LE QUAUTIEH DES JUIFS A ROME
mense cirque 3Iaxime, que l'on voyait encore, il y a quelque quarante ans, le cimetière israélite, tout embroussaillé de ciguës et d'orties, avec ses murs croulants et ses tombes blanches, dépourvues de toute inscription (ainsi le voulait la loi) (1). Peut-être cet emplacement fut-il imposé à la communauté. Touchant presque ce cimetière se trouvait celui des suppliciés, et les chrétiens se plaisaient parfois à ces rapprochements.
La nouvelle synagogue, construite aussitôt après la destruction définitive de celle du Transtévère, consumée par un incendie en 1268 (2), s'élevait, également sur la rive gauche du Tibre, près de la place Giudea et du palais des Cenci (3), à l'emplacement qu'elle occupe encore aujourd'hui. C'est à son ombre que naquit, vers 1313, le fameux tribun Cola di Rienzo (4) . Moins grande^
Martinelli, Aoma nVercata, p. 53. Bernardini, p. 19*2.) Quant à son ancienneté, voyez BivRUAM g, Topographia, i588, f. 124*', qui en parle comme d'une chose existante depuis longtemps déjà. Il dit qu'il se trouvait au Champ de Mars ; or^ c'était alors la croyance du vulgaire que le Champ de Mars avait dû être situé entre l'Aventin et le fleuve. (Ibid. f. 8, il2.) I/ouvrage anonyme intitulé : « Roma antiqua distinta per regioni 1741 », p. 159, confirme cette opinion. CVst par erreur sans doute que Martinelli iloc. cit.} fixe la création de ce cimetière au pontificat d'Innocent X.
(1) GREGOROVIUS,ii/C0r(il, p. *.>0.
(2) Voyez l*clégie composée à cette occasion par le poète juif R. Jechiel b. Jekutiel. (Jl.ng, Literaturgeschichte, Poea., p. 351.)
(3j LuDovico MoNALDEsciio, dans Muratori, R. I, Saiptores^ t. XU, 539. Bulles d'Urbain Vi et de Boniface IX.
(4) « Fo nato nello rionc de la Reola, sio haviUUio fo canto (/♦» /lume, fra li mulinom, dcreto de Santo Tomao sotto lo tempio de
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moins riche que la précédente, car les temps étaient bien changés, elle n'en était pas moins Tobjet de la plus profonde vénération de la part de tous les juifs italiens (1).
Cette synagogue était évidemment un centre. Les juifs se pressaient à Tentour, de même que les Sardes s'étaient groupés dans le voisinage de S. Maria Maggiore; les Saxons, près de S. Michèle in Sassia; les Grecs, de S. Maria in Cosmedin ; les Francs et les Lombards, au Vatican. Ils obéissaient là non à une loi, mais à cet instinct qui pousse invariablement des compatriotes, habitant une ville étrangère, à se rapprocher, à former des colonies. Or, les juifs, malgré une longue cohabitation, étaient considérés par les Romains et se regardaient eux-mêmes, comme des étrangers (S). (^uoi de plus naturel qu'étant d'ailleurs fort peu nombreux, ils aient senti le besoin de se rapprocher pour s'entr'aider (3j?
li Judici istc). » Vita di Cola di Rienzo smtta da incerto autore. Dans un manuscrit de la Bibl. Angclica se trouve la leçon suivante : « Fo nato ne ïo Ilione de la Reohi, sio havitatio fo canto de fiwne, fra H molinora, ne la vm che va alla Reola, solto lo tcmpio de li Judei «>.
[{) Voyez p. 77.
(.2) Voyez plus loin, chap. ix, pour la cérémonie de l'hommage qui caractérise bien cette situation.
(3) A Florence et dans d'autres villes d'Ualie, à Venise, par exemple, les juifs vivaient, sans y être obligés, dans une môme rue. Voyez, Perrkns, Histoire de Florence, t. IV, 474, note 1. Dahi, Histoire de Venise, XIX, Ui,