‹ Le saint prêtre ou nécessité et moyens d'acquérir ou de perfectionner la sainteté sacerdotaleChapitre 44 sur 51 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Le prêtre à confesse. — Règles et avis pratiques. — Choix da confesseur. —Confession fréquente.— Examen.— Contrition. — Confession.— Satisfaction. — Fruits de nos confessions.

287. — La matière qu'annonce le titre de ce chapitre est excessivement délicate^ et ce n'est presque qu'en tremblant que nous Tabordons. Au reste , nous allons lui ôter une grande partie des difficultés qu'elle présente. Nous n'aurons point la témérité d'accompagner nos vénérables confrères au tribunal sacré de la pénitence où ils vont comme les simples fidèles s'humilier de leurs fautes. Respectant le sanctuaire de leur conscience, nous n'entrerons point dans le détail de ce qui fait la matière habituelle de leurs confessions. Quelques avis que nous croyons sages ^ voilà la seule chose que nous oserons nous permettre sur ce point important. . Le sacrement de pénitence est le chef-d'œuvre de la miséricorde divine, et les prêtres qui l'administrent ont droit comme les autres aux biens spirituels qu'il procure, si, comme les autres, ils s'en approchent avec les saintes dispositions qu'il exige. Puissions-nous retrouver la vje dans ce bain salutaire si malheureusement nous l'avons perdue , et y puiser des grâces et des forces nouvelles si nous n'avons pas besoin d'autre chose!

288. — Choix du confesseur. Le choix du confesseur est la matière du premier avis que nous avons à donner. Nous connaissons tous Timportance de ce choix; mais peut-être ne sommes-nous bien frappés de cette importance que relativement aux personnes du monde ^ ce qui serait une grave efreur.

La piété du confesseur n'est pas toujours , mais elle est assez souvent le thermomètre de la piété du pénitent. Donc, choisissons pour confesseur un saint prêtre, ou le meilleur entre les honSy s'il n'y avftit pAs de saint prêtre à notre portée, ce qui est fort peu probable. Le contact d'un tel prêtre, Fexemple de ses vertus, les exhortations chaleureuses de son zèle, tout cela est saintement contagieux et passe toujours plud ou moins du confesseur au pénitent. Les saints ne parlent point comme les autres hommes; leurs paroles s'échappflût de leurs cœurs embrasés, sont comme autant d'étiO'^ celles qui fondent bien des glaces.

Cependant tout saint prêtre est-il, par rapport à totls ses confrères, un bon confesseur? Non \ il y a des prêtres d'une haute sainteté qui ont un fonds d'indulgence et de charité presque sans limite. Aussi miséricordietit pour les autres que sévères pour eux*mêmes ^ ce qui , en général, est une excellente disposition, ils tolèrent, par excès de bonté, ce qu'ils devraient réprimer avec une fermeté charitable. Ceux-là ne doivent point être choisis^ du moins par quelques*>uns.

Si nous voyons que notre confesseur, quoique saint, est plus indulgent que notre propre conscience ; s'il nous passe ce qu elle ne nous passe point 5 si, rC étant point scrupuleux y nous sommes inquiets et mal à Taise après nos confessions; si quelque chose nous dit que rignorance, ou du moins une complaisttQte bonté dicte

les décisions qui nous sont données^ prenons garde : ce confesseur n'est peut-être pas celui que nos besoins spirituels exigent. Qui sait même si sa sainteté ne sera pas un rempart contre des craintes fondées ^ et si, précisément perce qu'il est un saint prêtre , nous ne mépriserons pas les réclamations d'une conscience qui a quelques raisons pour les faire? Mais ceci est une exception : retenons le principe, et, généralement, cboiiifif ODS pour confesseur un prêtre éclairé qui soit en même temps un saini prêtre.

Moins nous sommes parfaits nous-mêmes, plus nous avons besoin d'un saint prêtre pour devenir par ses soins ce que nous ne sommes point. Que serait-ce , grand Dieu! si un mauvais prêtre choisissait pour confesseur un mauvais prêtre comme lui! que serait-ce si un prêtre tiède, négligent et relâché, prenait pour confesseur un prêtre qui lui ressembla ! Quel zèle auraient, pour perfectionner de tels prêtres, des confesseurs qui verraient dans leurs pénitents comme le reflet d'euxmêmes?

Règle générale : prenons toujours, autant que pos* sible, pour confesseur un prêtre dont la sainteté soit supérieure à la nôtre. Si le contraire a lieu, nous devons craindre que notre confesseur n'ait pas toute la fermeté désirable pour blâmer en nous ce qu'il se permet sans scrupule à lui-même.

-r^ Choisissons un confesseur qui ait un grand zèle pour la sanctification des prêtres qui s'adressent à lui. Il pourrait arriver qu'un prêtre eût du zèle et même beaucoup de ràle pour diriger ses pénitents laïques, et qu'il en eût peu pour perfectionner ses pénitents prêtres ; ce qui serait un vrai contre-sens, puisque perscNtme sur la terre n'est plus rigoureusement obligé à la sain-

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teté que les prêtres. Stimulons le zèle de notre confesseur en le priant de ne rien nous passer, d'insister surtout dans toutes nos confessions sur tel ou tel point à regard duquel nous savons que nous avons particulièrement besoin d'encouragement et de fermeté.

— Choisissons un confesseur qui nous parle sans crainte, avec franchise et en toute liberté. Quelquefois un prêtre n'est pas à l'aise avec certains confrères et n'ose pas leur dire tout ce qu'il pense. S'il est timide par nature, s'il est inférieur à son pénitent par le talent ou par la place qu'il occupe, s'il a avec lui des relations fréquentes et amicales, il éprouve une certaine gêne, une certaine contrainte, et les avis qu'il donne se ressentent de la disposition dans laquelle il se trouve, ce qui peut avoir des inconvénients graves.

Ne nous confessons pas au confesseur qui se confesse à nous; cela n'est pas sans quelque danger.

— Choisissons, autant que possible, un confesseur qui ne demeure pas à une trop grande distance du lieu de notre habitation. Quand cette distance est trop considérable, il ai'rive souvent que, dans la mauvaise saison par exemple, ou lorsqu'on a un peu plus de travail qu'à l'ordinaire, on se confesse moins souvent qu'on ne le ferait si l'on était à proximité de son confesseur, ce qui cause toujours un préjudice spirituel plus ou moins notable.

— Choisissons enfin un nouveau confesseur si nous nous apercevons que celui à qui nous nous adressons ne nous convient point. Sans doute ce changement ne doit pas s'opérer pour des causes frivoles; mais s'il est motivé par des considérations graves, il n'y a pointa balancer. Nous ne craignons pas de ranger parmi les considérations graves, le peu de fruit que nous tirons

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delà direction de notre confesseur, relativement à notre progrès spirituel , si surtout nous savons positivement que nous trouverons abondamment chez un autre confrère ce que nous ne trouvons pas chez. celui-ci.

Nous l'avons dit, il y a des confesseurs qui sont de bons et même de saints prêtres, mais qui ne s'appliquent point à faire progresser dans la perfection les prêtres qu'ils dirigent. Soit timidité , soit habitude prise depuis longtemps, soit manque de zèle éclairé, ils reçoivent tout simplement ce qu'on leur déclare, font une exhortation générale d'une banalité insignifiante, donnent Tabsolution, et tout se borne là.

Combien de confesseurs, peut-être, confessent depuis longtemps plusieurs confrères et ne leur ont pas encore adressé ces questions : Avez-vous un règlement de vie? Quels en sont les points principaux? Les observezvous avec fidélité? Faites-vous très-exactement votre oraison? Combien de temps lui donnez-vous chaque jour? Comment la faites-vous et quel fruit croyez-vous en retirer? Faites-vous l'examen particulier, la lecture spirituelle, la visite au saint sacrement? Quel est, selon vous, votre défaut capital? Que faites-vous pour l'attaquer? Remarquez-vous s'il s'affaiblit, ou si, au contraire, il prend des forces? Que faites- vous pour la conversion des pécheurs? N'y en a-t-il point plusieurs dans votre paroisse dont vous pourriez entreprendre directement ou indirectement la conversion avec chance de succès? Le faites-vous?

Ces questions et tant d'autres qu'un prêtre fervent et zélé ne manque point d'adresser aux confrères qu'il dirige, ont des résultats excellents. Il leur prouve par là combien il attache d'importance aux points qu'il leur signale 5 et combien par conséquent ils doivent y

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en attacher eux-mêmes. De leiircôtq, sapb^M^t qu'Us a.uront à eu rendre compte dan3 presque touti$$ [ems çpplession^, ils adoptent l'usage des ei^erciceis spirituels qui lem* sont reconim2^n(}és, çt iJs règlent Tea- ^ip))le de leur conduite de ipanière à pouvoir faire des ?épop§es ^tisfaisante^ ^ny^ nouveau}^^ mt^j^j^ç^ toir^s qu'ils ^urqnt à subir j ce qui n'aurait p^ )ie^ «'ils av^ipnt pour coi^fesseur ui^ prêtre qui s^ qofitentàt de repevQÎF ce qu'ils lui déclareraient, pt qui pe d^sc^n- 4;'^t point d^ns le détail dei leurs ouvres hjibituelles.

289. — Confession fréquente. Nous ne devons pas mettpe trop d'iftterv^llQ entre uos confessions, Nous li- ^iV5 dans la vie d'un grand nombre de s^ts, q^i n'éfuient point scrupuleux^ qu'ils se confessaient tous les jours; aussi marchaient-ils rapidement dans les voies de la perfection, car rien ne contribue si puis^^unment h la destruction des défeuts et au perfectionnement des vertus, que la réception fréquente et très-fréqueute du sacrepient de pénitence avec les dispositions qu'il exige.

I^os confessions, sans doute ^ ne peuvent pas être ^ussi fréquentes que celles des saiuts dont nous venons de parler j mais nous devrions adopter l'usage de la confession hebdomad^re. C'est la pratique des saints prêtres. Les bons prêtres ordinaires ne dépassent pas la quiiu^ner Ceu^ qui sont babituellem^t plus de qiiiiue jours sans se confesser sont^ presque à coup sûTj plus ou moins avancés dans les voies de h tiédeur et du rellicheinent ou dans des voies plus mauvaises encore.

Voici à cet égard une observation que nous recoin^ mandons à nos dignes confrères. La plénitude des bons e^^ts pratiques d'une coofies^qn bi^n faite ne dur»

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pas beaucoup plus de trois oy quatre jours. A VexpU-^-r tion de ce çpvirt délai ^ ori ?ie commet pas de ftutes graves, sans doute; mais on se^\ conapmuément upe certaine diminution de ferveur^ Utt peu moins d'^tteu-p tion dans ses prières, un peu moiPîi de. retenue dîuis ses paroles et de mortification daus ces ççns : hrçf , qû commet une multitude d'infidélité§ qu'on n'eût pa$ voulu se permettre le jour de. la confession^ et ce petit relâchement va toujours crescendo^ jusqu'à ce qu'une nouvelle confession vienne rendre à Tâme l'énergie qu'elle a perdue. Quand donc cette nouvelle confession se fait longtemps attendre > le mal s'aggrave, la délica* tesse de conscience s'altère^ les habitudes s'enracinent et la perfection ne vient jamais. Donc, confession fréquente et très-fréquente si nous voulons sincèrement prendre r^ng parmi les saints prêtres.

290. — Examen. Sondons, interrogeons notre C/Onscience avec soin. Pas de scrupule, sans doute j le scrupule est une petite folie qui quelquefois est fort dangereuse , surtout chez les prêtres : dangereuse pour eux-mêmes, dangereuse aussi pour les âmes qu'ils dirigent. Mais on peut être exact sans être scrupuleux.

Ne bornons pas notre examen à deux ou trois points qui sont toujours les mêmes, et qui souvent sont bien moins importants que ceux que nous négligeons, Examinons-nous sur nos devoirs d'état, sur l'emploi de notre temps, sur nos études, sur le soin de nos malades, sur l'administration des sacrements, sur la tenue de notre église , sur la négligence , en fait de propreté, à l'égard des ornements, corporaux, pâlies et linges d'autel, sur le retard à acquitter des fonda-r lions ou à dire des messes promises, sur les absences.

les voyages, les jeux^ les festins, sur rattache aux biens de la terre, Famour de Targeni, Tesprit d'intérêt, ou au contraire sur la prodigalité, les dépenses frivoles, les dettes contractées avec danger de perte pour les créanciers. Nous n'en finirions pas si nous énumérions tous les points que doit embrasser Texamen, et dont peut-être nous nous occupons fort peu quand nous nous préparons à la confession.

291. — Contrition. Excitons-nous à la contrition, non pas vaguement et généralement en englobant dans la formule de l'acte ordinaire le repentir de tous les péchés de notre vie, mais en sondant nos vraies, nos intimes dispositions relativement à chaque péché que l'examen nous rappelle, afin de voir si réellement nous en avons du regret, si la confession que nous en allons faire, ne va pas être une simple formalité plutôt qu'un aveu accompagné d'une détestation vive et sincère. Disonsnous, par exemple : Deus non irridetur... omnia nuda et aperta oculis ejus ; je vais confesser telle ou telle faute , les mains jointes, à genoux, dans l'attitude d'un criminel qui demande grâce; je vais protester que je déteste cette faute, que je ne la veux plus commettre, que je désire profiter de la grâce du sacrement que je vais recevoir. Mais sont- ce réellement bien là mes dispositions? Suis-je sincèrement et cordialement résolu à veiller avec plus de soin, à fuir l'occasion , à prier avec plus de ferveur, à résister avec plus de violence à la tentation î Deus non irridetur : Dieu voit-il aujourd'hui en moi , relativement à cette faute, un repentir plus amer que dans tant de confessions passées où je l'ai toujours déclarée sans m'en corriger jamais?

Voilà le vrai moyen de s'exciter à la contrition et de

s'assurer si Ton n'en a pas [dutôt l'apparence que la réalité. Quand on a fait ceci après chaque faute ^ et qu'on s*est rendu sérieusement et sans se flatter le témoignage qu'on veut certainement se préserver de nouvelles chutes , alors on fortifie sa résolution en méditant sur les vérités les plus propres à développer la contrition; on adopte, par exemple, Texcellente méthode de Mgr de la Motte, évéque d'Amiens, qui, pour s'exciter à la douleur de ses fautes, faisait en esprit trois stations : Tune en enfer, pensant qu'il l'avait mérité, l'autre au ciel, pensant qu'il,avait perdu tout droit à le posséder, l'autre enfin au calvaire, où il s'abîmait dans sa douleur aux pieds d'un Dieu souffrant et mourant pour le sauver.

Excitons-nous à la contrition, selon les règles qui viennent d'être rappelées, et soyons sûrs que nos confessions seront beaucoup plus fructueuses qu'elles ne l'ont ét^ jusqu'à ce jour.

292. — Confession. Tout ce qui précède étant observé, confessons-nous, et donnons à notre confession les qualités que nous savons qu'elle doit avoir : sincérité, humilité, simplicité, précision, prudence, et toujours, au fond de tout cela, repentir vrai, repentir amer des fautes que nous déclarons. On dit dans le monde que les prêtres se confessent plus mal que les laïques ; cela n'est point vrai; le monde, d'ailleurs, n'en peut rien savoir.

Un mot seulement relativement à la confession proprement dite : Confessons-nom de nos défauts autant et plus que de nos péchés mêmes. Expliquons-nous : les défauts et les péchés ne sont pas la même chose; il y a la même différence qu'entre l'arbre et le fruit. Le

péché, c'est le fhilt; lé défaut, t;*èst l'ambre qut porte ce mauvais fruit. On peut faire, pat extraordinaîi'e, un péché d'oi^uell sans avoii* le défaut de iMrgueîl, ou un péché de vivacité satls avoir le défaut de la colère. Maïs quand on a un défaut, c^est un mauvais arbre qui tie manque jamais de produire les péchés qui sont Ses fruits. Or donc, nous disons quil faut se confesser de ^s défauts et non pas seulement dé ses péchés , c'est*à-dire qu'il faut, après avoir Confessé tel ou tel péché que Ton a commis, faire connaître, en outré, le défaut qui en a été lé principe, éé qui est très-avatttâgeux et bien plus propre à éclairer le confesseur sUr l*état vrai du pénitent.

On doit comprendre qu'il y â Une grande différence étitre Pâccusâtion pure et simple d*uh acte pecéamineUî^, et la manifestation du défaut qui en a été la source : la déclaration du premier ne fait pas toujours deviner le second. Si je dis, par exemple, que j'ai eu un mouvement de grande vivacité, mon confesseur crofra que j^aî simplement blessé là vertu de douceur; mais si J* ajoute que cette vivacité a été produite par une petite humiliation que je n'ai pas eu le courage de souffrir en Silence, et que presque toujours la même cause produit le même effet, il en conclura avec raison que je n'ai pas seulemeut blessé par ma vivacité la vertu de douceur, maïs que j*ai blessé du môme coup la vertu d'humilité, et que, puisque je suis habituellement disposé de la soHe quand j'ai quelque humlliatioti à subir, non-seulement la colère est un de mes défauts , mais rorgueil en est un autre- Il en serait de même si je confessais une froideur, une ombre de rancune contre un collègue , Sans dire que c^est Un mauvais fonds de jalousie qui eh a été le principe ; mon confes-

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seur ofbirait <jue j'ai fait un acte isolé contre la charité , et ne saurait pas que la jalousie est aussi un de mes dé&uts.

Allons toujours à la source de chaque péché que nous confessons , et conduisons-y notre confesseur afin qu'il la tarisse; oUj pour nous sfervir d'une autre comparaison, ne nous contentons pas d'élaguei» quelques branches de nos mauvais arbres , mais attaquons-les eux-mém£>s par Va racine, afin d'arriver à une extirpation complète.

293. — Satisfaction, Nous ne dirons Hen de cette dernière partie du sacrement de pénitence, bien convaincu que, sous ce rapport, nul parmi nous n'a de reproches à se faire. Ce n'est pas laque glt la grande difficulté de nos confessions; il nous en coûte bien plus de nous corriger des péchés que nous confessons, que de feire la légère pénitence qui les expie. Disons seulement qu'il serait très-avantageux, pour venir en aide à notue faiblesse , de prier notre confesseur de nolis donoer pour pénitence de faire exactement toUS les jours tel ou tel eîcercice spirituel dont nous nous diô^ pensotis quelquefois par lâcheté, ou de nous Imposer un nombre déterminé d'heures d'étude jusqu'à la prochaine confession , ou quelque autre œuvre favorable ànot^e avancement spirituel qui, peut-être, ne nous serait jètnais imposée si nous n'en faisions spécialêtnetit la demcmde.

294* — Fruits de nos confessions. Si nous Suivons avec uiie exacte fidélité les règles et avis pratiques qui viennent de nous être donnés relativement au sacrement de pénitence, il est impossible que nous ne fassiô^ns

pas de rapides progrès dans la perfection; car la confession, qui fait passer les grands coupables de Tétai du péché à Fétat de la grâce ^ fait aussi passer les justes de Tétat de justice rigoureuse à l'état de justice consommée; et ces heureuses transitions se font quelquefois avec une promptitude étonnante. Comme il ne faut pour les opérer que deux choses : le secours de Dieu — et la volonté de l'homme; comme le secours de Dieu ne nous manque jamais quand nous l'implorons par une prière fervente et assidue, et comme enfin ce secours nous est abondamment proposé dans le sacrement de pénitence , il s'ensuit que si nous apportons pour disposition à ce sacrement la volonté ferme, sincère et persévérante de nous en appliquer les fruits dans toute leur étendue, nous ferons plus de progrès dans la perfection pendant quelques semaines seulement, que nous n'en ferions pendant des années entières avec des dispositions équivoques , imparfaites , ou même avec des dispositions ordinaires et communes.

Ceci doit nous faire reconnaître un point bien important, c'est que malgré nos confessions, nos protestations de repentir, nos détestations du passé, nos bonnes promesses pour l'avenir, il y a au fond de tout cela une volonté faible, languissante, sans nerf et sans ressort, disons le mot, une volonté qui n'en est pas une et qui constitue un état à part, une manière d'être distincte que notre langue a senti le besoin d'eximmer par un mot qu'elle a créé tout exprès, le mot velléité. Nous croyons vouloir une multitude de choses que, par le fmt, nous ne voulons point, du moins de cette volonté ferme qui, si elle était telle, nous ferait, avec l'aide de Dieu , passer rapidement du vouloir à l'acte.

Dans la voie du salut, nous avons presque tous posé

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notre limite, et nous disons, non pas formellement, mais par le langage expressif de nos œuvres : « N'allons » pas plus loin; assez de perfection comme cela; nous » pourrions être mieux ^ mais nous sommes bien; cela » suflSt. » De là qu'arrive-t-il? c'est que nous ne travaillons point à nous corriger de nos défauts tant qu'ils ne nous font pas rétrograder trop notablement en deçà de la limite que nous nous sonmies posée.

Si nous faisions à notre confesseur, ou si nous nous faisions à nous-mêmes Taveu sincère de cette disposition^ nous pourrions nous sentir frappés de son imperfection et nous déterminer sérieusement à Taméliorer; mais loin de reconnaître et d'avouer cette disposition, nous nous la dissimulons au contraire, et, chose bien fâcheuse, la confession, qui devrait nous réformer, semble plutôt, par suite de notre aveuglement, nous maintenir dans l'état d'imperfection où nous sommes fixés. Elle est, par notre faute, non pas un remède, mais un voile qui couvre nos misères et qui nous tranquillise en nous ombrageant. Comment cela? c'est tout simple : nous nous confessons, nous déclarons tous les péchés que la conscience nous reproche, nous en faisons un acte de contrition, nous recevons l'absolution, et quoique nous commettions toujours les mêmes fautes et que nous ne fassions jamais d'efforts extraordinaires pour nous en corriger, nous nous retirons satisfaits après chaque confession comme si elle avait produit tous ses effets, ce qui n'a pas lieu puisque dans les confessions suivantes nous n'apportons jamais des dis^ positions meilleures. La confession, nous le répétons, est donc, entre nos mains et par notre faute, un instrument inutile au point de vue de notre perfectionnement : elle est un palliatif, elle n'est pas un remède;

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ou, tout m plus, elle est ufi âcie àbnsèrvâiùire , elle n'est pas tin adé û^àméttôf*ai{6n et de progrès, ^ elle nous empêche de i*eculer jusqu'aux abîmes , elle ne nous fait pas parvenir jusc(u*au somtnét de la sainte montagne.

Que faire pour sortir de cette espèce d'impasse où nous sotlimes engagés? Imiter lé saint prétt'e qui , dans la voie du salut où il est généreusement entré, ne pose . aucune limite et ne dit jâtaais : C'est assez : Sufiicit; imiter le saint prêti'e cJUi, voyant deVant lui des espaces irtitnenses, s'avande, s^avancê toujours â la vôlx de Jésus qui lui dit comme à Pierre i Duc in altutn; imiter le saint prêtre qui, comme le grand Apôtre, oublie les viétolrëS remportées poUr cdurir avèd ardeUr vei^s des victoires nouvelles i Quab retfà àuni obUvîscens, ad ea quèB sunf pHcfra exiendens meîp^um; imiter le saint prêtre enfin, qui, sâôhaht qu'il ne peut JaiUais être trop parfait dans la èarriêre du éacerdoôé, et que plus il Sera Saint plus il sauvëTêl d'âttlès, et plus il assurera le salut de la sienne propre, ne met jamais de bornes à sa perfection et Correspond fldèlttnent k toutes les grâces que Dieu lui accorde, pour lui prouver qu'il n'est pas sourd à l'invitation qu^îl lui adresse par tes mots i Qui sanctus est^ saîictificêtur ad hue; quijustuSy jttstificeiur adhuc.

Un peu de conrage, vénérables confrères, et nous aussi nous serons saints, d'une sainteté vraiment sa-» cerdotale qui sera le principe de notre vrai bonheur en ce monde e< en l'autre.

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