III. — Jésus est essentiellement ordonné au Sacrifice
Il suffit de considérer que Jésus est Prêtre, pour comprendre qu’il est en même temps Victime. Son Sacerdoce n’en laisse aucun doute. Il est si essentiellement et uniquement Prêtre, qu’il pourrait n’être pas tout le reste, ni docteur, ni législateur, ni tout-puissant en miracles, mais qu’il ne pourrait pas cesser un seul instant d’être Prêtre.
C’est dire que par une nécessité essentielle à
obtulisti Deo Patri hostiam puram et immaculatam in ara Crucis pro nobis miserls et peccatoribus, et qui dedisti nobis Carnem tuam ad manducandum, et Sanguinem tuum ad bibendum, et posuisti mysterium istud in virtute Spiritus Sancti tui, dicens : Hæc quotiescunique feceretis, in mei memoriam faciatis : ... tu es Sacrificium et Sacerdos mirabiliter, et ineffabiliter constitutus ! » S. Ambr., Orat. ante Missam.
sa nature II est voué au Sacrifice. Il est ordonné, de par la raison même et la fin de son Sacerdoce, à offrir un Sacrifice. Tant quTl ne Taura pas accompli, Tessentielle fonction de son Sacerdoce ne le sera pas non plus.
Son Sacrifice est Tunique raison pour laquelle son divin Père L’a fait Prêtre. LTncarnation n’existe qu’en vue de la Rédemption ; le Sacerdoce en Jésus, qui est son Incarnation, ne peut avoir qu’une forme essentielle finale, le Sacrifice.
Il nous faut donc considérer Jésus-Prêtre animé constamment des sentiments qui caractérisent un Sacrificateur. Il a à sa garde une Victime qui ne peut rester inactive. Elle réclame d’être offerte, et le Prêtre en fait son Hostie. Elle aspire au Sacrifice, et le Prêtre la maintient dans ces désirs d’immolation. Elle ne vit que pour mourir, et le Prêtre la conduira à la mort. Elle aura accompli toute sa mission en donnant sa vie, et le Prêtre accomplira pleinement la sienne en lui donnant la mort.
Nous contemplerons bientôt le dernier acte sacerdotal de Jésus le Prêtre Eternel; mais pénétrons-nous déjà de cette vérité capitale que Jésus- Prêtre ne peut pas ne pas être également le Jésus- Victime, et nous aurons par là même une compréhension plus grande de notre propre Sacerdoce,
dont le Sacrifice de la Messe est Tacte le plus sublime et le plus essentiel de notre vie sacerdotale.