‹ Le Saint-Siège et les Juifs: le ghetto à RomeChapitre 16 sur 67 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

As|>ocl de la pupulalioii du gliello. — Son entassement extraordinaire. — Conséquences : éliolemenl, démoralisation. — Ce qu'en disent les écTiFains juifs. — Dureté des pai>es envers les femmes juircs. — Mortalité très éleTée. — Les épidémies au ghetto. — Les expatriations. — Les abjurations. — Causes d'accroissement. — Immigrations. — ConTcrsions au Judaïsme. — Nombre des juifs romains aux diverses époques.

a Le ghettOy écrit Massimo d'Azeglio (1), est un quartier, que dis-je un quartier, un amas informe de masures et de chaumières sales, mai entretenues, où végète une population de près de quatre mille âmes, lorsque la moitié y vivrait malaisément. Les rues étroites, immondes, le manque d'air et la malpropreté, conséquences inévitables d'une telle agglomération d'êtres pour la plupart misérables, rendent ce hideux séjour nauséabond et mortel ». Dans cet enfer vivait une population dont Ëmilio Castelar dépeint dans son style pittoresque l'aspect misérable et chétif (2) : <e Des en-

(i) Emanci])azione degli Israeliti, 1848.

(2) L'Art, Ifi Religion et layature en Italie, 1874, p. 261 ; il ajoute :

fants à demi nus, dévorés par des plaques de saleté qu'on prendrait pour de la lèpre cancéreuse, s'amusent dans toutes les directions ; quelques vieilles, à Tépiderme rugueux et jaune, à la chevelure grisonnante, aux yeux vitreux, à l'aspect triste, au sourire sinistre, gardent les portes de leurs demeures, semblables à de sales sorcières ».

Comment s'en étonner, si l'on songe que la superficie du ghetto n'était guère supérieure à un hectare et que sa population dépassait trois mille habitants, c'està-dire qu'elle était plus de trois fois plus dense que celle des quartiers les plus populeux de Paris (1) ! Cet horrible entassement, que les écrivains du siècle dernier constatent tous, non sans une pointe de satisfaction (2),

«< Notez que la condition de cette tribu s'est grandement améliorée sous le présent pontificat ». Ce voyage remonte au commencement du règne de Pie IX. Voyez aussi Abolt, Rome contemporaine, Le Ghetto; Gre(X»rovius, Ricordi, p. 92.

(1) Voyez pour le nombre des juifs résidant à Rome, plus loin p. 70. Voici, d'après l'Annuaire du Bureau des Lon^^itudes, année 1890,' la densité de la population, par hectare, à Paris, dans les quartiers où elle est le plus élevée :

Quartier Bonne-Nouvelle 1025

Saint-Gervais 998

Densité moyenne 290

On sait que la population est quatre fois plus dense à Paris qu'à Londres.

(2) Descrixione di Roma modema, p. 232. « Stanno con angustia per esser assai numerosi, e con molta laidezza per loro meritata

flï T.E SAIST-SIÈRE ET feïS R'IFS

produisait à Rome ses résultats inévitables : étiolement, J

démoralisation, mortalité excessive.

Le type de la race y avait singulièrement dégénéré; ] les, hommes étaient pour la plupart d'aspect chétif, ' de mine maladive, et l'on ne rencontrait guère dans J les rues du glietto d'exemples de cette exquise beauté I (]ui faisait dire à certain abbé : a Qui de nous ne voudrait aller en enfer, si les charmantes fdies d'Abraliain ] lioivent s'y trouver n. Cela n'empêchait pas pourtant] la vertu des femmes juives d'être souvent mise en doute ,. môme de leurs coreligionnaires. Ainsi Rogar, pariant j de quelques femmes du ghetto condamnées pour leurs déportements, ne cache pas un grand scepticisme touchant l'honnêteté de toutes les autres, et Samuel Doni, dans un pamphlet, fort virulent d'ailleurs, intitulée Àvoerlimenli agit Ebn-i, écrit : a Les juives ont J perdu jusqu'au dernier vestige de foi et jusqu'à l'ora- I bre de la pudeur; je les ai vues, dans les rues de Venise et de Rome, se faire marchander le prix, de leur 'j vertu (l!! » Ce qui tendrait à prouver que ces accusations, pour exagérées qu'elles fussent sans doute, n'étaient pas toutefois dénuées de vraisemblance, c'est que les règlements intérieurs de la communauté abondent sur ce point en prescriptions minutieuses : ainsi,

mJseria »: \\si, ttinéraire imtructif, 1804, p. 014 : a Oa ne peat < rien imaginer de plus misérable que la juivcrîe n ; de- (1) HATiU, Il Ghetto, p. I4S.

ils rappellent qu'il est déPendu aux femmes de parcourir lanuitlesruesen chantant, ni seules ni surtout en compagnie d'hommes; de se tenir, de façon provocante, à leurs fenêtres ou sur le pas de leurs portes; de lier commerce avec certaines commères, de se montrer en public avec elles, etc (1). D'autre part, les souverains pontifes se virent plus d'une fois obligés de rappeler aux chrétiens les lois que la morale, à défaut do la religion, aurait dû leur imposer, car il parait que le mal ne s^étendait pas seulement au ghetto et que, quelque bien fermées qu'en fussent la nuit les portes, elles s'ouvraient cependant devant certaines solliciteuses (â). Tandis que les courtisanes chrétiennes surprises par les ofRciers pontificaux en étaient quittes, en général, pour le fouet, châtiment auquel les Romains assistaient avec un plaisir lascif et toujours nouveau, et dont on usait et abusait pour leur complaire, en temps de carnaval (3), les juives échappaient rarement au

(1) Pragmatiques de i061 et de 1673, art. 1\; de lOSo, art. XVIH. Voyez chapitre suivant.

^2] Décret du cardinal de Sabine, vicaire de Rome, .*> août I7i2. « Les femmes juives, y est-il dit, sortent seules du prhetto la nuit; on les rencontre dans les rues et dans les auberges avoisinantes ». Parmi SCS nombreuses maîtresses, le poète Molza eut une juive dont il chanta la beauté. (Tiraboscbi, t. VU, lOoO.)

(3) C'était un des amusements presque obligatoires des fûtes carnavalesques. Il était alors défendu aux femmes de mauvaise vie, comme aux juifs, de sortir masquées; le bourreau se tenait en permanence près du Corso et, pour la plus légère infraction, on lui

ili LE SAINT-SIÈGE ET LES JUIFS

bùclier. En !tî38, pîirexemple, une femme de mauvaise vie ayant été surprise avec un jeune Komain allait ôtre chdtiée, suivant l'usage, de trois coups de corde, quand survint un passant (jui la reconnut pour une juive ; sur quoi, elle fut, sans plus, bnllée vive. Une autre fois, une jeune fille de naissance Israélite mais qui avait abjuré, (5tait sur le point d'être fouettée en place publique; reconnue, elle subit le supplice du feu (Ij.

Il est vrai que les papes se montraient aussi fort sévères pour les chrétiens qui ne s'étaient pas souvenus à temps de leurs ordonnances (2). Sixte-Quint, en général plus indulgent, était sur ce point d'une excessive sévérité (:i;.

amcoail des victimes. La Toule raisait ardemoK^ril la chasse aui «lùliDquanles et en créait au besoin. Lisez, k ce sujet, dans Ademollo, p. i'6i, ré[ii30ile Torl curieui et fort bien conté dont Cecca BuffoD&rutl'béroine et qui raillit provoquer un incident diplomatique. (t) NiiAu, H Ghetto, 143.

(2) A Ptrouse, les crimes de ce genre étaîenl punis avec la dernière rigueur; les coupables avaient tous deun le nez coupé, étaient battus de verges cl exilés àjamnîsdela <i\]\e. (Doeumenli di Stoiin Perujjianu, 1887, doc. Ml, an. IStâ, communiqués par M. le Prof, G.Sanesi.) En Erance, par contre, on se montrait plus tolérant : les juives étaient seules battues de verbes et exilées; les chrétiens s'en tiraient avec une amende. ( B^s.nm.e, liv, IX, Si4.)

(3) L'exemple suivant en Tait foi : ce pape ayant ouï dire que le duc de Parme entretenait depuis longtemps des relations avec une femme israélite, le lit arriïter, et, sa Taule avouée, le condamna, malgré de puissantes interventions, à avoir la tête tranchée. L'instant approchait où le jeune duc allait être exécuté. Son oncle, le cardinal Farnêae, voyant que ses elToris pour le sauver ne servaient de rien, s'avisa d'un stratagème fort ingénieux. Il Gt mettre en retard toutes

Les maladies endémiques, dont le voisinage du fleuve, rhumidité constante du sol et le manque d'air favorisaient le développement, faisaient de grands ravages dans la population israélite, mais les épidémies surtout s'v déchaînaient avec une violence inouïe. En lOoG, par exemple, lors d'une peste qui ût partout ijcaucoup de victimes, le ghetto devint un tel foyer d'infection qu'on dut en fermer les portes et n'en plus laisser sortir, durant près de trois mois, les malheureux habitants. Ensuite on procéda, non sans peine, à une désinfection générale de tout le quartier par des moyens fort analogues à ceux usités, il y a peu d'années encore, lors les grandes épidémies, et tout aussi peu efficaces (1).

Mais ce n'étaient pas là les seules causes de dépopulation au ghetto. Il arrivait souvent que des familles

les horloges <lu palais et se présenta chez le souverain pontife, dont la pendule marquait seule riicure vraie, quelques instants avant le moment fixé pour le supplice; il intercéda longtemps mais en vain. A la fin, le pape, croyant que justice était faite, feignit de se laisser toucher et accorda au cardinal la grûce du coupable^ » s'il en était encore temps ». Celui-ci de courir aussitôt à la prison où le bourreau, trompé par les horloges, attendait toujours quo l'heure eût sonné, ^uand on s'aperçut de la supercherie, le coupable était loin. (Natam, t7 Ghetto, p. 144.)

M Décrets du cardinal Sachetti, 5 décembi^e 16:>0; du cardinal Chigi, 4 février et 18 aoùl iOjT. Ordonnances pontificales en date du 20 juin, du 5 juillet et du 30 août IG.'iO. Les chefs de la conimunautc durent promettre le remboursement de tous les objets détériorés durant Topération delà désinfection. Le cholrrade 1837 causa également une grande mortalité au ghetto.

LE SAIXT-SIKGE. 5

un t,K SAINT-SIÈGE ET LES JUIFS

enliéres s'expatriassent, comme celle des Hannaarim, une des plus vieilles pourtant et des plus riches de la colonie qui quitta Rome, en 1391, pour aller s'établir à Bologne où une plus grande liberté était laissée aux juirs (1). Cependant les papes, qui n'aimaient pas à voir leurs sujets Israélites transporter au dehors leur activité et leurs richesses, s'opposaient, en général, à ces exodes, et il n'y a pas longtemps qu'une lourde taxe frappait les émigrants (2).

(1 arrivait aussi que l'on ne rencontrait pas toujours chez tous les habitants du ghetto cette fol robuste et cette indépendance qui ont fait longtemps la force de la race israélite. Il ne faut pas sans doute donner trop de créance aux écrivains ecclésiastiques lorsqu'ils évaluent complaisamment à trois cents le nombre des juifs qu'entraina l'exemple du célèbre rabbin Ella dont Pie IV obtint lui-même l'abjuration (3); on ne saurait nier toutefois qu'à Rome les conversions ne fussent relativement fréquentes. On n'y voyait point ces abjurations en masse, dont l'Espagne a fourni des exemples fréquents, parce qu'on n'y employait guère les moyens

(0 Dasnage, liv. l.\, SSe.

(2) Impôt personnel, perçu au profit de la cunimunaulé juive mais par les otHciers pontificaux, pour ciciodrc la cteUc du gheUo envers les nionts-tle-pïété, et impôt mobilier de 2 l/'2 pour cent sur tous les capitaux Israélites (jul sortaient des Ëtats de l'ËglIse. (Ordonnances de Uon XII.)

(3) Huromi, Dicl. £<xles., l. XXI, 20. A ce compte, la communautt^ tout entière eùl été convertie.

de persuasion énergiques dont les convertisseurs étaient coutumiers en ce pays, mais chaque année amenait régulièrement un certain nombre de défections parmi la population juive, dix à douze en moyenne (1). Ainsi, de 1034 à 1700, on baptisa 1.195 juifs, et 1.237 durant le siècle suivant (1700-1790).

Dans ces conditions, la petite juiverie des bords du Tibre aurait promptement disparu, n'eût été cette souplesse, cette malléabilité grâce auxquelles la race Israélite a pu s'acclimater en des milieux si divers, cette ténacité qui lui a permis de résister à tant d'assauts et de se perpétuer, alors qu'elle n'avait d'autre patrie que la tradition, enfin, à Rome, une très grande fécondité (2). De plus, elle recevait parfois des recrues du dehors : des étrangers qui, venus pour trafiquer, renonçaient au retour; des étudiants, des savants qu'attirait la renommée de ses écoles; des fugitifs, aussi, séduits par la mansuétude relative du gouvernement pontifical. En 1492 notamment, un grand nombre de juifs, chassés d'Espagne (3) , vinrent chercher asile a

(1: Voyez le chapitre intitulé : Catéchuménat.

{%) Le nombre des enfants était considérable au ghetto, c. En s\v promonant, dit About, on craint à chaque pas d'y commettre un infanticide ».

(X) r.ent soixante-dix mille familles durent s'expatrier; beaucoup de juifs furent vendus comme esclaves, un plus grand nombre périt de faim; l'Europe tout entiôrc eut compassion de cette misère. Voyez RAYNALnus, i VJ2, VIU), qui ne peut être suspect de partialité.

Rome, où on ne les aurait pas reçus d'ailleurs sans quelque hésitation, si Alexandre YI, en Gn politique qu'il était, n'avait donné à la communauté l'ordre péremptoire de les accueillir favorablement (1). Lorsque les juifs durent quitter le royaume de Naples, en 1510, quelques-uns émigrèrent également à Rome (2); et plus tard, lors de leur expulsion des États de l'Église, Rome et Ancône exceptées, les juiveries de ces deux villes en recurent un notable accroissement (1569-1592) (3).

En outre, quelque surprenant que cela puisse paraître, il arrivait parfois, à Rome comme ailleurs, que des chrétiens, malgré l'exécration à laquelle ils se vouaient infailliblement, malgré les châtiments terribles qui les attendaient, abandonnassent la foi chrétienne pour embrasser le judaïsme. Les papes le reconnaissent, dès le milieu du moyen âge, pour s'en indigner , et la fréquence de leurs bulles à ce sujet révèle la gravité du mal (4). Il y eut des exemples retentissants de ces apostasies ; celle d'Acosta, entre autres, et de toute sa

(1) Basnace, liv. IX ^ 8o4. CcUe froideur fut sans cloute causée par la multitude des nouveaux venus. Les Israélites romains passaient généralement pour bons, hospitaliers, très enclins à s*entr*aider et à secourir leurs coreligionnaires.

(2) Raynaluis, loiO,XXIV.

(3) Voir plus loin, chap. xiii.

(i) Voir les bulles a Turbato corde » de Clément IV, 26juillel 1267 ; de Grégoire X, 1" mars 1274; d'Innocent IV, 5 septembre 1288:

famille. Âcosta, il est vrai, paya cher son audace et son goût pour la discussion (1) ; son exemple n'était guère pour encourager les imitateurs, il en trouva pourtant, car Tesprit de contradiction, Tamour de la lutte, la passion de la vérité et aussi je ne sais quelle soif du martyre exercent sur les hommes un bien puissant et mystérieux attrait : la souffrance, elle aussi, a ses ambitieux.

Il arriva ainsi que, loin de s'éteindre, la communauté alla sans cesse en augmentant depuis les premiers temps du moyen âge (2).

Au douzième siècle, on comptait à peine ù Rome deux cents juifs, c'est Benjamin de Tudela qui nous rapprend (3) ; au temps de Grégoire XIH, leur nombre s'élevait à cinq cents au moins (i) ; après cette époque, la population juive croit rapidement, et il est à remarquer que cet accroissement coïncide avec son interne-

• Quamplurimi christianiy (lisaient les papes, veritatcm cathoUc:r fidei abiiegantes se liamnabilitei* ad ritum judaicum tramtukrunt ». Cf. Renan , le Judaïsme comme race et comme reliyion, (\) Voyez plus loin, p. 101, note 1.

(2) Très importante sous les empereurs, comme on verra ci-après, elle avait considérablement diminué lors des invasions des barbares.

(3) La population totale de Rome s*élevait de son temps à .l.'i^OOO habitants environ. Les autres juiveries italiennes étaient, on Ta vu , bien plus importantes.

(4) Ce pape ordonna que le tiers de la population juive assistât auv prédications du samedi contre le judaïsme et fixa à centcinquante le nombre des assistants (1584). Voyez chap. xx^ Prédication obligatoire. La population de Rome était alors de cent mille habitants.

ment dans le ghetto. En 1668, le chilTre des familles qui y séjournaient est officiellement fixé à huit cent cinquante, celui des habitants, à quatre mille cinq cents (1). Vasifà la fin du siècle dernier, estime a sept mille le nombre des juifs romains (2); Gibbon, à huit mille, en 1709 (3); Basnage, à douze et môme à quinze mille, en 1716 (4). Ces chiffres sont manifestement exagérés, bien que certains documents, d'origine juive, semblent les confirmer (5), et témoignent surtout de Tcncombrement qui régnait au quartier israélite. Le nombre des habitants du ghetto n'a jamais dépassé certainement quatre mille à quatre mille cinq cents. Lors du premier recensement officiel opéré le 1" février 1809, on ne trouve à Rome que 3,076 Israélites. L'accroissement rapide de la population romaine dans la seconde moitié du siècle a entraîné naturellement un accroissement parallèle de la population juive.

Ânn<^cs.

Population juiM*.

Population lotalu.

(1) Bibl. Vat. Cod. Vat. 11 ii. Il vero Stato, p. 7, 23.

(2) Marino Vasi, Itinéraire instructif, 1804, p. 614.

(3) The Décline and Fallofthe Roman Empire, chap. lxxi.

(4) Liv. IX, «96.

(o) Kccueil « AU' Illustrissima », doc. 94.

Années.

Population j

jui\c.

Population totale.

(1) Cet accroissement subit est dû^ sans doute, aux libcrlcs plus grandes accordées par le pape Léon XII aux juifs résidant à Home et aux entraves apportées à leur expatriation.

(2) A ce dernier chiffre, il faut ajouter environ 600 juifs venus à Rome depuis son annexion au royaume d'Italie et non encore inscrits sur les registres de la communauté.

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