‹ Le Saint Sacrifice de la Messe pour le PrêtreChapitre 25 sur 43 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

L’action de grâces

L’action de grâces après la Messe a une importance que l’on ne peut sincèrement méconnaître. Si, pour dire saintement la Messe, la préparation s’impose, comme nous l’avons démontré, l’action de grâces ne lui est pas moins nécessaire, pour en retirer plus de fruits L

Ce que le Prêtre recommande avec tant de raison aux fidèles qui communient, ne doit-il pas se l’imposer à lui-même ? Son âme a autant et plus de besoins que les simples fidèles. Sa Messe doit produire suréminemment en lui ce que la communion produit dans les âmes en général. Les moments de recueillement et de réflexion qui suivent cet acte le plus saint de la journée lui sont un précieux complément.

^ « Il faut savoir ce qu’enseignent Suarez, Gonet et beaucoup d’autres docteurs, qu’après la communion, et tant que durent les saintes espèces, l’âme reçoit d’autant plus de grâces qu’elle s’y dispose davantage en augmentant de ferveur intérieure... D’autant plus qu’après la communion, chacune de nos prières emprunte une augmentation de prix et de mérite à l’union de notre âme avec Jésus-Christ, selon ce qu’il nous apprend Lui-même (Jean, vi, 57) : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » S. Alph., Prêtre^ t. 2,

l’action de GRACES

L’on comprendrait peu, et à bon droit, que le Prêtre qui vient d’offrir cet auguste Sacrifice, ne consacre pas un moment à la prière et à l’action de grâces. Rien n’édifie tant les âmes que de voir les Prêtres fidèles sur ce point, comme rien ne les influence défavorablement que de constater le contraire.

Il est d’ailleurs des raisons personnelles aux Prêtres qui réclament la fidélité à ce saint exercice. Ceux qui apportent un soin minutieux à la préparation et à la célébration de la Messe, se montrent naturellement fidèles à l’action de grâces. Ceux qui célèbrent sans piété et n’apportent qu’une préparation écourtée, ne sont pas davantage disposés à prolonger leur action de grâces, si encore ils ne la sacrifientpas entièrement L

Qu’il y ait des lacunes sur ce point, personne ne pensera à le nier. Il est donc juste que nous en étudiions les motifs et les prétextes, afin de

1 « Autant un ecclésiastique fervent se plaît aux pieds de Notre Seigneur et aime à prolonger son entretien avec lui, autant un prêtre tiède, qui est venu à l’autel sans préparation et qui a célébré avec froideur doit se trouver mal à l’aise en présence du divin Maître et être prompt à s’en éloigner. Il redoute son regard. Il craint ses sollicitations, aussi bien que ses reproches. Le moyen d’y échapper n’est-ce pas de sortir au plus tôt, de chercher le mouvement et le bruit ? Il court au travail, afin d’éviter la réflexion et de ne pas rencontrer, comme Pierre, les regards du Sauveur. » Baguez, Du divin Sacrifice,

l30 LE SACRIFICE DE LA MESSE POUR LE PRÊTRE

rendre à la Messe son plein décorum et son cachet de sainteté.

1. — Devoir de l’action de grâces tiré de l’excellence du Saint Sacrifice de la Messe.

Le Prêtre a passé à Tautel le moment le plus sacré de sa journée. Il s’est occupé de Jésus, il a offert avec Lui son Sacrifice, il a entretenu dans son âme les pensées les plus saintes et il s’est appliqué à s’identifier le plus possible avec la divine Victime.

Ces hautes considérations, ajoutées à celles qui ont précédé sa Messe par sa préparation, ont laissé forcément des traces dans son âme. Il s’y est gravé des impressions plus profondes d’amour et d’union à Jésus, il s’y est développé des sentiments de piété et de recueillement qui demandent de se prolonger.

Une fois les cérémonies du rite sacramentel accomplies, l’âme est heureuse de considérer pendant quelque temps en silence les grandeurs de l’acte qu’elle vient de poser. Elle devra vivre tout le jour de sa Messe ; ce premier moment de réflexion sera comme le point de départ d’une vie intérieure destinée à se prolonger L

' « Après la sainte messe, il faut de toute nécessité faire l’action de grâces, et elle ne doit se terminer qu’avec la journée, » S. Alph., Ibid.

l’action de GRACES

Ce n’est sûrement pas trop de ces instants précieux que se réserve le Prêtre, pour bénir Jésus de l’avoir associé une fois de plus à son suprême Sacrifice et de daigner s’en servir pour renouveler dans l’Eglise les fruits divins de la Rédemption.

Si ces saintes considérations qui reviennent si souvent dans la vie du Prêtre, en raison de sa vocation et de sa mission sacerdotale, sont pour lui un aliment constant de vie spirituelle et de perfection, comprendrait-on qu’elles ne trouvent pas leur place toute naturelle à la suite de sa Messe, qui en est l’application actuelle et pratique ?

L’action de grâces du Prêtre devient un complément nécessaire de sa Messe. Il vient d’offrir un trop grand Sacrifice et de remplir une mission trop sublime, pour qu’il ne se recueille pas un instant dans la prière et la reconnaissance.

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