VI
Report 4.861 3.907 3.626,57 2.851,57
Charge résultant du compr is
du Jus Qatagà » Sun 150(1 »
Traitement <ln frère prêcheur
Entretien et nettoiement des
rues » 50 » l.'Jo
Entretien et garde des portes
du ghetto » 100 80,80 82,80
Dons et offrandes obligatoires,
à l'occasion de Noël, du carnaval, du 1er août » » 234,22 198,30
Loyers des maisons apparte
nant à certaines paroisses (3). » » » 107, .'iO
Dépenses décennales » » » 104,96
hivers » » !»l 799,26
Totaux 4.861 4.857 4.482,:;<J 4.179,99
Ces dépenses décennales, que l'on voit apparaître à la fin du siècle dernier, étaient des dépenses extraordinaires, il est vrai, mais qui, étant donné le cours des choses, acquéraient une périodicité telle qu'on
l'entretien n'avait pas coûté en tout plus de treize écus, d'après les livres mêmes des directeurs des prisons.
Cette mesure, qui donna heu à bien des controverses, avait été prise par Urbain VU! (Bulle « Cum sicut aùcepimiu », 18 octobre 1G3.1. , malgré l'avis fort sagement motivé du tribunal de la Rota.
(1) Depuis la réduction de 12 pour cent sur les loyers consentie par Innocent XII.
2 Voir ci-dessous, chapitre xix.
(3; S. Angelo in Pescheria, S. Tommaso, S. Maria in Monticelli.
■>:\r, LE SAINT-SIÈGE ET LES JUIFS
pouvait les considérer comme normales : il s'agit des dépenses imposées à la communauté à chaque élection d'un pape. Le détail en est intéressant.
Coupe et aiguière offertes au vicaire lors de son
entrée solennelle dans la ville 1 50 écus
Solde des soldats chargés de veiller à la sûreté
du sacré collège, en temps de conclave 272,9b
Dépenses diverses lors de l'élection d'un pape. . 86,38 Dépenses faites à l'occasion de l'intronisation.. 270,30 Impenses pour l'ameublement et l'ornementation des chambres des conclavistes I ÎO
Divers 1 30
Total 1.049,63
Soit, par période de dis ans. durée moyenne de chaque pontificat 1 04,96
Donc, le montant des dépenses ordinaires oscillait entre quatre et cinq mille écus, tendant plutôt à diminuer à mesure que s'appauvrissait le ghetto. D'autres charges, non pas obligatoires mais tout aussi indispensables, vinrent toutefois compenser et au delà cette diminution et rendirent critique la situation financière du ghetto.
Faisons observer, avant d'aller plus loin, que la totalité de ces impositions n'incombait pas à l'université juive; par exemple, les loyers des maisons appartenant aux paroisses voisines étaient remboursés par les locataires de ces maisons; la communauté ne servait que d'intermédiaire, intermédiaire responsable, il est vrai. D'un autre coté, une partie des débours res-
tait dans le ghetto, telles que les appointements de certains fonctionnaires, les dépenses faites pour l'entretien des mes, etc. On estimait à < inq cents écus la somme ainsi employée annuellement.
Les dépenses nécessaires, mais non obligatoires dont il vient d'être parlé, étaient les dépenses charilahlo, dont le montant s'accrut avec la misère générale et linit par atteindre le chiffre exorbitant de Huit mille écus par an, ainsi répartis (1702) :
Aumônes distribuées chaque semaine 2.500 écus,
Secours dont le trésorier de la communauté
avait la libre disposition 2 . 300
Achats de pain, de vin , de viande et de vêtements pour les indigents i .200
Achats de viande et de médicaments pour les
malades et salaire du chirurgien-barbier. . . (J0o
Dots aux jeunes filles pauvres 000
Divers 300
Total 8.000
Cette somme considérable n'était pas, au début, prélevée sur les ressources du ghetto, mais sur les revenus des quatre institutions pieuses que possédait la juiverie et que de nombreux legs avaient enrichies; de plus, douze quêteurs parcouraient journellement le quartier pour solliciter la charité publique. Une bulle de Clément VIII (1 ) et les lois romaines s'opposaient, en effet, à ce qu'on pourvût à ces dépenses au moyen d'une taxe.
(1) Bulle « De bono regimine ».
.Mais, avec le temps, le chiffre des aumônes atteignit oeuf mille écus 1 1. Des familles opulentes jadis étaient réduites à implorer la charité publique (2 ; ainsi, les Deodato, qui possédaient, au dix-septième siècle» plus de douze mille écus, les Emmanuel Todesco, qui en avaient sept mille, étaient absolument ruinés (3). Les charges augmentaient en même temps que les ressources diminuaient.
On fut contraint d'enfreindre quelque peu la loi et d'imposer aux. traficants du ghetto un droit nouveau de dix baiocchi par cent écus sur tous les achats et toutes les ventes qu'ils faisaient; encore, malgré cet expédient, dut-on bientôt recourir de nouveau aux quêtes faites par les fattori (4). C'était donc là une nouvelle et très forte charge qui incombait à la communauté.
(1) Dons faits chaque semaine parles cinq synagogues à leurs pauvres respectifs : i .500 écus.
A la Compagnie de la Mort pour venir en aide aux malades et pourvoir aux enterrements. s"i>
Subvention à l'école des jeunes gens et des jeunes filles. 1.500
Entretien de l'hospice des vieillards 30 pensionnaires coûtant en moyenne de 20 à 30 baiocchi par semaine . 500
Subvention à des congrégations hospitalières et autres œuvres pies. i.80o
■i Recueil « Ml' Mustrissima ».
3 li. Arcliivin di Stato.
i Recueil « AU' Mustrissima », doc. 44, i S.
Le total «lèses dépenses annuelles se trouvait don» porté, de ce chef, ;i quinze mille écus en moyenne.
Or, nous verrons plus loin que ses ressources étaient fort loin d'atteindre ce chiffre et tendaient, tout au contraire, à diminuer
La révolution française, qui bouleversa tant de choses en Italie, ne modifia pas cette situation lamentable. Voici l'état des dépenses du ghetto en 1801 (1).
Charges fixes :
Redevance due chaque année au Capitole (impôt des jeux, entretien du port
de Fiumicino) 831,57
— aux catéchumènes 1 .100
— aux néophytes 300
— au gardien des portes 27,60
— au prêcheur 73,60
Taxe pour l'eau 3,60
A divers fonctionnaires 7 23, 20
Dépenses obligatoires :
l'our les juifs étrangers 120 écus.
— — prisonniers 280
— les frais de justice 170
— les lits fournis aux pauvres 160
— les aumônes. 530
— les offrandes (Noël, 1er août) 250
— l'entretien des fontaines puhliques 180
Report 3.03
Divers 268
Total '6 . 0 1 7 , :;7
(1) R. Archivio di Stalo.
N'est-ce pas un fait curieux et digne de remarque, de voir la communauté israélite de Rome vivre ainsi, pendant près de trois cents ans, dans un état de déficit permanent et trouver cependant moyen de faire face à ses charges et même à ses aumônes? Avec quoi? Avec l'argent des chrétiens, ainsi qu'on va le voir.
LE SAINl-SIKCi:.