‹ Le Saint Sacrifice de la Messe pour le PrêtreChapitre 17 sur 43 · CHAPITRE CINQUIÈME La préparation à la Messe · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME La préparation à la Messe

La préparation à une action quelconque est en rapport avec l’importance de cette action. Quelle ne doit pas être, dès lors, la préparation qu’il convient d’apporter à la célébration de la Sainte Messe ! Si le Saint Sacrifice que le Prêtre offre à l’autel est le plus grand acte de religion destiné à glorifier Dieu et à attirer sur le monde les bénédictions du ciel, il est indispensable qu’il s’y prépare avec le plus grand soin possible.

Rien ne pourrait l’excuser de n’y pas penser, et encore moins de ne pas établir son âme dans les conditions voulues pour accomplir à la perfection cet office, le plus grand de son Sacerdoce.

Il ne s’agit pas tant de dire la Messe, que de la dire pieusement et saintement. Pour cela, il y a diverses préparations à apporter. Les premières sont celles que nous appelons les préparations d’état et qu’imposent les conditions mêmes du Sacerdoce ; les préparations éloignées ont trait aux dispositions habituelles de l’âme en vue du Sacrifice ; les préparations prochaines sont celles qui précèdent plus immédiatement

la célébration des saints Mystères et lui sont indispensables.

Il serait aussi juste de dire que toute la vie du Prêtre doit être une préparation à sa Messe quotidienne ; faute de quoi, Tâme sera plus ou moins en état de la célébrer avec la piété qu’il convient.

Le manque de préparation, par l’effet du péché, a naturellement des conséquences très graves, qui déflorent considérablement la ferveur que l’âme doit apporter à un aussi grand mystère.

Le manque de préparation, par l’absence de prière, de piété, de pratique habituelle de la vertu, et de fidélité à ses devoirs d’état, est tellement en désaccord avec l’acte solennel du Saint Sacrifice, qu’il est impossible, dans ces conditions, de bien dire sa Messe ^

La préparation à la Messe et sa célébration sont donc étroitement unies ; et le Prêtre doit se convaincre qu’il ne peut en conscience les

^ « Le défaut de préparation, c’est la raison pour laquelle on voit tant de prêtres célébrer avec si peu de piété et si peu de fruit. On ne réfléchit pas sur ce qu’on va faire à l’autel ; on n’en est pas touché ; on s’imagine le faire toujours assez bien. Pourvu qu’on n’ait pas sur la conscience un péché mortel évident, on se persuade qu’on ne peut manquer d’acquérir des mérites et de se sanctifier en remplissant des fonctions si saintes. De là tant de messes dites d’une manière inconvenante, sans dévotion ni recueillement. » S. Alph., loco cit.

LA PRÉPARATION A LA MESSE

séparer Tune de Tautre. S’il a vraiment à cœur de bien dire sa Messe, qu’il s’y prépare avec le même soin qu’il met à la célébrer ^ Ne pas le faire serait l’indice d’une conscience relâchée, ou la preuve d’une légèreté plus que condamnable.

Si l’on juge de la piété du Prêtre à la manière dont il dit la Messe, on juge de la ferveur de sa Messe à la manière dont il s’y prépare. Et puisqu’il dit sa Messe tous les jours, tous les jours il doit vivre de telle sorte qu’il la dise de plus en plus saintement.

Qu’il entende la recommandation de nos saints Livres : Ante orationem effara animam tuam ^ et qu’il la mette rigoureusement en pratique ; d’autant plus que la Messe est la plus sublime des prières, celle-là même que Jésus fait avec le Prêtre et à laquelle II a attaché les promesses de salut et de vie éternelle.

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