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INDULGENCES EN GENERAL

Avant de donner le catalogue des Indulgences du Rosaire, nous croyons utile de donner aux fidèles, quelques courtes explications sur la nature des Indulgences et la manière de les gagner. L'ignorance en une matière si importante et si vitale, est à éviter comme étant extrêmement préjudiciable à nos intérêts les plus chers. En garde donc contre cette paresse d'esprit qui nous ferait reculer devant l'effort de réflexion que cette petite étude requiert.

Nature de l'Indulgence.

L'Indulgence est le pardon complet ou partiel des peines temporelles dues au péché; pardon que l'Eglise accorde en dehors du tribunal de la Pénitence, par l'application des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ et des Saints.

Comme on le voit par cette définition, ce n'est pas le pardon de ses péchés qu'on obtient par les Indulgences, mais le pardon de la peine temporelle due à ses péchés déjà pardonnes par une bonne confession s'ils sont mortels, ou même par d'autres moyens s'ils sont véniels.

Qu'il soit mortel ou véniel, le péché produit en vous, un double effet: nous contractons une souillure d'aine que l'on nomme la coulpe, et, de plus, nous méritons une peine ; peine éternelle de l'enfer, si le péché est grave, ou peine temporelle du Purgatoire, si le péché est véniel. Or, par le Sacrement de Pénitence reçu avec la contrition même imparfaite, Dieu efface la souillure de la coulpe, et change — s'il s'agit d'un péché mortel — la peine éternelle de l'enfer en la peine temporelle du Purgatoire.

Cette dernière expiation si douloureuse et si redoutable par elle-même, comment y échapper? De deux manières : par nos propres œuvres satisfactoires de pénitence, ou par celles de Notre-Seîgneur et des Saints.

Pour comprendre le rôle de ces satisfactions, il faut savoir qu'à V. encontre du double effet du péché dont nous avons parlé, toute bonne œuvre possède une doublé valeur: l'une méritoire, et l'autre satisfactoire.

La première signifie pour l'âme une augmentation de grâce et de sainteté qui lui donne droit à un degré de bonheur plus élevé, à un plus beau trône au Ciel. Cette valeur du mérite est strictement personnelle et ne saurait être appliquée à un autre. Personne ne peut, en effet, être bon, à la place d'un autre, si cet autre ne l'est pas; comme inversement , cet autre ne peut faire que le mal qu'il a commis, il ne l'ait point commis.

La valeur satisfactoire qui est l'acquittement ou te payement de la dette de peine temporelle encourue par le péché, peut, au contraire, être appliquée à (Vautres. Ainsi Notre- Seigneur Jésus-Christ et la Sainte Vierge n'ont jamais eu besoin pour euxmêmes, de ces satisfactions, et beaucoup de saints ont fait pénitence au-delà de leurs besoins personnels. Toutes ces satisfactions ou expiations surabondantes ne sont pas perdues, mais destinées à devenir les satisfactions d'autres plus dépourvus. Elles forment, toutes réunies, ce magnifique trésor de famille que l'on appelle

Le Trésor de l'Eglise.

Pour arriver à nos âmes, leur bienfaisante influence passe par des chemins nombreux connus de Dieu seul, et surtout par l'intermédiaire de l'Eglise qui les offre sous le nom d'indulgences, à ceux de ses enfants qui veulent en profiter pour eux-mêmes ou qui désirent venir en aide aux Ames du Purgatoire. Le nom d'indulgence existait depuis longtemps. Chez les païens et les juifs, il signifiait l'amnistie — partielle ou totale, comme chez nous — accordée à certains jours, dans une pensée de réjouissance publique. Ce privilège d'amnistie, cet exercice du droit de grâce transporté dans le domaine de l'expiation, sauve de la peine temporelle ,

comme la confession bien faite délivre de la coulpe et de la peine éternelle.

L'Eglise catholique est une immense société d'a.ssistance mutuelle. Le Christ nous a d'abord apporté les satisfactions surabondantes de sa vie, de se:' travaux, de sa mort sanglante : tel est le fond premier de cette mutualité. // nous convie à joindre à son divin apport, notre versement propre, tout ce que nous avons de meilleur ici-bas, la prière, l'aumône, nos pénitences, nos sacrifices, en un mot, ce qui manque à sa Passion, selon un mot de saint Paul, en vue de constituer un trésor dont il a assuré à ses fidèles la mise en commun. C'est là que nous pouvons puiser pour satisfaire à la justice de Dieu en ce qui regarde le payement de notre propre dette, comme aussi ce qui servira à payer la rançon des âmes captives et à les mettre en possession du lieu de rafraîchissement, de la lumière et de la paix. Ce lien de solidarité divine qui nous fait ainsi porter le fardeau les uns des autres — alter alterius onera portate — en vivant chacun pour tous et tous pour chacun, s'appelle dans la langue de l'Eglise

La Communion des Saints.

Aux termes de cette doctrine, tous les fidèles vivants ou morts, à travers le temps et l'espace, agissent, prient, souffrent, les uns pour les autres, de telle sorte que l'insuffisance de ceux-ci s'enri-

chit de la surabondance de ceux-là. Ils participent à cette communauté de biens, de façon inégale toutefois, déterminée par la mesure même de leur bonne volonté. A cette bonne volonté, il est demandé, du reste, assez peu : un scapulaire, une médaille, un chapelet pieusement portés, une prière récitée, une visite à l'autel pourraient, unis à l'état de grâce, obtenir l'immense faveur d'une indulgence plénière. Plus d'un serait tenté de voir dans cette mince contribution personnelle, un défaut choquant de proportion, mais la foi nous rappelle que les actions les plus humbles, outre qu'elles ont déjà par elles-mêmes, une valeur rédemptrice, tirent une valeur spéciale du fait de leur union aux mérites de >votre-Seigneur qui les couvre pour ainsi dire, de son Sang Précieux. Une goutte de rosée est bien peu de chose, mais vient-elle à être touchée par un rayon de soleil, qu'elle reflète les splendeurs de tout un ciel.

Je me représente les trois régions du Ciel, de la terre et du Purgatoire comme trois provinces confédérées du Royaume de Jésus-Christ. Un chœur infini chante là-haut: l'Eglise Triomphante; un peuple infini lutte ici-bas: l'Eglise Militante; un peuple infini pleure là-bas : l'Eglise Souffrante. Ea Communion des Saints devient entre elles toutes, un lien puissant de charité associant des millions d'âmes qui individuellement s'ignorent. C'est la grande famille de Dieu dont Jésus-Christ est le chef. "Jésus est la vigne et nous sommes les rameaux .:" la même sève circule partout. Par la prière, la pénitence, l'édification, les indulgences

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.... la fécondité de notre vie peut avoir des influences et des résonnances à tous les points de la terre, du Ciel et du Purgatoire.

Indulgences Plénières et Partielles.

L'indulgence plénière est le pardon complet de la peine temporelle due au péché. Le chrétien qui mourrait après avoir gagné une indulgence plénière, irait droit au Ciel. Il en serait de même d'une âme du Purgatoire si l'indulgence appliquée en sa faveur ne trouve pas d'obstacle du côté de Dieu. Il est, en effet, opportun de faire remarquer que si, en ce qui concerne les vivants, l'autorité de l'Eglise étant de délégation divine : "Tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans le Ciel" elle les absout ou pardonne directement — elle ne le peut qu'indirectement, par voie de suffrage ou d'expiation, quand il s'agit des défunts. En un mot, l'Eglise atteint l'autre monde, non par voie d'autorité ou de juridiction, mais par voie de charité, et l'application qu'elle fait des suffrages aux Ames Souffrantes est laissée au bon plaisir de Dieu.

Ti' indulgence partielle — comme le nom l'indique — est la remise ou le pardon d'une partie seulement de la peine qui reste à subir. Elle peut être de quelques jours, d'une on plusiers années.

Gagnée par un vivant pour lui-même, elle lui re-

met ou pardonne de la peine temporelle une quantité égale à celle qui serait pardonnée par Dieu, en considération du même nombre de jours ou d'années de la pénitence canonique en usage dans la Primitive Eglise.

Appliquée à une âme du Purgatoire, cette âme sera délivrée d'une peine égale à celle qui lui aurait été pardonnée, si quelqu'un avait offert pour elle, autant de jours ou autant d'années des anciennes pénitences de l'Eglise. A quel soulagement dans le Purgatoire, équivalent ces jours et ces années .... c'est le secret de Dieu.

Il est bon de savoir que ces pénitences étaient très sévères, et par conséquent, d'une grande valeur expiatrice. Le pécheur revêtait un habit noir et grossier. Femme, on lui coupait les cheveux. Le premier jour du carême, on lui mettait des cendres sur la tête, au milieu de l'assemblée, d'où notre mercredi des cendres. Et pendant le temps de la pénitence qui était plus ou moins long, selon la faute, Ton ne pouvait assister aux offices, que de la porte, et encore était-on exclu des principales parties de la Messe.

Nous allons citer quelques-unes de ces pénitences infligées pour des péchés qu'on se pardonne aujourd'hui, hélas ! bien facilement. Celui qui avait blasphémé, devait pendant tout un carême ou quarantaine, jeûner au pain et à l'eau, tous les vendredis, et se tenir tous les dimanches, à la porte de l'Eglise, à l'heure des offices; le dernier de ces dimanches, le coupable était pieds nus et la corde au

cou. Pour avoir dit du prochain, des paroles dommageables, sept jours au pain et à l'eau; pour conversations déshonnêtes, 30 jours de pénitence; pour avoir désire commettre un péché impur, deux ans; la fornication était condamnée à trois années de pénitence, et l'adultère, à sept ans. En cas de refus de se plier à ces rigueurs, l'entrée de l'église était complètement interdite au coupable, et, après sa mort, il était privé de la sépulture chrétienne.

Aujourd'hui la pénitence canonique a disparu ; la pénitence sacramentelle qui se donne en confession en est le seul vestige. Mais si notre foi et notre énergie ressemblent si peu à la foi et à l'énergie de nos pères, le péché ne perd rien, pour cela, de sa malice, et dès lors, la nécessité de la pénitence reste entière. Si l'Eglise s'est relâchée d'exigences redoutables, elle n'a, par contre, renoncé à aucun principe.

Les Indulgences qui nous pardonnent totatement ou en partie les peines de l'autre vie, sont donc d'une souveraine importance, et nous devons d'autant plus nous efforcer d'en profiter, que nous sommes moins enclins a faire des œuvres satisfactoires pour nos propres péchés. "Faites pénitence, car, vous périrez tous, de la même manière," disait Notre-Seigneur ; cette parole menaçante devrait faire l'objet de nos plus sérieuses réflexions et nous pénétrer de cette crainte de Dieu qui nous manque, indifférents que nous sommes au sujet du péché et dA ses terribles conséquences.

Indulgences Locales, Personnellrs. Réelles.

Les indulgences plénières ou partielles peuvent être locales, personnelles et réelles.

L'indulgence locale est celle qui est attachée à un lieu, comme une église, un autel; par exemple, l'indulgence attachée à l'autel privilégié du Rosaire.

L'indulgence est dite personnelle quand elle est accordée pour une bonne œuvre personnelle, sans plus, et indépendamment de tout le reste; par exemple, la récitation du Rosaire, la visite des malades, etc.

L'indulgence réelle est celle qui est appliquée a des objets de dévotion, comme crucifix, chapelets, médailles, etc.

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