DESCRIPTION DU GHETTO
Une ruelle obscure, le Vicolo de' Cenci, unissait la place Giudea à la place du Temple ou des Écoles, située à mi-distance du fleuve. Les cinq « Écoles » s\ trouvaient réunies autour de la synagogue, comme c'était l'usage (1). Ce n'étaient peut-être que des synagogues déguisées et leurs noms, rappelant des rites (2), le donnent à penser : Catalane, Sicilienne, Castillane, Nouvelle, du Temple (3). On y lisait chaque jour l'écriture sainte, on y discutait les intérêts de la communauté, on y formait les rabbins, on y recueillait les juifs malheureux, infirmes ou malades, car les hôpitaux chrétiens
direction d'un recteur. La famille Boccapaduli y avait sa sépulture; Giuliano Nardi di Boccapaduli y fut enseveli (Archivio del Salvatore, 1419, p. 101b) ainsi que Caprina, épouse de Antonio Boccapaduli, Lovisi Boccapaduli, etc. La famille Alessi y possédait également plusieurs tombeaux. (Catasto del Salcatore, 1451.) (I)Picart, Cérémonies et coutumes religieuses, t. I, p. 102.
(2) Pour les trois premières. Toutefois, il faut se rappeler que la juiverie romaine recueillit successivement les fugitifs des royaumes de Sicile, de Castille et de Catalogne.
(3) Basnage dit qu'il y avait à Rome neuf synagogues (liv. IX, 903). P. Adinolki, Notes inédites, pense qu'il existait une autre école plus ancienne dans le voisinage du pont Quattro Capi, et il cite, îil'appui de cette hypothèse, une inscription retrouvée près de ce pontet qui porte ces mots : « Congregatio sancta Quattuor Capitum ». Sur une autre inscription, découverte en creusant les fondations du collège Gregoriano, près de l'église S. Benedetto, on lit, en langue hébraïque : « La sainte synagogue, dédiée au Seigneur, de l'école Quattro Ca pin. 11 est fait également mention de cette école, mais d'une façon fort équivoque, dans un document du seizième siècle. (Inventaire des biens de Gio. BattistaYittori, Archivio del Salvatore, arme Yllt, mazzo VIII, n° 20.)
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leur étaient impitoyablement fermés. La synagogue au dehors ne se distinguait en rien des constructions a voisinantes ; on eût dit que les juifs cherchaient à cacher leur temple; mais, a l'intérieur, l'or et l'argent étaient répandus à profusion. Sur le parvis, on voyait reproduits, avec une merveilleuse (inesse, le temple de Jérusalem, les instruments du culte, les vêtements sacerdotaux, les cheroups ; les vitraux d'une des fenêtres, divisés en douze couleurs en souvenir des douze tribus, représentaient l'Urim et le Thumin; le tabernacle était placé en face de l'entrée, le long de la paroi orientale, et recouvert d'un voile brodé d'or (1).
Sur la place, une fontaine ornée de deux dragons perpétuait le souvenir d'un acte d'humanité du pape Paul Y. Avant lui, les habitants du ghetto devaient se contenter de l'eau fangeuse du Tibre ; c'est à peine si, dans la partie haute, se trouvait une maigre fontaine ~2 : quand le pape lit construire l'aqueduc qui porte son nom, pour amener de l'eau au Transtévère, il autorisa les juifs à en distraire gratuitement une partie, afin d'en alimenter une fontaine à l'intérieur du ghetto (3).
(1) Gregorovius, Mcordistorici, p. 99.
(2) D'après un document de l'Archivio de S. Angelo in Pescheria, en date du 26 octobre 1368.
(3) Cet aqueduc, appelé Acqua Paolo, était construit sur les restes d'un ancien aqueduc de Trajan et s'alimentait au lac Bracciano. Si cette eau était donnée gratis aux juifs, on les faisait, par contre, payer parfois fort cher pour des fontaines qui ne leur servaient de
DESCRIPTION Dl GHETTO
Une inscription commémorative était gravée sur la hase du monument.
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AQVAM. EX. AGUO. BRACH1 ANK.NSI .