‹ Le Saint-Siège et les juifsChapitre 25 sur 72 · I. \ PRAGMATIQ1 i · texte numérisé non relu

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pins. A l'époque «lu Purim, où c'était la coutume d'offrir des présents (1), il peul à la vérité envoyer

à sa fiancée «les friandises et môme du poisson (2), mais cet excès ne doit pas se répéter deux lois (3).

A en juger par la quantité d'articles relatifs aux friandises que l'on distribuait à toute occasion, fêtes, cérémonies religieuses, anniversaires, les juifs romains ne laissaient pas d'être quelque peu friands.

Durant la semaine des noces, les fiancés ne devaient pas sortir de chez eux, mais leurs amis leur tenaient ample compagnie et l'on festoyait beaucoup (I). La cérémonie s'accomplissait soit à la synagogue, soit, le plus souvent, à la maison du marié, soit même, à l'occasion, en plein air. Voici comment la décrit Léon de Modène (o) : « Pour célébrer cette action, les fiancés se

(i) Buxîorf, p. 359 : «Hoc die sibi invicem mittunt amicimunera discipuli prxceptoribus, domini servis, majores minoribus. Mimera ista non alia debent esse quant esculenta et potulenta », et il ajoute : « Festum hoc epulis vinoque generoso célébrant et honestant ».

(2) C'était alors un mets fort rare et fort recherché. Montaigne dit dans son Journal de voyage (Voyage en Italie (1774) : « On y a moins de poisson qu'en France », où il était déjà assez difficile alors de s'en procurer.

(3) A Metz, la fiancée ne pouvait dépenser en cadeaux plus de deux pour cent du montant de sa dot, ni en recevoir pour une somme supérieure à quatre pour cent.

(4) Buxtohf, p. 637.

(5) IVe partie, chap. ni. Onlitauchap. n: « Tout juif esl obligé de se marier, et les rabbins ont arrêté que ce devait être à dix-huit ans. Que celui qui en passe vingt sans prendre femme, est censé vivre en péché. » (Cf. Basn.vge.Hv. VI, chap. xxii.)

rendent à l'heuredont on est convenu dans une salle ou chambre, sous un dais, accompagnés de quelque musique, et en quelques endroits, d'enfants qui chantent sutour d'eux tenant des flambeaux en main. Tous ceux qui sont de la môme Bynagogue étant accourus, on met surlatète desmariés un thaled. Après quoi, les rabbins du lieu, ou le chantre de la synagogue, ou enfin le plus proche parent, prend une tasse ou quelque autre vase plein de vin et, après avoir béni Dieu, il donne à boire de ce vin à l'époux et à l'épouse. L'époux ensuite met un anneau au doigt de son épouse, en présence de deux témoins qui sont rabbins ordinairement, et lui dit : « Voici, tu es mon épouse selon le rit.' <!•' « Moïse et d'Israël ». Puis on lit l'écrit où l'époux s'oblige a la dot, à nourrir sa femme, h bien vivre avec elle. Après cela, on apporte une seconde fois du vin dans un nouveau vase, et, après avoir chanté encore six bénédictions, qui font sept en tout, on donne une seconde fois à boire aux deux époux et on jette ensuite le reste du vin à terre, en signe d'allégresse. Après quoi, le vase étant vide, on le donne à l'époux qui, en le jetant à terre de toute sa force, le met en pièces, alin de mêler dans la réjouissance une idée de la mort. Cependant tout le peuple qui est présent crie : A la bonne heure! Puis on se retire (1) ».

(1) Basnage, liv. VI, chap. xxn, ajoute un détail fort curieux : « Les anciens juifs couronnaient les mariés; l'époux portait une

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Cette cérémonie s'accomplissait en général le matin; ensuite, on laissait seuls les nouveaux époux, el le soir, on se réunissait de nouveau autour d'un somptueux lest in il).

Ordinairement on choisissait pour la célébration du mariage un mercredi, car le tribunal devant lequel le mari aurait pu, s'il avait soupçonné certaine irrégularité, déférer sa femme aussitôt après la consommation du mariage, se réunissait toujours le jeudi. S'il s'agissait «l'une veuve, un semblable soupçon n'étant plus de mise, on se mariait le jeudi (2). Le samedi qui précédait la cérémonie, il y avait festin à la maison de la fiancée; le jour même des noces et le samedi suivant, chez son époux. En cette occasion, la Pragmatique se montre débonnaire ; elle permet tout ce qu'elle a coutume de défendre (3) : le luxe des vêtements, les bijoux, de nombreux convives, des plats abondants.

couronne composée de sel et de, soufre. Le sel était transparent comme le cristal et l'on y traçait avec le soufre diverses figures. La couronne de l'épouse était ordinairement d'or, faite en forme de tour. » Il ajoute : « Cet usage est fort ancien chez les païens, de qui les chrétiens l'ont emprunté. Et le couronnement des époux fait aujourd'hui une des principales cérémonies du mariage chez les Grecs ». Ceci est vrai encore de nos jours; ce n'est pas, au reste, le seul point de ressemblance entre les deux cérémonies.

(1) Voir J. -P. Steimiki.in F. R. S. Traditions oftheJews.

(2) Buxïoiik, p. 627.

(3) On était plus sévère à Metz : il ne fallait pas inviter plus de vingt personnes, non compris quatre pauvres que l'on devait faire participer au banquet pour se conformer à l'usage.

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« On commence gravement le repas, dit Basnage l . à cause de la désolation de Jérusalem, mais la triasse se dissipe bientôt. Le premier mets qu'on sert à l'épouse est une poule avec un œuf cm. On déchire la poule dès le moment qu'elle y a goûté, et on jette L'œuf au nez d'un chrétien, s'il s'en trouve quelqu'un. » .Mais la Pragmatique reprend toute sa rigueur dès qu'il s'agit de présents; elle les interdit absolument, imitant en cela les lois romaines *2 .

La veille du jour de la cérémonie, la jeune tille se rendait au bain. Il fallait que l'eau lui passât absolument surtout le corps et même y pénétrât ; elle devait tenir de temps en temps la bouche ouverte, étendre les bras, élargir les doigts (3). Une bague qu'elle aurait négligé d'enlever rendait le bain inutile. Un grand nom-

I Basnage liv. VI, 500), cite textuellement ici, sans le mentionner. Boxtorf, p. <>37. Cela lui arrive parfois.

J Llles défendaient, par exemple, au mari de donner à sa femme plus d'une rube: celle-ci ne devait apporter, en entrant en ménage, que des vêtements en usage: il était interdit de faire l'exposition du trousseau, d'échanger des cadeaux. (Bulle Quoniam nos » ; Moikim. Wet. ecdts.. art. Imsso;

Les juifs devaient se trouver souvent fort embarrassés pour satisfaire en même temps aux prescriptions de la religion et à celles de la Pragmatique. Ainsi la coutume, appuyée sur certains textes, \geait que le fiancé envoyât à sa femme, entre autres cadeaux, une ceinture dorée et que celle-ci lui renvoyât une ceinture argentée. Moins hardi que Picart Cérémonies et coutume* religieuses^ noua itérons pas, même en latin, de donner l'explication de ce singulier usa.

(3, Picart, Céremoniei et coutumes religieuses, 1723, t. I. I L0.

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