‹ Le Saint Sacrifice de la Messe pour le PrêtreChapitre 21 sur 43 · II. — Dispositions extérieures · texte numérisé non relu

II. — Dispositions extérieures

Le Saint Sacrifice de la Messe est une action trop élevée et trop solennelle dans l’Eglise, pour que même extérieurement elle ne s’accomplisse pas d’une manière irréprochable. Les dispositions intérieures, dont nous venons de parler, sont la meilleure garantie des conditions extérieures requises pour que le Prêtre célèbre dignement la Messe.

S’il apporte un soin minutieux à se présenter à l’autel avec une âme fervente, toute imprégnée des grandes pensées qui doivent l’animer à ce moment le plus solennel de sa vie, il aura nécessairement une attitude qui respirera le respect et la piété.

C’est dans toute sa personne que le Prêtre doit exprimer les vues de foi qui l’inspirent et le recueillement qui en est la conséquence. Non seulement rien ne doit choquer en lui, mais encore il doit être un sujet d’édification. S’il ne l’est pas

LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE

à Tautel, quand le sera-t-il ? ^ Ne pouvons-nous pas affirmer en principe que sa conduite le reste du jour aura le cachet de celle qu’il tient à la Messe ? Et si, en fait, il croit devoir paraître digne et irréprochable dans certaines circonstances officielles et plus solennelles, comment expliquer qu’il le paraîtrait moins, lorsqu’il s’agit de s’acquitter de l’action la plus sainte de sa vie?

C’est à l’autel, dit-on avec raison, que l’on juge le Prêtre. Et si l’on ne peut pénétrer dans son intérieur, on s’attend à ce que son extérieur nous le fasse pressentir Il suffît qu’on le remarque distrait ou préoccupé, sans tenue modeste ou respectueuse, pour qu’on soit immédiatement mal impressionné. Faudra-t-il qu’il commette des fautes graves extérieurement, pour que l’évidence justifie un jugement défavorable à son sujet ?

1 « Une chose digne d’intarissables larmes, c’est cette négligence ou cette perversité de certains prêtres à célébrer les saints mystères avec tant d’irrévérence qu’ils semblent n’avoir pas la foi en la présence de la divine majesté sous l’Hostie consacrée. Car l’on en voit qui disent la Messe sans attention, sans ferveur, sans respect et avec une incroyable précipitation, tout à fait comme s’ils ne croyaient pas Jésus-Christ réellement présent entre leurs mains ou qu’ils se crussent à l’abri de ses regards. » S. Bellarmin, De Gemitu, col. 1. 2, c. 5 (cité par Benoît XIV dans la Bulle Anniis gui).

2 « Intrinsecos motus gestus exterior attestatur. » S. Bonav., Spec. dise., p. 2, c. 1,

Le Prêtre qui célèbre est tenu d’édifier les assistants et de s’édifier soi-même L Son attitude extérieure irréprochable devient pour lui-même un réel secours et comme un rappel aux dispositions spirituelles qui doivent l’animer.

En premier lieu, il doit être digne dans son maintien et pondéré dans ses mouvements. Rien de recherché et d’affecté, mais aussi rien qui dénote la légèreté, la négligence et l’empressement. Tous les rites doivent s’accomplir lentement, sans s’enchevêtrer les uns dans les autres, avec toute la dignité respectueuse qui convient à chacune des parties du Saint Sacrifice.

Une attitude nonchalante, un maintien mou du corps, un mouvement agité de la tête comme si elle pivotait sur elle-même, des gestes brusques des mains et des bras, etc. sont autant de défauts qu’il faut soigneusement éviter^.

^ « Grâce à la piété du célébrant, les fidèles sentent augmenter leur dévotion et leur respect pour le Sacrifice de nos autels, à tel point qu’il est raconté de Saint Pierre d’Alcantara qu’une seule de ses Messes dite avec la ferveur qui le caractérisait, faisait plus de bien aux âmes que les sermons de tous les prédicateurs de sa province ; par contre, il suffit d’une Messe dite sans dévotion pour qu’on voie disparaître le respect et la vénération dus à cet auguste Sacrifice. » S. Alph., Le Prêtre, t. 2.

2 « En voyant la manière dont tant de prêtres disent la Messe, il faudrait répandre des larmes et des larmes de sang... Quels soins apportent-ils ? Paroles tronquées, génuflexions plus semblables à des moqueries qu’à des témoignages de respect... ils

LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE

La modestie des yeux s’impose également, et avec d’autant plus de rigueur que de s’attarder à regarder de côté et d’autre, ou simplement de jeter un regard à la dérobée par curiosité, c’est s’exposer en même temps à se distraire et à diminuer son recueillement intérieur. A l’autel, le Prêtre ne doit avoir d’yeux et d’attention que pour sa Messe, et il serait coupable de se créer lui-même des distractions.

Une dernière recommandation qui, toute matérielle qu’elle soit, ne peut être passée sous silence, la propreté. Propreté des mains d’abord, qui tout à l’heure vont toucher la sainte Hostie, propreté des vêtements et des chaussures, propreté de la chevelure. C’est de simple bonne éducation ; et il est convenable qu’on en ait à l’autel, comme on s’applique à en avoir dans les salons du monde. Une négligence sur ce point en ferait soupçonner bien d’autres qui ne seraient pas à l’honneur du Prêtre.

Nous ne parlons pas ici de la propreté requise pour tous les objets qui servent au Saint Sacrifice de la Messe : c’est plutôt là affaire du sacris-

se tournent et retournent à l’autel comme pour provoquer le rire ; ils mêlent les paroles aux cérémonies, celles-ci arrivant plus tôt que ne le veulent les rubriques. Pourtant les rubriques, d’après la vraie doctrine, sont toutes de précepte. » S. Alph., ïbid.

tain. Toutefois, le Prêtre ne peut s'en désintéresser complètement ; et celui qui a charge de cette administration doit avoir à cœur d’exercer une surveillance sérieuse à ce sujet ^

Nous reviendrons, dans un chapitre suivant, sur la nomenclature des défauts extérieurs à éviter dans la célébration des saints Mystères. Mais d’ores et déjà le Prêtre doit se prémunir contre les abus possibles.

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