CHAPITRE PREMIER
Excellence du Saint Sacrifice de la Messe
II est évident pour tous que le Saint Sacrifice de la Messe occupe une place à part dans la sainte liturgie de TEglise. Cette prépondérance qui lui est donnée, ne repose pas seulement sur un culte simplement traditionnel ni sur un acte plus solennel adapté à la dévotion des fidèles ; mais elle prend racine dans Tessence même du Sacrifice de nos autels
D’où, pour en saisir toute l’excellence, il faut en bien comprendre la nature et considérer ce qui s’opère substantiellement à la Messe, par le Prêtre Eternel qui s’offre et la divine Victime qui est offerte.
C’est dans ces conditions que le Prêtre, s’identifiant avec Jésus, Prêtre et Victime, pose chaque
1 « Si quid est in rebus humanis plane divinum, quod nobis superni cives (si in eos invidia caderet) invidere possent, id certe est Sacrosanctum Missæ Sacrificium, cujus beneficio fit, ut homines quadam anticipatione possideant in terris cœlum, dum ante oculos habent et manibus contrectant ipsum cœli terræque conditorem. Quo magis est mortalibus laborandum, ut hoc tantum privilegium cultu atque honore debito tueantur, caveantque Angeles negligentiæ osores, qui sunt æmuli venerationis. » Urbanus VIII, Missale rom.
matin Pacte le plus sublime de son Sacerdoce et le plus capable de le sanctifier.
1. — L’excellence du Saint Sacrifice de la Messe, tirée du Sacrifice de la Croix.
Il n'y a qu'un Sacrifice, celui de la Croix, comme il n'y a qu'un seul Prêtre, Jésus, le Pontife suprême, sacré Prêtre par son divin Père et demeurant, pour tous les Prêtres de tous les temps et de tous les lieux, la source unique de leur Sacerdoce ^
Il ne peut donc y avoir un autre Sacrifice que celui que Jésus a offert pour le salut du monde Sacrifice sanglant, qui ne peut être renouvelé sous cette forme, puisqu'on ne meurt qu’une fois Sacrifice complet, qui ne laisse place à aucun autre Sacrifice, en ce qu’il a procuré à Dieu toute la somme possible de glorification, et à
* « Una enim eademque est hostia, idem nunc offerens sacerdotum ministerio, qui seipsum tune in cruce obtulit, sola offerendi ratione diversa. » Gong. Trid., Sess. 22, c. 2.
2 « Una est hostia (scilicet Christus obtulit et nos offerimus), et non multæ, quia semel oblatus est Christus. Hoc autem sacrificium exemplum est illius. Sicut enim quod ubique offertur, unum est corpus, et non multa corpora, ita et unum sacrificium. » S. Thom., 3 p., q. 83, a. i, ad i.
3 H Christus resurgens ex mortuis jam non moritur, mors illi ultra non dominabitur. Quod enim mortuus est peccato, mortuus est semel ; quod autem vivit, vivit Deo. » Rom.,