‹ Le Saint-Siège et les Juifs: le ghetto à RomeChapitre 8 sur 67 · LE QUARTIER DES JUIFS AVA^T L*ÉDIT DE · texte numérisé non relu

LE QUARTIER DES JUIFS AVA^T L*ÉDIT DE

PreuTes du passage des juifs sur la rive gauche du Tibre dès le milieu de répoque médiévale. — Le palais des Pierleoni. — Le Pons Judœorum. — Nouveau cimetière du cirque Maxime. — Nouvelle synagoi^ue Toisine du palais des Cenci. — Les Juifs sont groupés alentour. — Quelques juifs continuent d'habiter le Transtévère. — Les juifs et les chrétiens Tivent confusément. — Descriptions fantastiques de Rome dans les livres talmndiques.

Les traces, les preuves de la présence des juifs sur la rive gauche du Tibre dès le milieu du moyen âge sont nombreuses et, ce semble, assez probantes.

Au onzième siècle s'élevait, sur les ruines du théâtre de Marcellus, la demeure seigneuriale des Pierleoni ; or, les Pierleoni étaient des chrétiens de fraîche date, et le fondateur de la famille, le préteur juif qui était venu avec d'autres installer sa boutique dans les assises du théâtre, ne devait pas s'être éloigné beaucoup du quartier habité par ses coreligionnaires. Ils étaient même assez nombreux déjà dans cette partie de la ville, pour avoir fait donner au pont Fabricius, actuellement Quat-

tro Capi (1), qui unit à la terre ferme Tîle du Tibre, le surnom de oc Pons Judœorum y>. Dans un acte qui remonte au pontiGcat de Benoit VIfl (1012-1024) le ce Pons Judaeorum » est cité comme voisin du ce Pons Senatorum j), aujourd'hui « Ponte Rotto (2). » La précieuse et parfois très scrupuleuse description de Rome connue sous le nom de Mirabilia attribue , il est vrai, cette épithète au pont Saint-Ange, et certains auteurs ont tiré de ce fait des conclusions assez inattendues, mais il n'y a là assurément qu'une erreur de copiste, car le texte porte : « Pons Adriamis qui dicitur Judmoruniy pons Fabricmsy etc. » ; et Ton voit que la transposition est facile. Au surplus, il est dit un peu plus loin, dans le même ouvrage, que le pont des juifs est proche du cirque Flaminius (3), situé, on le sait, au pied du Capitôle, ainsi que du temple de Faunus (4), aujourd'hui détruit et qu'un passage d'Ovide nous apprend avoir existé à l'extrême pointe de Tile du Tibre (5). La a Gra-

(1) Â cause des Hermès polycéphalesquL en ornaient les extrémités.

(2) Cancellieri, p. 224.

(3) Edition PARinEY, p. i 4, ligne 0.

(4) Ibid, p. 23, ligne 19.

(5) Idibus agrestis fumant altaria Fauni Hic, ubi discretas insula rumpit aquas.

Ovide, Fosses, II, 193.

Cf. Marlianus, p. 14, et Mariano Vasi, p. 342. A moins qu'il ne s'agisse d'un autre temple, également dédié au dieu Faunus, et que M. Parthey place près de l'église S. Maria del Sole, bien qu'aucun autre auteur n'en parle, ce qui d'ailleurs laisserait intact le raisonnement.

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