CHAPITRE XX
LA MAISON DES CATECHUMENES
Les catéchumènes au moyen Age. — Huile de Jean xxil en leur faveur. — Leur situation malheureuse à Rome. — Ignace de Loyola les prend en pitié. — Avec l'aide de Jean de Sorano, il institue une confrérie chargée de les recueillir. — Paul 111 la dote de privilèges. — Développement de l'institution. — Ses revenus et ses dépenses. — Accroissement du nombre des catéchumènes. — On agrandit leur monastère. — Couvent des jeunes filles catéchumènes. — Miracle survenu dans l'église Santa Maria de' Monti. — L'église est donnée à la confrérie des catéchumènes. — On y adjoint un nouvel hospice pour les catéchumènes.
S'il est vrai qu'on ne songea que fort tard à Rome à augmenter le nombre et à assurer la fermeté des conversions, il faut reconnaître que bien longtemps auparavant, on s'était préoccupé du sort des catéchumènes de plein gré, si je puis m'exprimer ainsi.
Une bizarre coutume s'était introduite, dès le commencement du moyen âge, dans presque tous les pays d'Europe, qui devait singulièrement en restreindre le nombre. Sous le prétexte spécieux que le néophyte, en renonçant à ses erreurs, devait aussi renoncer à toute sa vie passée, détruire en lui le vieil homme, et, si l'on
LE SAINT-SIEGE ET LES .il IFS
ose 'lire, faire peau neuve, on le dépouillait, sans vergogne, de tout ce qu'il possédait, au profit de son seigneur; il lui fallait commencer son existence de chrétien dans le pins absolu dénuement. Les grands, qui se partageaient ses dépouilles, les pauvres qui en récoltaient toujours quelques bribes, goûtaient fort le procédé, mais il n'était guère de nature, ce semble, à encourager beaucoup les conversions. On fut longtemps à s'en apercevoir. Jean XXII s'opposa le premier à cette pieuse spoliation (1), timidement, il est vrai, et sans grand succès bien que Charles VI, en France : Jayme II, en Aragon; Henri IV, en Castille, eussent publié des édits pour imposer à leurs vassaux le respect de la volonté du pape (2 .
Ce fut en vain, l'abus était trop général, la tentation trop forte; une bulle de Paul III nous apprend que, de son temps, cette étrange coutume se pratiquait encore presque partout (3).
A Rome, au moyen âge, rien de semblable. On ménage les juifs, même lorsqu'ils deviennent chrétiens. Les papes protègent paternellement et très efficacement les convertis; ils les favorisent même. Elia Levita devint jésuite et nonce; Tzarphati, ami et confident de
l Bulle « Ctim $it absurdtm » , l'> juin 1320.
(2) J. Mamllon, Vetera Analecta, t. III, iill. Voyez aussi la bulle de Nicolas V qui confirme ces édits. (Moroni, t. XXI.)
(3) Bulle « Cupientes Judseos », 21 mars 1542.
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Jules III (I); un membre de la famille Branca estélevéà la dignité de camerlingue du pape (2); le banquier Pierleoni est riche et respecté, si riche et si respecté même qu'on voulut faire de son petit-iils un pape; il esl vrai qu'on ne réussit qu'à en faire un antipape.
J)e très loin, les juifs que le doute avait saisis venaient à Rome faire acte de contrition; en l'anuée 1388, il y en eut une si grande aflluenec que le pape dut prendre à leur égard des dispositions spéciales (3). Apparemment, dans le sanctuaire de la foi, sous l'œil bienveillant du souverain pontife, la transition les effrayait moins.
Cependant, si on ne dépouillait pas les néophytes, on ne les respectait guère, malgré la protection du Saint-Siège; par cela même qu'ils étaient des apostats, on les traitait en parias. Ne sommes-nous pas délicieusement inconséquents? Qu'un homme pense différemment de nous, nous le méprisons, car nous nous imaginons sans doute posséder seuls la vérité; qu'il se rallie à notre façon de voir, nous ne l'en méprisons aussitôt que davantage.
Repousses des chrétiens, abhorrés de leurs anciens coreligionnaires, les néophytes ne parvenaient qu'à
(i) Basnage, liv. IX, 863.
(2) Félix de Branca, Camcrarius Caméra: Aima? Urbis. .Catasto del Salvatore, 1419.)
(3) R.vyxaldis, 1388, X.
urand'peine à se faire tolérer et rarement à vivre en paix. Plus (Tune lois, on les vit, de guerre lasse, renoncer à la lutte et « retourner à leur vomissement ». Cet état de choses durait encore au milieu du seizième siècle.
Il y avait alors à Rome, un homme que le prosélytisme dévorait. C'était un pêcheur d'Ames. Il venait de fonder, avec l'agrément du souverain pontife, une société dont le but était de soutenir les défaillants, d'encourager les hésitants, d'éclairer les ignorants; je veux parler d'Ignace de Loyola. Ignace s'émut de la triste situation des juifs qui abjuraient I
Précisément vers le même temps, un certain Giovanni di Sorano (ou Torano), recteur de la paroisse de S. Giovanni Battista in Mercatello (2) , poursuivait le même but. Ses intentions n'étaient peut-être pas aussi pures que celles du fondateur de la Compagnie de Jésus, comme on le verra plus loin, mais son œuvre n'en était pas moins digne d'intérêt.
Paul III, l'esprit hanté de l'idée de grossir les rangs des fidèles qui, chaque jour, allaient s'éclaircissant, la prit à cœur. Loyola apportait son enthousiasme communicatif ; Giovanni, son activité et quelque peu d'argent; le pape apporta des privilèges, des immunités. La bulle qu'il publia, à cet effet, le 21 mars 1542, pour n'ê-
(1) Pedro de Ribadeneiha, Yita hjnatii Loiolea, {'611.
(2) Actuellement S. S. Venanzio ed Ansovino, au pied du Capitule.
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trépas la première sur cette matière, n'en a p;>s moins une importance capitale, parce qu'elle ouvre, pour ainsi dire, une ère nouvelle aux néophytes (1),
« Il faut, dit le pape, entourer d'égards et de soins les hétérodoxes qui viennent à nous, et non les maltraiter; leur tendre une main secourablc, leur aplanir la voie », et Paul III ordonne, en conséquence, que le droit de cite leur soit accordé dans la ville où ils auront reçu le baptême, que nul ne s'approprie leurs biens; qu'au contraire, il soit fait, au moment de leur conversion, un inventaire rigoureux des richesses de leurs parents, afin que ceux-ci ne puissent point les frustrer de leur part d'héritage. Bien plus, il se prévaut d'un argument plus ingénieux peut-être que solide pour déclarer que les biens des catéchumènes, même amassés par des pratiques usuraires, leur demeureront acquis, si Von ne peut découvrir celui qui a été lésé (2). « Mais, ne négligeait-il pas d'ajouter, il faut, pour éviter qu'ils ne retombent dans le gouffre des ténèbres, les surveiller étroitement, éviter qu'ils ne fréquentent leurs coreligionnaires, même leurs plus proches parents, et les
(1) Bulle « Cupientcs Judwos ». Voyez : Const. Magni décréta deJudxis (Migne, VIII, 384) ; conciles de Latran, de Tolède (633-693) ; bulles « Sicut Judn'is non débet », d'Honovius III; «Turbato corde », de Nicolas IV; bulles de Jean XXII, Eugène IV, Nicolas V, Léon X.
(2) §1. « Quiabona ipsa essent per manus Ecclesix in pios mus conoertenda, bona huiusmodi eisdcm jucheis et aliis infidclibits, in favorem suscepti bajitismatis, tanquam inpiiun usum, concedimus ».
menacer des plus durs châtiments s'il leur arrivait de montrer une foi peu solide ».
C'est là toute la politique de L'Église envers les
catéchumènes : Se garder d'employer la violence pour provoquer les conversions, « car celui-là n'est pas vraiment chrétien qui est venu au baptême, non pas de luimême, mais par force (1) »; les solliciter, au contraire, par la douceur, par l'appât îles bienfaits spirituels, sans oublier à l'occasion les temporels; une fois la conversion obtenue, ne rien négliger pour la rendre définitive; entourer le néophyte d'une barrière infranchissable, et, afin d'assurer son bonheur, l'assujettir à une discipline sévère. Douceur avant, rigueur ensuite.
Ainsi armé des foudres et des indulgences du Saint- Siège, Giovanni di Sorano entreprit de mener à bonne lin l'œuvre qu'il avait ébauchée; un édifice, voisin de l'église S. Giovanni Battista fut disposé pour recevoir les catéchumènes; l'église elle-même, où ils devaient être instruits, fut restaurée par ses soins. Quelques personnes pieuses se joignirent à l'apôtre et une nouvelle confrérie se forma, sous l'invocation de saint Joseph.
Le pape intervint encore. Le 19 février 1513, il publia une bulle dans laquelle il reconnaît la confrérie et lui octroie des privilèges nombreux (2) : dispense de tout
I) Bulle d'Urbain V « Skut Judaeis », qui emprunte cette maxime ii saint Grégoire. Episi. liv. I, rav; Cf. Léon VU, Epist. XIV; Innocent III, Hvvvvi.i.k, 1199, LTV.
(2) Bulle « fllitts, qui /•/••. dominùà ».
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impôt, présent ou à venir, Faculté d'accorder des indulgences, autorisation de posséder, de recevoir des legs, droit de suprématie <'t môme de juridiction sur les institutions analogues qui viendraient à être fondées ailleurs. La confraternité reçut même, pour bien marquer la supériorité qui lui était accordée, le titre envié d'archiconfraternité. En outre, une autonomie presque complote lui était laissée; elle aurait la gestion de ses biens, la direction absolue de ses pupilles, désignerait elle-même son confesseur, ce qui était un privilège recherché, et nommerait son chef; finalement, avantage des plus appréciables, un cardinal serait chargé de la représenter à la cour pontificale et déjuger, à l'exclusion de tout autre magistrat, sans délai et sans appel, tous les procès relatifs à la communauté (1).
Le nombre des membres de la confrérie fut fixé à douze; tout naturellement, Giovanni di Sorano en devint le supérieur. Mais voici que quelques années plus tard, Giovanni, plus apte sans doute à enseigner qu'à pratiquer les règles de la morale, se trouvait en
[l] « Sine strepiturt figura judici » dans S, 7 de la bulle « Dudum postqitam »,de Paul IV. Cette juridiction particulière fut supprimée, comme toutes les juridictions de ce genre, par Innocent XII (bulle « Ad radicitus submovendum », 31 août 1692). Clément XI, à la prière desnéophytes, qui prétendaient que, depuis cette mesure, leurs intérêts étaient sans cesse lésés , consentit à ce que toutes les causes qui les concernaient fussent portées devant lui. (Constitution LXX, 21 janvier 1705.)
prison [i). Cet incident faillit compromettre l'œuvre naissante; de nouveau, le Saint-Siège vint à son secours. Jules III avait succédé à Paul III; au pape sévère, un pape d'humeur moins austère; il décida que toutes les dotations, tous les privilèges accordés au fondateur, seraient transférés au cardinal Innocent de Monte Aretino, protecteur de la communauté et propre neveu du pape. En même temps, il l'en nommait directeur. Le pape avait de ces faveurs. Depuis lors, les deux fonctions ne furent plus séparées.
Sous la direction du cardinal, l'institution des catéchumènes prit un développement inattendu ; les conversions affluaient.
Le tableau ci-contre indique le détail des sommes encaissées par la confrérie depuis le premier janvier 1 56S jusqu'à la fin du mois d'avril KJ68, date probable de la mort du cardinal Saraceno (2) :
Impôt sur les synagogues : Komagne oil,30 écus
— — Patrimoine 639,70
— — Marches i .269,80
Campagne de Home 970,80
— — Ombrie 340
— — Bénévent 216,50
— Rome '** S
A reporter 4.423,10
(1) Bibl. Casanalense, édit. 1 14.
2 Bibl.Vat. Cod. Vat. 6792. (Collection de pièces.)
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Report 4.423,10
Bologne (1) 455,32
l'an'» 35 »
Avignon et Carpentras (2). 324,58
Total 5.238 »
Taxe des jeux Marches) (3) B i0,02
Amendes 193,28
Itons du pape, des chrétiens, rentes reçues du montde-piété, etc 3.77:1,17
Total général 10.154,34
Les dépenses s'étaient élevées, durant cette période, à peu de chose près à la même somme, mais on remarquera que rien ne manquait aux catéchumènes, pas même un maître à chanter.
Vin 546,48 écus
Viande 750,20
Blé 452,48
Pain 76,82
Divers (4) 1.622,11
Bois 64,77
Huile 45,22
Eau 28,51
Divers 228,81
A reporter 3.815,40
(1) On voit par là que la juiverie de Bologne était plus importante que celle de Rome.
(2) Après que Ferrare et Urbin eurent été annexées au territoire du Saint-Siège, on imposa aux juiveries de ces deux cités la taxe de dix écus. Urbain "VIII, bulle « Cum alins pt'as », 17 mars 1636.
(3) Sans doute pour être dispensé d'y figurer.
(4) Le Capitole fournissait le sel gratis.
Report 3.815,40
Habillement K9,68
Toile, couvertures 512,59
Savon, cendres 100,20
])i\ers 38,16
aumônes. 501,58
s icoura au néophytes 8J22U
Location de chambres pour les néophytes
qui n'habitent pas au couvent 136,35
Dots 488,35
Église 108.J-'
Achat d'un encensoir 76,30
Salaire du directeur 13,78
Barbier 27
Confesseur 3 * ■
Homme de peine 27,10
Médecin 59
Prêtre 185,58
Cuisinier .{7,58
Maître à chanter 17
Portier 12
Divers 265,27
Entretien des bâtiments 732,23
Location d'immeubles et achats divers I ..i!)G,5(i
Vieux comptes M),54 tO,54
Total général 10.068,58
En 1556, le cardinal Michèle Saraceno avait succédé
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au cardinal Innocent dans les fonctions de directeur de la maison des catéchumènes. C'était un érudit, versé dans la connaissance des langues orientales, un homme énergique et zélé, redoutable de toutes façons aux juifs.
Ils ne tardèrent guère à s'en apercevoir. L'impôt des synagogues ne rentrait pas, les juifs se résignaient bien, mais payaient mal; ils trouvaient mille raisons pour ne pas s'acquitter de cette taxe, une de celles qui les révoltaient le plus. Le cardinal, qui n'entendait pas être frustré de son dû, fit parcourir le pays par des émissaires chargés de la percevoir et munis à cet effet des instructions les plus rigoureuses (1).
A peu près vers cette époque, il obtenait de la princesse GiuliaColonna la cession d'une maison spacieuse, où il se hâta d'installer ses pupilles; il se trouva que cette maison, située sur la place Margana, était précisément celle où avait longtemps vécu l'instigateur de tout ceci, Ignace de Loyola (2).
Saraceno, en môme temps, donnait une nouvelle organisation à la confrérie, plus en rapport avec son extension, carlenombre des catéchumènes augmentait sans cesse. Bien que le temps d'épreuve fût, en général, assez court, il y avait toujours en moyenne vingt à trente femmes au couvent de la place Margana, et presque autant déjeunes gens au monastère. Les sévères mesures que
(1) Bibl. Vat. Cod. Vat. C792.
(2) Bulle « îllius, qui illuminât », Alexandre VII, § 3.
venait de prendre Paul IV contre les juifs (1555), n'étaient peut-être pas étrangères à cette recrudescence. Si la race juive ne disparut pas alors à Rome, c'est qu'elle semble avoir trouvé partout dans la lutte et l'oppression, de nouveaux éléments de vitalité et d'expansion.
Une telle aflluence était un embarras; Pie V dut désaffecter la commanderie et le prieuré de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, pour y installer les jeunes converties; il combla la communauté de faveurs, lui attribuant, entre autres, les biens et les revenus de l'c^lise voisine, S. Maria Annunziata, une des plus riches de Rome (1). Cette fois, le local était ample; les catéchumènes s'y trouvaient encore cinquante ans plus tard.
La confrérie allait d'ailleurs profiter d'un événement inattendu et fertile pour elle en heureuses conséquences.
Entre le Viminale, l'Esquilin et le Quirinal, s'élevait une église, desservie jadis par les religieuses de l'ordre de Sainte-Claire, mais depuis longtemps abandonnée. Elle tombait en ruine; même, on en avait fait un dépôt de fumier. Or, voici que dans la nuit du 25 au 26 avril 1579, la terre s'agita tout autour de l'église; les maisons voisines furent ébranlées, tandis qu'ailleurs on n'éprouvait rien. Durant deux nuits consécu-
(1) Bulle « Sacrosanct;e », 29 novembre 1366.
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tivcs, le même prodige se répéta; enfin le troisième
jour, un enfant qui travaillait à l'intérieur de l'église à remuer du fumier, entendit une voix qui se lamentait. L'église fut aussitôt déblayée et l'on y découvrit une image de la Vierge, dont la puissance miraculeuse ne tarda pas à se manifester par des signes non équivoques. Le peuple accourut; le pape vint aussi, en personne; les miracles se multipliaient. Laura Fregoso, à qui appartenait le terrain, en fit don généreusement au Saint-Siège.
Le cardinal Sirleto, successeur de Saraceno, et non moins attaché que lui au succès de son oeuvre, songea aussitôt à tirer parti de cette circonstance. II plaida habilement auprès du saint-père la cause de ses protégés et obtint, malgré une vive opposition de la part du public, qu'on cédât à la confrérie la possession de l'image toute-puissante (1). Toutefois, ce fut à la condition qu'une église plus décente fût élevée à la Vierge.
Dès l'année suivante, l'antique chapelle était effectivement remplacée par un superbe monument, auquel on donna le nom de S. Maria de' Monti, à cause de son voisinage des trois collines, et sur la façade duquel une pompeuse inscription rappelait la bienfaisance du pape envers les malheureux catéchumènes (2). Cha-
(1) Voyez bulle « Salvatoris nostri vices », Clément XI; Desaïzivnc di Borna, 1766, p. 34; Moroni, art. Neofiti.
(2) Descvizione di Borna Moderna, 1727, p. 640.
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que samedi, on montrait aux fidèles l'image vénérée;
elle procurait la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, et beaucoup d'argent à la confrérie.
Un certain nombre d'années plus tard, en 1G35, le monastère fonde par Giovanni di Sorano, et dans lequel les hommes étaient demeurés jusqu'alors, fut abandonné à son tour, comme trop étroit, et un vaste monument, destiné à recevoir les hommes et les femmes en voie de conversion, était construit, dans le voisinage immédiat de l'église, grâce à l'activité et à la générosité du nouveau protecteur de la communauté, le cardinal Antonio Barberini (1).
C'est là que demeurèrent les catéchumènes, alors même que le soin de leur conversion eût été conliô à d'autres mains. Lorsque Clément XI transféra tous les privilèges et tous les biens de la confrérie de Saint- Joseph, ainsi que la protection des catéchumènes, aux « PU Opérai » '2), les grandes lignes de l'œuvre ne furent point modifiées et elles ont subsisté, jusqu'à ce jour, telles que les avaient conçues Ignace de Loyola et son disciple, Giovanni di Sorano.
(i Ihi'h. p. 642 et Urbain VIII « Motu proprio », en date du 13aoùti6:iK (2) Bulle tSalvatoris noslri vices », 2 janvier 171 1.