque?

191. — Nous devoUS être chastes : pourquoi? Parce que nos fonctions sont si spirituelles et si saintes qU^elleS ne feâUrâieUt s*allier avec un acte impur, ni même avec un cotnmerce charUel, légitîhle en luimême , éomme l*est celui du niariage. L'Église l'a ainsi défini, et Uouâ lie siaUrîohs ti'op bénir la suprême sagesse de sa loi. Bien plus, l'hérésie elle-même, sans y penser peut-être, tnais par un instinct rationnel, l'hérésie a , JUfeqU*a utt Certain point, pensé comme notre Église. Le Uiiniàtre protestant n'a quitté le célibat quV près avoir Uié ce qu^il y avait de plus auguste dans lés fonctions du sacerdoce, disant assez par là qu^il eût renoncé comme nous à l'œuvre de la chair, si comme nous il eût cru que la sainte Eucharistie contenait réellettieiit là chair adorable de Jésus-Christ.

Comment croire en effet cet ineffable mystère, et partager un cœur de prêtre entre Jésus-Christ dont il est le miiiistre, et la femme dont il deviendrait le débiteur charnel?

Mais comment croire surtout qu*on pourra recevoir tous les jours l'Bumanité sainte du divin Sauveur dans uUe chair souillée par des actes impurs interdits à tout

lé môhde^ flus les vices du prêtre tiehnent de la chair, plus est odieuse et révoltante Topposition qu'ils ont aux sublimes fonctions qu'il remplit* Voyez, par exemple, le prêtre ivrogne et le prêtre impudique! Les crimes dont ils se souillent ne constituent-ils pas au suprême degré l^abomination de la désolation contre laquelle s'indignait le trophàte?

192. — Nous devons être chastes : pourquoi? Parce que Dieu se retire dd prêtre qui ne Test plus. Que ferait-il dans le cœur d'un impudique ? Ministre prévaricateur, il a choisi la chair. Dieu le laisse dans la chair; «il a » repoussé la bénédiction, la bénédiction se retire : » Notuit benedictionem^ et elongabitur ah eo; il a voulu » la malédiction , et la malédiction lui arrive à pleins » bords : Dilexit maledictionem ^ et veniet ei; il en est » couvert comme d'un vêtement, elle entre en lui » comme l'eâu, elle s'insinue comme l'huile jusqu'à la » moelle de ses os. » Mais en se retirant, Dieu le foudroie comme il foudroya par son ange les cinq villes infâmes, avec cette différence que le soufre et le bitume sont remplacés par le feu de sa passion, en attendant celui de l^nfer, s'il ne fait une pénitence proportionnée a ses crimes. Et de même que la stérilité suivit la dévastation de ces villes souillées, de même aussi Dieu frappe d'une stérilité visible le ministère du prêtre sacrilège.

193. — Nous devons être chastes : pourquoi? Parce que si le prêtre cesse de l'être, les liens qui l'attachaient à Dieu étant par là même rompus, n'ayant plus ni lumière pour se conduire , ni ferveur pour se consoler, ni courage pour se relever, ni zèle pour sauver ses

frères puisqu'il se perd lui-même^ il tombe lourdement d'abîmes en abîmes : Abyssus àbyssum invocat ; dans Taveuglement d'abord, de Taveuglement dans le découragement, du découragement dans Tinsensibilité , de rinsensibilité dans Tendurcissement, et de là, s'il ne s'opère un bien rare prodige de miséricorde , dans d'autres abîmes connus de Dieu seul où le précipite presque toujours une mort désolante.

i94. — Nous devons être chastes : pourquoi? Parce que les désordres du prêtre impudique, d'abord secrets, finissent par ne plus l'être, et que Ton voit alors dans TÉglise un de ces scandales qui lui arrachent ainsi qu'aux âmes pieuses des gémissements et des larmes; scandale qui fait la joie des impies, qui couvre d'opprobre celui qui le donne^ et qui fait dire au divin Sauveur ce qu'il disait de son perfide apôtre : Vss ho^ mini illil,,. Bonum erat ee, si natm non fuisset komo ille. a Les misérables ! disait un jour un saint et véné- » rable pasteur à Toccasion d'un de ces prêtres scan- » daieux, ils nous réduiront à rougir devant les peu- » pies de notre sacerdoce ! j^

195. — Nous devons être chastes : pourquoi? Parce que le prêtre qui ne l'est plus ne pèche pas seulement contre la chasteté, mais sacrifie sans remords toutes les vertus et s'abandonne à tous les vices pour lesquels il se sent quelque attrait. La principale barrière étant abattue, qui pourrait l'arrêter! Où trouver un impudique qui ne soit qu'impudique? La chasteté une fois sacrifiée, qu'est-ce, pour celui qui la viole, que la charité, la douceur, la tempérance, l'humilité, le zèle, la mortification et toutes les vertus en un mot?

Quel état^ grand Dieu^ quel état! et quelle énorme aggravation tfemprunte-t-il pas tous les jours à cette chaîne de sacrilèges dont les anneaux deviennent bientôt innombrables! Pas une fonction sacrée, remplie par ce prêtre, qui ne soit un crime! et ces crimes, à chaque instant il les commet jusqu'à ce qu'il y soit mis un terme ou par une conversion bien rare, ou par ime suspense canonique, ou par une mort plus terrible encore que tout le reste.

496. — Nous devons être chastes enfin: et pourquoi? Parce que le prêtre vraiment chaste est presque infailliblement un saint prêtre. Cette douce pensée ravit et console, surtout quand on pense à l'innombrable multitude de prêtres fidèles à la chasteté qu'ils ont vouée. Bénissez-les, Seigneur, ces légions de saints prêtres qui reçoivent tous les jours dans une chair immaculée la chair adorable et le sang précieux du divin Agneau ! Répandez sur eux des flots de grâces et de bénédictions pour qu'ils continuent d'édifier les peuples par la sainteté de leurs mœurs, et qu'ils vivent de manière à pouvoir vous présenter, exempte de souillures, la robe éclante que vous leur donnâtes en signe d'alliance au jour heureux de leur sacerdoce!

0 quant pulchra est casta generatio cum claritatel Donnons maintenant quelques avis pratiques pour prémunir nos pieux confrères contre les dangers qui les environnent, relativement à la sainte chasteté.

197. — Il est une recommandation particulière que nous croyons devoir placer en tête des règles de conduite que nous allons proposer: c'est de regarder la vertu de chasteté comme si indispensablement néces-

Suite à un ptèttè pmt ^édification du pi*ochain, le plein succès de son ministère et sa ptopté sànctificatioîi, que tton-seuletnent il lie fasse absolument rien contre cette rettu, mais qu'il s*dbstienne thème de tout ce qui pourrait éveiller l'ombre d'un soUpçon contre la pureté de ses mœurs. Si lious ne sommes pas scrupuleux à cet égaï*d, si nous traitons de frivoles UllnUties les sages précautions des saints prêti*es, iious tioUs permetti^otià bien des choses qui n'alarmeront pas liOtrè conscience parce que ce ne seront point à proprement parler des péchés, mais ce seront des imprudences fâcheuses qui nous féh)nt bientôt commettre des fautes réelles, et qui finiront par porter atteinte à nôtre réputation. Or, pensons-y sérieusement, c*en est fait de nous à jamais, si nous donnons prise de ce côté à la malignité du public. tJn libertin laïque, sincèréttient converti, regagnera l'estime publique qu'il avait perdlie; le prêtre, jamais. Dieu pourra lui pardonner, le mondé ne lui pardonnera point. Tout au plus le fcroîra-t-îl pétiitent ; îtiais le prêtre réduit h la condition de péhîtëtit, a perdu son àùréôle. Fit-il des miracles, le souvenir de seâ fautes en ternira

reciat.

Saint Vincetit de Paul était à cet égard d'une délicatesse admirable; il inculquait âVec une force extrême la recommandation que nous venons de faire, à tous les prêtres dé sa Congrégation. Voici ôe quHl leiir dit un jour à ce sujet : et Ce n*est pas assez pour vous d*ex- » celler en la Vertu de pUreté, mais vous devez encore » faire tout votre possible, et vous comporter de telle » sorte, que personne n'ait Sujet de concevoir à votre » égard te moindre soupçon du vice contraire ; parce » que ce soupçon, fût-il très-mal fondé, serait plus » préjudiciable à vos saints emplois que tôtis les autres

» crimes tiû'oh tyduitâil fkusietnent votis^ imposer. » Nous ne sauriotis dire cottibietl de prêtres, fet thème de bons prêtres , ont eii à se repentir de n'àvOlr pas tenu compte de cettd recommandation s! importante.

498. -^Amnt notre batêf^doôe aDons-'mus hé sujets au vit\è impur ? Si noii^ répotidotis à cette quëstloii eh hôus frappaht la poitrine, teillohs, Veillons sur hOhé-ttiêmes avec tme âttehtioh cOtitinuélle. Quèlcpie édifiante, quelque sincère qil^âit été hotrc cdnvei*sioh, hOtis âVOhs acquis par suite dès hiîsères dti passé llh cerlaih fonds de faiblesse, une Cëttaihe ihclihalioh vett le hiâlqui nous rChtràthel^âll rapidemeht vèrâ leà ahciené âblihés, si nous ne donnions perpétuellement pour abri à hotre chasteté t^conquisfe Une vigilartce sévère et uhe prière fervetitô et assidue : Vigitate éI tmitë, ut non intrHis in èe^tàtioniem,

N'oublîohg jâitiais qUë le déttion fait des efforts Ittcroyables pour précipiter les prêtres de leur suprêrite élévation dâtt* le gouffre du péché, et surtout, s4l le pouvait, dans la fange dû vice impur.

Rappélons-nous, à cë éUjet, les propres paroles dé notre divin SauVëUr, paroles si clâîreS, si précises, et qui fortifiëht si puissamment la recommandation que noUs venons de fah'e : Cum immundus spiritus exierit de hominey ambulat per loca inaquosa, quaerens féquieni : et non inveniens dicit: Revertar in domum meam undè exivi. Et chm ^ènerÙ, învénit eam scbpis fnundatam et ornatafn. Tunc Vàdit^ et ûsèmfiii septem altos spiritus secum, nequiores se: et ingréssi habitant ibi. Et fiunt novîssitna homints itlîûs pej'ora prioribUs.

'rrop souvent on se rassure après des fautes aiîciënhès î le moyen de n'y pas retomber, ë'est d'y penser fté-

quemment pour s'en humilier devant Dieu et le supplier (l'épargner Thumiliation d'une rechute.

<K En méditant sur la chute de saint Pierre, dit le » Père de la Ckriombière dans sa Beircdte spiriiitelle, j'ai » conçu avec étonnement et avec frayeur combien nous » sommes &ibles; cela me fait frémir. J'ai en moi les » sources et les semences de tous les vices; il n'y en a » pas un que je ne sois capable de contracter; il n'y a d entre mol et l'abîme de tous les désordres que la » grâce de Dieu qui m'empêche de tomber. Que cela est » humiliant! Que cette pensée doit donner de confii- » sion aux plus saintes âmes ! Voilà pourquoi ssàni » Paul dit : Cum metu et tremore vestram salutem ope^ » ramim.fi

Ce n'est pas assez de voir^ en général^ si l'on a péché autrefois contre la sainte vertu, il faut considérer en outre quelles furent les circonstances malheureuses qui déterminèrent les chutes que l'on fit, les occasions qui offrirent le plus de danger, et la nature des inclinations particulières qui produisirent tels ou tels péchés; car il est certain qu'on saura par là quel est le côté faible de l'âme, et de quelles précautions particulières il convient d'user pour écarter de nouveaux malheurs: ce qui pourtant ne veut pas dire qu'il faille entrer dans un détail trop circonstancié dont le souvenir ne serait pas sans péril.

199. — Sommes-nous aujourd'hui remplis d'une vive horreur pour le vice impur y et d*un ardent désir de garder intacte la sainte chasteté?

Bénissons Dieu si ce double sentiment est profondément imprimé dans notre âme. Fortifions-le tous les jours en méditant souvent sur l'affreux malheur du

prêtre qui tombe dans le bourbier de Timpureléy sur le crime horrible qu'il commet , sur riudignation dont il remplit à son égard le cœur de Dieu^ sur les joies pures dont il se prive, sur la stérilité de son ministère, sur les sacrilèges quMl commet avec effroi d'abord, avec calme ensuite^ sur la mort très-souvent subite à laquelUe il s'expose^ et enfin sur l'enfer au-dessous de tous les enfers que sa hideuse passion lui prépare.

Fortifions-le encore, ce double sentiment, en méditant sur le prix inestimable de la chasteté, sur le bonheur du prêtre chaste , sur les bénédictions abondantes dont Dieu prévient et sa personne et son ministère^ sur rédification qu'il donne au troupeau qu'il conduit et aux confrères qu'il firéquente^sur toutes les vertus sacerdotales qui font ordinairement cortège à la chasteté, sur la mort précieuse qu'elle procure, et enfin sur le beau ciel où elle introduit le saint prêtre qui le pratique et où il aura le bonheur de suivre éternellement le divin Agneau dans la compagnie des vierges de Jésus- Christ : Sequuntur Agnum quocumque ierit,

200. — Sommes-nous toujours fidèles aux pieux exercices que nous avions adoptés au début de notre sacer^ doce?

Cette heureuse chaîne de pratiques spirituelles est la gardienne infaillible de la chasteté. Nous osons défier que Ton nous cite un prêtre fidèle à ces pratiques , et violateur de la sainte vertu. Chacune d'elles est un lien qui Tenlace à Dieu; et. comment être impur quand on est étroitement uni au Dieu de toute pureté?

Mais en serait-il ainsi du prêtre imprudent qui s'appuyant présomptueusement sur lui-même, croirait pou-

voir s'âffhOK^ir dëè mMfëà de li ptétêt Bâ éhftstèfê tte ëoUf rait«>elle aucun îidqué s'il i^ sépai^ait de DlêU Mtis vouloir écouter TEsprit saint qui lui dit : Nonpotesi tsse eoïdinens nisi DeUÉ det?

Nous somtnes profondémeut cohvaincu que tout prêtre scandaleux, ignominieusement flétri par Poplnion publique 3 a commencé par secouer le joiig des pratique» pieuses qu'il avait adoptées dans le principe. Qu'il soit sincère^ et il avouera qu'il n'a point violé d'abord la chasteté et abandonné ensuite ses exercices spirituels^ mais que c'est après les avoir interrompus qu'il est devenu prévaricateur. L'infortuné! qu'il était loin (te penser qu'une omission qui lui semblait insignifiante était le premier signal de ses aflfreux désordres !

Instruisons-nous à ses dépens, vénérables confl»èrés, et ne regardons pas comme légère une négligetiëe qui conduit à de tels abîmes. Continuons le saint usage de nos pieux exercices si nous y sommet encore actuellement fidèles , et reprenons cet Usage si noug avoilS eu le malheur de l'interrompre.

201. — N'y a-t 'il point dans V ensemble de notre cmduite un certain fonds de mollesse y de lâcheté et de désordre!

Chez rhomme vraiment chaste on remarque pouf l'ordinaire deux traits saillants : la fermeté et la l'égularité* Il est ferme, car ott n'est pas solidement chaste pendant toute sa vie sans combattre ^ il est régulier*, car la chasteté c'est l'ordre, et Tordre dâtts l'homme tout entier. Elle règle ses pensées, ses désiré, soh imagination, son cœUr et toutes ses affections, son âme et toutes ses puissances, son corps et tous ses sens.

Quand l'homme n'est pas ferme, il y â pout lui

cdMlioe probable de tixa/^ s'il est attàqoé^ et &11 V^i surtout pKt un ennemi terrible qui â le petflde seerH^ de faire chérir ses blessures.

Quand il n'est pas régulier^ quand le désordre ne fait sur lui aucune impression pénible ^ et que peut-être même il est assez malheureux pour s'y complaire^ le désordre du vice impur ne Taésotera point comme il affecte un homme chez lequel tout est parfaitement en règle.

Voilà encore ce qui est admirablement confirmé pat* Texpériencë) rdativement au Yice que nous combattons. Est-ce parmi les hommes solides dans leurs cotl» Tictions^ fermes dans leurs principes 3 attachés par ime volonté fortô à la pratique de leurs devoirs Religieux , que Timpureté fait des ravages? Non^ assurément non«

Ëst^e parmi les hommes d'ordre, estiaVes d'une règle qu'ils se sont imposée à eux->mômes comme une loi sévère, et à iaqudle ils sont aussi fidèles après trente et quarante années de sacerdoce qu'ils l'étaient au dé'> but de leur sainte (barrière j est-ce à ces vénérablpR pasteurs comme tious en avons connu, dont le pt^sby^ tère était une communauté fervente et parfaitement réglée; est-ce à ces saints prêtres que le démon imput* s'attaque avec sudcès? Non eneôre> très^certainement noDi

Hais si l'oil menait une vie sans ordre > sans règle, sans habitudes pieuses constamment observées; si Ton vivait au hasard , selon les goûts et lés inclinations du moment, se livrant en quelque sorte au premier occupant^ et n'étant jamais fermement retenu dans le bien par le nerf puissant de la régularité, c^est alors que Fennemi du salut, qui rôde sans cesse, surtout autour

du prêtre^ pour eu faire la conquête^ Toyant une place si mal gardée^ si faiblement défendue, ne tarderait pas à s'en rendre maître.

De méme^ s'il voyait un {urétre mou et lâche comme un homme du monde, s^accordant toutes ses aises, fuyant toute contrainte, ne s'imposant aucune privation, tndtant son corps avec délicatesse, prolongeant son sommeil au delà du besoin, c'est alors ^core que Tesprit impur lui livrerait de terribles batailles, au milieu desquelles la sainte chasteté pourrait bien périr.

Donc, chers confrères, défions- nous éd cette vie, lâche, de cette vie molle et sensuelle qui serait le prélude des plus affreux malheurs. Tous les saints ont détesté cette mollesse, et si quelques-uns l'ont cmmue par nature, ils l'ont détruite par vertu, et l'ont remplacée par une vie pénitente et mortifiée qui a été la sauvegarde de leur chasteté, comme elle sera certainement la sauvegarde de la nôtre.

Défions-nous aussi de cette vie sans règle et sans ordre qui ne s'allie jamais avec la vraie sainteté. Rappelons-nous que les plus beaux et les plus heureux jours de notre sacerdoce furent incontestablemait ceux où un règlement particulier, ponctuellement observé, sanctifiait toutes nos œuvres, nous attachait à la vertu, et fortifiait notre âme*à tel point, que l'apparence même du mal nous trouvait aussitôt sur la défensive, fidèles à la recommandation du grand Ap^Mre : M omni specie malâ abstinete vos. Reprenons, reprenons avec courage cette sainte régularité hors de laquelle tout est danger pour le prêtre.

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