‹ Le saint prêtre ou nécessité et moyens d'acquérir ou de perfectionner la sainteté sacerdotaleChapitre 37 sur 51 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'Office divin.— Importaoce de cette actiotL —Conduite ordinaire . des prêtres à cet égard.— Règles pratiques.

258. — yOflSce divin^ dit saint Bonaventure, est une imitation du concert des bienheureux dans le del : Divmum offlcium imitatio cœlestis concentûs. H est en même temps un lien qui unit entre eux tous les mexDr bres de la tribu sacerdotale par la récitation jounudière d'une prière commune.

Ces deux considérations doivent déjà nous donnar une idée fort relevée du divin office; mais si nous ajoutons qu'il est institué par TÉglise , qu'il remonte à mie antiquité très-reculée, qu'il se compose de prières excellentes^ de la sainte Écriture qui en fait le fond^ des hymnes sacrées qui en rendent la forme gracieuse , et de la vie des saints qui^ en nous rappelant leurs vertus , nous engage à marcher courageusement sur leurs traces; si enfin nous pensons que nous avons contracté l'obligation rigoureuse de le réciter tous les jours sous peine de pécher mortellement par des omissions ou des distractious volontaires et notables, on devra convenir que cette œuvre est très-importante et qu'il n'est permis à aucun prêtre de la traiter avec légèreté.

C'était bien avec ces sentiments de foi et de religion que nous la considérions pendant les jours qui suivirent

byGoogk

immédiatement notre initiation aux saints ordres. Qud désir de nous en bien acquitter! quelle crainte à Toccasion des moindres distractions! quelle préparation fervente pour les prévenir! quelle vigilance et quels efforts pour les repousser quand elles survenaient ! quels élans de divin amour en chantant avec David les louanges du Seigneur! et malgré ces saintes dispositions, quels troubles de conscience là où la conscience n'avait à faire aucun reproche fondé! et combien ne nous étaient pas applicables ces paroles mêmes que nous récitons sans croire qu'elles révélaient Theureux état de notre âme : Trepidaverunt timoré ubi non erat timor/

Beaux jours, jours de ferveur et de tendre piété, qu'étes-vous devenus? En quel métal obscur Tor pur s'est-il changé? Où est cette délicatesse de conscience, où sont ces saintes alarmes qui faisaient concevohr de si riches espérances? L'obligation rigoureuse imposée par FÉglise a-t-elle subi quelque altération? Pas la moindre : elle est ce qu'elle fut , elle est ce qu'elle sera jusqu'au dernierdenosjours. C'est nous, hélas! qui nous sommes altérés. Parfaits alors, tièdes et relâchés peutêtre aujourd'hui, nous sommes à peine Tombre de nousmêmes , si nous comparons à notre ferveur passée notre froideur actuelle.

Rien , selon nous , ne met mieux en relief la perfection du saint prêtre, rien n'en fait un si pompeux éloge que la récitation toujours fervente de son saint oflSce après trente ou quarante années de sacerdoce. Quels combats il a dû livrer à la routine, quelles précautions il a dû prendre contre l'entraînement et la contagion de l'exemple, quelle piété il a dû opposer à la tentation du relâchement, quelle union intime il a dû perpétuellement entretenir avec Dieu, pour être aussi

latiafait âiijoimf bui des offices qu'il réoite qu*il FéUût U lendemain de son sous-diaconat 1

Voyons si nous marchons dans sa voie^ et si^ nous aussi^ nous sommes aujourd^ui ^ relativement à cette œuvre sainte^ ce que noua étions alors. Pour savoir ri nous récitons convenablement Foffiœ divin, noua avons trois points à considérer : la préparation avant de le commencer, -^ les dispositions extérieures, «^ et les dispositions intérieures pendant sa récitation.

Examinons à ces trois points de vue la condidte des différents (»rétres à regard du saint offioe , afin de connaître la catégorie dans laquelle nous devons être rangés.

350, '-^ Le mauvaiê prêtre dit-il le bréviaire, et com-^ ment le dit-il? D y a çihet cet infortuné desabtmea inson* dables. Quand on se permet^ et même sans remords^ le ctime des crimes, c'est^à-dbe le sacrilège^ il sem* ble que Tobligation du saint office doit paraître frivole ^ minutieuse; cependant rexpérienoe nous apprend que le mauvais prêtre, qui transige sans façon avec la profanation du corps et du sang de Jésus<»Chn8t> respecte encore la loi de TÉgiise qui Toblige au bréviaire. Plusieurs du moins se conduijient de la sorte, et ce n'est que d'eux qu'il est ici question.

Ils récitent donc le $aint office, admettonaJe; mtts comment le récitent-ils ?

Quand ils se déterminent froidemmt et faaUdÎMMe* ment à cette récitation, font-ils quelque chose qui reg* semble le moins du monde à une préparation? Ont-ils un sentiment même vague et général de foi et de piété? Ont-ils une intention quelconque de profiter de Tacte qu'ils vont faire pour apaiser la colàre de Dieu et se

r^dro fxofice wa iofinia miséricorde I OnUili seule** ment la pensée dimplorer le» lumière» et les grâces de l'Esprit saint, pour s'acquitter aveo quelque valeur de ce qu'ils regardent encore comme une obligation rigou* reuse? Non, rien de tout cela; depuis longtemps Tin** dispensable pratique de la préparation n'est plus à leur usage.

Quelle peut étret après un tel débi^, la disposition intérieure de leur 6me pendant la récitation du saint oiBceî

Le récitent*ils dignement» digne? SI ceU était, ils se tiendraient sous le regard de Dieu avec crainte et trem* blement, pensant qu'il les observe et qu'il Ut dans leur &me les crimes qu'elle récèle; ils béniraient son saint Nom en se reconnaissant indignes d'être les instruments de sa gloire; ils seraient pénétrés d'un sentiment pro* fond de respect et de vénération pour Celui à qui ils parlent et dont ils récitent les propres paroles. Qu'ils nous disent, hélas ! si ces sentiments sont les leurs

Le récitent"ils attentivement, attenté? Comment pourraient*ils se le persuader en voyant qu'ils ont une foule de distractions qui commencent aveo l'office et ne finissent qu'avec lui, distractions qu'ils ne font aucun effort pour repousser, qu'ils accueillent même et qu'ils entretiennent dans leur esprit par un acte formel de leur volonté)

Le récitent-ils dévotement, devoiè ? La dévotion e'est l'amour : quel amour ont-ils pour Dieu qu'ils outragent sans cesse ? La dévotion suppose la ferveur : quelle ferveur y a4-il cbes^ celui qui n'est pas même un prêtre tiède? quelle ferveur y a>t-il dans l'âme d'un mauvais prêtre? La dévotion est accompagnée d'une sainte joie : quand est-ee que la récitation de l'office a produit ohes

lui ce sentiment si bien connu du saint prêtre? Quelle joie peûtril goûter dans une prière qui lui pèse^ dans une prière qui ne dit rien à son cœur et rien au cœur de Dieu^ bien plus^ dans une prière qui est elle-même un nouveau péché par la manière dont il la récite : Oratio ejus fiât in peccattmiy et qui lui attire ces foudroyantes paroles : Quarè tu enarras justitias meas, et assumù testamentum meum per os tuum l

Quelle prière ! quel état ! quel prêtre ! . ..

Si les dispositions intérieures sont si pitoyables^ que peuvent être celles du dehors qui en sont le reflet? Récitation aussi rapide que la langue le permet^ omission de quelques parties qu'on trouve toujours insignifiantes, interruption prolongée sans aucun motif ou pour des raisons frivoles, peut-être même pour se livrer à des œuvres de péché, changement notable dans Tordre de Toffice, fautes fréquentes contre les rubriques qu'on ignore et qu'on n'étudie jamais , renvoi de tout l'office àla fin du jour sans le moindre souci, immodestie dans les regards, dans l'attitude et dans tout l'extérieur: quel acte de religion! quel désordre! quel surcroît de péché dans l'action même où l'on devrait solliciter le pardon des crimes dont on est coupable devant Dieu!

Gémissons, chers confrères, gémissons sur celui qui ne sait plus gémir, et prions Dieu qu'il dissipe ses ténèbres et le convertisse.

260. — Le prêtre tiède et relâché dit-il le saint office, et comment le dit-il? Oui, le prêtre tiède récite assidûment le saint office et ne s'en dispense point sans cause grave et légitime. Mais comment le récite-t-il? Ayant, ainsi que nous l'avons dit plus haut, en parlant de la

byGoOg^Ê

sainte messe, le désir habituel de ne jamais desœndre jusqu'au péché mortel, on pourrait croire qu'il prend quelques précautions sérieuses, qu'il s'observe avec soin, qu'il s'applique enfin beaucoup plus à la récitation de son oflSce qu'aux autres prières vocales qu'il fait ordinairement avec si peu de ferveur et de piété. Car enfin, il sait bien, malgré l'aveuglement dont sa tiédeur le frappe, qu'il peut pécher mortellement en récitant le saint oflSce, et ce seul trait de lumière devrait naturellement éveiller son attention et le précautionner contre le plus grand des malheurs, qui est la chute dans le péché grave.

Malheureusement ici ce n'est pas la raison, ce n'est pas la foi, c'est la routine qui triomphe. L'habitude est prise, elle l'est depuis longtemps; l'Office du prêtre tiède est presque toujours le fruit des lèvres, et n'est presque jamais le doux épanchement de la vraie piété.

Quoi donc! voulons-nous dire qu'il récite habituellement son office de manière à pécher mortellement par cette récitation? Dieu nous garde d'affirmer positivement rien de semblable ! Est-ce que nous pouvons savoir ce qui se passe entre Dieu et l'âme du prêtre tiède pendant les saints offices qu'il récite? Est-ce que nous sommes en état de juger s'il y a de sa part négligence assez grave, distractions assez volontaires et assez prolongées pour constituer une faute mortelle? Ce n'est point là un de ces actes saisissables et saillants sur lesquels on peut théologiquement prononcer avec certitude : c'est un acte caché, c'est un acte intérieur, c'est, nous le répétons, un acte qui se passe entre Dieu et l'âme du prêtre tiède. Mais par cela même qu'il est caché, cet acte, par cela même qu'il n'est bien connu que de Dieu seul, nous disons qu'il exige, à cause de sa haute

importanoe, de gruidee {nrécautions et une tigilâttce attentive de la part de celui qui Topère. CH*, eomme Doug ne voyons ohez le prêtre tiède ni ces grandes pré«cautions ni cette exacte vigilance, nous craignons q/ïii ne viole en' matière nolablo la loi de l'Église relative à l'offî'ce, surtout en certains mauvais jours où la négligence est plus considérable , les distractions plus fréquentes et plus facilement accueillies. C'est une crainte que nous exprimons , crainte malheiveusement trop fondée, mais ce n'est rien de plus.

Voici une pensée que nous livrons au prêtre tiède et que nous le prions de peser avec attention. A quelque degré de relâchement qu'il soit parvenu ^n'est-il pas vrai que s'il faisait le vœu de réciter aujourd'hui une pri^e vocale quelconque, il la réciterait avec attention^ ou du moins sans distractions volontaires? Cela est incontestable. Pourquoi donc tant de fidélité à la Id quil se serait imposée à lui-même par son vœu, et si peu de respect pour la loi de l'Église qui l'oblige à réciter pieusement le saint office? Nous en dirons autant de la pénitence sacramentelle. Quelque tiède et relâché que soit un prêtre, nous croyons qu'il s'acquitte sans <Ûstractions gravement coupables de la pénitence que son confesseur lui impose. Pourquoi dônccraint^il d'offenser Dieu s'il s'acquitte mal de l'œuvre satisfactoire qui loi est prescrite , et pourquoi n'a-t-il point cette crainte à l'égard d'une obligation tout aussi importante que l'Ë» glise lui impose?

Il dira peut*étre que si la prière qu'il s'imposerait par vœu et celle qui lui a été prescrite par son confesseur, étaient des prières perpétuellement obligatoires tous les jours, comme l'est le saint office, il finirait par réciter les premières comme il récite le second. Malheureuse-

t, tl est phift que probable quil en serait aimi; mais qo'«n peut-mi eondure si ce n'est qu*il deviendrait coupaUe sur les deux points comme il Test déjà relativement à Tofficet Ce n*est pas parce qu'on est longtemps sous le coup d*une obligation, quil est permis de s'en i^frandiir après un certain délai. Tant que l'obligation dure, la fidélité à la remplir est impérieusement commandée. Pourquoi donc ne pas réciter aujourd'hui le saint office comme on le récitait dans le principe, puisque la loi qui le prescrit n'a pas un seul instant cerâé d'être en vigueur?

Nous prions instamment ceux de nos chers confrères qui languissent dans la tiédeur, d'ouvrir les yeux à la vérité qui leur est proposée, et de se placer sur un terrain plus solide que celui qu'ils ont choisi. La paix et le bonheur ne se trouvent point dans leur triste voie. Tout prêtre qui y marche est malheureux et fait par* tager son malheur à bien d'autres. Son intelligence s'est obscurcie au regard de ses obligations : Non est mielligtm; la compagnie de Dieu n'est plus l'objet de ses recherches : Nm ett requirem Dewn; les prêtres relâchés qu'il fréquente sont comme lui penchés vers l'abime : Ommê declinaverunt ; leur vie, qui devrait être remplie d'œuvres saintes, est une vie de désordre et d'inutilités : Simul inutiles facti mnt ; ils font le mal sans le compenser par quelque bien solide : Nmi êst qui faciat bonum; la crainte de Dieu qui les maintenait dans la ferveur au début de leur carrière, est remplacée par une confiance présomptueuse qui les aveugle et les endort : Non €$t timor Dei anie oculos eorum; et, nous le répétons, une douleur secrète est leur partage et la paix véritable leur est inconnue : Infelicitas in vUs eorum : et viam paûis non cognoverunt. Eh ! conunent

rauraient-ils cette paix, en remplissant des obligations aussi graves que celles du saint oflSce , par exemple , de manière à ne pouvoir presque jamais se dire avec une certitude morsde qu'ils l'ont accomplie avec les dispositions rigoureusement requises?

Nous ne croyons pas nous tromper en affirmant que l'obligation de Foffice divin est une de celles qu'enfireint le plus notablement le prêtre un peu avancé dans les voies de la tiédeur et du relâchement. Qu'il relise ce que nous avons dit des dispositions du mauvais prêtre dans cette sainte action, et il verra si presque toutes ces dispositions ne sont pas les siennes.

361. — Comment le bon prêtre récite-tril le saint office ? Nous sommes heureux de pouvoir dire que, généralement parlant, le bon prêtre ne pèche pas grièvement à l'occasion de la récitation de l'office divin. II a rintention et le désir de remplir convenablement cette obligation; il se prépare plus ou moins parfaitement à cette œuvre sainte; il renvoie les distractions quand il les aperçoit, et l'ensemble de ses dispositions lui donne un repos et une assurance que n'a pas ordinairement le prêtre tiède et relâché. Tout cela est vrai, et nous nous réjouissons d'autant plus de le constater, que les prêtres que nous appelons bons forment la grosse masse, la masse commune du clergé.

Cependant n'avons-nous rien à dire à ces vénérables confrères relativement à la récitation du saint office? Pouvons-nous les féliciter sur ce point sans aucune restriction , et leur appliquer sans réserve ces consolantes paroles : Dicitejusto qnomam benè? Non, malheureusement nous ne le pouvons point, et si nous le faisions, ils seraient les premiers à nous dire que nous

exagérons leur mérite et que nos éloges sont mélangés d'un peu de flatterie. Nous nous permettrons donc de leur soumettre quelques observations dont ils reconnaîtront probablement la justesse.

Nous leur dirons, par exemple^ que s'ils étaient habituellement plus vigilants, plus mortifiés et plus recueillis, s'ils travaillaient plus activement à se corriger de leurs petits défauts, s'ils employaient contre le péché véniel quel qu'il soit un peu de cette énergique vigueur qu'ils déploient contre le mortel, s'ils avaient une conscience plus tendre , une attention sur euxmêmes plus exacte, des sens plus retenus et plus châtiés, ils seraient par là même plus étroitement unis à Dîteu par le doux lien d'une ferveur habituelle, ce qui préviendrait la multitude de distractions qui les importune , qui les fait gémir, qui les inquiète même et les prive non-seulement du calme parfait de la conscience , mais encore de ce bonheur et de ces élans d'amour qui font les délices du saint prêtre pendant la récitation de Toffice divin.

Nous leur dirons que s'ils ajoutaient à cette préparation éloignée une préparation prochaine plus attentive et plus pieuse, s'ils se recueillaient profondément devant Dieu avant de proférer le premier mot de leur office, pour implorer son assistance et ses grâces par quelques instants de préparation mentale, dirigeant parfaitement leur intention , et se proposant toujours, pour briser la routine, d'obtenir une faveur spéciale par le moyen de l'œuvre sainte qu'ils vont faire , ils sérient incontestablement plus pieux et plus attentifs pendant l'office et plus certains de l'avoir bien rédté.

Ncud leur dirons que s'ils choisissaient toujours un

- as -

lieu conveaable qui portât de lui-méaie au r^cucâUcment^ et uoq pas un de ces lieux où la dissipation est en quelque s(»te inévit{y>le, comme, par exemple , une sacristie trop souvent bruyante > la cuisine. d'un presbytère y un chemin public ou un lieu de promenade et divers autres endroits de cette nature , ils ser»ent beaucoup mcnns distraits et bien mieux disposés à tem- [£r la grave obligation que TËglise leur impose.

Nous leur dirons enfin que sk, pendant Tofficoi ils modéraient un peu l'activité de leur kfflgne> s'ils pre« naient le temps de prononcer correeteuieot chaque mol^ s'ils ne récitaient pas deux ou trois versets mmo te»ore, sans la moindre pause ni à la médiante ni à la fin de chaque verset ^ ne s'arrètant que quand la respin^n devient nécessaire, et même, comme cela se rok quel* quefois, prono^nt, pour gagner du temps, en aspinmt et en respirant > ce qiû s^ait de la plus haute inc(»ve« nance dans une conversatic»^ orctiimre. Dieu bénirût leur pieuse lenteur et leur |»ro€urerait^ en retour du sacrifice de quelques minutes qu'ila lui feraient^ un supplément de grâces et de faveur.

Que de bons préUes négligent les pieux mo^^ns qm nous vencms d'indiquer, et plusieurs autre» que neiit indiqueras encore un peu jAus loinl La routine, ee redoutable fléau de la prièâre vocale^ la routine hs gagne, et malheureusement fls font peu de chose pomr la combattre. Aus^ le brévisâre n'est-â presque jamua pour eux une œuvre agréable; ils le récitent parœ qu'U le faut récita, mais ils le récitât sans onction, sans ferveur, et pour ainsi dire sans màrile. 1^ la valeur de cette œuvre poov'ait se mettre daas le plateau d'une balance, et si l'on pouvait mettre dans l'autre la valeur ée la mâme œuvre aceomi^ie par le saint piètre, (msanût

étonné de la légèreté de la première et du poids de la seconde.

Remédions à cet inconvénient qui est beaucoup plus grave qu'on ne pense» et ne nous n\énageons pas pour nos damiers moments dea regrets tardifs et peut-^tre d'amère§ inquiétudes.

i62«'^Ck)mment le saint prêtre récita*t-il Foffîoe divin? Le saint prêtre a poi»^ règle invariable de faire aussi saintement qu'il le peut toutes les prières qui lui sont imposées ou qu'il s'impose à luinEoéme. Il ne dit jamais : Cette prière n'est pas obligatoire, elle est de surérogation; donc )e puis la faire avec moins d'attention , de recueillement et de piété que si elle était rigoureusement commandée. Dès qu'il se dispose à faire une prière quelconque^ la foi vive qui Téclaire lui dé* couvre aassÛ6t la majesté infinie de Dieu devant la* queUe il va s'incliner^ et, frappé de cette pensée^ il prie aussi bien qu'il le peut faire ^ sans s'arrêter à con* sidérer si la prière à laquelle il se prépare est ou n'est pas strictement obligatoire. Dès qu'il prie, par cela seul qu'il parie à Dieu ^ il regarde comme absolument nécesâsûre le respect^ l'attentk» et la piété pendant sa prière.

Cependant sa ferveur s'enflanmie quelquefois plus parti< ulièrement à l'occasion de certains exercices qui le toudbent davantage, et, ce qui surprendra peutêtre plusieurs de ses confrères, le saint office est une de ces prières qui parlent tout spécialement à son cœur. Oui , la récitation de l'office, qui se fait si sou* vent sans un sentiment de piété bien vive, et même avec froideur^ est pour le saint prêtre une source intariffflflMt d'ineflaUes ccnsolati<ms. La pensée qu'il va

chanta* les iouanges de Dieu^ qu'il va s'unir pour cela à toute la Cour céleste et à toute l'Église avec laquelle^ au nom de laquelle et pour laquelle il va prier^ agit déjà puissamment sur son cœur et Fattache à Tœuvre sainte qu'il va faire. Puis, quand il a préparé son âme par une direction d'intention attentive et spéciale ^ chaque mot de la sainte Écriture le saisit et le pénètre, chaque élévation des psaumes est une étincelle qui Télectrise et Tembrase^ et le temps de l'office, qui paraît souvent un peu long à plusieurs^ s'écoule pour lui avec une rapidité qui fait l'éloge de sa ferveur.

Nous affirmerions bien que le prêtre qui aime la récitation de l'office divin, qui s'y prépare avec soin, qui le récite posément, respectueusement, amoureusement, qui se trouve heureux en le récitant, et qui est dans ces dispositions non ))as une fois par hasard, mais régulièrement tous les jours; oui, sans demander d'autres preuves, nous affirmerions que ce prêtre est un saint prêtre.

263. — Prenons ce digne confrère pour modèle en ce point comme en tous les autres , et observons fidèlement les règles suivantes qu'il observe lui-même avec une exactitude si digne d'éloges.

4° Que notre conduite, dans son ensemble, soit sainte et vraiment sacerdotale. Vivons habituellement dans la crainte et l'amour de Dieu , et faisons-nous une loi de correspondre fidèlement à sa grâce en toutes choses. Nos dispositions, relativement à l'office divin, seront en rapport parfait avec notre degré de sainteté et de perfection. Le mauvais prêtre le récitera toujours mal; le prêtre tiède le récitera lâchement et froidemmit;

le bon prêtre le récitera avec plus de piété; le saint prêtre seul le récitera comme il doit être récité.

^ Ne regardons^point le bréviaire comme un fardeau pénible ou, selon Texpression du P. Valuy, comme un odieux pensum y mais comme un exercice qui a ses douceurs et ses joies quand on s'en acquitte saintement. Ne le regardons pas seulement comme une dette ^u'O faut payer, mais considérons-le comme un moyen de sanctification pour nous et pour les autres. Nous ne l'envisageons pas souvent sous ce rapport, aussi est-il entre nos mmns un instrument de perifection à peu près inutile.

3** Rappelons-nous souvent la rigueur du précepte qui nous oblige à le réciter et à le bien réciter. Nous oublions trop vite ce qu'il y a de grave et d'imposant dans cette obligation. Après en avoir été vivement firatppés dans les premiers jours qui suivirent notre entrée dans les saints ordres, nous n'en ravivons point la pensée, et nous traitons cette œuvre sainte comnie une œuvi*e commune; d'où résulte Finsouciante froideur avec laquelle nous nous en acquittons.

i'* Soyons perpétuellement en garde contre la routine. On ne se figure pas les fruits dont elle prive les bons prêtres eux-mêmes dans la récitation de PoflSce. Le saint prêtre seul est, par sa vigilance et sa piété, à Fabri de ses ravages.

5* Pour la conjurer, (îette routine, pour la briser et la détruire, recourons, avant de commencer TofiSce, à quelque pensée saisissante qui frappe notre esprit et en fixe la légèreté. Disons-nous, par exemple: Si j'avais fait le vœu de bien réciter la partie de mon bréviaire que je vais dire, ou si elle m'avait été imposée pour pénitence, ou si je devais mourir après Tavoir dite, ou

si je la disais anx pieds de Jésos^Ghrisi mibiement présent) coukineiil la dirais^?

6^ Ne réeitois point l'office attssitâi àprè» imé vive coauBOticm produite pat u» sieiitimeDt de Joief de prine^ d'inquéUide ou d'esobarfa» quand nous varroM que ee sentiment absovbe &a ^elqoe ssxle toute» nos réflexions^ Dana cea citeonstanees, floue dirionf i'oiico dana un état perpétuel de (U^raetà(m^ niatfhinattmrmt^ et sans auciui mouvement de piété.

T Choisissons pour dire le saint offiee un lîe« aoë* tme et convenable ; calque retiré qu'il soift> noua m* rons toujours assez de distractions sans aller enquc^iie sorte au-devant d'eUes daas des liewt où Mus savons que nous en sommes ordinaii^ement plu» adsaiUia.

%° Faisons toujours^ avant de comaiâtieer^ quetfttea courts instants de préparation mentale . La prière Aperif Domine, 09 meum, génératemaftt adoptée» dans TÉgliae^ est exceU^ote assurém^E^; mai» presque toujours ^ k cause de yhsdnttide que Ton a de laréeiter^ ^e se dit elle-mâme sans attentioik et smi9 piété. Avant de la dire^ préparonsHQOus^ donc mentaUmeni quelques instcmts^ et ayons toujours une kàteotion toute spéeiale au commencement de chaque office; et quand nous rédterona la prière Ajf/eri, effiH^çons-nous de la dire lentement et pieuaemeni, noua apfdiquaBt à goûter chaque mot et à en saisir le sens.

9*" Reprenons Thabitude de réiôter comme au séminaire cette prière préparatoire à genoux* C'est une grande erreur de croire que Tattitude extérieurer est suaa& importfmce. Qu'on en £sisse rexpénence^ ^ To» verra qu'on sera bien ]^s satisCût des^ offices peadwl lesqudis on aura eu coatinu^emeait um pose dée^i^ et respectueuse.

ii^ Pour h màaiê rtison, Mbom de ébn le émut ottse dane le lit quand noiu ne «oœmei pas iiitlMks^ oa noQcbakawieiii étendus sur on «iége^ oa la tête appuyée, ou ks jambes cmaées, on enfin dans quelque p<»tu«e ioamedetste que nuus nous ampiesserions de eomger à l'anivée d'une penonoe cpieteonque, même d'une simple servante.

ii« Étudions avee soin noa rabrkpiesi eonsultons toujoure notre feef ^ et n'interrompons jamais noU:e ofliêe pour des causes frivoles. Le mépris^ de ces fègiea annonça un fonds de légèreté qui ne doit pas se trouver cbee un prêtre.

49^ Soyons fidèlea à dire le saint <^ce aux heures marquées : les petites Baures le plus iài posûble dans la matinée ; Vêpres et Gomplies dans TaprèsHoiidi ; Ma^ tines et Laudea le soir de» qu'il mt permis de leê commencer^ Ne dérogeons à eette r^^ que par e^^eeptîon, et n'adm^rttona l'eiiiception que pour des causes graves. Nous ne balançons pas à ranger parmi les prêtres tièdea et r^^^hés c^ix% qui^ sans motif « renvoient presque habituellement toutes les parties de leur oÉice à la fin de la journée.

43** Paa de précipitation dans la réeitation de ToflSce. Conunent gvoir quelque sentiment de [âété en récitait xxm prière vocale avec toute la volubilité dont la lan«> gue est susceptible? Agir ainsi, c'est montrer qu^M s'ennuie ; et s'ennuyer de louer Dieu , se hâter de mettre fin k l'entretien qu'on a avec lui, comment qualifier cette inconvenance? Moyennant quelques minutes^ l'office sera j^té comme il doit l'être : Dignà , aitmUè ac dévote.

14^ Nous allons conseiller une chose qui , malheureusement, ne sera pas observée par le très-grand

nombre de nos confrères : c'est de faire une toute petite pause à la médiante et à la fin de chaque verset. Nous prions instamment nos dignes lecteurs de vour loir bien s'imposer cette obligation pendant un ou deux offices; ils verront si Dieu ne récompensera pas leur fidélité à cet égard par un surcroît notable de piété et de ferveur.

15"* Guerre impitoyable aux distractions! chassonsles dès que nous les apercevons : si elles sont par trop importunes^ arrêtons-nous un instant, fermons notre livre^ implorons Tassistance de Dieu et reprenons notre intention primitive. Pour prévenir les distractions, faisons, outre ce qui précède, une attention particulière au sens littéral, convenons avec nous-mêmes de nous l'appeler la présence de Dieu quand nous rencontrerons quelques mok.plus saints que les autres^ par exemple, les mots Jems-Chrtstus, DominuSy Deus^ et surtout Gloria Patri. Faisons à chacun de ces mots ou une inclination de tête, ou un petit signe de croix avec un des doigts qui tiennent le livre. Ces divers moyens ou autres semblables produiront infailliblement d'excellents effets.

16' Enfin, récitons à genoux et avec beaucoup d'attention les prières finales et surtout le Sacrosanctœ, avec Tintention d'obtenir le pardon des fautes conunises pendant la récitation du saint office.

Telles sont les règles qu'observe le saint prêtre dans cette œuvre si importante. Puissions-nous les observer tous avec fidélité, et réciter constamment l'ofiSce divin de manière qu'il soit agréable à Dieu, utile à l'Église et sanctifiant pour nous-mêmes!

Page 1