Sommes-nous adonnés à V oisiveté
Nous plaindrions de toute la compassion dont notre
cœur est oapaUe le prêtre qui, en r^nse à cette question, nous dirait : a Oui, je Tavoue, je suis oisif, le » travail me pèse; l'étude surtout m'est insupportable; » aussi ne Sûs-je rien à cet égard que ce dont je ne puis » absolument me dispenser. x> Nous n'aurions pas besoin que cet infortuné confrère nous fit d'autres aveux : le vice de Foisiveté nous mettrmt sur la trace de tous les autres. Jamais nous ne pourrons dire les maux effroyables que ce vice produirait dans le clergé s'il venait malheureusement à s'y {N*opager. C'en serait fait de toutes les vartus , c'en serait fait surtout de la sainte pureté; car, nous le savons bi^ , l'un des plus grands fléaux qu'elle redoute, c'est l'oisiveté.
L'âme d'un homme oisif est vide de vertus, et par conséquent ouverte à tous les vices : Multam mcUitiam docuit otiositasy nous dit r£q[>rit saint. Mais pom* parler q[>écidement du vice que nous combattons, quelle a été la cause des crimes de Sodome et des châtiments épouvantables qui en ont été la suite? C*est encore l'Esprit saint qui nous l'apprend : Hxc fuit iniquitas Sodomœ, otium illius, (Ëzech.)
« Si l'on y fait attention, avons-nous dit dans la Pratique du ûle^ on verra toujours, et presque sans trouver où placer une exception, que le relâchement dans la piété, l'amortissement du zèle, le désir de se produhre, les t^tations mollement combattues, les petits scandales d'abord, et plus tard les scandales én<»rmes qui déshonorent le sacerdoce, ont eu leur source primitive dans le dégoût de l'étude et dans cette lâche oi-^ siveté qui a &it et qui fait encore tant de victimes.
D D'un autre côté, si l'on y apporte la même attention , on verra certainement qu'un prêtre studieux, surtout (notons bien ceci) si c'est à la science ecclésiastique
gregque jamais m ppétee scandaleux, a
Aiotton» donc Tétude oomme la piwet^ qu^dle ppotége, et détonions l'oisiveié eonune la viea knpiir auquel elle copduitf M^ scientiam ^cpipfurarum , nous dit aveo rDison saint Jépâme ^ ^^ rames tu' ^ia mn amabis.
On Ut dans la vie de la Bienheureuse Marie de Tin-' carnation, dite dans le monde madame Acarie, un trait qui fortifle singulièremei^ ee qui vient d'être dit. « lin ecclésiastique s'était laissé entraîner à une naauvaise passion; et^ afin de se marier impunément, il voulait se l'aire hérétique. Comme il avait paru jusqu^alora mener bonne conduite^ on était étonné du scandale qu'il don* n^t. a Cet homme était oisif, dit madame Aoarîe, et » ne s'occupait pas comme il aurait dû ; voilà pourquoi » il est tombé. Son amour pour eette fille était d'abofd )) spirituel : il a dégénéré en aeoour sensuel ; il est en^ )) suite devenu charnel, et enfin il est tout brutal. » On remarque, ajoute l'auteur de la Vie de la Btei^ureuse, que ce peu de mots fut trè^-^utilâ k un prôtra qui était présent et qui connaissait l'eoalésiastique dont on par«* lait : lui^néme s'sqipliqi^ davanta^ à remplir ses devoirs, pour ne pa& taira la puéme ehute que son mal» heureux ocmfrère. d
S03. ^^ SommmfHûus seèpea dam V usage éks aiimentsf L'impureté est tout pavticulièr^aient le viee de la chair : voilà pourquoi les saints de tous les siMes et de toutes les eonditiaas voulant résolàmmt Mre chastes, ont dompté ^ maté leur ehair par le jeûne et les austérités, de la pénitenoe. Malgré ees saintes rigueurs, Taiguilkm de la chair, qui n'épargnait pas im saint Paul, ne las égaagtmi pas euicnataiei; miÂs toujoies ficto*
r\0\x^ iwce qu'ils étaient toujoups mortifiés, toutes \m^% tentations se transformaient en victoires. Quefussent-ila devenus si, au lieu de çQmt)ftttre leur cbair, ils Teuspent n^épagé^, flattée, fortifiée, on satisfaisant abondam^ ment ses appétits sensuels? /» mm lujsuriaj nous dit l'Ejsprit saint ; et qui ne sait que rexpérience cwfirme à cl«iqu^ instant la vérité de cette spntanceî
Un jour, uu médecin très-nem^rquftble au double ppint de vue de U religion et de la science, proféra ces paroles que nous n'avons jamais oubliées et qui trouvent ici tout naturellement leur place : ^ Je crois fer- » mement à la pureté des prêtres et je m'en édifie j » mais qu^nd j'en vois plusieurs prendre une large » p^i?t aux repas très-fréquents qu'ils se donnent leutre ]> eux, ou auxquels ils spnt invités par des laïques, » j'admire comment ils demeurent chastes en renouve- » lantsi souvent ce qui, selon moi, est excessivement » dangerem^ pour la cbasteté ; et je ne m'explique la » pureté de lems mœurs avec de telles habitudes , quo » par les grâces d'état très-abondantes qu'ils reçoivent » sans doute danç leur auguste profession. »
Il est très-fâcheux que nous donnions occasion à des honcunes du monde respectables de tenir à notre égard un tel langage.
Noiis citerons encore ce que disait à C6 sujet un pieux p^rsonnage dont l'Europe a connu et admiré Té*minante yertu, le prinoe de Hobenk^ t a Le mont » Etna, dit-il, ne brûle pas avec tant d'afdeur que la i> cbair, quand elle est enflammée par le vin et les » viandes. Si je suis capable de donner quelque cou-? » seil, si Ton en croit répreuve que j'en ai faite , j'aver- D tis sur toute chose, et je conjure Tâme qui veut être » épouse de J^us-^Cbrist en cupnswvant la ohast^ > d«
» fuir le vin comme un poison mortel. Ce sont là les » premières armes du démon. Le vin embrase la vo- » lupté. Pourquoi jetons-nous de Thuile dans le brasier? » Pourquoi donnons-nous à ce corps déjà plein de feu » de quoi le faire brûler encore davantage? d Le prince emprunte à saint Jérôme ces deux dernières questions, ce qui fortifie puissamment son autorité et doit faire sur nous une impression plus profonde encore.
Méditons souvent ces graves considérations qui doivent nous porter à mortifier notre chair, et méditons aussi ces paroles si remarquables du grand Apôtre :
Datm est mihi stimulus camis qui me colaphiset
Cot'pus meum castigo et in servitutem redigo ne y cvm
aliis prsedicaverim , ipse reprobus efflciar Sobrius
esto... Oporiet diaconos esse pudicos... non multo vino deditos.
Si nous aimons la chasteté, nous devons aimer ce qui la protège ; et si nous détestons le vice impur^ nous devons détester ce qui le fait naître et ce qui le fomente.
204. — P^ratiquons-nous fidèlement la mortification des sens?
Le cœur est incontestablement le foyer de Timpureté; mais les canaux^ les avenues^ ou^ si Pon pouvait ainsi parler^ les bouches du cœur, ce sont les sens. Entre les yeux et le cœur, la communication est instantanée; rélectricité n'est pas plus rapide. L^oreille est de même; la parole qui la frappe retentit au fond du cœur à rinstant même. Or les sens, et le cœur par contrecoup, sont naturellement portés à goûter les satisfactions charnelles. Si donc on les tient ouverts , les occasicms de se satisfaire étant excessivement fréquentes, il est aisé de comprendre (pi1ls exposeront la chasteté à
des dangers perpétuels. De là cette mortification sévère que tous les saints se sont fait un devoir de leur imposer. Nous regarderions comme une espèce de miracle Talliance de la chasteté avec des sens immortifiés.
Sommes-nous en règle à cet égard? Examinons.
Évitons-nous la compagnie des personnes dont les discours inconvenants frapperaient péniblement nos oreilles? Refusons-nous d'entendre des chansons profanes qui contiennent des choses dont la pudeur^ et la pudeur cléricale surtout^ est justement alarmée? Nous interdisons -nous certains concerts lascifs où Tâme semble s'amollir^ concerts au reste où le monde luimême est surpris et même mécontent de rencontrer le prêtre ? Ne fréquentons-nous que des personnes dont les conversations sont édifiantes et propres à nous affermir dans la pratique de la sainte vertu?
Nous recommanderons à ce sujet de choisir pour compagnie habituelle et pour amis intimes quelques saints prêtres éminemment chastes. Il y a dans leur conversation je ne sais quoi de sympathique ^ en fait de pureté ^ qui saisit délicieusement tous ceux qui les approchent. Leurs paroles, leurs regards , leur attitude^ la modestie de Jésus-Chiîst répandue dans leur extérieur 3 tout cela produit une impression de vertu qui fait qu'on est plus chaste encore en se séparant d'eux^ . qu'on ne Tétait avant de les aborder.
Et nos yeux^ sont-ils chastes ? Voyez dans le monde un libertin : quel regard ! Il semble que le démon de l'impureté a fixé son siège dans les yeux de ce misérable. Mais voyez un homme chaste : quelle pudeur! quelle modestie! c'est vraiment l'ange de la pureté qui dûrige son œil. Nous ne connaissons rien de plus édifiant que le regard charmant du prêtre pifffaitement
charte. Qqi de fiQHî^ , fib^^ cQRfrèc^, n'a p^^ senti sow âme cc^nme inondée de pureté h 1a simple vu? de l'image da l'angéliqu^ l.Quis de Gon^aine, tel qu'il y est compannément çepré^nté^
Saint Vincent de P^nJ était admirable au§si par la mode^ie de 3e^ yen^^ fc'anteuF de sa vie, Mgr Abelly, s'exprime wm h cet ^rd ; ^ L^ piideur de son PO^ui? » rejaillissait sur tout snn visage. \\ tenait tûu^ ses sens » dans une graj^de petenue, partiQuUèreHient la vue, » ne regardant ni légèrement, ni curieusement, ni hm » de propos, ni d'un regard fixe Je^ personnes de Tautre » sexe, a
Non-seulement nous conserverons le précieux trésor de la chasteté par la modestie du regard; mais nous édifierons par 1^ tellement les peuples^ qu'il(s nous croiront par cela seul de dignes et de saints prêtres. Si npus ne sommes pas modestes dans nos regar4s , ceux qui npn^ veiTont pour la première fois, voudront des preuvef^ de notre sainteté avant d'y croire î mais il§ y croiront tout d>boi4 et jusqu'à preuve contraire, si nos regards sont pudiques et parfaitement réglés.
Enfin disons un mot dn pins impressionnable de tous nos sens, le tict, Ne l'oublions pas, nc^e chair est sainte, Elle Vêtait d4i^ P^r 1^ bapten^ qui nous avai( rendue lei^ temples de T^prit saint; elle l'était devenun plus encore par ronotiwa sacerdoce > et enfin elle te devient de plus en pins m sml autel par sw conta^^t , di^ns mieux , par son ineorpor^on quotidienne avee la chair et le sang du divin Sauveur. Nous avons ocuimi un prêtre, homme de foi, qui aimait à baiser avec un profond sentiment de respect ses doigts consaepés^ en posant h l'honneur qn% avaient de toucher tous las jours le eorpi adomble de JéauitCfariat. Mftlheiu* à nous
6i nô«§ pt^ttidtiâ jamais p^î» nt &(!lot«;hetîiént fllfclté lu éhàll» coftfeaCl^ que le Fife dé him choisît si ëouVent pour son tabernacle, et autour de lâtfimlte les àtlges adorent le Saint des ^ints qu'elle renferme !
Ne nous pewhettonâ jatirais une Seule de ctes légèrelés, un seul de ces altoucheiW^nts soll Sur tiôUS^mémes. solt sur les autres, que les saints prêtres s'interdisent avec une rigueur serupuleiise.
Qu'il est édifiant de voir jusqu'où saittt Vinceht de Paul poussait te réserve ^ur de point si itnportdut! Un pieux cUré lui proposa un jour sur cette matière une question qui faisait voir d'un côté la délicatesse de ce bon prêtre^ et de TaUtreVexactitude du ^aiut î il lui demanda s'il était à propos de toucher le pouls d'une fîlle ou d'une femme fbrt. malade, pour voir si elle était proche de la mort, afitt de lui dotiner les derniers sacrements et de faire pour elle les prières de l'agotiie. Voici la réponse qui lui hit faite i « Donneji-vous bieu » de gaMe d'user de cette pratique; le malin esprit » pourrait bien se servir de ce préteMe pour tenter le n vivant et la mourante même* Le démon 5 éh ce pas- » sage^ fait flèche de tout bois poUr attraper uuë ftme J » la vigueur de l'esprit peut rester, quoique celle du » corps soit afflliblie. BouVeneÈ-voUs de ee Saittt qui 11 étant malade ne voulut point que stt ftemrae te tou-^ » ohât après l'avoir quittée par uu mutuel eonsetlteh xmûi) criant avec ce qui lui restait de voiît quMl y % avait eUcore du feu sous la cendre. SerVei-voUs du B médecin ou d'une autre personne pour obtenir le D renseignement que vous désirée; tnais quoi qui! ar- » rive, ne vous ha^ûrdea jamais de touthet ni fille ni » femme ^m quelque pr*éteœte que te soit, n II était ri* gouremc en cette matière ^ ajouté l'auteur de sa vie^
quoique condescendant en toute autre chose. Imitons cette rigueur^ chers confrères^ elle sera la gardienne de notre chasteté.
205. — Ne nous trouvons-nous pas trop êowent et sans motif légitime dans la compagnie des personnes de différent sexe?
De Taveu de tout le monde^ la fréquentation assidue des femmes est pour l'homme une occasion de péché. Or s'il est en morale un principe généralement admis ^ c'est que Ton doit fuir Toccasion du péché si l'on veut assurer l'œuvre de son salut. Ce principe^ vrai en toute matière, est absolument incontestable en ce qui concerne la sainte vertu. L'homme ne peut se conserver chaste que par le secours de Dieu : Scivi quoniam aliter non possem esse continens nisi Deus det; or Dieu n'accorde point son secours à celui qui s'expose volontairement à l'occasion de pécher ; il lui annonce, au contraire, une ruine certaine : Qui amat periculum in illoperibit.
Saint Philippe de Néri dirait avec beaucoup de raison que, dans la guerre contre le vice impur, ce sont les poltrons qui remportent la victoire, c'est-à-dû*e ceux qui fuient l'occasion.
Saint Vincent de Paul, dit l'auteur de sa vie, n'allait jamais voir les dames de son assemblée en leurs maisons sans nécessité, non pas même Mademoiselle le Ghras, supérieure des Filles de la Charité qu'il a instituées. H écrivait un jour à cette vertueuse fille qui était malade : a Si vous désirez que je vous voie en votre maladie, » mandez-le moi; je me suis imposé la loi de ne vous » aller jamais voir sans être mandé pour chose néces- D saire ou fort utile, n Quand il était obligé de voir quelqu'une de ses filles pour affaire de conscience ou
en quelque autre circonstance importante, il fallait le presser beaucoup et à diverses reprises; encore cédait-il avec répugnance afin qu'on ne revînt pas trop souvent à la charge. Et de quelles précautions n'usait-il pas quand il accordait de telles audiences! Il faisait entrer son conapagnon dans la chambre où il entrait lui-même et ne voulait point qu'il en sortôt avant lui ^ le faisant seulement retirer un peu à l'écart. 11 voulait toujours des témoins quand il parlait à une personne du sexe ; il abrégeait l'entretien autant qu'il était possible, et pendant qu'il durait, il ne se départait jamais de la plus exacte modestie dans son regard, dans ses paroles et dans tous ses mouvements. Aussi a-t-on remarqué que quoiqu'on lui ait faussement reproché divers crimes^ jamais on n'a osé toucher à sa pureté virginale. Chose étonnante ! les saints se croient obligés à des précautions infinies pour la conservation d'une vertu si bien protégée, ce semble, par leur éminente perfection; et des prêtres légers, imprudents, peu recommandables par la piété, c'est-à-dire habituellement prédisposés à toutes sortes de misères ^ s'exposent gaiement et san&le moindre scrupule aux occasions les plus dangereuses. Car, il feut bien en convenir, ceux qui tremblent le moins sont précisément ceux qui devraient trembler davantage.
Mais y dira-t-on , la personne que je vois est âgée. — L'est-elle assez pour que sa fréquentation soit pour vous et pour elle sans le moindre danger? Elle est âgée ; mais ne vit-elle point avec des personnes moins âgées qu'elle, des filles , des nièces, des servantes? Et quel malheur si, sans s'en rendre bien compte, c'était autant pour celles-ci que pour la personne âgée que se ferraient le^ visites î Elle est âgée ; mais malgré son âge,
rfy a-t^n poM dans !e monde des langues q»! eeùsuitettt vos assiduités auprès d^dlef
Je suis sûr de moi et de mes intentions 3 dira-t-ôîi eniîofe. «^ Quelle présomption! et comment croire que Dieu la bénira ! Avee^vous plus de raisons pour vous rassurer qUë n'en avait saint Vincent de Paul, dont nous venons d'admirer la sagô conduite? Écoute* saint Jérôme 5 seë paroles devraient vous faire ftémîr î Plutimi sANctisstMt ceôidéntnt in hoc vitio pfi)pter êntm securitatenti Nullus in hoc confidat. Si sanctus es, nec tûmen si^cni^Hs eé. Écoutez aussi saint Chrisostdme ; Num tu saxum es, fiuni ferrumf ffofno eÈ comtnixnt naiut^3B imbecilHtati obno^ius. rgnerti tapis , necuwisf
Rappelotts^Uous ce qui est dit dans la PfttUtjué du xèfe ècélésiûsiigue (n** 398, 3* édil.), relatiVeriiènt à ceà fi*tiqUenttttit)ns que Pon se permet quelquefois au mépris de la Censure du public i à De la part des mauvais pfêî) très qui ont levé le masque , hélas ! cela Se conçoit; » mais de la part de préU*eS , d'ailleurs irréprochables, n Cela ne peut s'expliquer que par uû travers d'esprit et j) un vice de jugemeht. Et pourtant, quoi de plus simple » que cette réflexion î II n'est pas nécesstxire que je fré* » qtmUe tette personne , et il est d'une absolue nécessité » qne ma répHtation soit sans tathe. a
206v "■ Nt nous permettons^nows point tMaines lectures plus ou fnoins dangereuses f
Jamais le saint prêtre ne s'en permet de semblables. Marchons fidèlement sur ses traces, du moins e*i ce point si délicat. Imposons-nous comme une loi sévère de ne lire jamais ces historiettes un peu légères, pour ne piAs dire galantes; ces feuilletons dans lesquels, i tiôtè dé quelques sentences morales, se trouvent des
descrij^ions qui ne le sont guèl*e ; Céâ pièèes de thêâtite ou même le simple compte fendu de ce» pièces tjiii arrachent toujours à la chasteté quelques gémissements ; et enfin ces romans^ réputés honnêtes, que ceux-là mêmes qui les qualifient aiiisi s'étbntiemient de tfouvef entre les mains d'un prêtre.
Après de telles lectures , quand on a FimprUdetlCé de se les permettre, on sent toujours au fond de Tâme un eertain malaise > un remords plus ou moins poignant, mi fonds de mollesse et de lâobeté , un goût moins prononcé pour les œuvres du ministère, une aorte d'incapacité et presque d'âversion pour la prièt^ et lés exercices spirituel*) c'êgt^-dire exactement IdUl le contraire de ce que Y^m éprouve après nfle lecture pieuse.
207. — N'entretenons-nous piaiM des d^yrrespoMmiceê suimeê avec des pereonnes de sesne diff^én^t f
Nous m répéterons pas ici ce que nous avons dit avec détail sur cette matière dans la Pfntique du zèle (n* 294) ; nous dirons seulement que de telles correspondances sont très-rarement utiles, et qu'elles sont souvent excessivement dangereuses. Il pourrait s'y ftiire certains épanchements aux suites desquels il nous est impossible de penser sans frémir.
N'oublions pas que, dans nos rapports avec les femmes , un mot peut devenir une étincelle , et qu'une étincelle suffit pour produire un vaste Incendie; n'oublions pas non plus que les jeunes personnes ne tiennent presque jamais secrètes les lettres qui leur sont adressées par un prêtre. Elles ont dans le monde, ces jeunes peteonnes, des amies auxquelles elles sont heureuses et même quelquefois fières de communiquer les pièces de leur correspondance; et de confidence en
confidence, le sectei sur lequel on comptait acquiert une publicité que Ton déplore quand il n'est plus possible d'y apporter remède.
Règle excellente pour éviter ce malheur : n'envoyons jamais une lettre si^ après l'avoir écrite^ nous ne pouvons pas dire : je la ferais lire à mon évéque s'il était présent.
208. — Enfin sommes-nous complètement irréprochables au tribunal de la pénitence y sous le rapport de la sainte vertu?
Voici les principales recommandations que nous croyons devoir foire sur ce point important :
i^ Ne point désirer d*avoir de jeunes personnes ou de jeunes femmes pour pénitentes, et ne rien faire pour devenir leur confesseur.
â<* Grande modestie dans le regard pendant la confession, n'arrêtant jamais les yeux avec délibération sur les personnes du sexe ni sur leurs vêtements.
3° Excessive réserve dans les interrogations, se bornant au strict nécessaire et usant des expressions les plus modestes quand on en vient au sixième commandement.
4^ Ne point se permettre d'exhortations trop chaleureuses, même pour porter les jeunes personnes à la vei-tu. a Abstenez-vous entièrement, disait saint Vincent » de Paul aux prêtres de sa congrégation, déparier et » d'écrire aux femmes et filles en termes trop affectifs, » quoique ce soit en matière de dévotion. » Il parlait et écrivait, dit l'auteur de sa vie, bonnement et respectueusement à tout le monde , mais jamais trop amicalement ni mollement aux personnes de l'autre sexe.
ô** Renvoyer à un autre confesseur les pénitentes en
qui Ton verrait un attachement trop marqué poiu* leur confesseur^ à moins que la crdnte qu'elles exprime^ raient à ce sujet ne fût un vain scrupule. On s'assurera qu'il en est ainsi en voyant si elles sont scrupuleuses sur plusieurs autres points, et si elles (mi toujours été disposées comme elles le sont à Tégard de tous leurs confesseurs.
6* Les renvoyer impitoyablement si malheureusement, ce qui assurément n'aura jamais lieu, on se voyait exposé au danger prochain de pécher à leur occasion, surtout si ce danger ne pouvait être éloigné par d'autres moyens.
T Tenir à sa main un petit crucifix pendant que Ton confesse les jeunes personnes; regarder constamment ce crucifix et le baiser même de temps en temps avec piété en invoquant au fond de son cœur Jésus et Marie.
8° Confesser plus brièvement, toutes choses égales d'ailleurs, les jeunes personnes que les autres pénitents.
9** Enfin ne plus penser volontairement à elles quand la confession est terminée.
209. — Telles sont les règles de conduite que nous avons cru devoir proposer à nos dignes confrères relativement à la plus belle et à la plus délicate de toutes les vertus. Puissions-nous les observer avec une inviolable fidélité! Autant le prêtre est béni de Dieu et des hommes quand il est chaste , autant Dieu et les hommes le méprisent quand il cesse de l'être. Considérons la chasteté comme le plus précieux de tous nos trésors, et veillons à sa garde avec une attention scrupuleuse. Soyons sobres, soyons modestes, soyons humbles, soyons mortifiés, soyons studieux, soyons des hommes
Digitizëd
de t>ëgte et de plërfé^ et ne pejet^s jamais ëmnhié mU mrtieux les plus petite moyens dont Died ûom inst>i« ren de ftiire usage pour la conservation d'tine vertu qui luiestsichèreb
Un fervent directeur de séminmre dont nous cdmons à nous rappeler les sages conseils et l'éminente teftu^ nous disait souvent avec Taplomb d^une inébranlable eonvietion et Tautorité d'une longue expérience i Messieurs , un prêtre parfaitemeiit chaste est wn saint pfêtre* Âdoptcms cette sentence comme un axiotne dpïiituel^ et puisque nous devons tous être de daiilts prêtres^ soyons tous, soyons toujours éminemment chastes, et cédons avec empressement à la tendre sollicitation que TËsprit âaint nous adresse par la bouche de saint Paul : Ohsecro vos , fratres > per misericordiam Dei , ut exhi-^ beatis corpara vestra hostiatn viventem , senetam^ Deù plmentenii