LE ROSAIRE ET LA ROUTINE
Dans notre pays, on n'’alla certes pas jusqu'à adopter cette déplorable attitude, mais, il y eut aussi résistance, la résistance d'inertie : on fit la sourde oreille. Tout en tenant compte des efforts tentés et des magnifiques progrès réalisés, il faut reconnaître que le Rosaire est encore loin d’avoir parmi nous, la place qui lui convient, et, de droit, lui revient. La routine est son pire ennemi, et elle est
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restée maîtresse du terrain dans une mesure qui afflige encore plus qu'elle n’étonne. ‘“Le simple chapelet est assez bon Pour moi” voilà une façon ‘sseZ Commune de vous faire entendre que l'Eglise 4 parlé en vain ; que les 225 Diplômes, Constitutions, Décrets émanés de 42 sur 44 Souverains P qui se succédèrent depuis Sixte IV (1478), lesquels ils exaltent le Rosaire, eux, lettre morte : que les du grand Léon n'ont pas
ontifes et dans sont restés pour 23 Encyceliques et Décrets réussi davantage à déconcerter la sérénité triomphante de ces forçats de la routine. On ne veut pas de changement, et
on ne changera pas. C’est done, transporté dans le domaine de la dévot ion, le fameux sens prité des Protestants, et, dans cet ordre de choses, — que les Protestants — on 1 neur de lui obéir.
pas plus 1e fera à l'Eglise, l'hon-
LE ROSAIRE ET LA FAUssE SPIRITUALITÉ.
L'ignorance pourrait être alléguée comme excuse Pour la masse : soit. Mais, il y a une certaine catégorie de personnes en faveur desquelles il serait plus difficile de plaider les circonstances atténuantes, Une de leurs Caractéristiques, est une singulière obstination à substituer leurs vues personnelles aux directions formelles, Catégoriques, impérieuses de l'Eglise : S'eXCommuniant ainsi de cette profusion de grâces, représentée par la prière catholique à Marie. le Rosaire, auquel elles n’accorderont tout au plus que ce qu'elles ne peuvent décemment lui refuser
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dans les offices publies du culte. Elles iront peutêtre jusqu'à se considérer néanmoins comme planant dans les hauteurs de l’union à Dieu et favoristes d'états d'âme extraordinaires. N'allons pas accorder trop facilement créance à ces ascensions. Quel est le confesseur qui n'a pas été aux prises avec cette spiritualité inquiète qui décore du nom de direction, un débordement de verbiage dont les liones fuyantes, décoususs, tourmentées semblent plutôt révéler la nature chaotique d'un cauchemar qu'un phénomène de grâce.
La véritable piété à Marie, celle des dévots du Rosaire, n’a pas de ces exaltations fébriles, de cette loquacité intempérante des âmes vides. Elle est simple, autant que solide et profonde: c'est son caractère distinctif ; elle n’attire pas autrement l’attention. Elle n'a pas de ces problèmes insignifiants autant qu’enchevêtrés et tapageurs dont est prodigue la piété de surface. C'est qu’elle va à Dieu, non par un chemin à elle, mais par le chemin de l'obéissance à l'Eglise, simplement, à cœur ouvert, en droite ligne, à l'exemple de sa Mère qu'elle prie. Voilà le secret de sa tranquilis comme de sa force.
JE Ro.iRE ET LES PETITES D'VOTIONS.
A la place du Rosaire qui devrait être si bien connu, si cher à tout cœur “atholique, on a voulu adopter de petites dévotions, de petits exercices qui ont été approuvés il est vrai, mais pour une certaine catégorie de personnes seulement. Chez ceux qui
Sont supposés & Dieu, lesquelles détonnent comm le ferait un jou sonne adulte.
Parlez-leur
tre un peu avancés d sont aussi les voies e un irritant contre et d'enfant aux ma
du Rosaire, renferment dans un mutis veillent, Mais qu'il soit chapelet, de cert nent feu,
au sens de l'E
Question de cert ain petit exercice, auss roulent des Yeux d’extase.
mandent ÿ tous, Plaident sa cause bles, avec une ardeur qui les fait Miration, rugir d'enthousiasme : le est au bout de ces pe et défaut de 1 oh! croyez-la.
“M'est avis que les dévotions sont en trai aire grand tort à ut-être nous valai
aucoup plus simple que ] Un scapulaire, celui du celui de saint Domi
liocèse d'Orléans.
Ils le recom.
auprès des sim s’étouffer d’ad- Ciel, vraiment, tites Pratiques qu ;'3 prônent, & parole du Pape, croyez la leur,
la dévotion. Nos
avaient a nôtre: ils Mont-Carmel 5
LE VRar RôrE
DES PETITES Dé
VOTIONS DANs L'Ecrrser.
Je ne voudrais Pas me donner
gère apparence de m'insurger contre les petites dévotions comme telles. L'Eglise — et c'est tout
Ire — Jeg APProüve: sous Ja condition expresse
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ans les voies de de sa Mère, ils sens, ainsi que ins d'une per-
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toutefois, qu'elles ne sortent point de leur rôle qui est de préparer et d'encourager les débutants à la pratique des gran‘es. Si elles tentent de les remplacer ou de les détrôner, de se hisser dans l'âme des fidèles, à une place qui ne leur appartient pas, c'est un désordre contre lequel l'Eglise est la première à protester. Encore moins en religion qu'ailleurs, nous est-il loisible de mettre sur le même pied, 1» capital et l'accessoire, l'essentiel et le secondaire, le porche du temple et l'autel.
Que le lecteur me permette de lui faire voir cette vérité dans un exemple à point, le Rosaire Vivant. Institué à une époque où les pratiques de piété avaient sombré dans les ruines de la Révolution Française, ses minimes obligations se réduisaient à l; récitation d’une dizaine de chapelet par jour, accompagnée de la méditation d’un mystère, en union avec quatorze autres personnes, de façon à parfaire le Rosaire entier. Comme l'on voit, le fardeau n'était pas de nature à terrifier; mais l'Eglise aussi patiente que sage, y vit un moyen de ramener petit à petit, les fidèles au grand Rosaire, scus sa forme traditionnelle et complète. Ce n'était donc là qu'un procédé de transition, un régime provisoire de conralescene» dont étaient appelés à bénéficier, les enfants et les âmes peu solides en piété qu'auraient rebutées des prières en apparence trop difficiles."
1 ,... hanc devotionem Rosarii Viventis non esse nisi tyrocinium ad completum Rosarium .... nihil aliud quam aditus ad confraternitatem S$. Ros2rii propriè dictam .... pro pueris puellisque ad recitationem SS, Rosarii assuefaciendis, pro personis in pietate adhuc debilibus, .... Acta SS. Ros. vol. 1, n. 369.
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Le rôle des belites dévotions est clairement déli. mité da, cet exemple qui résume tous les autres. C'est un Apprentissage, une Préparation, un achemi- ORNE au grandes c'est pour les enfants, pour les débutants ou les adultes qui ne sont Pas encore familiarisés aree les exercices de Piété. On pourrait leur appliquer ca que saint Paul disait ‘de la doctrine : je vous donne Maintenant le lait des enlants; plus lard, je vous donnerai la Nourriture s0lide qui convient aux adultes.
Mais, que les Petites dévotions destinées de par les termes mêmes de l'Eglise aux enfants ou à des âmes peu formées de néophytes, soient prônées Corame l'idéal par des Personnes soi-disant pieuses et éclairées, voila un abus auquel il s'agit de s'op- Poser avec vigueur. C'est une œuvre de salubrité
publique, de stigmatiser cette piété anémique qui, loin de nourrir et de transformer les âmes, conduit, Par étapes rapides, à l'affaiblissement, voire même à la destruction de la religion qu'elle devait, au contraire, répandre et affermir.
Elle est à méditer, cette parole courageuse d’un évêque français : “De notre temps, il Y a beaucoup ‘de piété : jamais Peut-être, il y eut Moins de foi. , Nous avons les dehors de Ja religion, les Pratiques “eXtéricures dont Nous nous revêtons comme d'un ‘manteau : mais, la religion elle-même ne pénètre ‘pas nos âmes.”
Dépouillez ce verdict, de son tour général justifié Par la situation qu PAYS qu'il avait en vue, et il s'applique, on ne Peut mieux, à l'état d'âme que Je viens d'esquisser, ]] explique cette affligeante
it déliautres, chemi- , pour encore pour- ‘de la LS enre so-
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anomalie que le Rosaire soit encore en butte aujour-
| d'hui, à une opposition systématique autant que
sournoise. Oh! elle ne s'affiche pas au grand jour, elle opère dans l'ombre, se livre dans Îles conversations, se glisse avec des allures innocentes, au bout d'une phrase, par quelques
mots jetés là négligemment, eomme au hasard. Le
Rosaire de la Mère partagerait-il avec la Croix du privilège d'être un signe de contradiction?
Fils, le
Nous allons tenter ici, un nouvel effort, en vue de le faire mieux connaître et d'engager les fidèles à bénéficier des incomparables faveurs dont il est la source. On réalisera ainsi pour son propre compte, l suave parole de saint Jean : “Il prit la Sainte Vierge chez Lui” : et, dans l'Eglise, c'est comme à
Lourdes, la Sainte Vierge ne ta pas sans 80n Rosaire.