CHAPITRE X
Retraite annuelle.— Retraite du mois.— Préparation à la mort. — Règles et avis pratiques concernant les retraites.
299; -^ Le suprême moyen de l^nouvellement et de sftiiclifleatîon pour un prêtre, en quelque état qu'il se puisse ti^otlVer^ est incontestablement la grâce d'une retraite. Malheur à celui qu'elle laisse dans Pétât où elle le trouve quand il y entre ! Sur quoi côhit)tera-t-il pmii* deveiiir rtieillëlii*, si les prodiges de grâce dont la divine nlisérlcorde le colîible pendant ces saints jours, tfopèreilt en lui aucun changement appréciable! Gomment des moyens ordinaires produii*ont-ils ce qu'un moyen extraordinaire et pour ainsi dire irrésistible n'aura pas effectué? Comment un fil soulèvera-441 une masse que le puissant levier de la retraite n'aura pas ébranlée!
C^t une pensée qui doit nous frapper vivaient quand cette faveur insigne nous est accordée. Chacun de nous doit dire alors avec certitude : Je vais savoir âû juste de quoi je suis capable. Si je sors de la retraite fèl à peu près que j'y suis entré; si je n'en sors pas renouvelé comme l'aigle, qui a quitté toutes ses vieilles plumes au temps de la mue pour en prendre de nouvelles, rériùvabitur ut aqtdlse; si je me t'engage dtins
mon train de vie habituel , n'ayant ni plus de vigilance, ni plus de goût pour la prière, ni plus d'éloignement pour ma vie frivole et dissipée^ ni plus d'ardeur à combattre mes défauts^ ni plus de zèle pour ma sanctification et pour celle des âmes qui me sont cx)nâées; quelle est ma ressoiu*ce^ quel est mon espoir? Si les prêtres qui profitent d'une retraite autant qu'ils le peuvent, ont une peine extrême à en conserver parfaitement les fniits jusqu'à la retraite prochaine, que devrais-je penser de moi-même si celle-ci s'écoule sans laisser dans mon âme des traces de son passage ?
Heureusement, nous aimons à le croire, il n'en est point ainsi. Les effets de la retraite sont très-variés, il est vrai; mais il n'est pas un prêtre qui n'en subisse, à un degré plus ou moins éminent, les bénignes influences.
Le mauvais prêtre, quand il y assiste, sonde quelquefois la profondeur de ses plaies, se réveillé au tonnerre de la parole évangélique, s'humilie à la vue de sa hideuse misère, et laisse tomber quelques larmes aux pieds du fervent confrère qui lève la main pour l'absoudre.
Le prêtre tiède et relâché se reproche sa langueur, considère dans le recueillement de la retraite les infidélités sans nombre dont la dissipation lui dérobait la vue, reconnaît le mal qu'il a fait, le bien qu'il a omis, le peu de fruits de son ministère, et sortant de sa torpeur, s'appUque ces paroles qui ne lui conviennent que trop : Caritatem tuam primant reliquisti. Memor esto undè excideris; et âge pœnitentiam, et prima opéra foc : sin autem venio tibi, et movebo candelabrum tuum de loco tuo, nisi pœnitentiam egeris.
Le bon prêtre ranime une ferveur qui s'était assoupie.
combat des défauts dont il se dissimulait la grièyeté^ pose les bases d'une vie plus sainte, ravive le feu de son zèle^ prépare dans sa pensée les bonnes œuvres auxquelles il va se livrer après la retraite, et médite avec fruit ces paroles du grand Apôtre : Attende lectioni^ exhortationi et doctrinae. Noli negligere gratiam quœ in te est, quas data est tibi... cura impositione manmim Presbyterii,
Le saint prêtre enfin, mieux disposé que tous les autres, reçoit aussi des grâces plus abondantes. Pas une inspiration qu'il n'accueille, pas un pieux désir qu'il ne réalise, pas un conseil qu'il ne convertisse en précepte. Déjà fervent, il devient bien plus fervent encore, et saintement avide de la perfection sacerdotale qui fait ses délices, il sort delà retraite avec ces mots de saint Paul pour devise : Profectm meus manifestus sit omnibus,
296. — Puisque la retraite produit des fruits si étonnants, ne devons-nous pas nous imposer Fobligation de la faire tous les ans avec une inviolable exactitude ? C'est la volonté de Dieu, c'est le vœu formel de l'Église, c'est Tardent désir de nos vénérables pontifes, c'est la pratique des saints, c'est l'usage général du clergé, c'est le grand et souvent l'unique remède aux blessures que nous recevons de nos ennemis visibles et invisibles : que de raisons pour nous d'aller chaque année nous retremper dans la retraite!
Ne nous en dispensons jamais, et soyons convaincus que moins nous nous y sentons attirés, plus elle nous est nécessaire. C'est le manque de piété qui nous en détourne; et où retrouver la piété, si nous. n'allons la chercher dans la retraite qui en est la source? Un prêtre
(Jui ri^esthnèrait {ias ce salutaire exercice, qui s*éti dispenserait sàris S(îi*upUlë, qui se réjouirait dé s^éh voir privé par un obstacle inattendu, et qui verrait, sans Tenviér, le boUheUr de ses confrères quand ils reviennent de la retraite tout bt*tilants de ferveur, devrait conclure à coup sûr qu'il éti avait uii immense besoin et qUe son état réclame d1iïipoi*tantés réformes.
Donc, prenons la ferme résolution de coUsacrér tous les atife queltîues jours â là Mtâite. Sl une impossibilité majeure ne nous permet {iâs de là faire en coiUmun, sous Tœil dé notre évêque, déddmtnageoUs-UdUs de cette priVâtioU pàf UUéi'étraité t)ai*ticUlièré soitdàtls une maison religieuse, soit chez quelque saint prêtt*é qui voudra bien ùoUs procurer ce pfécieUi avantage.
S97. -^ Assistoils à là retraite pàstoi»ale dé notre diocèse, si des raisons très-graves n'y mettent pas obstacle. C'est là que la volonté de Dieu nous appelle; c'est là que nous trouverons les grandes grâces qu'il nous destine.
On dii*â peut-être qii'ôn aime iaaieux une retraite particulière qû'Urié retraite générale. C'est ime mauvaise raison; te n'est pas ce qui nous plaît davantage que nous devons choisir, ttiais ce qUi plaît à Dieu ; or c'est à la retraite commune que Dieu nous appelle par Porgane de nos supérieurs.
Ou dira qu'on est plus recueilli dans une retraite particulière, qu'on y est mieux disposé et qu'on en tire plus de fruit. C'est encore urie mauvaise raison ! on est recueilli partout quand on veut l'être. Dans les retraite^ pastorales, on voit une multitude de saints prêtres aussi recueillis que des trappistes; venez en grossir le nombre, et puisque le recueillement vous plait tant, soyez
sftr que Texeiriplê de vôtre fécdllèctloil iïè séîttl pûH stérile. Quant aux fruits que vous croyez plus abdîl'' dants dans une retraite particulière que dans une retraite géhérale. Dieu setil les connaît i vOus pistiez peill-étre poui» frllit uh certain contentemerii qùé voUs ptoéUté une retraité plus profonde ; mais qilî vous a dit que Dîeti lié toit pas en cela un goût personnel satisfait plutôt qu'un fruit réel ? Nous né savons qu'une fchosë, e'est que Dîeu qui nous appelle â là tet!*aité ccrtïlmiillé, attache k cette retraité, et non pas ï une auti*e, les grandes fevéur* qtl^flrious destiné.
n é§t regrettable et très-fâtiheii* dé ttë pas Vôlf ka% retraites pafetdralés les prétres du diocèse qui, pouvant y vénii*, vont faîi'é dé préférence des î*etraites pàrticu-» lières. Souvent ces prêtres sont des modèlefe de fervéllr et de tégulaïitë qUl né savent pas assez que leur pré-^ sence seule daris les retraitée généftilès, est une prédication nfitietté qui touche quelquefois plds là masse dés retraitants que les prédications prop^etnéllt dlte^. Si dans les retraites les IriStruétionS sont nécessaires, le bon exemple des saints prêtres Test peui-étre ènéore davantage.
D'ailleurs, il est Un aUtre service éttllîiettlînént iirtportant qUé ces dignes ecclésiastiques sont peut-être seuls en état de rendre : nous voulons parler de la confession des prêtres pendant les retraites. Quels confesseurs choisiront ceUx qui ont besoin de saints prêtres pour devenir saints eux-mêmes, si ceux qui leur conviendraient mieux qu'aucun autre ne fréquentent point les retraites communes? Nous dirons à cette occasion qu'un saint prêtre qui^ sans raison légitime, refiiserait de confesser ses confrères pendant la retraité y sérali un prêtre égoïste qui, quelque irréprochable qu'il fdt
sur les autres points^ ne le serait pas assurément sur celui-ci.
298. — Nous devons aller à la retraite avec des intentions saintes et un vif désir d'en profiter pour devenir meilleurs. — ^Aller en retraite par curiosité , serait-ce une int^tion sainte? — Y aller par un sentiment de plaisir^ pour rompre la monotonie de ses habitudes ordinaires, pour y jouir d'un spectacle inaccoutumé^ pour y retrouver d*anciens amis qu'on n'a pas vus depuis longtemps^ serait-ce une intention sainte? — T aller parce que les autres y vont et qu'on ne veut pas se singulariser et se faire remarquer par ses confrères, serait-ce une intention sainte? — Y aller parce que les supérieurs exigent qu'on y aille et que l'on craint de perdre une partie de leur estime en n'y allant point, serait-ce une intention sainte? — Y aller sans but, sans motif bien précisé, poussé en quelque sorte parle flot, serait-ce une intention sainte?
Nous ne répondons pas à ces diverses questions, la réponse s'y faisant d'elle-même. Allons tous en retraite avec un désir ardent et sincère de nous corriger de nos défauts, de nous affermir dans le bien, de nous renouveler dans la ferveur et de devenir plus saints et plus parfaits. Puisque la retraite ne se fait que pour opérer en nous ces heureux effets, nous devons donc y porter une intention conforme aux desseins que la divine miséricorde se propose en nous offrant ce puissant moyen de salut.
Il est fort convenable de se préparer de longue main à la grâce de la retraite par un recueillement plus profond, par des prières mieux faites, par quelques pratiques de piété extraordinaires, et par des réflexions se-
rieuses sur les points principaux qui appellent une prompte et radicale réforme. On doit aussi prévoir, autant que possible^ quelque temps à l'avance ce qui pourrait préoccuper et distraire pendant k retraite, mettre sa correspondance au courant, régler ses affaires domestiques , se débarrasser de tous les soins de famille^ visiter et confesser les malades, et prendre toutes ses mesures pour que le salut des âmes ne soit pas com* promis pendant les jours d'absence.
Quand on a fait ainsi toutes ses dispositions et que le moment du départ est arrivé, c'est une bonne pratique d'aller quelques instants adorer le Saint Sacrement et solliciter la bénédiction du divin Sauveur. On dépose à ses pieds toutes les pensées de pays, de famille, d'affaires, et même les craintes et inquiétudes relativement aux accidents qui pourraient survenir pendant la retraite.
299. — Un des grands obstacles aux fruits des retraites, c'est assurément la dissipation, comme nous le dirons bientôt. Or, avant qu'elle commence, avant même d*étre arrivé au lieu où elle se donne , la dissipation est à craindre : nous voulons parler du voyage. Les voitures publiques étant encombrées d'ecclésiastiques qui se rendent à la retraite de tous les points du diocèse , il est assez naturel , si l'on n'est pas sur ses gardes , de se livrer à certains épanchements bruyants qui n'édifieraient guère, et qui seraient assurément une triste préparation à la grande grâce qu'on se dispose à recevoir.
Prenons garde , chers confrères , que le conducteur de la voiture où nous nous installons ne dise malignement aux gens du monde que , de tous les voyageurs
qtffl conduH, èetlH qtd parient lé plui et qid riëttt le plus fbrt sont les prêtres qui Vont en retraite. Nous avobs souvent été té*nom de là bonne tenue des ecclésiastiques en ces drconstances. La conversation était parfaitement convenable et les ëltërcices de piété se Msaient avec une édifiante fégulai'ité. Mais quelquefois les choses se passdent d'une autre manière, et l'on prêtait un peu le flatïc à la malignité des conducteurs. Évitons ces légèretés en quelque occasion que ce soit, mais bien plus spécialement quand nous sommes à la veille d'une retraite.
300. — Le moment de Farrivée dans le local assigné pour les exercices de la retraite est encore une occa*sionrde dissipation. Il i^ègne toujours alors une agitation et un tumulte inévitables. Cependant les saints prêtres^ qui doivent toujours être nos modèles, font le moins de bruit possible dans tout ce pêle-mêle; ils se glissent modestement, humblement, furtivement en quelque sorte jusqu'au lieu oii Voû fait Connaître à chaque retraitant la cellule quil doit Occuper, et dès qu'ils ont pris possession de la leUf, ils vont sans délai où le cœUr les conduit, c'est-à-dire ad pied de Tautel pour y adorer le divin Maître et lui demander sa bénédiction. Quand ih se sont acquittés de ce pieux devoir, ils font avec diligence tontes leurs dispositions, saluent cordialement, mais sans taiit, quelques amis cfu'ils renconti'ent, et se plongent ensuite dans la [retraite avant ibême qu'elle soit commencée.
Imitons ces fervents confrères^ et plongeons-nous comme eux dans Un profond recueillement sans lequel il n^y û point de retraite. Il serait grandement à désiret* que dès que le Vent Creator est entonnéj, on se fit
seruplilé, jusqu'au Te Oétm, dW seul mot ittUtilê. Si tdus étaieht obsei'vàtèùrs fîdètes de ce pietîx silenôé, il en résulterait une édification générale qui contribuerait beaucoup pltis qu^oti né pense au succès de la retraite.
Mâlhenretisement, cela n^est ni senti, ni cottipriS|>àr quelques-uns aux yeuX desquels nos observations slir ce point seiîibleroht petit- être tninutieilses quoiqu'elles soient réellement importantes. Ceux qui ne se reproéheht Jîoint de manquer de tecileillement ( ordinairement c'est le ti*ès-petit nombre ), sont habituée, ché2 eux, à parler tatlt qûlls veulent sans le moindre contrôle, de sorte que, tout en rompant fréquemment le silence, ils se croient ettcoi*e très-recueillis. Kous osons affirmer qu^ils pi*ofltetit moins que tous lëé autrëë des gtàces de la retraite. Encore s'ils étaient seuls à ti'eri pas t)rbttter; mais en se dissipant, ils en dissipent d'autres qui peut-être, sans eux, observeraient le silertoe. Ce qu^îl y à quelquefois de plus choquant et! ceci, c'est que tandis que les anciens du sacerdoce, ces pfétres vénérables qui édifient tout le monde pat* leur ferveur, sont recueillie comme des feligieux, ce sont de jeunes prêtres qui donnent Texemple de la disàipation.
Si, pal* malheUi*, lé prédicateur de la retraite li^'était paâfipàppé lui-même de cet inconvénient, et s'ils n'insistait pas tout particulièrement et à diverseè rej)riâesl stil» la nécessité du recueillement , la retraite sétait pour tout le monde beaucoup moins fi*Uctueuse que s'il en feîsait vivement sentii* la haute impoi'tance.
301. -^ Quand les exercice^ sont commencés, UU des première saltls, pom chaque retraitant, doit être de
choisir un confesseur et de préparer sa confession. Ce choix^ comme nous Tavons fait observer ailleurs, est un point d'une extrême gravité. Les supérieurs voulant donner une grande latitude pour mettre les consciences parfaitement à Taise , accordent des pouvoirs à un grand nombre de prêtres ; mais il s'en faut beaucoup que tous conviennent également à chacun.
Nous prions nos lecteurs , quand ils en seront là^ de revoir les règles que nous avons posées dans le chapitre précédent, à l'article : Choix d'un confesseur et de s'en Êdre une application exacte et consciencieuse; il est plus que probable que , pour eux , le fruit de la retraite dépend de ce choix important. Nous ajouterons seulement à ce que nous avons dit au lieu que nous venons d'indiquer, que, toutes choses égales d'ailleurs, ils feraient bien de choisir pour confesseur quelque fervent dh^ecteur de séminaire qui^ ayant des habitudes de règle f de retraite et d'étude, convient généralement mieux que bien d^autres pour rappeler ces trois grandes bases de la vie ecclésiastique à des prêtres qui les ont quelquefois fortement ébranlées.
QUEmt à la confession, aux qualités qu'elle doit avoir, aux points principaux sur lesquels on doit insista, et aux autres détails qu'elle embrasse , nous ne pouvons encore que renvoyer nos lecteurs au chapitre précédent que nous les engageons à relire en entier dès le commencement de la retraite. Du reste, s'ils ont le sincère désir de se corriger de leurs défauts, de se renouveler dans la ferveur et de ressusciter la grâce assoupie dans leur âme, selon l'expression de saint Paul, ils choisiront certainement un confesseur tel qu'il le leur fout, et leur confession sera excellente. Qu'ils se souviennent que ce n'est pas seulement d'une absolution qu'ils ont
besoin, mais qu'une direction approfondie et très-détaillée leur est strictement nécessaire.
On demandera peut-être s'il est à propos de faire des confessions générales ou des revues pendant la retraite. A cela nous repondrons que, si Ton a choisi un excellent confesseur, et si Fon s'est ouvert à lui avec une sincérité parfaite, lui ayant fait connaître Tétat de son âme aussi bien que possible, il faut s'en rapporter à sa décision. On peut dire que, pour l'ordinaire, une confession générale plus ou moins complète, ou du moins une revue depuis la dernière, si celle-ci a été bonne, est très-utile pendant le saint temps de la retraite. Nous conseillons seulement de faire cette confession générale ou c^tte revue dès les premiers jours, et de ne pas s'en occuper tellement qu'on ne donne presque aucune application aux exercices communs ; car alors il arriverait, comme le disait un jour un saint et savant religieux, qu'on ferait une confession, mais qu'on ne ferait pas de retraite.
302. — La fidélité ponctuelle à tous les exercices du règlement de la retraite est une condition essentielle de son succès. Il n'y a point d'exercice peu important dans une retraite; ils forment un tout complet auquel il faut éviter de faire la moindre brèche. La grâce majeure et dédsive dans ces saints jours est quelquefois attachée à un point du règlement qui semble peu considérable en lui-même.
On ne doit jamais, sans une raison très-grave, se dispenser d'un exercice qui se fait en commun. 11 n'est pas édifiant de voir un grand nombre de prêtres réciter le saint office en se promenant dans les jardins pendant que tons les autres le récitq^t dans l'église. Tl serait
bien pioips édiftwt ^tt<we 4^ le^ vqir se réunir après cette récitation pûw ç^w^'^r et rjçe con)me s'ils étaient eo réjpréatipi;, Oieu ne p^çle ppipt ^u Qfl^l|r de cew qni a^ lic^ftcient de I^ sorte ; Non in commotime Domina'
303. —Les prédications doivent être entendues avec le respect qui est dû à la parole s^Dte, IJne seule pepsée doit occuper notre âme pendant que Dieu lu» parle par ro»©«ie de sou painistre ; p'est d^ profifc?r de chaque mot pour notre avancement spirituel et de nous en faire immédiatement Tapplication prfitique.
Si nous voilions juger le prédicateur au point de vue de la science et du tal^pt^ si nous nous livrcms au tr^sport de Tadmiration, ?i nous nous permettons la c£|usticité de 1^ critique, si nous ^égligçoj^ (e fond pour ne penser qu'à la forme, si pous pe rentrons pas en nous-mêmes ?iprès chaque instruction , si nous en attendons unes nouvelle avec impatiwce, w goûtant pour ainsi dire dans la retraite que les discours éloquents du prêtre qui la prêche, et ne trouvant rien à &iire dans notre intérieur pendant }es intervayes qw f4p^ept les ]»rédicatlons, nou^ sommes en retraite sans y étçei nous y sommes de corps, ncM^ n'y sc^xm^^ pas d'es|uit et de cœur > les grâces coulent à flots devant noua, mais sans aucun profit poor notin^ âme.
Toute prédication, quelle qu'^Ue soit, m^e la plua simple, la plus comu^une, la mains remarquable sous le rapport du style et des pensées, est excellente pour nous si nous en voulons profiter^ toute prédication, au contraire^, quelque éloquente, quelque subïme qu'elle puisse être, nous est inutile si nou^ ne descendons pas àsm noU» ftme s^rés l'avoir entendue, pou^ y oj^érer les réfprme^ dont elle i^ua a découvert la lUtosaîté.