DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE! DU GHETTO
Tracé «lu tour d'enceinte. — Principale entrée du ghetto. — La place 6iu> dea. — Les monuments <pm ':i décoraient. — La place du Temple. — Les « Écoles », la synagogue. — Sa description. — La Via Hua, la plus vieille des rues du ghetto. — Le Portique d'Octavie. — L'intérieur du ghetto. — Place Macello. Division du j-hetto en deux régions dis» tinctes. — Sa destruction.
La muraille qui enserrait le ghetto partait du pont Quattro Capi, rejoignait obliquement le Portique d'Octavie, en laissant en dehors le théâtre de Marcellus qui était aux Savelli, longeait la Via Pescheria, traversait la place Giudea, et redescendait ensuite vers le fleuve en suivant le Vicolo de' Cenci (1). Cette muraille était percée de cinq portes (2). A chacune d'elles
(I Leghelto se trouvait donc entièrement situé dans le quartier S. Angelo depuis la délimitation régionale faite au temps de Benoît XIV; auparavant, une partie était comprisedans le quartierdella Regola. (Behnahoini, Nuovo Ripartimento de' Rioni <li Huma. 1744.)
(2) On avait dû promptement renoncer à ne tolérer qu'une entrée et qu'une sortie comme l'avait voulu Paul IV; ces cinq portes se voient très nettement dans la vue panoramique du ghetto (plan La^ frerio), dont on trouvera plus loin la reproduction ; au temps de Léon XII, le nombre des portes était de huit.
étaient des gardiens chargés de les fermer à la nuit tombante et de surveiller les juifs I : la famille Mattei, dont le palais s'élevait non loin du ghetto, avait depuis des temps fort lointains le contrôle de cette surveillance. Inutile d'ajouter que la communauté devait en >upporter les frais (t> .
La principale entrée du ghetto se trouvait sur la place Giudea que décorait un portique en ruine, élevé, dit-on, par l'empereur Sévère (3), et dont l'architecte Giacomo délia Porta, qui contribua beaucoup à l'embellissement de cette région de la ville, fit plus tard une fort belle fontaine ornée d'une vasque en marbre ( i).
(!) Voici un arrêté du cardinal Borghèse 18 juin 1003) qui précise bien les obligations des juifs relativement à la fermeture du ghetto : « Legbetto doit être fermé à une heure de nuit, de la Toussaint à Pâques; à deux heures de nuit le reste de l'année 7 h. et 8 h. et ouvert le matin, à l'aube. Durant la fermeture, le portier peut ouvrir, en été jusqu'à trois heures de nuit, en hiver jusqu'à une heure et demie, et plus tard aux personnes restées en dehors pour une cause juste et nécessaire, et munies d'une attestation émanant d'un magistrat ».
Défense de laisser entrer dans le ghetto les chrétiens aux heures de nuit, sauf licence spéciale. Défense aux juifs d'entrer autrement que par les grandes portes et de donner un pourboire au portier, sous peine de châtiments corporels.
j |t;:; écus jô baiocchi annuellement aux gardiens, plus 27 t'eus 60 baiocchi auxhéritiers 'le l'architecte Fontana, pour le gardiennage dedeuxportes'/t'ï/- m gardaientpas. [MonoKi,Dict.JBoe{?«., t. XXI, 34.
(3) LnciDS Faims, De Aiitiquitatibus urlis Roncr I549j Mahli.am> est moins affirmatif. Topoç aphia, p. 116.)
(4) C'est cette fontaine que l'on voit au centre dans la vue de la
DESCRIPTION M! GHETTO :.i
Une porte monumentale mais d'aspect rébarbatif occupait le fond de la place et donnait accès sur une seconde place qui était comme le prolongement de la première. Jadis, elle portait le nom de place del' Mercatello, pareequ'au moyen âge les juifs avaient coutume d'y venir vendre leurs marchandises (1) ; mais depuis, les deux places, Tune extérieure, l'autre intérieure au ghetto, n'en formant pour ainsi dire qu'une, gardèrent le même nom. Cette disposition facilitait môme singulièrement les relations entre juifs et chrétiens, au point que Grégoire XIII dut défendre à ceuxci , sous peine de la mort, de se trouver dans le voisinage de la place Giudea, sans raison absolue (2). Aussi cette place était-elle le centre d'activité du ghetto; on y traitait les affaires, on y faisait les ventes à l'encan (3); de nombreuses boutiques, qu'on louait aux enchères au profit de l'hospice des mendiants, en encombraient les abords (4).
Quelques monuments, chose fort rare au ghetto, s'y
place Giudea (état actuel ). Jules II fit agrandir la place. ( De Reumont, Histoire de Rome, t. III1', 382.)
(1) On lit, dans le Çatasto del Salvatore (1419, p. 1971'), que Pernadelli Cenci, veuve de Matteo dell' Infessura, fut ensevelie dans l'église S. Tommaso del Mercatello, qui n'est autre évidemment qut' l'église S. Tommaso de' Cenci, voisine de la place del Mercatello.
(2) Édit. du protonotaire apostolique, Monti Valenzi, en date du 23 mars 1»73.
(3) Martinelu, Romaricercuta, p. 174.
(4) Ordonnance du 10 juillet 1610. Bibl. Casanatense.
I i. SAINT-SIÈGE BT LES Ji il S
élevaient. D'abord, en face de rentrée, un palais de
noble apparence mais fort délabré qui avait été jadis là demeure des Boccapadnli ( 1 ); puis, tout à coté, une maison que dominait une haute tour; elle appartenait à la famille Baroncini ; enfin trois églises : S. Leonardo. surnommée « In PlaleaJudxorum », qui occupait l'emplacement du palais Costaguti (2) ; S. Salvatore de' Baroncini ou de Baronchia, in Platon Judœorum (3), dont Alexandre VII ordonna la destruction, car, disait le pape dans un bref adressé au cardinal Carlo Barberini, elle est continue aux demeures sordides des jnifs et le seuil en est souillé par leur va-et-vient continuel (1657) (il ; enfin, une église plus importante dédiée aux saints martyrs Patermuzio et Caprete. qu'on rasa et dont les droits paroissiaux furent transférés à l'église voisine. S. Ângelo in Pescheria •> .
i; Lors de la création «lu ghetto, Prospero Boecapaduli dut le louer à des juifs, et sa famille résida dès lors dans le palais des Boccamazzi, situé sur la place Mattei. Bicct, p. 20 et doc. IV. IX.)
I \nceli.ieiu. 7/ Mercato, p. 204. Arefttvto del Salvatore, Catasto dt 1419, p. 104bet 182*.
Elle se trouvait située entre la porte du ghetto et S. Maria del Pianto et relevait de la basilique de S. Lorenzo in Damaso.
j P. At'iNnin. Notes '■ lites relatives m gheti . Archives du c.apitole.
(o) Bicci, X<>tizi'i 'lella famigHa BoccapaduH, Rome, 1762. Cette
égHse, qui avait une certaine importance, datait du douzième siècle
ex Urbani III bull. -, elle apparaît successivement sous les vocables
les plus divers : Pafermfoertb-, Paferraufc', Patrismoti, Patri Muoti;
quelques chapelles y étaient rattachées, et elle se trouvait sous la