X. — Joies intimes du Prêtre qui célèbre
Ce n’est pas parce que le Prêtre est victime avec Jésus, au même titre qu’il est Prêtre avec Lui, que les joies intimes de son Sacerdoce sont diminuées. Tout au contraire, il possède les mêmes sujets de joie, et c’est encore à l’autel qu’il les trouve chaque jour.
Jésus, son Maître, a beaucoup souffert, parce qu’il a beaucoup aimé ; mais II a aimé ses souffrances, auxquelles s’alimentait son amour. Il avait voulu embrasser le sacrifice, et II y trouvait ses joies les plus profondes, parce que c’était pour Lui le moyen de glorifier son Père et de lui prouver qu’il l’aimait Son amour s’étendait aussi aux hommes qu’il était venu sauver, et la pensée de les racheter en mourant pour eux Lui était une joie indicible.
Le Prêtre voué à la même mission rédemp-
* « Qui vult venire post me, abneget semetipsum, tollat crucem suam et sequatur me. » Mat., xvi, 24.
2 « Aspicientes in auctorem fîdei et consummatorem .lesum, qui proposito sibi gaudio sustinuit crucem, confusione contempta. » Hebr., xii, 2.
trice, doit éprouver les mêmes joies surnaturelles. Il n’a qu’à considérer ce que Jésus a fait de lui, pour être heureux. Il n’a qu’à réfléchir un instant à l’œuvre sublime qu’il accomplit chaque matin à l’autel, pour goûter les mêmes joies qui remplissaient l’âme de Jésus montant au Calvaire pour sauver le monde.
Si Jésus a été si heureux dans la souffrance, c’est qu’il l’aimait K Le Prêtre ne peut l’être également que s’il aime assez Jésus pour trouver dans le sacrifice la joie de souffrir pour Lui.
Rien n’est comparable au bonheur du Prêtre qui se dit: «Je suis le Prêtre de Jésus». Rien ne peut l’inonder d’une plus grande joie, que la pensée de la tendresse de Jésus, qui lui a donné la même sublime mission que Lui-même avait reçue de son Père. Rien ne peut combler plus parfaitement ses désirs, que de réaliser dans l’allégresse de son âme les engagements sacrés qu’il renouvelle chaque jour à l’autel ; que d’être un Prêtre selon le cœur de Jésus, un Prêtre qui Lui ressemble, un Prêtre qui alimente sa joie et son amour à la source de la souffrance et du sacrifice.
Si le Prêtre, après tout ce qu’il a reçu et tout
^ « In hoc cognovimus caritatem Dei, quoniam ille animam suam pro nobis posuit. » I Joan., iii, 16.
ce que Ta fait son Sacerdoce, n’était pas souverainement heureux, il faudrait désespérer de rencontrer le bonheur sur la terre.