LES INTÉRÊTS SACRÉS QUI SE TRAITENT A L^AUTEL
Messe est une source intarissable de grâces pour le monde ! Célèbre-la comme Jésus a célébré la sienne !
IV. — Pour le Prêtre qui y puise sans cesse les grâces de son Sacerdoce.
Jésus, nous dit saint Paul, est un Pontife offrant un Sacrifice pour le péché, mais non pour Lui-même, car II est le Pontife sans tache et immaculé ^ Il n^en est pas de même du Prêtre Possédant le même pouvoir de purification des péchés, — et en cela il est l’égal de son Maître, par la participation au même Sacerdoce, — il fait partie des pécheurs pour lesquels il doit prier, et il devient le premier à profiter du Sacrifice qu’il offre
Il connaît ses besoins personnels et sa prière est suppliante. Il est en mesure d^être aussitôt
^ « Talis enim decebat ut nobis esset pontifex, sanctus, innocens, impollutus, segregatus a peccatoribus, et excelsior cœlis factus : qui non habet necessitatem quotidie, quemadmodum sacerdotes, prius pro suis delictis hostias offerre, deinde pro populi. » Hebr., VII, 26, 27.
2 « Oportet dicere quod alii sacerdotes effectum sacerdotii sui participant, non in quantum sacerdotes, sed in quantum peccatores... Christus autem simpliciter loquendo, peccatum non habuit. » S. Thom., 3 p., q. 22, a. 4, ad 1.
3 « Omnis pontifex condolere possit iis qui ignorant et errant, quoniam et ipse circumdatus est infirmitate ; et propterea débet, quemadmodum pro populo, ita etiam et pro semetipso offerre pro peccatis. » Hebr., v, 2, 3.
yO LE SACRIFICE DE LA MESSE POUR LE PRÊTRE
exaucé, car il possède un caractère officiel d’intercesseur, et il s’attribue en toute justice un droit de priorité sur les grâces surabondantes de son Sacrifice.
En cela, il est à l’unisson des sentiments du Souverain Prêtre au nom duquel et avec qui il célèbre, lequel l’aime comme un autre Lui-même et n’a qu’un désir, celui d’en faire un saint. Il l’est également de ceux de la divine Victime qui désire voir des saints en tous ceux qui l’immolent. De part et d’autre, les fruits du Sacrifice de la xMesse deviennent une propriété commune, dont le Prêtre a droit de s’approprier la meilleure part. D’autant plus que ses besoins sont immenses, et comme pécheur et comme Prêtre, et comme privilégié destiné à la perfection et comme consacré obligé de ne faire qu’un avec Jésus son Maître.
La plus belle et la plus fructueuse prière du Prêtre est donc celle qu’il fait à l’autel pour lui, en s’adressant directement à l’Hostie de son Sacrifice K II y a là un sujet sérieux d’examen.
^ « Aufer a nobis, quæsumus Domine, iniquitates nostras : ut ad Sancta sanctorum puris mereamur mentibus introire. »
« Munda cor meum ac labia mea, omnipotens Deus, ita me tua grata miseratio4ie dignare mundare, ut sanctum Evangelium tuum digne valeam nuntiare. »
« Suscipe, sancte Pater, omnipotens æterne Deus, banc im-